RapSit-USA2020 : Les tueurs & le kamikaze

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RapSit-USA2020 : Les tueurs & le kamikaze

Il n’y a jamais eu d’élection présidentielle de cette importance absolument sans précédent, qui soit aussi vague, atypique et bizarre, absurde et irréelle, simulacre et décisive pour le sort de cette puissance que sont les USA, et du monde par conséquent. On peut aussi dire que c’est parce qu’elle est tout cela, et bien d’autres caractères encore, qu’elle est “de cette importance absolument sans précédent” ; nous voulons dire que les caractères même qui la distinguent du standard de la chose jusqu’à en faire une grotesque caricature ou bien différemment un modèle unique d’événement mondial sinon cosmique, sont non seulement les conséquences de son importance sans précédent, mais également les causes.

Cette proposition est parfaitement incompréhensible si on l’appréhende selon la logique de la raison, et c’est pourquoi la séquence des présidentielles-USA2020 doit être considérée comme échappant aux normes habituelles de la politique et de l’histoire-courante. La raison et sa logique n’ont (plus) rien à faire dans cette affaire, que ce soit pour sa manufacture, que ce soit pour ce qu’il faut en juger.

Certes, l’élection présidentielle USA2020 est aussi cet événement “de cette importance absolument sans précédent” parce qu’elle épouse, rassemble et alimente toutes les crises qui secouent notre civilisation née du Système jusqu’à devenir contre-civilisation, donc parce qu’elle est baignée dans toutes les folies, les contradictions, les lubies, les extravagances et les toquades, les inversions et les perversions de cette contre-civilisation. Ainsi faut-il se résoudre à n’y rien comprendre de significatif, de structuré, abandonner toute espérance de prévisions (sur les événements, par sur les résultats de l’élection qui apparaissent secondaires par rapport à leurs causes et à leurs effets) ; accepter d’être simple spectateur distinguant parfois, dans cette tempête sans répit, un éclair découvrant le signe de quelque chose de fondamental, qui n’est pas nécessairement en relation directe avec l’élection mais qui s’inscrit dans cette époque étrange, insaisissable.

• Que veut dire, par exemple, le président Trump lorsqu’il dit, lors d’une réunion à Clyde, dans l’Ohio, avant-hier, parlant devant les salariés de l’usine Whirpool de ses efforts pour rétablir une base industrielle aux USA, mais aussi de sa recherche d’une réforme pour les coûts des médicaments produits par Big Pharma (l’industrie pharmaceutique), et dont les responsables constituent l’entièreté de la classe politique washingtonienne... ?

« ...Donc j’ai beaucoup d’ennemis autour de moi. C’est peut-être la dernière fois avant longtemps que vous me verrez. Beaucoup d'ennemis très, très riches, mais ils ne sont pas contents de ce que je fais. Mais je pense que nous avons une chance d’agir et aucun autre président ne fera ce que je fais. Aucun autre président n’obtiendrait le statut de ‘nation-favorisé’, les avantages commerciaux, les prix préférentiels [comme j’en obtiens moi-même]. Aucun autre. Mais il y a beaucoup de gens mécontents, et ce sont des gens très riches, et ils sont très mécontents. »

On comprendra aussitôt que ces paroles, essentiellement le passage qui semble se référer à des menaces physiques, ont considérablement retenu l’attention. (« …So I have a lot of enemies out there. This may be the last time you’ll see me for a while. A lot of very, very rich enemies, but they are not happy with what I’m doing. ») Il ressuscite les craintes, d’ailleurs jamais vraiment écartées, d’une action violente contre Trump, et même encore plus si les choses évoluent à son avantage (ou à la réduction de son désavantage comme cela semblerait le cas, comme le reconnaît même le réseau CNN). Il y a aussi l'hostilité non dissimulée de Big Pharma devant ses engagements pour le choix de médicaments bon maerché (l' hydroxychloroquine, recommandée par le professeur Raoult).

Cette déclaration d’un certain point de vue semble encore plus isoler Trump du reste de la classe politique washingtonienne, y compris des républicains, si l’on s’en tient aux règles habituelles de la vie politique US rythmée par l’hypocrisie, le conformisme et l’habillage en simulacre de bonne compagnie du système de l'américanisme fonctionnant comme le crime organisé qui est en général présenté, tout cela tendant à isoler ceux qui, bien que faisant partie du Système, sont en mauvaise posture et en posture indiscipliné par rapport à ses consignes et à ses exigences. Mais il faut aussi avoir à l’esprit que nous sommes loin des “règles habituelles”, puisque le climat est proche de celui d’une guerre civile. Dans ce cas, l’isolement de Trump, qui reste assez proche de sa vérité-de-situation, le handicape beaucoup moins parce qu’il n’y a pas véritablement d’union contre lui. Par contre, elle le renforce dans sa volonté de ne rien céder, de livrer une véritable guerre, avec tous les moyens disponibles.

• Qu’espèrent donc les démocrates avec Biden et comment peuvent-ils encore jouer cette carte ? La candidature de l’ancien vice-président est la circonstance la plus étrange, la plus bizarre qu’on puisse imaginer, et qui n’est fondée que sur une seule et unique chose, mais d’une puissance inouïe : une haine cosmique contre Trump du parti délocrate et de ceux qui soutiennent le parti démocrates, le résultat étant d'envoyer Biden au casse-pipe. Ainsi Joe Biden, 77 ans, désormais handicapée cognitif en pleine accélération de ses symptômes comme une sorte de Brejnev-américaniste, zombie-gâteux dont la décrépitude tient à la nature même des choses, promis à démissionner deux ans ou six mois après son élection, n’a pour seul programme et mission que d’empêcher la réélection de Trump. Il s’agit d’une catégorie nouvelle, un candidat-kamikaze chargé de détruire l’adversaire par tous les moyens, y compris son propre naufrage ; d’une certaine façon, le choix de Biden et la pression qui s’exercent sur lui dans une situation si tendue, représentent, pour un homme d’une santé si fragile, quelque chose qui s’apparente, dans le chef de ceux qui le poussent, à une sorte d’exécution indirecte. Une fois qu’il aura servi en liquidant Trump, Joe sera jeté comme une vieille chaussette.

Le problème pour l’instant est purement technique, – et cognitif, semble-t-il. En effet, le kamikaze ne semble pas avoir identifié la cible principale, qui est de rassembler la communauté africaine-américaine au sein du parti démocrate, et autour d’elle et des mots d’ordre antiracistes (BLM), la diversité des communautés minoritaires et la super-communauté progressiste-sociétale. Au long de ses multiples gaffes sur les Blacks (majusculés) et face aux Blacks (majusculés), qui en font paradoxalement l’un des candidats les plus racistes selon certains points de vue, le trouble ne cesse d’enfler dans cette communauté. On s’écharpe entre personnalités noires et Noirs tout court, comme le montre cet accrochage entre un présentateur de MSNBC, la TV absolument LGTBQ, et un député démocrate de Géorgie qui a annoncé qu’il voterait pour Trump (les deux protagonistes sont, on s’en doute pour que l’anecdote soit édifiante, de la même communauté africaine-américaine).

Biden, qui n’ira pas à la convention démocrates à cause de Covid19 et du discours d’acceptation qu’il aurait à faire et qui risquerait de montrer ses troublantes faiblesses, évitera-t-il les débats contre Trump, comme la presseSystème, exceptionnellement inspirée, tente de nous convaincre de la nécessité ? Bref, et plus vite dit pour sauter à l’essentialité du sujet : “Qu’espèrent donc les démocrates avec Biden et comment peuvent-ils encore jouer cette carte ?” C’est également l’objet de la stupéfaction sans fin de Tom Luongo :

« La convention est dans moins de deux semaines et les mises en cause sérieuses de la stratégie des démocrates devraient être évidentes pour quiconque s’intéresse, même superficiellement, à la politique présidentielle.
» Comment peuvent-ils espérer faire quelque chose de Joe Biden et avec lui ?
» Ce n’est pas que Biden n’a pas été un bon serviteur de l’empire, il l'a été. C’est qu’il n’est plus présentable en pubkic en tant que candidat. Les preuves de son déclin cognitif, qui s’est accéléré ces derniers mois, s'accumulent chaque fois qu’il ne parvient même pas à lire correctement un téléprompteur.
» La seule chose sur laquelle les démocrates sont unis est leur haine pour Trump. Mais cette haine ne peut pas être un principe animateur sur lequel fonder une stratégie électorale, même si, jusqu'à présent, ils ont certainement essayé... »

 

Mis en ligne le 8 août 2020 à 14H15

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