Un tournant (de plus) à 170-175 degrés

Ouverture libre

   Forum

Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.

   Imprimer

Un tournant (de plus) à 170-175 degrés

• Encore un formidable aller-retour du président Trump, en quelques heures, à l’aide de quelques tweets et ‘Social Truth’. • Nous sommes d’abord face à une attaque nucléaire et à la destruction d’une civilisation. • Quelques heures plus tard, tout est arrangé et l’on va s’entendre formidablement à l’issue des négociations qui remplacent la Bombe. • Une vraie tragédie-bouffe. • Pendant ce temps, on enregistre quelques événements bien réels, comme cette malheureuse noyade dans les flots huileux du détroit d’Ormouz : celle du pétrodollar.

_________________________


! avril 2026 (14H15- – Lawrence O’Donnel, présentateur de MS.Now, a dit cette nuit des mots glaçants pour commenter le début d’un message du président Trump, dont il ne commenta pas la fin, puisqu’entre les deux citations Trump avait glissé un développement correspondant à son simulacre fantasmagorique (le ‘regime change’ a eu lieu en Iran ! Donc l’anéantissement de la civilisation pourrait être reporté et longue vie au Grand Peuple d’Iran))

« A whole civilization [Iran] will die tonight  [...bla bla bla...]  God Bless the Great People of Iran »

L’atmosphère était effectivement dramatique, avec la proximité de la fin de l’ultimatum-final, – type-“solution finale”, –  de Trump et des bruits d’emploi d’armes  nucléaires tactiques. Pour la première fois selon notre perception, et en raison de la proximité  (quelques heures) de la fin de l’ultimatum, cette possibilité de l’emploi du nucléaire était devenue crédible, tout comme “la folie du Roi George”, – comme l’on devrait désormais identifier l’état mental de Trump – nous emportait au bord du 25ème Amendement, sans compter les rumeurs de “Coup” dans l’armée (trente généraux [dont dix-sept mis à pied] ont été privés de leurs commandements pour refus d’obéissance, notamment pour l’attaque d’infrastructures et de concentrations civiles).

Il y avait eu également un monologue de Tucker Carlson, où Carlson développait la critique l’attaque la plus terrible et la plus radicale contre Trump, suite à ses menaces d’anéantissement de l’Iran. Carlson le comparait à l’AnteChrist avec son comportement diabolique. Parallèlement, un article du New York ‘Times’ décrivait les “réponses” des conseillers de Trump lorsqu’il leur avait demandé leur avis sur son idée de déclencher la guerre. Pas d’avis ou avis positifs sauf de JD Vance qui affirma sa complète opposition. L’article du ‘Times’, selon ‘The Young Turks’, est inspiré par Carlson en commentaire de son monologue.

Le “tournant” en tête-à-queue, – 180°

Puis, comme d’habitude, la tragédie vira à la tragédie-bouffe. Trump qui avait annoncé le tonnerre diabolique sur l’Iran sinon sur le monde, annonça dans la foulée,  la même nuit à quelques minutes de la fin de l’ultimatum, que non, non, tout allait bien. Il avait gagné, une fois de plus, et l’on repoussait l’ultimatum de deux semaines parce que les négociations marchaient fort bien, une fois de plus. Les Iraniens, de leur côté, annonçaient, une fois de plus, qu’ils ne négociaient pas jusqu’ici mais constataient qu’ils avaient gagné puisque Trump acceptait de désormais négocier sur la base de leur plan en dix points. Le bouffe avait repris le dessus et l’apocalypse anti-christique était remis à quinzaine.

Sérieusement, que se passe-t-il ? On citera l’excellent commentateur, grand ami des Mercouris-Christoforou, Garland Nixon. Il constate que Trump a cédé sur l’essentiel à cause de la pression populaire (aux USA) qui devient “insupportable”. (Notamment, le soutien populaire du public US à Israël s’est effondré.)

« Le président américain Donald Trump a accepté la plupart des exigences iraniennes sous la pression de l'opinion publique américaine, devenue “insupportable” en raison de la flambée des prix de l'essence. C'est ce qu'a déclaré le politologue et journaliste américain Garland Nixon dans une interview accordée à Izvestia le 8 avril.

« Donald Trump a compris qu'il ne pourrait pas contraindre l'Iran à ouvrir le détroit d'Ormuz, et la pression intérieure exercée par les Américains, confrontés à des prix de l'essence toujours plus élevés, est devenue insupportable. Il a donc été contraint d'accepter la plupart des demandes iraniennes », a-t-il affirmé.

Selon Nixon, Trump a soit sous-estimé les capacités de l'Iran, soit surestimé l'armée américaine. Par ailleurs, le politologue a noté que l'opération militaire conjointe des États-Unis et d'Israël n'avait pas initialement bénéficié d'un large soutien populaire.

L'expert a également ajouté que l'Iran avait, de son côté, fait preuve d'une grande puissance militaire. « Il a démontré qu'il est une puissance militaire de premier plan, dotée d'une technologie de pointe. Et, tout aussi important, il a clairement indiqué qu'il contrôle le détroit d'Ormuz, l'un des points de passage stratégiques les plus importants du commerce mondial ».

Par ailleurs, le politologue a suggéré qu'à l'avenir, Tel-Aviv et Washington pourraient cesser d'être alliés. Selon lui, Israël risque de devenir un État voyou. »

Une noyade signalée dans le détroit d’Ormouz

Comme l’on voit, nous continuons à flotter entre tragédie et bouffe, avec au pupitre le plus incroyable personnage qui ait jamais présidé au destin d’un empire en état d’effondrement accéléré, et accéléré par lui-même, selon sa mission christique avec autorisation de porter les oripeaux anti-christiques. C’est dire la fragilité des événements humains (tournant à presque-180° entre le tragique du nucléaire et le bouffe de la victoire commune USA-Iran) face à l’irrésistible et dévastatrice puissance des événements extra-humains qui semblent décidés à attaquer rudement les sources fondamentales de l’hubris androïde, qu’il vienne de Mar-a-Largo ou de Jerusalem.

Le tout entraîne une extraordinaire instabilité de chaque instant, rendant extrêmement difficile un jugement arrêté et instructif. Il faut alors s’en remettre aux constats des faits et de leur perception, habillés de l’indispensable intuition. C’est le cas pour le sort du pétrodollar qui joue et perd  ce qui lui reste de puissance et d’influence, c’est-à-dire qu’il joue et perd sa  sa “vie” dans cette affaire du détroit d’Ormouz.

On retrouve cette conception où le sort du pétrodollar (sa mort) a besoin de toucher le grand public, pae la voie de la presseSystème, pour faire acter soin décès ; et “faire acteur son décès”, c’est effectivement le tuer. RIP, pétrodollar, tel que nous le décrit Elena Fritz...

dde.org

_______________________

 

 

La mort du pétrodollar atteint le grand public

Aujourd'hui, même les principaux médias américains (https://www.bloomberg.com/opinion/articles/2026-04-06/the-petrodollar-loop-supporting-the-treasury-market-is-broken) affirment ouvertement ce qui était longtemps considéré comme impensable : le système du pétrodollar est en train de s'effondrer. Et des voix au sein même de la finance américaine pointent du doigt la politique de guerre de Washington. L'ancien analyste en chef d'AQR, Aaron Brown, nous rappelle sur quoi repose la superpuissance américaine depuis 1974 : l'Arabie saoudite et les autres États du Golfe vendaient leur pétrole en dollars et investissaient les recettes dans des actifs américains, principalement des obligations d'État. En contrepartie, les États-Unis garantissaient la sécurité. Ce système a créé un cercle vicieux qui a soutenu la dette américaine pendant des décennies et a consolidé le dollar comme monnaie de réserve mondiale.

Ce modèle même montre aujourd'hui des signes de faiblesse. Brown écrit sans ambages que la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran a détruit ce système « des deux côtés ». Plus grave encore, les conséquences se font jour : des banques centrales étrangères ont récemment vendu massivement des bons du Trésor américain. Les rendements ont augmenté, alors même que les capitaux se réfugient généralement vers les valeurs américaines en période de crise. C'est là le véritable signal d'alarme. Le monde ne fait plus confiance aveuglément à la promesse américaine de sécurité et de stabilité financière.

Particulièrement explosif : selon le Financial Times, des acteurs de la région du Golfe examinent déjà la possibilité de réévaluer leurs engagements d'investissement envers les États-Unis compte tenu de l'évolution du contexte politique. Il s'agit de bien plus que d'un simple mouvement de marché. C'est un vote de défiance géopolitique. Le pétrodollar n'a jamais été un simple mécanisme financier : c'était un système politico-militaire de domination : du pétrole contre la sécurité, des retours sur investissement contre l'hégémonie américaine. Si ce fondement politique s'effondre, l'architecture monétaire suivra inévitablement. Combien de temps une puissance hégémonique peut-elle continuer à financer ses instruments de pression, ses guerres, ses dettes et sa présence militaire mondiale si le mécanisme de recyclage automatique du pétrodollar dysfonctionne ?

Ce qui s'effondre ici, ce n'est pas seulement un système monétaire. C'est le fondement de la puissance américaine.

Elena Fritz