RapSit-USA2021 : L’industrie du pillage

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RapSit-USA2021 : L’industrie du pillage

La fin de semaine a été “agitée” avec le ‘Black Friday’, “tradition” typiquement américaniste importée en Europe, selon des us & coutumes de soumission catastrophiques auxquels nous sommes désormais habitués et, pour certains malheureux, fiers de l’être. Mais nous ne parlons pas des chiffres de vente, qui ne nous importent en rien tant ils constituent un aspect dérisoire de ces temps-devenus-fous ; nous parlons de l’institutionnalisation d’une nouvelle branche florissante de notre système socio-économique de haute moralité et de bonheur promis : l’industrie du pillage ; par conséquent, puisqu’il y a “industrialisation”, nous nous en tenions aux États-Unis où ce phénomène est absolument florissant et conduit selon les normes modernistes.

Ici, ‘Breitbart.Newsnous donne quelques indications sur la semaine de Thanksgiving avec son ‘Black Friday’, et une activité particulièrement florissante de l’industrie du pillage :

« Des groupes de pillards ont saccagé des centres commerciaux et des détaillants dans tout le pays pendant la semaine de Thanksgiving, après que des vols en règle aient été commis le week-end dernier dans la région de la baie de Californie.

» Un Sunglass Hut du centre commercial Del Monte à Monterey, en Californie, a été attaqué vendredi par un groupe de quatre personnes qui ont volé des lunettes de soleil pour un montant estimé à 30 000 dollars, a confirmé la police à KSBW.

» La gérante du magasin, Shauna Weirich, a déclaré que les bandits étaient entrés et sortis en deux minutes.

“Ils savaient parfaitement quoi faire”, a-t-elle déclaré à KSBW. “Ils n’étaient pas là sans rime ni raison, ils savaient juste quoi faire, quand le faire et comment tirer le meilleur parti de ce qu'ils faisaient”. [...]

» Le chaos de la semaine de Thanksgiving fait suite à une mêlée générale qui a duré trois nuits dans la baie de Californie le week-end dernier, comme l'a rapporté Breitbart News.

» Le 19 novembre, des pillards se sont attaqués à des magasins haut de gamme comme Louis Vuitton et Yves Saint Laurent à Union Square, à San Francisco. La nuit suivante, un groupe de 50 à 80 personnes s'est précipité dans un Nordstrom de Walnut Creek, près de San Francisco. »

Nous avons déjà parlé de cette nuit du 19 novembre, lorsque le magasin Louis Vuitton de San Francisco fut mis en sac d’une façon très efficace et très ordonnée, à l’aide de belles limousines sagement garées devant les magasins à “traiter”. Cela se passa comme ceci à San Francisco :

 « Ce qui s’est passé à San Francisco est réellement extraordinaire : l’on voit sur les diverses vidéos (selon notre appréciation visuelle dépouillée de toute ostracisme) des Africains-Américains venir piller dans la soirée de vendredi (samedi ?) notamment des magasins de luxe de belle et grande marque, qui indique un goût sûr (la boutique Louis-Vuitton a été absolument déménagée au peigne fin, ce qui a dû peiner Bernard Arnault tout en lui procurant une joie étrange parce qu’alors son magasin vide et luxueux devient une œuvre d’Art Contemporain de la sorte qu’il adore). Cela s’est fait souvent et avec maestria à partir de luxueuses limousines venant se garer devant les magasins, la chose nous suggérant qu’il s’agissait de gangs et groupes organisés (au goût sûr). Tout cela, encore, se fait parfois devant des policiers prudents sinon passifs, qui savent ce qu’il risque de leur en coûter au tribunal s’ils interviennent, surtout dans cette ville dont les autorités sont wokenistes et ultra-progressiste. Remarque d’un commentateur (peut-être sanctionné depuis car sa remarque a dû heurter bien des sensibilités victimaires) :
“BLM ?
Not ‘Black Lives Matter’ but ‘Black Lootings Matter’” »

Ces événements ne sont pas sortis de rien, bien entendu. Ils caractérisent désormais la vie courante aux USA depuis l’été libérateur qui a suivi la mort de George Floyd. Cette période vit une période intense de manifestations et de protestations publiques au rythme des ‘Black Lives Matter’, impliquant la mise en place d’une nouvelle “façon d’être”.

« Les “troubles dans la rue”, c’est absolument énorme. Entre le 26 mai et le 22 août [2020], il y a eu 7 750 manifestations [est ‘manifestation’ un événement rassemblant plus de 100 personnes] liées à la mort de George Floyd et aux BLM, dans 2 400 lieux, dans les 50 États des USA et le District de Columbia (Washington D.C.) : soit une moyenne de 216 manifestations par jour ! Cette statistique, donnée par le Washington Post, est assortie de cette précision que chacun prendra selon son jugement et son humeur : 93% de ces manifestations ont été “pacifiques” et “sans destruction”. »

... Cette nouvelle “façon d’être”, c’est donc celle où la protestation ouverte, publique et moralisatrice dans les rues, avec toutes les nuances et dérives qu’on imagine, est devenue la marque principale du nouveau paysage wokeniste des USA. Bien entendu, elle s’est déployée essentiellement dans les ‘Blue States’, à majorités ou gouvernorats démocrates, dans les grandes villes avec des maires et mairesses démocrates souvent inclinées au radicalisme gaucho-wokeniste. Dans nombre de ces lieux furent adoptées courant 2020 des mesures de contraintes de l’action policière, de débudgétisation de la police, etc., conduisant à une quasi-complète “libération” des rues de cet encombrant facteur d’ordre et de discipline.

C’est alors que se déploya l’industrie du pillage. Le 12 novembre dernier, Michael Snyder lui consacra un article assez complet, où il apparaît que cette “industrie” atteint déjà $45 milliards par an, qu’elle est appelée à grandir exponentiellement, au gré de l’accroissement continuel du désordre aux USA. Bien entendu, puisqu’il y a “industrie”, il y a organisation et rentabilisation : formation de gangs, pillage ciblée selon les marchés visés, utilisation maximale de la revente en ligne qui donne au pillage un débouché sans risques et sans frais.

« Le niveau d'anarchie que nous atteignons aux États-Unis est absolument stupéfiant. En moyenne, les voleurs dérobent chaque jour à nos détaillants des marchandises d’une valeur de plus de 100 millions de dollars. Pensez-y. J'ai beaucoup écrit sur l’épidémie de vol à ciel ouvert qui sévit dans ce pays, mais même moi je ne savais pas que les choses étaient devenues aussi graves.  Malheureusement, la plupart des vols sont commis par des bandes de pillards très organisées.  [...]

» Ces pilleurs professionnels semblent ne craindre aucune confrontation que ce soit.

» Et c’est probablement parce qu’ils savent que même s’ils sont pris, ils ne seront jamais accusés d'un crime.  Ces dernières années, de nombreux États ont modifié leurs lois pour être plus indulgents envers les voleurs à l’étalage, ce qui semble contribuer à alimenter un énorme boom du vol organisé dans le commerce de détail...

» Les bandes de voleurs professionnels s'emparent des rayons de vêtements et d'autres articles depuis des années, mais la National Retail Federation rapporte dans sa plus récente enquête auprès des détaillants que des peines et des politiques de poursuite plus clémentes alimentent une hausse de ces crimes.

» “De nombreux États ont relevé le seuil de ce qui constitue un crime, ce qui a eu pour conséquence involontaire de permettre aux criminels de voler davantage sans craindre les sanctions plus lourdes liées aux accusations de crime”, a rapporté l'association commerciale. “Près des deux tiers des détaillants déclarent avoir constaté une augmentation de la valeur moyenne des cas de ORC [‘Organized Retail Crime’] dans ces États.”

» À mon avis, les voleurs vendent ce qu’ils volent en ligne. Ce genre de choses se produit dans tout le pays, et l'on rapporte que le vol coûte désormais 45 milliards de dollars par an à nos détaillants...

» Le vol dans le commerce de détail serait désormais responsable de 45 milliards de dollars de pertes annuelles aux États-Unis, selon une association professionnelle, un chiffre dont la récente croissance reflète les perturbations de l'ère pandémique et l'essor du commerce en ligne, qui a facilité la revente des articles volés.

» C'est un chiffre incroyablement élevé.

» Si l’on divise ce chiffre par 365 jours, on obtient une moyenne de plus de 123 millions de dollars par jour.

» Nous parlons de vol à l’échelle industrielle, et on nous dit que certaines de nos plus grandes villes sont celles où les pillages les plus importants ont lieu...

» Les cinq villes les plus touchées par la criminalité organisée dans le commerce de détail sont, dans l'ordre, Los Angeles, San Francisco/ Oakland, Chicago, New York et Miami, selon l’association professionnelle. Des vidéos de vols flagrants dans des magasins californiens, en particulier, ont largement circulé. »

L’ORC, ou “Crime organisé de la vente au détail” entre donc dans la catégorie florissante des organisations criminelles qui se développent à un niveau effectivement industriel, déployant des activités illicites nouvelles dans des domaines caractéristiques de la globalisation et de la Grande Crise.

• Il faut noter que cette “industrie du pillage” tend à se développer selon des domaines parfaitement identifiés, notamment celui des grandes marques et marques prestigieuses (exemple de Vuitton à San Francisco) dont la notoriété permet d’obtenir des prix importants, aisément manipulables avec l’instrument de l’internet qui permet d’atteindre des audiences internationales.

• Parallèlement, les trafics de drogue (avec les armes souvent en supplément), directement reliés à des zones de conflit à partir de pays faillis ou de très faible souveraineté, sont eux-mêmes constitués en “industries”, parfois même en “territoires” sur lesquels ils affirment une sorte de “souveraineté” (cas du Mexique). Certes, le trafic de drogue a existé de tous les temps, mais essentiellement comme une des branches du grand ‘Crime Organisé’. Aujourd’hui, ils sont totalement constitués en cartels industriels et parfaitement intégrés aux grands flux de la globalisation, notamment en fonction de l’évolution psychologique et civilisationnelle (le déclin du bloc-BAO suscitant les maux habituels de la décadence, dont l’emploi de la drogue).

• L’“industrie des passeurs-esclavagistes”, selon l’expression de Gilbert Collard (Voir cette vidéo, à partir de 32’45”), directement liée bien entendu au développement des courants migratoires illégaux. (Les narcotrafiquants annexent eux-mêmes cette activité sur les frontières prédisposées à cela, à des tarifs très élevés comme celle entre les États-Unis et le Mexique bien entendu.)

Comme on le comprend, il s’agit d’une revue complètement parcellaire. Elle suffit néanmoins à observer combien la déstructuration et la globalisation profitent essentiellement aux structures parallèles et anarchiques, selon une illégalité qui tend à utiliser à son profit les arguments idéologiques. Les premiers efforts d’organisation du crime dans la modernité, – le justement nommé ‘crime organisé’, – tendaient à être de tendance conservatrice, s’appuyant notamment sur des aspects traditionnels. (L’exemple le plus pertinent est la Mafia italienne, devenu ‘Cosa Nostra’ aux USA.) Aujourd’hui, c’est la tendance des idéologies progressistes, wokenisme en tête, qui est surtout embrassée par les groupes criminels, suivant en cela le développement du capitalisme global avec ses propres structures illégales (blanchiment d’argent, évasions fiscales, etc.), qui sont également utilisées par les industriels du crime.

Qui s’en étonnera ? Nous sommes véritablement au stade ultime de la modernité.

 

Mis en ligne le 29 novembre 2021 à 19H25