RapSit-USA-2020 : Tu triches, moi non plus

Brèves de crise

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RapSit-USA-2020 : Tu triches, moi non plus

Que faire de USA2020 ? D’abord constater que cela continue, et qu’après 2020 viendra 2021. Le fait est que la situation générale, hors de tout pronostic politique, tend à s’aggraver à la manière d’un Covid19 politique, et cela malgré l’intention partout affichée, – surtout, surtout en Europe où comme d'habitude l’on ne comprend rien de la situation aux USA sinon qu'il faut admirer la bestiole avec des yeux embués de larmes, – d’intervenir le moins possible dans l’imbroglio politique.

Une question banale et générale est : où en est-on ? Une seule réponse, tout aussi banale et générale : nul ne peut le dire sauf que la “pandémie” s’étend. Il y a donc une logique inéluctable, qui dépasse évidemment les intérêts des uns et des autres, comme une sorte de “Tout se déroule selon le plan catastrophique prévu”.

Dans un article de commentaire qui rencontre un constat qu’on retrouve dans diverses analyses indépendantes, Scott Ritter explique comment, selon lui, le dépouillement des résultats conduisant à une issue normale (une issue “propre”, pour employer un  langage sanitaire) s’est brusquement transformé en un déchaînement d’affrontements terribles. Ritter reprend simplement ce qu’il avait écrit précédemment dans la même tribune pour RT.com, il y a un mois, le 9 octobre 2020, pour développer son argumentation qui est selon lui un simple constat désormais objectivement considéré, et résumé par son titre le 4 novembre 2020 :

« L’Amérique allait réussir à esquiver une balle mortelle... puis Biden & Trump ont ouvert la bouche. Désormais, l’enfer va se déchaîner. »

Voici donc une partie du texte de Ritter, où le commentateur décrit le développement des événement, conduisant selon lui à ce qui devrait être nommé une “guerre civile” dans la rue, pendant que les tribunaux débattront des aspects légaux du cas.

« L’élection de 2020 se déroulait sans heurts. Les candidats n’avaient qu’à patienter pendant le décompte des voix, et le peuple aurait ainsi droit à une élection “propre”. Mais en s’exprimant, ils [les candidats] ont allumé l’incendie.
» Dans un article de commentaire que j’avais écrit pour RT.com le mois dernier, j’avais estimé que, parce que les partis républicain et démocrate avaient tous deux adopté vis-à-vis de l'élection présidentielle de 2020 des positions “ostensiblement fondées sur le droit constitutionnel” [donc considérées comme intangibles et non négociables], ils seraient conduits à “prétendre que l’élection est une question de survie pour les Etats-Unis”, créant ainsi “les conditions dans lesquelles aucun des deux ne peut accepter autre chose que la victoire”.
» J’avais également estimé que “cette élection serait probablement décidée devant les tribunaux” et que “pendant que la bataille juridique ferait rage, les partisans extrémistes de chaque camp descendraient dans la rue” pour se lancer dans des aventures improbables et dangereuses.
» Malheureusement, cette prédiction a été largement confirmée par les événements. Le candidat démocrate, Joe Biden, a déclenché la crise lorsqu’il s’est adressé à ses partisans au quartier général de sa campagne à Wilmington, dans le Delaware, aux premières heures du jour, hier mercredi. “Je suis ici pour vous dire cette nuit que nous pensons être sur la bonne voie pour gagner cette élection”, a déclaré Joe Biden, alors qu’à ce moment où il s’exprimait les résultats de l'élection semblaient montrer que le président Trump était en bonne voie pour gagner dans des États qui sont des champs de bataille cruciaux comme la Pennsylvanie, le Michigan et le Wisconsin. Si ces résultats se concrétisaient, ils garantiraient au républicain sortant un second mandat.
» Contredisant les résultats tels qu’ils existaient au moment de son intervention, Biden déclarait qu’il “se sentait bien” au sujet du Wisconsin et du Michigan et qu’il allait gagner en Pennsylvanie. “Nous savions qu’en raison du vote anticipé sans précédent, le vote par correspondance, cela allait prendre un certain temps”, déclarait M. Biden. “Nous allons devoir être patients jusqu’à la fin du comptage des votes. Et rien n’est fini tant que tous les bulletins ne sont pas comptés”.
» Comme un papillon de nuit attiré par la lumière, le président Trump a immédiatement tweeté une réponse à la déclaration de victoire électorale de M. Biden. “Nous sommes FORTEMENT en hausse”, a-t-il écrit, “mais ils essaient de nous VOLER l’élection. Nous ne les laisserons jamais faire. Les votes ne peuvent pas être exprimés après la fermeture des bureaux !”. »

Il faut bien entendu noter que le commentateur se veut impartial dans la circonstance. Il ne prétend aucunement donner raison à l’un ou à l’autre, ni prévoir une victoire et une défaite pour l’un et l’autre. Il veut plutôt décrire un enchaînement inéluctable dès lors que les deux adversaires se sont exprimés sur un mode contestataire du déroulement des opérations de vote et de dépouillement des votes, en arguant d’une position de principe inexpugnable. ( “Nous dépouillerons jusqu’au dernier bulletin à venir”, dit Biden ; “Le vote est déclaré clos et l’on devra s’en tenir aux bulletins déposés jusqu’à cette clôture”, dit Trump).

Dans ce cas, le commentaire de Ritter se veut détaché des circonstances partisanes d’une part, des actes des uns et des autres, de leur chronologie donc de la responsabilité initiale des uns et des autres. Il prétend simplement présenter l’évolution inéluctable de la situation, dès lors que “la mèche est allumée”, sans s’attarder à l’enquête de savoir qui a allumé la mèche mais en constatant que, pour chacun, il s’agit d’une mèche constitutionnelle inaltérable (mais terriblement inflammable).

C’est une méthode qui se force à l’objectivité, qui se présente comme se désintéressant d’une telle enquête sur la justesse d’une position ou de l’autre. C’est une façon de considérer l’évolution de la situation pour ce qu’elle est, jugeant en cela qu’il importe peu de savoir où se trouve la responsabilité initiale ; c’est une façon de décrire la marche objective d’un événement, tenant pour acquis que les deux partis sont également fautifs de machinations diverses pour l’emporter, mais qu’ils campent finalement sur une position objective institutionnalisée.

D’une certaine façon, Ritter tente de décrire ce qu’il juge (et jugeait dès le début octobre, selon sa propre citation) comme inéluctable, et l’on peut effectivement adopter une telle méthodologie du jugement, impliquant qu’il y a effectivement une logique supérieure répondant pour la maîtriser à une situation humaine de désordre, de contestation, d’irrespect des lois et surtout de l’esprit des lois.

Ritter semble ainsi nous dire : oubliez Trump, oubliez Biden & les démocrates, oubliez les fraudes et les fraudeurs, les mensonges et les menteurs, les simulacres et les simulateurs. Et alors, constatez que, sur ce champ de ruines, chacun campe sur ses positions et ne cédera pas.

Donner des noms et émettre des jugements, cela ne revient dans ce cas qu’à aborder les marges de l’exercice, l’aspect accessoire des actes, que constituent les actes eux-mêmes hors de toute justification partisane. Dans le cas que Ritter évoque, Trump d’une part, Biden & les démocrates d’autre part ne sont que des “accidents utiles”, d’une certaine façon parce qu’il fallait bien trouver un mécanisme qui actionnât la mise en feu, qui allumât la mèche... Qui plus est, ils sont deux à le faire, les deux adversaires, l’allumette enflammée à la main, la mèche désormais allumée et filant vers le terme de l’explosion avec ce chuintement si caractéristique ; une suite d’explosions secondaires inarrêtables, dont résonnent déjà les premiers échos insurrectinnels... (Cela s’adresse à ceux, si nombreux parmi nous, qui ont déjà allumé une mèche dans leur existence.)

Ritter considère l’élection USA2020 comme une narrative objective déjà écrite selon la logique d’entraînement de cette dynamique que nous désignons comme le déterminisme-narrativiste, et prétendant être une vérité-de-situation d’ores et déjà posée. Il s’agit d’un processus historique, ou métahistorique selon notre perception, qui ne s’intéresse guère aux aléas, aux circonstances tactiques d’une situation qui se développe d’une façon inéluctable. Si vous voulez, ce qui est en train de se faire est déjà écrit parce que les facteurs qu’on y a introduit ont déjà formé l’équation chimique de l’explosion, et ce qui doit nous intéresser est bien entendu dans ce récit général, objectif, puissant, qui domine tout le reste, – car même si l’explosion est le résultat d’un processus chuimlique, il reste à dire qui a mis en place cette chuimie-là, ce processus-là et ainsi de suite. C’est une façon de voir qui nous dit que le cas, de toutes les façons, est déjà décidé, – tranché dans le vif, coupé, décapité, comme lorsque la lame de la guillotine est tombée avec un bruit sinistre, lui aussi tranchant comme une lame...

L’image symbolique rejoint l’événement ! Alors, savoir qui sont les tricheurs, et lequel a commencé... L’essentiel est dans ceci qu’un Système qui n’est que tricherie s’est montré complètement égal à lui-même : c’est une façon de voir les choses et une leçon de choses sans égale.

 

Mis en ligne le 5 novembre 2020 à 09H15

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