The Secretary of the Retroactivity of the Law

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The Secretary of the Retroactivity of the Law


3 octobre 2002 — Le texte ci-dessous, publié par le quotidien australien The Sydney Morning Herald nous présente de façon précise la plus récente manipulation de Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la défense. Celui-ci s'avère comme un des plus remarquables manipulateurs et jongleurs de mots de l'actuelle administration, un remarquable acteur de la transformation du monde according to GW.

La démarche de Rumsfeld consiste à transformer rétroactivement la substance de la mission des vols US et UK dans la no-fly zone. (La mission de ces vols était «  to protect Iraqi Shi'ites and Kurds from air attacks by the Iraqi military ».) Ces vols deviennent des vols d'inspection des armements irakiens, selon la logique martelée par le secrétaire à la défense, — et, au fond, les choses se mettant bien, pourquoi ne pas considérer ces missions dans le cadre de l'actuelle poussée diplomatique pour les nouvelles inspections de l'ONU ? Or, il y a des tirs irakiens contre ces vols (évidemment, puisque ces vols eux-mêmes sont du type « offensif-agressif » dans le jargon USAF, et l'on sait ce que cela signifie). Donc, il est manifeste que les Irakiens tirent sur des “inspecteurs”. Il est dorénavant prouvé que les Irakiens violent déjà, par anticipation pourrait-on dire, l'accord qu'ils ont prétendument donné pour des inspections de l'ONU.

L'usage d'une nouvelle catégorie qu'on pourrait nommer “sémantique cynique” est remarquable chez Rumsfeld. Toujours selon cette même logique martelée, Rumsfeld détaille 67 incidents récents, slides et chairman of the JCS (général Myers) à l'appui, au cours desquels les Irakiens ont tiré vers les avions américains et britanniques, apportant la preuve de l'exactitude de la supputation selon laquelle les Irakiens ont déjà violé tous les engagements passés et, évidemment, qu'ils ont déjà violé, par un acte de remarquable prescience, tous les engagements à venir. Cela est nommé (par le Washington Times) : « proof of Iraq defiance ».

Il s'agit d'une démarche remarquable et très sophistiquée dans l'usage de la rétroactivité des lois, puisque la loi est transformée par rapport à ce qu'elle était dans son application, et proclamée rétroactive de factodans cette nouvelle interprétation. (Notre titre devrait être : « The secretary of the sophisticated retroactivy of the Law », avec la réserve que nous n'avons pas trouvé le mot retroactivity dans notre dictionnaire et nous l'avons crée en prenant le risque du néologisme). L'interprétation de la loi est manipulée, tous les actes qui en dépendent sont alors revus selon la manipulation. C'est une sorte de théâtre gracieux de refondation sémantique du monde.

[Tout de même, — notre avis est que Rumsfeld enrage. Nous jurerions qu'il estime que toutes ces palinodies onusiennes sont inutiles, qu'il pense que l'ONU est inutile, que l'intervention de l'ONU dans le processus menant évidemment à l'attaque de l'Irak est encore une manipulation de ce chicken (sans hawk) de Colin Powell et qu'elle est rien que moins que traîtresse, voire tout simplement relaps. Rumsfeld traite donc l'ONU et ses salades avec la désinvolture qui sied. Cela dit entre nous.]


Rumsfeld rewrites UN policy on Iraq — October 2 2002, The Sidney Morning herald

US and British warplanes enforcing ''no-fly'' zones over Iraq are performing ''aerial'' weapons inspections under a United Nations resolution, according to the United States Defence Secretary, Donald Rumsfeld.

Mr Rumsfeld's statement expands the stated mission of the air patrols, which had previously been justified as necessary to protect Iraqi Shi'ites and Kurds from air attacks by the Iraqi military. But Mr Rumsfeld, briefing reporters at the Pentagon, argued that the no-fly zones, which were established after the end of the Gulf War in 1991, have existed to protect Iraqi citizens under UN Resolution 688 and to perform ''aerial inspections'' under UN Resolution 687.

''These are new interpretations,'' said Kenneth Pollack, the director of research at Brookings Institution's Saban Centre for Middle East Policy. ''The no-fly zones were established to enforce 688 - to protect the Iraqi people from the depredations of the regime. This is the first time the US Government has ever tied them to enforcement of the inspection provisions of 687.''

Mr Pollack, a former CIA analyst who served on the National Security Council in the Clinton administration, said he thought Mr Rumsfeld's position would be hard for the Bush Administration to sell to the international community, particularly when Russia and the United Nations Secretary-General, Kofi Annan, have said US and British enforcement of no-fly zones is not sanctioned by either resolution 687 or 688. ''At a moment when the entire world thinks this Administration is hell bent on attacking Saddam, [Rumsfeld is] trying to take another aspect of Iraq policy and weld it on to inspections,'' Mr Pollack said. ''It's certainly going to look cynical to many foreign governments.''

Mr Rumsfeld said enforcement of the northern and southern no-fly zones had been the ''air components'' of the UN inspections regime, which ended in 1998 when inspectors withdrew. ''Aerial inspections, however, continued,'' Mr Rumsfeld said. ''As coalition aircraft attempt to enforce the no-fly zones, they conduct aerial surveillance to help determine compliance with UN resolutions 688 and 687, which bans nuclear, chemical and biological weapons.''

Mr Rumsfeld dismissed criticism by Russia's foreign ministry that recent attacks by US and British warplanes enforcing the no-fly zones against Iraqi air defences had made it more difficult for UN efforts to resume weapons inspections in Iraq. He said the attacks had come in response to shooting at coalition warplanes by Iraqi anti-aircraft batteries. He was backed by Air Force General Richard Myers, the chairman of the Joint Chiefs of Staff, who released video footage of Iraqi anti-aircraft and surface-to-air missiles being fired at coalition jets. He also released statistics showing Iraq had fired at coalition aircraft 67 times in September, including nine times last weekend.

While coalition rules of engagement allow warplanes to target communications centres in response to hostile fire, Mr Rumsfeld recently directed them to place more emphasis on those installations when returning fire.

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