RapSit-USA2026: Le ‘D.C. Circus’ de Bolton

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RapSit-USA2026: Le ‘D.C. Circus’ de Bolton

Dans son style inimitable, la commentatrice canadienne Rachel Marsden, sarcastique et insolente, nous conte le parcours de fin de carrière de John Bolton. On a souvent parlé de Bolton et ses superbes moustaches blanches (déjà en 2002, date d’entrée, — soyons plus précis, — dans le ‘D.C. Circus’, dans capitale impériale de Washington) ; il ne fut jamais légitimé par le scrutin populaire et n’occupa l’un ou l’autre poste important, que par inadvertance et plus vite que l’éclair (conseiller improbable de Trump en 2018-2019). On retrouve les dernières traces importantes du personnage, avant l’affaire judiciaire que nous conte Marsden, le 14 juillet 2022, avec cette citation pour rafraîchir nos mémoires épuisées par la canicule :

« Il a souvent été question de Bolton sur ce site : le moteur de recherche l’identifie dans 117 [124] articles, le premier le 15 juillet 2004, le dernier le 24 octobre 2020. C’est considérable pour un “personnage secondaire” du Système et de sa politiqueSystème, c’est-à-dire un personnage qui joue un rôle considérable, à la fois activiste idéologique et bureaucrate expérimenté, dans les intrigues américanistes sans atteindre les postes institutionnels les plus hauts et sans posséder l’aura et la visibilité d’une grande personnalité de pouvoir, – un peu dans la même catégorie, si l’on veut, d’une Victoria Nuland (citée dans 60 articles, sur à peu près la même période [2006-2022]). La fonction la plus importante de Bolton fut météorique et absolument à contre-emploi par rapport au président justement décrit comme fantasque par lui, un peu plus d’un an (2018-2019) comme conseiller de la sécurité nationale de Trump. Ce fut pour Bolton une sorte de ‘revenez-y’ sans grande conséquence, Trump s’opposant systématiquement à ses initiatives et orientations. »

Le « revenez-y’ sans grande conséquence » vaut pour la politique extérieure et de sécurité nationale, mais nullement pour le destin du personnage. C’est ce que nous explique Rachel Marsden. En effet, Bolton tint un “journal de bord”, notamment pour sa période de conseiller de la sécurité nationale de Trump. Ce document, qui fait autour de 1000 pages, fourmille de ragots, de détails, de “révélations”, dont de nombreuses choses classifiées sous la rubrique ‘Top Secret’. Il aboutit dans le chef de Bolton à la rédaction d’un livre fourmillant de ces mêmes précisions : ‘The Room Where It Happened’ (« La pièce où cela s’est passé »), vendu à 780 000 exemplaires dès sa première semaine de mise en librairie, en juillet 2020. L’affaire avait été faite à partir d’un a-valoir de 2 $millions de son éditeur.

Il était difficile d’éviter que la justice s’emparât de l’affaire, malgré la vertu et l’excellent réputation-neocon de l’auteur. Une enquête fut diligentée, tandis que les courriers, — notamment de Bolton avec sa famille, — accompagnant l’aventure et accessible en général très librement étaient répertoriés et inclus dans le dossier. Marsden vous conte comment on est passé de 18 inculpations majeures, toutes selon les impératifs de l’‘Accusation Act’, avec ici ou là des perspectives pouvant aller jusqu’à la trahison pure et simple (peine de mort), à une seule comme vient de la décider hier un Grand Jury, à la très grande satisfaction des foules-neocon de Washington D.C. Maintenant vont commencer des négociations qui vont sans doute aboutir au minimum d’une peine minimale et à quelques mois de prison avec sursis et tout le cpnfort. Seule mesure d’autorité : une amende de 2,25 $millions pour régler les frais du dossier pénal, ce qui inclut les deux $milions initiaux payés par l’éditeur.

Nous citons un extrait important du texte de Marsden parce qu’il nous montre l’extraordinaire infantilisation du comportement d’un personnage comme Boltopn, qui eut une réelle influence, qui continue à être reçu et consulté par les grandes chaînes de télévision US. Le fait de constituer avec des secrets d’État une sorte de jeu familial infantile nous paraît absolument stupéfiant, et comme une mesure à peine caricaturale et complètement burlesque de la folie de cette époque, de l’effondrement de l’Amérique, de la toute-puissance de la GrandeCrise. Bolton est une sorte d’énorme moustache-bouffe, de neocon-bouffe si l’on veut faire plus sérieux, qui trace des plans terribles pour refaire le monde, chasser les méchants, orienter les faibles vers les feux du bonheur, — et puis, il faut bien vivre, passer de juteux contrats avec des éditeurs... Une sorte de condensé de l’‘Empire’ qui nous fascine tant.

« Les procureurs ont indiqué que Bolton tenait un journal intime, un recueil d'environ 1 000 pages de potins sur la sécurité nationale. Il mettait l'eau à la bouche de sa famille en leur donnant un avant-goût des informations croustillantes qu'il comptait rédiger et transmettre, tel un adolescent. Et ils étaient sacrément avides de ces détails.
» “Journal bien reçu », a écrit un membre de la famille Bolton. “Mais aucun commentaire sur l'article concernant le système judiciaire du [Pays étranger n° 1] que je t'ai envoyé, ni sur l'avis de l'administration concernant [l'arrestation dans le Pays étranger n° 1] ?”
» Ce à quoi Bolton a répondu : “J'y travaille !” On se retrouve aux toilettes entre deux cours !
» Plus tard, il a écrit :
“Des trucs [stuff] arrivent !!! Version papier à la maison…”
Il n’est pas difficile d’imaginer la joie des pirates informatiques iraniens à cette nouvelle, une joie au moins égale à celle des membres de la famille de Bolton ; bien que dépourvus des habilitations nécessaires pour traiter des informations sensibles, compartimentées et classées ‘Très secret’, ces derniers ont reçu plusieurs documents de ce type, notamment un rapport de 24 pages le 13 janvier 2019, un document de 47 pages le 8 septembre 2019 et un document de 6 pages le 15 septembre 2019, après son limogeage.

» Ce dernier document a été reçu par un membre de la famille de Bolton qui a répondu : “Une fin spectaculaire”. Elle ne faisait pas allusion à l’éviction brutale de Bolton du Bureau ovale, mais plutôt à la façon dont il l’avait laissée dans l’attente après lui avoir annoncé :
» “Des trucs arrivent !!!” »

Il est vrai que l’affaire Bolton, contée pat Marsden, donne un bel exemple de l’incroyable degré de pourriture et de corruption des élitesSystème de ‘D.C.-Circus’. Mais, pour nous, il n’y a pas que cela, et là est la raison de la reprise de cet extrait.

Courageusement, nous nous répétons. Ceci est le portrait d’un homme qui n’a rien d’inattendu ni d’exceptionnel dans le milieu où nous le débusquons. C’est un membre du groupe (Neocon & Cie) qui dirige l’Amérique. Tous ses caractères, sa puérilité, son inconscience assurée, ses moustaches arrogantes et d’une naïveté à ne pas croire  sont des caractères actuels d’une direction ‘impériale’ qui, à l’image de son 47ème POTUS, est totalement perverse-narcissique, section de bas-étage, c’est-à-dire d’une sorte d’étrange sénescence curieusement infantile. Rien de plus, rien de moins.

Merci à Rachel Marsden pour son article dans RT.com, le 27 juin 2026.

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« John Bolton a la totale

« Un accord de “plaider-coupable” et peut-être pas de prison : le dernier tour de passe-passe de Bolton illustre la façon dont Washington protège les ratés les mieux connectés. »

« Si je comprends bien : John Bolton, l'un des plus virulents critiques de l'Iran et ancien conseiller à la sécurité nationale de Trump, a réussi à conclure un accord avec le gouvernement américain concernant des accusations d'espionnage. Cet accord prévoit le paiement de 2,25 millions de dollars et plafonne toute peine de prison éventuelle à cinq ans maximum... tout cela après que l'Iran a mis la main sur une mine de renseignements « très secrets » grâce à lui. Et il est convaincu qu'un juge validera simplement le tout ?

Vendredi, les 18 chefs d'accusation initiaux retenus par un grand jury fédéral contre Bolton — pour transmission et détention illégales d'informations relatives à la défense nationale en vertu de la loi sur l'espionnage (‘Espionage Act’) — ont été réduits à un seul chef d'accusation : détention illégale. Les autorités fédérales ont apparemment accepté de faire l'impasse là-dessus en échange de quelques millions de dollars versés par Bolton et, peut-être, d'un peu de prison... ou pas. N'essayez pas de reproduire cela chez vous, les enfants. À moins, bien sûr, d'avoir des relations solides au sein de l'establishment néoconservateur permanent de Washington.

Il appartiendra désormais à un juge, plus tard cet automne, de décider si Bolton devra réellement purger la peine de prison ferme qui accompagne normalement une telle condamnation. Toutefois, cet accord de plaider-coupable vise en grande partie à placer le juge devant le fait accompli.

Cela dit, je n'aime pas m'acharner sur quelqu'un qui est déjà au plus bas. Car il est évident que la carrière de Bolton a beaucoup souffert. Pourtant, il est omniprésent sur toutes les grandes chaînes d'information, malgré — ou peut-être grâce à — l'annonce de cet accord plus tôt ce mois-ci et sa finalisation actuelle. À moins que ce ne soit sa propension prévisible à dénigrer son ancien patron, Trump ; bien que les bévues de ce dernier depuis le début du conflit avec l'Iran (aux côtés d'Israël) aient largement cessé de faire de l'Iran un sujet de discorde entre les critiques néoconservateurs et bon nombre de ses partisans.

Bolton occupe le devant de la scène, clamant que la gestion du dossier iranien par Trump est désastreuse, que ce dernier a donné l'avantage à Téhéran et que lui céder le contrôle du détroit d'Ormuz serait une erreur monumentale. Car dans l'univers néoconservateur de Bolton, les États-Unis contrôlent la planète et dictent le cours des événements. Tous les autres pays ne sont que des personnages secondaires.

Ce que Bolton tait – et que les grands médias ne lui demandent jamais, je le ferai donc ici –, c'est à quel point il a lui-même, involontairement, aidé le pays qu'il dénonce sans relâche à prendre l'avantage dans ses relations actuelles avec Washington et Trump. J'aimerais beaucoup entendre l'analyse de Bolton sur sa propre contribution aux maladresses américaines, avant qu'il ne reprenne ses diatribes à ce sujet. La domination stratégique de l'Iran sur l'administration actuelle est-elle entièrement le fait de Trump ? Ou bien la mine de renseignements détenue par Bolton y a-t-elle contribué, ne serait-ce qu'un peu ? L'Iran aurait fait appel à des psychologues pour guider ses interactions avec Trump, selon *Drop Site News* ; mais quelles informations précieuses Bolton a-t-il fini par leur fournir ?

L'acte d'accusation du ministère de la Justice, daté d'octobre 2025, a confirmé que des pirates informatiques liés à l'Iran avaient probablement accédé à des informations classifiées sur la défense nationale américaine via le compte AOL de Bolton. Il y est allégué que, depuis ce compte, il avait envoyé à sa femme et à sa fille des e-mails contenant des éléments issus de briefings de renseignement et de discussions internes. De telles informations peuvent révéler ce que les États-Unis pensent de l'Iran, de ses alliés et de ses adversaires, et exposer indirectement des sources et des méthodes.

Les réunions avec des dirigeants étrangers et de hauts responsables gouvernementaux, dont les détails figuraient dans les documents conservés et transmis par Bolton, pouvaient offrir un aperçu de la stratégie diplomatique, voire des positions des alliés et des tactiques de négociation.

Les procureurs ont indiqué que Bolton tenait un journal intime, un recueil d'environ 1 000 pages de potins sur la sécurité nationale. Il mettait l'eau à la bouche de sa famille en leur donnant un avant-goût des informations croustillantes qu'il comptait rédiger et transmettre, tel un adolescent. Et ils étaient sacrément avides de ces détails. « Journal bien reçu », a écrit un membre de la famille Bolton. « Mais aucun commentaire sur l'article concernant le système judiciaire du [Pays étranger n° 1] que je t'ai envoyé, ni sur l'avis de l'administration concernant [l'arrestation dans le Pays étranger n° 1] ? » Ce à quoi Bolton a répondu : « J'y travaille ! » On se retrouve aux toilettes entre deux cours ! Plus tard, il a écrit : « Des trucs arrivent !!! Version papier à la maison… » Il n’est pas difficile d’imaginer la joie des pirates informatiques iraniens à cette nouvelle, une joie au moins égale à celle des membres de la famille de Bolton ; bien que dépourvus des habilitations nécessaires pour traiter des informations sensibles, compartimentées et classées « Très secret », ces derniers ont reçu plusieurs documents de ce type, notamment un rapport de 24 pages le 13 janvier 2019, un document de 47 pages le 8 septembre 2019 et un document de 6 pages le 15 septembre 2019, après son limogeage. Ce dernier document a été reçu par un membre de la famille de Bolton qui a répondu : « Une fin spectaculaire. » Elle ne faisait pas allusion à l’éviction brutale de Bolton du Bureau ovale, mais plutôt à la façon dont il l’avait laissée dans l’attente après lui avoir annoncé : « Des trucs arrivent !!! »

On ignore tout de l'ampleur des informations précieuses que l'Iran a pu glaner grâce à l'obstination de l'un de ses plus virulents détracteurs américains à traiter les secrets d'État comme de simples sujets de conversation pour un apéro entre copines. Ce que l'on sait, en revanche, c'est qu'il a touché une avance de 2 millions de dollars pour son livre tiré de son journal de bord, ‘The Room Where It Happened’ (« La pièce où tout s'est passé »), ouvrage qui s'est écoulé à 780 000 exemplaires dès sa première semaine de vente en juillet 2020. Après avoir tenté de le saisir via une procédure civile pour violation des règles de confidentialité, puis abandonné les poursuites en juin 2021, le gouvernement l'oblige désormais, en substance, à verser cette somme au titre du règlement du volet pénal de l'affaire. En clair, il ne déboursera réellement que 250 000 dollars de sa poche si les 2 millions restants — sur les 2,25 millions exigés pour clore le dossier pénal — sont considérés comme une restitution des profits tirés de la vente d'informations classifiées appartenant à l'État et transformées en livre publié.

Cela semble bien peu cher payé pour avoir vendu la mèche à l'Iran. Surtout quand on sait que, pour caractériser la transmission et la détention illégales au titre de la loi sur l'espionnage (‘Espionage Act’), il suffit de prouver la volonté de communiquer ou de détenir l'information ainsi que la connaissance de sa nature — sans qu'il soit nécessaire de démontrer une intention spécifique de nuire aux États-Unis.

On ne peut que se réjouir de voir Bolton échapper potentiellement à toute sanction réelle ; cela crée un précédent pour tout lanceur d'alerte dont les agissements causeraient bien moins de dégâts que le fait d'informer l'Iran tout en vitupérant publiquement ce pays. Simplement, n'oubliez pas de demander au gouvernement américain de vous appliquer les conditions spéciales de braderie type Bolton-neocon. »

Rachel Marsden