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Il s’agit bien d’un événement extraordinaire dans la politique intérieure américaine avec ses élections midterms : l’enjeu principal de ces élections concerne la politique extérieure, essentiellement les deux théâtres de l’Ukraine et de l’Iran. En effet, même lorsqu’il s’agit de l’accord de Trump avec la Russie sur la livraison de diesel contre la levée de certaines sanctions antirusses selon un processus présenté comme bénéfique , le débat est élevé à la question idéologique de l’aide à l’Ukraine et des relations avec la Russie.
Le phénomène nouveau à cet égard, c’est la position très marquée des démocrates qui affirment que peu leur importe l’effet sur le prix du diesel (à la baisse éventuellement) pour le consommateur américain, car leur importent d’abord l’opposition à toute relation avec la Russie et l’aide à l’Ukraine. C’est une position qui paraît étonnante sinon stupéfiante à nombre de commentateurs indépendants, et qui met en cause tous les pronostics annonçant une écrasante victoire des démocrates.
RT.com a interviewé plusieurs de ces commentateurs qui expriment cette stupéfaction et l’interrogation que suscite un tel choix, — l’idéologie aux dépens de la situation économique et sociale aux USA.
« Sacrifier le bien-être des Américains par idéologie
« La forte opposition des démocrates à l'accord sur le diesel conclu par le président américain Donald Trump avec la Russie au début du mois prouve qu'ils se soucient peu du bien-être des Américains, ont déclaré des invités à RT.
Selon de récents articles de presse, un groupe de sénateurs démocrates travaille à bloquer cet accord qui vise à freiner la flambée des prix du diesel aux États-Unis, tandis qu'un républicain partisan d'une ligne dure envers la Russie a déposé une proposition de loi pour annuler les efforts de Trump.
S'exprimant samedi sur RT, le journaliste américain John Varoli a déclaré que les démocrates se livraient à une véritable chasse aux sorcières politique et n'hésitaient donc pas à s'en prendre à un accord « dans l'intérêt du peuple américain ».
Il a prédit que si les démocrates l'emportaient aux élections de mi-mandat le mois prochain, ils feraient « tout leur possible pour saboter cet accord et le bloquer » pour des raisons purement idéologiques.
Le présentateur américain Garland Nixon a confirmé que, poussés par une « colère idéologique contre la Russie », les démocrates font preuve d'un mépris total pour la situation difficile des consommateurs américains.
« À l'heure actuelle, nous constatons que les démocrates ignorent totalement les problèmes intérieurs, la politique intérieure, et la classe ouvrière, et se concentrent uniquement sur la politique étrangère », a déclaré Nixon à RT. Il a averti que, si elle n'est pas maîtrisée, la hausse des prix du carburant pourrait plonger l'économie américaine dans une « grave récession ».
L'analyste juridique et médiatique Lionel a déclaré à RT qu'il fallait prendre avec des pincettes les sondages prédisant une victoire démocrate aux élections de mi-mandat. Il a soutenu que les électeurs américains pourraient sanctionner le parti pour ses efforts visant à saboter l'accord sur le diesel. « C'est du suicide politique que de persévérer dans cette voie », a-t-il ajouté.
Matt Weinglass, producteur, réalisateur et animateur de l'émission ‘The Homeless Left’ (‘La gauche sans-abri’), a affirmé que l'opposition à l'accord sur le diesel était alimentée par un discours politique vieux de dix ans diabolisant Trump, discours qui a primé sur les intérêts économiques des Américains ordinaires.
« Cela ne profitera pas au peuple américain. Cela profitera à la classe des milliardaires et aux donateurs, à ceux qui ont voulu prolonger ce conflit le plus longtemps possible », a déclaré Weinglass à RT. Il a également suggéré que les dirigeants européens pourraient s'allier aux opposants de Trump aux États-Unis avant les élections de mi-mandat.
L'ancien élu démocrate Dennis Kucinich a plaidé pour que ses anciens collègues abandonnent leur hostilité de longue date envers la Russie et se concentrent plutôt sur la résolution du conflit ukrainien et de la guerre contre l'Iran, deux conflits qui ont perturbé les marchés mondiaux de l'énergie et fait flamber les prix du carburant pour les Américains.
« Une animosité s'est installée. Certains démocrates ont du mal à s'en détacher et saisissent la moindre occasion », a-t-il déclaré à RT, qualifiant de « vouée à l'échec » la proposition de loi visant à bloquer les importations de carburant russe.
Plutôt que de tenter de faire échouer l'accord de Trump sur le diesel, Kucinich a exhorté Washington à réorienter ses ressources vers les priorités nationales. « Nous avons des problèmes ici, en Amérique, à régler concernant la santé, la sécurité des retraites, l'éducation, et j'en passe », a-t-il affirmé. « C'est sur cela que nous devons nous concentrer, et non sur la guerre. »
Le diesel étant largement utilisé dans l'agriculture et le transport de marchandises, son prix a un impact direct sur le coût de nombreux autres biens. Les agriculteurs et les transporteurs routiers sont particulièrement vulnérables aux hausses de prix du diesel.
Dans un contexte de perturbations des chaînes d'approvisionnement énergétique mondiales causées par la campagne militaire israélo-américaine contre l'Iran et le conflit ukrainien, les prix du diesel ont considérablement augmenté aux États-Unis, atteignant un record de plus de 6,50 dollars le gallon en septembre, et dépassant même les 8 dollars le gallon dans certaines régions de Californie. »
Ce choix des démocrates est véritablement stupéfiant dans le sens de l’incohérence sinon de la perte de l’équilibre mental. Les explications rationnelles sous forme d’hypothèses acceptables existent, mais elles confirment toutes la question du déséquilibre mental.
• La haine de Trump est devenue un facteur primordial, relevant bien plus de la psychiatrie que de l’odologie malgré toutes les complaisances idéologiques que lui attribuent des commentateurs-Système bienveillants mais, ou parce que touchés par la même affection.
• Cette haine de Trump voit son double mimétique dans la haine des Russes, cette fois à partir du ‘Russiagate’, au départ pour les démocrates, à partir d’un simulacre monté par Hillary Clinton en juillet 2016 pour étouffer une vilaine affaire de courriels officiels (comme secrétaire d’État) utilisés à des fins personnelles.
• La même haine Trump-Russie détermine la volonté de s’opposer à toute force à l’accord de Trump avec la Russie sur la vente et la livraison de diesel.
• Le même facteur obsessionnel rapproche des démocrates de l’Europe-UE qui, elle-même aliment cette position démocrate dans l’espoir de constituer un front antiTrump qui soutiendra sa propre politique et le maître de ce jeu et héros commun de cette alliance, l’Ukrainien Zelenski.
La trajectoire est absolument stupéfiante comparée à l’enjeu de la situation intérieure américaine où les démocrates devraient s’assurer une très large victoire s’ils restaient sur le terrain de la politique inférieure, du bien-être des citoyens américains qui subissent actuellement des tensions économiques et sociales pénibles. Ainsi la politique extérieure des démocrates, sans nécessité de manipulation ni de quelque manigance secrète, devient-elle autodestructrice pour les États-Unis et donc pour le Système, — comme une sorte de clone transatlantique de la politique de l’Europe-UE.
Ainsi se trouve démentie l’analyse du ‘Grand Design’ qu’ont cru justement distinguer nombre d’experts européens dans l’actuelle posture (l’Europe-UE en guerre contre la Russie, les USA désengagés) — ainsi que le résume le Suédois Mattias Forsgren :
« Ainsi, les maîtres de la stratégie “Design” visent à acculer la Russie dans une position où ses seules alternatives sont le repli stratégique ou la destruction de l'Europe par procuration – une destruction qui aurait néanmoins pour prix, pour la Russie, les dommages que les armes nucléaires européennes infligeraient à son territoire et à ses forces… tandis que, tout au long de ce processus, le territoire américain et sa superstructure financière restent hors de portée. »
Toute cette belle architecture, celle des neocon tournant Trump à leur avantage, se trouve menacée par la tempête que méditent de déclencher les démocrates. S’ils gagnent, s’ils s’engagent à fond dans le soutien de l’Europe, contre la Russie, les USA seront inéluctablement conduits à stopper leur désengagement et à envisager un ré-engagement, y compris avec leurs armes nucléaires tactiques d’ores et déjà déployées en Europe. Même si un affrontement nucléaire se limite au territoire russo-européen, les Russes ne joueront plus le jeu du nucléaire tactique. Ils pourraient bien en arriver à juger que les armes nucléaires tactiques US, vu le ré-engagement des USA, deviennent sans nul doute des “armes stratégiques US par procuration”, — cela les poussant à envisager des frappes sur le territoires US, quitte à charger leurs missiles dits-stratégiques d’armes nucléaires “tactiques”.
Note de PhGBis : « On retrouve dans les conceptions de la guerre nucléaire une contradiction aussi vieille que la géopolitique, bien plus vieille que la définition de la géopolitique. Les USA, puissance maritime, ont toujours considéré la distance (au moins plus de 8 000 km) comme principale référence stratégique, avec les armes y afférant et baptisées “stratégiques”. La Russie, elle, en tant que puissance terrestre, considère la puissance des armes nucléaire (au-dessus de x kilotonnes/mégatonnes) comme “armes stratégiques” et donc comme principale référence stratégique. »
Dans ce cas, le ‘Grand Design’ est pris à son propre piège et la responsabilité en reviendrait à l’emportement mental et psychologique des démocrates. Nous disons “dans ce cas” puisque, considérant un engagement uniquement européen qui n’épargnerait pas la Russie de la dévastation nucléaire où les armes nucléaires US tactiques, — qu’importe le qualificatif alors ? — joueraient un rôle considérable, on se rappelle la réponse en substance de Poutine à un journaliste qui lui demandait si la Russie serait prête à riposter à une attaque nucléaire contre la Russie par une guerre nucléaire totale conduisant à l’anéantissement du monde : “La survie du reste du monde ne m’intéresse pas si la Russie est anéantie ”.
Drôle d’époque, n’est-il pas ? La folie hallucinée d’un Système et de ses serviteurs fous de modernité et de simulacre nourris aux mensonges en salade russe nous conduisant au mot sinistre de Lincoln-1839 : « ... ou mourir en nous suicidant ». Pourtant, que l’on sache, Lincoln ne fut jamais notre président, n’est-il pas ?
Heureusement, pour balancer ces observations crépusculaires il nous reste Trump, avec ses pirouettes, ses délires et ses contrepoids... Même avec des pouvoirs rognés, il pourrait bien nous balader encore une fois, et alors tous les scénarios rationnels seraient à revoir.
Mis en ligne le 26 octobre 2026