RapSit-USA2026 : Insurrection au Pentagone

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RapSit-USA2026 : Insurrection au Pentagone

L’arrivez de Trump au pouvoir, puis la nomination comme secrétaire à la défense (puis “à la guerre”)  d’un inconnu en politique, collaborateur de FoxNews d’assez piètre qualité, Pete Hegseth, n’avait pas enchanté le Pentagone. Encore s’avérait-il que  Hegseth venait pour une mission principale : débarrasser les armées de toutes ces folies wokenistes. Cela pouvait satisfaire une bonne partie des cadres, notamment les plus élevés. Mais tout a changé à mesure de l’évolution de l’affaire ukrainienne, du rapprochement guerrier avec Israël contre l’Iran  (“guerre des 12 jours”), jusqu’au 28 février où tout a explosé.

On atteignait l’intolérable : une incursion forcené du pouvoir civil dans les opérations tactiques les plus délicates, ces opérations transformées pour n’être réalisées que dans un seul but politique, selon une guerre de l’information (le bulldozer aux mensonges qu’est Trump) menée sans autre but “militaire” que le sensationnalisme médiatique à effet électoral (et éventuellement pour des projets prophétiques ?!), sans souci des déboires que pouvaient rencontrer les armées.

La colère couvait, la révolte a éclaté. Les hauts fonctionnaires et les grands chefs militaires sanctionnés ne respectent plus rien du devoir de réserve, renvoyant à Trump son principe de complet désintérêt pour les lois et les règles : Joe Kent, démissionnaire de son poste de chef du renseignement contre-terroriste, parle à qui veut l’entendre de la main-mise d’Israël sur les plans de guerre ; le général C.Q. Jones, président du comité des chefs d’état-major limogé en février 2025, est apparu sur la scène publique avec fracas, lui avec un souci plutôt wokeniste derrière la tête. Les deux hommes sont donc plutôt de bords politiques opposés, mais tous deux ont un ennemi commun : le menteur irresponsable et le traître en illégalité.

Et cela se fait en plein milieu d’une guerre qui tourne mal, que l’armée n’a pas voulue, que Trump a imposée au nom de son narcissisme et de son hubris désormais diagnostiqués comme pathologiques. Pendant ce temp, la purge continue, désorganisant l’armée dans un moment si délicat et presque catastrophique, menaçant le statut de la première puissance militaire du monde..

« Depuis qu'Hegseth a pris ses fonctions en janvier 2025, voici ce qu'il a fait. Il a licencié le général C.Q Brown Jr., président des chefs d'état-major interarmé, le premier général noir à occuper ce poste. Il a viré l'amiral Lisa Franchetti, cheffe des opérations navales, première femme à ce poste dans l'histoire de la marine américaine. Il a renvoyé le général James Sliff, vice-chef d'état-major de l'armée de l'air. Il a écarté l'amiral Linda Fagan commandante des garde-côtes, encore une première femme dans ce rôle. Il a congédié le général Timothy Hof qui dirigeait à la fois la NSA et le cyber-commandement américain. Il a expulsé le vice-amiral Shoshana Shatfield, représentante militaire américaine au comité militaire de l'OTAN. Et maintenant, il vient de renvoyer  Randy George et avec lui deux autres généraux. Le général David Odn, responsable de la transformation et de la formation de l'armée, et le major général William Green Jr., chef des aumôniers militaires. Plus d'une douzaine de haut responsables militaires en moins de 15 mois. Selon Reuters, procéder à un tel licenciement en temps de guerre est quasiment sans précédent. »

Cette terrible situation n’épargne certainement pas les troupes. Des associations chargées d’assurer les droits des soldats ont enregistré en mars une augmentation de 1 100% des demandes de déchargement des missions de guerre pour objection de conscience, la plupart venant d’unités de combat. Le climat, comme on l’a déjà vu avec les aventures grotesques du porte-avions USS ‘Gerrald R. Ford ’est tout simplement catastrophique.

« Cela ne vient pas des manifestants. Cela ne vient pas des opposants politiques. Cela vient de l'intérieur même de l'armée américaine. Des Marines et des marins en service actif, déployés dans le Golfe persique, s'interrogent ouvertement sur les raisons de leur présence. Des publications militaires font état d'une dissidence documentée qui se propage dans les rangs. Un officier supérieur a décrit une éventuelle invasion terrestre de l'Iran comme un désastre absolu dans des communications parvenues à des journalistes civils. Des mèmes circulant sur les réseaux sociaux de l'armée américaine montrent des soldats à qui l'on demande pourquoi ils se battent –  et la réponse n'est ni la liberté, ni la démocratie, ni l'Amérique. Quatre mille cinq cents soldats, rien que dans le dernier déploiement, sont décrits comme furieux. Leurs familles sont terrifiées. Et la phrase qui revient sans cesse dans ces reportages est aussi simple que dévastatrice : “Nous ne voulons pas mourir pour Israël”.

» Pendant ce temps, Trump a appelé une chaîne de télévision israélienne pour promettre l'anéantissement total de l'Iran, s'est plaint de l'inaction de l'OTAN et a lancé un ultimatum de 48 heures qui a expiré sans que les conséquences annoncées ne se concrétisent. Ses généraux les plus gradés ont été purgés. Ses alliés se sont retirés. Ses soldats ignorent pourquoi ils se battent. Et l'invasion terrestre qu'il planifierait serait décrite en interne comme une catastrophe certaine. La première guerre, dans tout conflit, est la guerre narrative. Trump ne l'a jamais menée. Et maintenant, sa propre armée lui dit qu'il l'a perdue. »

Pendant ce temps, en Iran

Il faut comprendre que les choses sont si graves ; effectivement parce qu’elles ont lieu en plein milieu d’une guerre qui tourne très mal. Si les USA dominaient l’Iran et se trouvaient les maîtres du terrain et de l’espace, les grognements seraient assourdies et les insatisfactions largement réfrénées pour que chacun puisse revendiquer sa responsabilité dans la victoire. Comme disait à peu près Kennedy après la lourde défaite des troupes mercenaires de la CIA à Cuba en avril 1960 : « La victoire a cent pères, mais la défaite est orpheline »

Il y a cette étrange affaire d’un F-15 abattu en Iran alors que l’USAF assurait il y a 3-4 jours disposer d’une complète ‘Aerial Dominance’, aussitôt prise en main par Trump assurant que l’on allait immédiatement sauver le pilote au nez et à la barbe des Iraniens et que ce serait une victoire complète et totale, le tout dérivant en une sorte de confusion où il s’avéra que ke pilote était peut-être sauvé, on ne sait pas, mais que d’autres avions avaient été perdus dans l’aventure : trois dit l’USAF, des avions de servitude ; au moins 6-8 disent les Iraniens, dont deux A-10 de combat.

Ces pertes sont, en temps de guerre normale, assez courantes et n’ont rien pour révolutionner “la meilleure armée du monde » ; Mais nous ne sommes pas “en temps de guerre normale” puisque “la meilleure armée” nous offre, semble-t-il, “le meilleur bordel militaire du monde”. Voilà ce que nous écrivions il y a trois jours, sans souci de la folie courante qui a saisi l »Amérique :

« En l’occurrence, on nous raconte donc cette journée du 2 avril 2026 où un F-15E ‘Strike Eagle’ fut abattu par les Iraniens alors qu’il se trouvait au-dessus du territoire iranien. Les deux hommes d’équipage s’éjectèrent. Une vaste opération fut lancée pour les récupérer, ce qui fut fait pour l’un d’entre eux, mais point pour le second. Dans l’aventure, un A-10C d’appui tactique fut gravement endommagé et abandonné par son pilote, et deux hélicoptères furent également touchés. Dure journée pour l’US Air Force. »

Mais cette affaire, qui reste pour l’instant aussi mystérieuse que la connaissance de l’actuelle chaîne de commandement avec ces démissions en tous genres et sens, et ces déclarations contre toutes les traditions, n’est pas prête de s’arrêter là. Elle constitue un point de fixation et d’éclatement des antagonismes et des désaccords, entre les civils et les militaires, entre les civils et les civils, entre les militaires et les militaires, etc. Pendant ce temps, l’Iran regarde, incrédules, l’un ou l’autre pensant à la manière d’un Astérix-persan : “Ils sont fous, ces yankees”...

Et les nouvelles de renchérir dans tous les sens, du vrai, du faux, de l’hollywoodisme, de l’Intelligence Artificielle, de la subversion (russe bien entendu), de la propagande wokeniste, du suprémacisme blanc... Tenez et lisez, le site libéral-progressiste ‘liberalhub’ :

« Coup dur pour l'administration : des hauts gradés de l'US Air Force auraient démissionné en masse en signe de protestation suite à la perte catastrophique d'un chasseur F-15 lors d'une mission de combat. Cette “grève générale” sans précédent fait suite à la destruction de l'appareil au cours d'une opération à haut risque, provoquant une rupture totale de confiance entre la Maison Blanche et le Pentagone. Nous analysons les images en direct de l'interception, les généraux qui ont démissionné et les accusations de “mission suicide” qui secouent actuellement le département de la Défense. Face à ce vide à la tête de l'Air Force, des questions demeurent : qui contrôle réellement le ciel et qu'est-ce qui a déclenché cette révolte militaire historique ? »

Nous aussi, nous nous posons ces questions, et nos gentils lecteurs, et les représentants de quelques dizaines de pays de l’OTAN, et ceux de l’UE, tout le monde, absolument tout le monde... Conséquence et communiqué final :

« See You in Hell, Brother !  »,

disait Elmer Gantry-Burt Lancaster en guise d’adieu à un compagnon de route, à la fin du film éponyme.


Mis en ligne le 5 avril 2026 à 10H45