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Que va-t-il se passer avec Trump s’il perd les midterms et se trouve “paralysé” en partie par les résultats et un Congrès dressé contre lui, gouverné par une haine antitrumpiste sans mesure ? Dans ce cas, il faut faire une grande place au personnage et à son caractère, et suivre l’avis de Michael Wolff, que présente de la sorte Alastair Crooke :
« Michael Wolff, un homme qui connaît Trump mieux que la plupart (il a écrit quatre livres sur lui), estime que si les démocrates remportent les élections de mi-mandat du 3 novembre –
» “Ils tenteront de faire croire au monde entier que c'est un jour nouveau. Trump, quant à lui, s'efforcera de montrer qu'il maîtrise toujours la situation. Il y aura toute une série d'événements de ce genre (comme une hypothétique invasion de Cuba, par exemple) d'une ampleur inimaginable. Il ne s'abaissera pas. L'humilité est un concept étranger à Donald Trump. C'est pourquoi il agira… à l'inverse...”
» “Non pas reculer, mais attaquer...” ».
Ce jugement, que nous sommes tentés de partager (sauf l’exemple de l’invasion de Cuba, un peu trop facile), ouvre des possibilités considérables de désordre et de confusion pour la direction US. Nous parlons d’une variété de désordre et de confusion, qui ne va pas nécessairement dans le sens d’agressioins extérieures tant la bataille intérieure, — contre ces misérables démocrates ! — est tentante pour un hyper-narcissique de la classe-Trump.
Se posent alors quelques délicates questions, qui nous conduisent sur des terrains bien connus :
1). Quelle sera la réaction de la CIA, décrite par Larry Jackson comme menant sa propre guerre en Ukraine avec une intensité jamais vue, même sous Biden. Par conséquent avec une ampleur sans précédent contre la politique de Trump :
« Quoi que Donald Trump dise en public, les opérations de la CIA contre la Russie sont maintenant "beaucoup plus agressives" qu'elles ne l'étaient sous Joe Biden. Les officiers du centre d'activités spéciales de la CIA, les personnes qui dirigent des opérations secrètes et paramilitaires, seraient parmi les plus heureux de Langley, parce qu'ils sont très occupés. Et ce n'est pas nouveau. La CIA a aidé à construire l'appareil de renseignement moderne de l'Ukraine après que la Russie a pris la Crimée en 2014. C'est la guerre de l'agence depuis plus d'une décennie. » (Larry Johnson)
Cette analyse de Johnson, ancien officier chevronné de la CIA, est partagée par beaucoup d’autres observateurs indépendants, y compris le site russe ‘Borzikman’, reflétant les conceptions des militaires russes et, dans ce cas, de Poutine lui-même ; et le président russe abandonnant alors sa recherche d’un rapprochement avec les USA via Trump, jugé comme privé d’un pouvoir effectif sur la politique ukrainienne des USA.
2). Une autre possibilité, exactement inverse, est que Trump, toujours selon la recette globale de Wolff (« Non pas reculer, mais attaquer...” »), utilise ce qu’il lui reste d’autorité présidentielle : diverses possibilités d’intervenir au niveau des personnalités à la direction de la CIA et surtout une voix officielle représentant le pouvoir suprême légalement investi. Alors, il décide de lancer une attaque solennelle contre la CIA en dénonçant publiquement son comportement. C’est accroître considérablement le désordre et la confusion dans la direction de la politique étrangère US et placer tous les autres acteurs sur la défensive, devant la réalité de la responsabilité de la CIA dans la guerre en Ukraine. Trump serait bien entendu physiquement menacé (comme JFK), mais dans un contexte bien différent s’il porte le débat sur la place publique d’une façon solennelle et officielle. Ce serait presque une opération-suicide correspondant pourtant au caractère incontrôlablement impulsif du président. (Un narcissique de ce calibre ne peut imaginer qu’on ose attenter à sa si précieuse vie.) La publicité éventuelle de cette évolution mettrait en évidence la trahison de la CIA par rapport au pouvoir légal, ébranlant sous l’accusation de forfaiture l’édifice du pouvoir souterrain du DeepState et des organismes de sécurité nationale, — dont certains, comme le Pentagone, ne seraient pas mécontents de voir l’impunité de la CIA sérieusement mise en cause car l’on se déteste cordialement entre complices de manigances.
3). La CIA s’est opposée à Trump dès son arrivée à la Maison-Blanche en 2017 et même bien avaqnt, se rangeant du côté des démocrates à 100% ; position confirmée par la situation des pouvoirs US vis-à-vis de l’Ukraine. Mais comment poursuivre cette répartition des rôles essentiels dans la situation politique US s’il est avéré publiquement ce fait que tout le monde connaît bien sans le dénoncer publiquement et officiellement selon la plus haute autorité, que la CIA n’obéit pas aux ordres du président, fût-il Trump, — ¢e qu’aurait dû tenter JFK ? Cette question ne concerne alors plus la haine antiTrump mais la structure institutionnelle du pouvoir et entre dans le débat public, si nécessaire jusqu’à la Cour Suprême. C’est, pour les démocrates, une situation très difficile où ils seront mis, étant alliés de la CIA dénoncée comme coupable de forfaiture, dans une position contradictoire dommageable qui fait le jeu de Trump. Cette position n’implique aucun avantage décisif mais introduit une situation de formidable confusion dans les rapports des uns et des autres.
4). Que deviennent les Européens, que Trump poursuit d’une haine extrême, et qui se trouveraient impliqués dans une accélération incontrôlable du confit et surtout une éventuelle confusion publique (c’est cette publicité qui change tout) sans y être préparés et sans conduire les opérations puisque la faction US (Trump) qu’ils ont combattue affirmerait sa direction aux dépens de la position intérieure des démocrates qu’ils (les Européens) soutiennent à fond contre Trump ? Tout cela, alors même que des pressions pour un dialogue avec Moscou se renforcent en Europe et que la situation européenne ne cesse de s’aggraver ? Confusion et désordre là aussi.
Dans tout cela apparaît ce constat : si Trump se débat ainsi après avoir été battu aux élections, il remplit parfaitement sa mission de “cocktail-Molotov humain lancé contre le Système”. D’ailleurs, même chose s’il ne perd pas les élections, la colère des démocrates se transformant en insurrection ouverte soutenue par la CIA, et Trump placé dans la même situation...
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Mis en ligne le 29 octobre 2026 à 13H00