RapSit-USA2021 : Quête de liberté des États

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RapSit-USA2021 : Quête de liberté des États

Le texte que nous publions ci-dessous (dans BigLeaguePolitics.com le 27 janvier 2021), même s’il n’est pas d’une grande source institutionnalisée de la presseSystème, – ou plutôt parce qu’il ne vient pas de cette presseSystème, – a, à nos yeux, une assez grande importance documentaire, et même politique. Il nous donne des détails concrets sur un mouvement qui s’est déjà développé, qui a le soutien d’autorités (les directions de certains comtés), et de personnalités appartenant à un parti politique institué, le parti républicain. Bien entendu, l’argument est : comment échapper à la politique radicale de gauche du parti démocrate, de plus en plus perçue comme une menace de dictature gauchiste.

L’impression que l’on retire, d’une façon générale, de cette analyse est de plusieurs ordres :

• elle est d’abord générale (justement) dans le sens où elle concerne divers États et des opérations dont quelques-unes ont déjà une certaine durée (ce qui écarte le phénomène d’initiatives quasiment individuelles, plutôt de type folklorique, et sangs durée) ; elle implique, ou plutôt confirme que l’idée de sécession est vraiment une voie centrale, tout à fait concevable pour réagir structurellement à la crise existentielle des États-Unis d’Amérique, même si (et surtout si ?) cela conduit à une désintégration par parcellisation des États-Unis d’Amérique ;
• cette idée de sécession semble (enfin) pénétrer les esprits de personnes qui n’agissent pas réactions émotionnelles, idéologiques ou utopiques ; c’est-à-dire qu’elles apparaissent comme des décisions rationnelles, du type “réflexion faite, il n’y a désormais que cela qui puisse débloquer une situation catastrophique” ; enfin, une idée qui touche non plus des individualités isolées, parfois (souvent) exotiques, mais bien souvent des membres des législatures républicaines des États (ou des comtés) concernés ;
• elle montre, selon les exemples qui sont développés, que l’idée de sécession est multiple dans son application, et qu’elle ne concerne pas seulement les États mais bien les entités composant les États, c’est-à-dire les comtés ; cela permet à certains comtés d’États qui ont en eux-mêmes des tendances politiques irréconciliables d’ailleurs en pleine évolution (cas du Colorado, dont l’orientation politique change à très grande vitesse à cause d’une migration de Californiens qui viennent s’y installer, à cause des conditions de vie en Californie, mais qui apportent avec eux des convictions gauchistes qui ont la vie dure), d’envisager une solution de rupture, de sécession malgré tout, pour les en libérer ;
• elle montre encore son sérieux par la durée également : par exemple, l’idée déjà vieille et qui date de plusieurs mois dans la séquence actuelle, d’un ‘Greater Indiana’ par la sécession, avec le détachement d’un comté de l’Oregon (État super-gauchiste avec le Washington) pour un rattachement à l’Indiana (républicain et conservateur), dans occurrence où l’Indiana a déjà réagi l’été dernier d’une façon très favorable à l’idée ;
• Il est possible que cette procédure ‘par comtés’ se fasse d’une façon assez apaisée, c’est-à-dire sans intervention nécessaire du ‘centre’ washingtonien, ce qui éviterait des querelles pouvant conduire à des affrontements de guerre civile dans les cas les plus graves ; nous n’avons à cet égard aucune connaissance précise, mais nous ajouterions, vu le flou et la plasticité de la Constitution et la réticence des autorités constitutionnelles, Cour Suprême en premier, à intervenir dans ce climat politique survolté, qu’il nous paraîtrait bien possible que de telles opérations ne soient pas encadrées de trop près de façon à éviter des heurts ; on a déjà eu des exemples dans la situation actuelle où les autorités constitutionnelles préfèrent ne pas réagir, simplement en ‘faisant le mort’-‘comme si rien ne se passait’, à des initiatives où il pourrait y avoir la possibilité de conflits constitutionnels ;
• la possibilité de telles mesures, en raison du climat actuel de bipolarisation haineuse existant aux USA, nous semble devoir être considérée très sérieusement, dans la mesure où ces comtés à vocation sécessionniste, regroupant des populations très conservatrices, des populations pour lesquelles la possibilité de vivre sous le régime démocrate qu’adopterait leur État initial devient de plus en plus impensable ; on découvre même que le processus de sécession, qui se décline à différents niveau (ici, les comtés) n’est pas nécessairement synonyme automatique d’un embrasement de type guerre civile.

Pourtant et Finalement, car c’est le dernier enseignement pour notre compte, que nous mettrions en exergue et le séparerions de la suite de réflexions spécifiques, – reprenant et développant la dernière de ces réflexions, mais considérant l’ensemble de l’hypothèse considérée, la formule qui apparait à première vue pacifique ne supprime pas du tout complètement l’hypothèse de la sécession majeure, montant cette fois la mésentente au niveau constitutionnel central avec risques d’affrontements civils très graves.

En effet, ces transferts de comtés n’empêcheront pas 1) l’hostilité de la gauche radicale pour les États conservateurs, éventuellement renforcés par les comptés ; et 2) l’hostilité jusqu’à l’affrontement d’États conservateurs (éventuellement renforcés par des comtés) hostiles à la politique radicale gauchiste de Washington, tout cela conduisant conduisant à des conflits sécessionnistes cette fois au plus haut niveau.

(Il est à noter que du côté des zones gauchistes radicales, un processus semblable n’est jusqu’ici pas envisagé, d’une part parce que les zones radicales gauchistes occupent des places de fortes concentrations urbaines, impliquant que les États où elles se trouvent ont une politique radicale gauchiste qui leur convient là où elles se trouvent ; d’autre part, les gauchistes sont directement en accord avec le ‘centre’ washingtonien démocrate, qui est favorable bien entendu au maintien des USA dans leur forme actuelle, avec une forte centralisation idéologique et de sécurité nationale, quitte à imposer des conditions de coercition extrêmement dures aux citoyens récalcitrants.)

Nous avons fait une place importantes à cette situation théorique parce qu’elle nous semble correspondre à une possibilité bien réelle, en même temps qu’elle rencontre la tendance politique des ‘sécessionnistes’ (on les trouve surtout chez les conservateurs et les libertariens), qui cherchent à se regrouper et à agir en communautés limitées, qui montrent une extrême hostilité au principe d’un gouvernement central.

Ce qu’on constate ici, c’est qu’un activisme moins bruyant que le brouhaha médiatique et de ‘D.C.-la-folle’ est en plein développement, et qu’il risque d’aller loin. C’est la marque de la profondeur abyssale de la crise des USA, qui est absolument et totalement une crise du modèle actuel des organisations politiques (avec la rupture complète citoyens-dirigeants), qui se déroulent donc à tous les niveaux, des plus visibles aux plus discrètement régionaux. Il ne fait aucun doute, pour notre compte, que cette évolution doit servir de modèle à d’autres ensembles, dans une situation générale de rupture désespérante entre les citoyens et leurs directions. Par exemple, une telle évolution constituerait un parfait miroir déformant jusqu’à l’inversion pour l’EU, qui a été conçue dès l’origine par quelques génies qui avaient la vue longue (Monnet, Schuman, de Gasperi, la CIA).

« Les Américains libres veulent un divorce national

» Avec la prise de contrôle de la Maison-Blanche par le président Joe Biden après une vaste opération de dissimulation des allégations de fraude électorale, les États commencent à prendre au sérieux l'idée de la sécession comme moyen de s'isoler de la corruption de gauche.

» Des militants patriotes du comté de Weld, dans le Colorado, s'organisent pour être réincorporés dans le Wyoming. Le Colorado est un État qui a viré au bleu [démocrates]  ces dernières années en raison d'un afflux de libéraux-progressistes californiens [démocrates] qui ont apporté avec eux leur politique d'extrême gauche. Cette sorte de transfuges-migrants [qu’on trouve avec d’autres Etats] espèrent faire de la sécession des États bleus (démocrates) un nouveau mouvement national.

» “Denver et Boulder ont déclaré la guerre non seulement au comté de Weld, mais au bon sens même face à des réglementations destinées à tuer les emplois dans le secteur de l'énergie”, a déclaré dans un communiqué la commission politique du comté de Weld qui veut l’incorporation dans le Wyoming. Ils espèrent que cette mesure deviendra une proposition sur le bulletin de vote des les élections de novembre 2021 [partielles pour le Colorado]...

» “Ils veulent mettre les militants radicaux des droits des animaux en position de pouvoir sur l'industrie de l'élevage, deux des principaux moteurs économiques de Weld. Ils sont également en guerre contre les petites entreprises. Les personnes qui ont des valeurs traditionnelles sont vilipendées comme des bigots racistes, homophobes, misogynes”, ont-ils ajouté.

» Cette situation duplique les efforts des habitants des zones rurales de l'Oregon pour faire sécession de leur État et rejoindre une nouvelle entité qui serait baptisée sous le nom de ‘Greater Idaho’, par incorporation dans l’État de l’Idaho:

» Le mouvement ‘Big League Politicsa rapporté en début de semaine que des États tels que le Texas et le Wyoming envisageaient de faire sécession pour former leurs propres pays indépendants :

» Le représentant de l'État du Texas, Kyle Biedermann, un républicain, a présenté un projet de loi qui offrirait la proposition de la sécession à la population.

» La législation, le projet House Bill 1359 de la Chambre des Représentants, prévoit un référendum non contraignant pour les électeurs du Texas avec la question suivante : “La législature de l'État du Texas devrait-elle soumettre un plan pour quitter les États-Unis d’Amérique et établir une république indépendante ?”

» Pour étayer son idée de sécession, Biedermann affirme qu'il y a “des indications que la République du Texas ne se contenterait pas de survivre, mais qu’elle prospérerait en tant que nation indépendante”.

» “Les électeurs du Texas, toutes tendances politiques confondues, peuvent s’entendre sur une chose, Washington D.C. a été et est brisée [en tant que cette de pouvoir]”, a déclaré Biedermann dans un communiqué de presse.

» “Notre gouvernement fédéral laisse continuellement tomber nos familles de travailleurs, les personnes âgées, les contribuables, les vétérans et les propriétaires de petites entreprises. Depuis des décennies, les promesses de l’Amérique et nos libertés individuelles s’érodent”, a-t-il poursuivi.

» ”Il est maintenant temps que les habitants du Texas aient le droit de décider de leur propre avenir. Il ne s'agit pas d'une question politique de gauche ou de droite. Que les Texans votent !” Biedermann s'est exclamé...

» Les efforts de Biedermann commencent à s’étendre à d’autres États dont les dirigeants commencent à douter de la légitimité du gouvernement fédéral. Le président du parti républicain du Wyoming, Frank Eathorne, a parlé en termes positifs du mouvement de sécession naissant de Biedermann au Texas.

» “Nous devons nous concentrer sur les fondamentaux. Nous sommes ouverts sur la scène mondiale mais nous sommes également concentrés sur notre propre pays. Beaucoup de ces États occidentaux ont la capacité d'être autonomes, et nous gardons un œil sur le Texas aussi, et sur leur considération d'une éventuelle sécession. Ils ont une constitution différente de la nôtre en ce qui concerne la formulation, mais nous y prêtons tous attention”, a déclaré M. Eathorne.

» Les Américains méritent un divorce avec le gouvernement fédéral avant que leur nation et leur civilisation ne s'effondrent. La sécession peut être la solution pour sauver ce qui reste de liberté en Amérique. »

 

Mis en ligne le 1er février 2021 à 16H05

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