RapSit-USA2022 : AOC, ‘Ukrisis’ et le 8 novembre

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RapSit-USA2022 : AOC, ‘Ukrisis’ et le 8 novembre

A toute vedette-people, tout honneur. On débutera donc par quelques lignes de rappel concernant AOC, – Alexandria Ocasio-Cortez, – et sa pitoyable réunion électorale de la mi-octobre 2022. Le 15 octobre,  nous commencions un texte sur la décision de Tulsi Gabbard de quitter le parti démocrate par ce rapide compte-rendu d’une humiliante soirée pour AOC :

« Une vue d’un très récent “meeting” de l’ex-superstar démocrate Alexandria Ocasio-Cortez (AOC), dans une salle presque vide bien qu’il s’agisse de son district du Bronx où elle se représente, où ses ex-partisans l’accusent de voter pour la guerre thermonucléaire, où ils comparent le comportement de Tulsi Gabbard au sien, une telle vidéo devrait nous édifier. Nous aussi, en son temps, nous avions cru avec la meilleure foi du monde qu’AOC pouvait devenir une antiSystème efficace, comme Gabbard l’est depuis 2015, – “antiSystème” c’est cela, de gauche, de droite ou d’ailleurs ne nous importe pas... Rien du tout ! AOC a succombé à la composante ‘entertainment-people’ du Système et elle est rentrée dans le rang. »

Eh bien, il semble que AOC ait compris très-rapidement la leçon en se rappelant ses engouements passés, et qu’elle se soit placée dans un mouvement, qu’elle a d’ailleurs certainement initié en bonne partie, d’une trentaine de dépité démocrates, tous d’extrême-gauche progressiste (dont les restes des fameuses filles du SQUAD, – AOC en fait partie), demandant l’ouverture de négociations de paix en Ukraine. Intéressante occurrence : l’extrême-gauche progressiste démocrate rejoint la droite  populiste républicaine dans un mouvement contre le soutien inconditionnel à la guerre de Zelenski. Comment la presseSystème du monde entier va-t-elle expliquer cela à ses chers lecteurs ? En leur expliquant le moins possible, sinon rien du tout de l’essentiel ; en noyant le poisson  dans des considérations sur les propositions contenues dans cette lettre plutôt que sur l’effet politique fondamental de cette initiative.

Dans tous les cas, ceci au moins est clair et ne peut être démenti par personne : le 8 novembre est très proche, et avec lui les élections midterms.

Voyons de quoi il s’agit.

« Dans une lettre adressée lundi à la Maison Blanche [et signée par une trentaine de députés démocrates], la présidente du Congressional Progressive Caucus, Pramila Jayapal (Washington), a invoqué la “destruction” de l'Ukraine, la menace d'une guerre nucléaire et la tourmente économique qui frappe l'Europe pour justifier la recherche d'un règlement négocié.

» Si la décision finale de retourner à la table des négociations appartient à l'Ukraine, a ajouté Jayapal, le fait que les États-Unis aient versé des dizaines de milliards de dollars pour maintenir Kiev à flot “crée une responsabilité pour les États-Unis d'explorer sérieusement toutes les voies possibles, y compris l'engagement direct avec la Russie, pour réduire les dommages et aider l'Ukraine à parvenir à un règlement pacifique”.

» La lettre se termine en exhortant à nouveau Biden à ouvrir des “discussions directes avec la Russie", sans suggérer quel type de compromis les législateurs pensent que l'Ukraine devrait faire pour la paix.

» Parmi les signataires de la lettre figurent les vedettes progressistes Ro Khanna (Pennsylvanie), Ilhan Omar (Minnesota) et Alexandria Ocasio-Cortez (New York). »

Le texte de la lettre est paru dans le Washington ‘Post, avec des déclarations explicatives de Pramila Jayapal, la leader du caucus progressiste. Le tout est accompagné d’un bla-bla habituel sur les possibilités de négociations, d’accords, etc., qui ne constitue en aucune façon le fait important.

Nul ne doit espérer qu’une telle initiative apporte quoi que ce soit à la situation en Ukraine, à la position de l’administration Biden ni à celle du parti démocrate en général. L’essentiel est évidemment ailleurs, dans le fait que la gauche US, sur son extrême, est obligée d’effectuer un virage à 180*, renforçant fortement le courant antiguerre déjà très fortement perceptible chez les républicains. Tous ces gens (l’extrême-gauche) ont compris le sens de la terrible humiliation subie par AOC il y a deux semaines : leur électorat est de plus en plus hostile au soutien à Zelenski et à la guerre, et il faut virer radicalement de bord.

Il ne s’agit pas ici de faire des décomptes d’épicier sur le parti démocrate, les partisans ou non de l’aide à Zelenski, etc., mais de constater combien s’affirme très fortement la poussée antiguerre aux USA. La chronologie est parfaite, on dirait presque “complotiste”  : trop proche des élections pour laisser aux partisans de la guerre le temps de monter une contre-offensive, assez proche des élections pour diffuser ce sentiment comme l’un des enjeux majeurs des élections, ce qui était impensable il y a deux mois. Cette dynamique a de bonnes chances de durcir d’une façon inattendue l’opposition du Congrès et d’exacerber les tensions entre lui et l’exécutif, jusqu’à susciter des blocages institutionnels. Les effets sur la politiqyue UYS vis-à-vos de l’Ukraine sont évidemment imprévisibles mais seront certainement importants, avec des effets indirects importants sur la situation intérieure US.

On ajoutera que cette tendance nouvelle risque de rendre plus appuyée et plus voyante l’opposition importante existant au Pentagone à un soutien trop important et extrêmement risqué à Zelenski, au moment où certaines possibilités guerrières de Zelenski semblent affoler les généraux des deux camps (occidentaux et russes). Concluant brièvement, on admettra que ces élections du 8 novembre  devraient effectivement constituer un facteur politique nouveau d’une grande importance dans la crise de la guerre en Ukraine.

 

Mis en ligne le 24 octobre 2022 à 09H45

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