Notes sur la balade des pétochards

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Notes sur la balade des pétochards

• Cris et gémissements divers encombrent aujourd’hui les dépêches et communiqués officiels de nombre de personnalité européennes sur l’avenir de l’OTAN et de l’atlantisme si Trump est élu. • On s’intéresse donc plus précisément à la situation que révèlent ces plaintes sans fin d’un troupeau de moutons politiques placés aux commandes de la carriole de l’UE, qui ne cesse d’affirmer son allégeance à l’Amérique globaliste et se désole de la voir devenir de plus en plus trumpiste. • Cette espèce d’immense et morne plainte se fixe très précisément sur le sort de l’OTAN que les moutons, très moutonniers, voient menacée d’un sacrifice épouvantable du fait de l’horrible personnalité et du dessein catastrophique de Donald J. Trump. • Certains pourraient juger que c’est une tempête dans un verre d’eau à peine trempé de whisky et que tout se poursuivra selon la politiqueSystème. • D’autres pas, et croient qu’un déluge menace. • Notre jugement irait plutôt du côté du déluge.

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10 mars 2024 (16H45) – Il faut dire quelque mot de l’énorme pantalonnade, – ou mieux si vous voulez du cultivé, “escobarderie” venu lointainement de l’Espagnol Escobar, ou bien casuistique, – un canard, bref ! nous annonçant que l’élection de Trump pourrait bien signifier le retrait américaniste de l’OTAN. Nous disons cela parce que le sujet, déjà plusieurs fois abordé de façon insistante, l’est encore, cette fois par un article du ‘Daily Telegraph’, fidèle porte-parole des milieux hyper-atlantistes-globalistes. Bref ? Il faut voir là une signification à plusieurs tiroirs dont certains sont de notre cru :

• Un aliment de plus pour une panique européenne en cas d’élection de Trump.

• Un “contrefeu préventif” : allumer un feu d’arrêt d’un incendie avant que l’incendie n’éclate, pour l’empêcher d’éclater, s’il était seulement envisageable qu’il éclatât.

• Euh... donc, “Il vaut mieux prévenir que guérir” ? Mais s’il s’agit de vaccin type Covid, le contrefeu avant que l’incendie ait éclaté risque de provoquer cet incendie par avance, même s’il n’était pas prévu.

• Euh euh ... “Nous sommes les Maîtres du Monde et nous savons tout, même les simulacres des pires catastrophes que nos sottises dont sont farcis nos simulacres déclenchent”.

Ces dernières citations sont classées ‘top secret’ et leurs sources doivent impérativement rester anonymes.

Trump-2016 et ses multiples traîtres

Tout cela étant dit, il apparaît évident que rien, absolument rien ne peut être dit dans un sens ou l’autre. Le “maître des horloges”, comme l’on disait in illo tempore en entendant les cloches sonner, ne prend en compte et en compote ni le décalage horaire ni la décadence qualitative de l’horlogerie globale.

En attendant, nous revenons au journal britannique si précis, si loyal, si indépendant des pouvoirs d’argent, si véridique dans ses informations. Ce qu’il nous dit est vraiment tout à fait nouveau, une sorte de version postmoderne et otanienne du “Chœur des esclaves” de ‘Nabuco’..

« L'OTAN pourrait être confrontée à un risque sérieux de voir les États-Unis quitter l'alliance si Donald Trump est réélu en novembre, a déclaré samedi le Telegraph, citant plusieurs diplomates des États membres du bloc. Les pays européens de l’OTAN devraient élaborer une stratégie pour faire face aux conséquences d’une telle éventualité et reconsidérer les capacités de défense du bloc, préviennent-ils.

» La possibilité d’un retrait américain est une “préoccupation”, a déclaré au journal un diplomate européen. “Personne ne sait ce qu’il va faire ensuite”, a-t-il déclaré, faisant référence à Trump. [...]

» Un diplomate européen a déclaré que le reste du bloc devrait “planifier” un scénario dans lequel Trump donnerait suite à de tels plans ou affaiblirait simplement l’engagement américain envers l’OTAN. “Des préparatifs doivent être en place”, a ajouté la source du journal.

» Un autre responsable a décrit l’OTAN comme étant “tellement dépendante des Etats-Unis”. Une “discussion” sur la couverture contre les risques de retrait américain était “nécessaire”, a ajouté cette personne. Une troisième source citée par le journal a déclaré que les nations européennes devraient vérifier l’adéquation de leur propre “planification de défense” face à de tels risques.

» Au Royaume-Uni, [...] Lord Kim Darroch, ancien ambassadeur britannique aux États-Unis et conseiller à la sécurité nationale du Premier ministre : “Si j'étais responsable d'un bureau de Premier ministre en Europe, je demanderais aux experts du gouvernement de commencer à réfléchir de manière imprévue à ce à quoi ressemblerait et fonctionnerait une OTAN sans les États-Unis - juste au cas où”. »

Tout cela n’est-il qu’un peu de vent pour disperser le sable de ragots inconséquents ? Nullement, – en aucun cas !

Fin 2023, un ancien secrétaire à la défense de Trump, Marc Esper, ancien lobbyiste de Washington et l’un des collaborateurs du président qui l’a certainement le plus trahi durant les derniers mois de sa présidence, en 2019-2020, – mais comment Trump choisissait-il ses collaborateurs ?! – donnait quelques détails sur cette question du départ de l’OTAN. Il faut l’écouter en décembre 2023, car il donne les détails les plus révélateurs, et certainement de ces précisions qui furent passés par lui-même aux adversaires de Trump et précipitèrent le regroupement de toutes leurs forces (CIA, FBI, etc.), voire quelques actions de sauvegarde auprès de certains centres de tri des voies de novembre 2020 (“J’dis ça, j’ai rien dit”, dit Jeremy le cricket) :

« Dans une interview le 6 décembre à MSNBC, Esper a été interrogé sur ce que signifieraient les perspectives d’une seconde présidence Trump pour l’avenir de l’OTAN.

» Je pense que l’une des premières choses qui arriverait serait qu’il retire son soutien à l’Ukraine », a répondu Esper. « Et bien sûr, si cela devait se produire, tous les efforts visant à soutenir l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie finiraient par s’effondrer. Les États-Unis sont comme le gros bloc de la tour Jenga ; vous nous retirez et tout s’effondre.

» “Sa prochaine démarche serait de commencer à nous retirer de l'OTAN, et certainement à retirer les troupes des pays de l'OTAN”, a déclaré Esper à MSNBC. “Et à terme, cela pourrait provoquer l'effondrement de l'alliance... et ensuite commencerait-il à chercher, comme il en discutait avec moi et d'autres à l'époque – à retirer ses troupes de Corée, du Japon, des autres pays alliés avec nous...” »

On ajoutera qu’un autre “ami” de Trump, incroyable choix de ce président comme conseiller de sécurité nationale, John Bolton qui est certainement la personnalité la plus marquée avec Victoria Nuland de la politiqueSystème à laquelle Trump prétendait s’opposer à l’époque (et aujourd’hui), affirmait en février dernier que Trump envisageait un retrait de l’OTAN dès 2018, et que par conséquent il le fera plus que jamais s’il est élu.

Il est assuré aujourd’hui que toutes ces confidences faites par d’anciens collaborateurs auxquels il accordait aveuglément et d’une façon extraordinairement naïve sa confiance, ont été rapportées au Trump d’aujourd’hui, celui qui vient de remporter le ‘Super Tuesday’. En a-t-il tiré la leçon ? Bonne question...

Maître du désordre plutôt que des horloges

Certains jugent surtout que c’est une question inutile, parce que la réponse n’est pas là ; elle est là-bas et là-haut, ‘Blowing in the Wind’ au 666ème étage (l’étage de la Bête) d’un gratte-ciel où se tient une réunion des Maîtres du Monde. C’est un peu la thèse de Markku Siira, qu’on a déjà cité à quelques occasions sur ce site, et qui expédie en quelques lignesla candidature de Trump.2.0 comme la nième arnaque du siècle des simulacres :

« Le “super mardi” des primaires présidentielles américaines a révélé que le pouvoir en place est clairement déterminé à donner une seconde chance à Trump en tant que figure de proue de l’“Occident global”. Il reste encore des mois de théâtre électoral, mais le résultat semble déjà assez clair, avec le déclin du soutien populaire à Biden.

» Je me demande simplement pourquoi les euro-atlantistes sont si terrifiés par le retour de Trump. Pensent-ils vraiment que Trump est le signe avant-coureur d'un changement radical ? Qu'est-il advenu de l'expression trumpienne appelant à “drainer le marigot” la dernière fois ?

» Trump s'est plaint à plusieurs reprises que les autres pays membres de l'OTAN ne finançaient pas suffisamment l'alliance défensive atlantique. Il ne faut pas y voir la rhétorique d'un lobbyiste américain de l'industrie de l'armement visant à inciter les pays européens membres de l'OTAN à augmenter leurs dépenses de défense. Je ne pense pas que Trump brisera l'alliance militaire, il n'en a pas l'autorité.

» Les capitalistes américains laisseront Trump revenir à la Maison Blanche, parce qu'il soutiendra Israël avec encore plus d'enthousiasme que Biden. Trump a déjà dit qu'Israël devait “s’occuper de ses problèmes” à Gaza, il n'est donc pas l'homme qu'il faut pour empêcher le génocide palestinien et démanteler l'ethnocratie sioniste. Je ne serais pas surpris si cette fois Trump est prêt à la guerre contre l'Iran (et la Chine). »

A franchement parler, cette analyse, tout comme les divers scénarios dans ce sens, qui s’appuient sur l’idée d’une organisation assez puissante pour de telles manipulations, ne rencontre guère notre adhésion. On peut certes avancer que la nouvelle popularité de Trump et ses irrésistibles avancées actuelles dans une position extrêmement renforcée suscitent des changements de position de certains groupes à son égard, mais alors Trump tient le rôle de la cause et non celui de la conséquence.

L’argument concernant la Palestine avancée dans le texte existe bien entendu mais il n’est pas l’essentiel dans la dynamique de la communication après avoir effectivement pris la première place pendant deux-trois mois. Désormais, l’Ukraine (et donc la position de Trump vis-à-vis de l’OTAN) est revenue au premier plans des subcrise de la GrandeCriseet, dans ce cas, la position de Trump ne peut guère satisfaire les “manipulateurs” selon Markku Siira.

Nous préférons faire confiance au désordre comme régulateur paradoxal de la situation US, avec l’habituelle combat de la Grande Haine contre Trump et les fureurs ricanantes de ce dernier ebn réponse. Dans ce cas, nous accorderions plutôt notre jugement à l’action de Trump, qui est un maître de cette sorte de désordre par sa maîtrise de la dynamique de la communication.

Bataille existentielle de l’Amérique

Dès lors, que pourrions-nous envisager comme attente de la position de Trump vis-à-vis de l’OTAN ? Le témoignage d’Esper est certainement le plus intéressant, par sa position d’alors, les détails qu’il donne, etc., qui font penser que Trump a envisagé très sérieusement un retrait des forces US d’Europe (de l’OTAN). Comme dans le cas de la Syrie, où il avait ordonné le retrait des forces US, il n’a pas été obéi, précisément et effectivement parce qu’il s’était entouré d’un certain nombre de “traîtres” remarquablement choisis.

Tout cela nous ramène à la question centrale de notre débat : les Européens ont-ils raison de craindre des décisions radicales de Trump vis-à-vis de l’OTAN ? Une première remarque qui n’est pas une réponse, ou une hypothèse sur une réponse, concerne l’atmosphère créée par les Européens et leurs craintes exprimées de plus en plus vivement. Il est très probable que cette crainte assortie assez curieusement (drôle de diplomatie) de critiques haineuses et méprisantes de Trump, soit vécue comme un défi par Trump, qui pourrait y trouver argument, pour affirmer encore plus sa légitimité et son autorité dans une Amérique où la crise du pouvoir est sans équivalent ni précédent ; c’est-à-dire, justement repousser les appels des Européens au nom des seuls intérêts et de la souveraineté nationale de l’Amérique.

Le point important, c’est que le Trump de 2024 n’est vraiment pas le Trump de 2016. Il a acquis une énorme expérience politique et montré une formidable résilience face aux attaques de ses adversaires politiques. Ce faisant, bien entendu, il a parfaitement identifié ces adversaires-là, il a compris leurs buts et connaît désormais leur façon d’évoluer, leurs méthodes. Il a réuni autour de lui un nombre considérable d’alliés de très grands poids : outre les républicains bien sûr, qui lui sont aujourd’hui beaucoup plus acquis qu’en 2016 avec des personnalités d’une très bonne qualité politique (surtout chez les jeunes populistes et chez les femmes politiques), la proximité très active de gens comme Elon Musk et Tucker Carlson, voire d’une Tulsi Gabbard si on la considère comme “non encore” républicaine mais indépendante et populiste de gauche, représente des atouts majeurs, et des sommes à la fois d’expérience et d’influence qui pèsent un poids considérable.

C’est tout cela qui compte chez Trump, beaucoup plus que des idées et une stratégie quelconque qui ne sont chez lui que des slogans. Pour l’essentiel, ses idées et sa stratégie sont ceux d’un businessman qui défend des intérêts, ceux d’une Amérique conservatrice contre ce qu’il juge être une agression globaliste. On comprend aisément que l’hostilité à l’OTAN, outre l’aspect financier, peut prendre aisément une place importante dans les objectifs à détruire absolument. Elle la prendra d’autant plus, répétons-le, que ses adversaires et ceux dont ils jugent qu’ils ne défendent pas les intérêts US vont exercer une pression considérable sur lui, et toujours en l’insultant avec ce sens inné de la diplomatie postmoderniste. Là aussi, sa résilience doit jouer un rôle important, et par conséquent l’acceptation des situations extrêmes où lui-même évoluerait avec un certain plaisir, sinon une grande jubilation.

Pour ces diverses raisons, on doit admettre que la question de l’OTAN est un “vrai sujet” pour Trump s’il est élu et s’il est installé à la Maison-Blanche. Il y sera comme dans une forteresse d’où l’on mène une bataille, et Bruxelles-Evere ne seront pas de ses amis. Il est d’ailleurs tout à fait possible, – et le terme “probable” serait presque acceptable, – que cela devra passer par une sorte de “guerre civile” entre les différentes forces en place, des organisations telles que la CIA, le ministère de la justice et le FBI, etc. Dans cette observation logique, on comprend que si l’élection de Trump a lieu, si même elle est triomphale, ce ne sera pas la fin d’une bataille mais le début de la guerre ultime pour l’unité et la pérennité de l’Amérique, – qui peut évidemment quoique paradoxalement aboutir à sa désunion... On comprend que, dans ce cas, le sort de l’OTAN et de nos gémissements divers devient très secondaire.

Ce qui est d’ailleurs paradoxal mais logique, c’est que le résultat inverse, qui sera aussitôt soumis au soupçon radical de fraude existentielle par les bataillons trumpistes déchaînés, déclenchera une bataille similaire.