Notes sur Kaliningrad, Ukrisis & Cie

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Notes sur Kaliningrad, Ukrisis & Cie

• Une “bataille” de Kaliningrad se livre entre alliés, avant de concerner les Russes qui maintiennent sur les uns et les autres ce qu’il faut de menace et de mesures indirectes (des missiles ‘Iskander’ pour la Biélorussie). • Les Européens “modérés” (?!) trouvent contre eux les maximalistes polono-baltes, manipulés par les USA, ou qui se servent des USA, – au choix, ou bien les deux ensemble. • Pendant ce temps, la guerre continue, comme si Kaliningrad pouvait ne pas être la guerre. • Nous faisons défiler divers moments, circonstances, interventions, soit importantes soit accessoires mais qui toutes, à notre sens, témoignent de l’originalité, de la diversité, de l’universalité de cette crise (Ukrisis) sans exemple ni précédent. • Tout se passe dans et autour du grand champ de bataille de l’Ukraine mais concerne le bloc-BAO, la Russie, le reste du monde et le Système dans son élégante courbe-course à l’effondrement. • Ukrisis ne ressemble à rien de ce qui a pu être imaginé ni envisagé ; sorte de “marque déposée” et exclusive, fonctionnant à plusieurs univers dans l'étrange XXIème siècle.

Kaliningrad, ou la pseudo-“bataille” explosive

A première vue, – vue simpliste dirions-nous, – la “bataille de Kaliningrad” devrait dangereusement opposer un ou plusieurs membres de l’OTAN et de l’UE, et la Russie. Ce n’est pas exactement (pas encore ?) le cas, et une formule inédite a été trouvée, outre la découverte pour certains (dont nous, peut-être ?) de l’emploi du mot “exclave” (cas de Kaliningrad, qui a un côté d’accès à la mer) au lieu d’“enclave”.

Dans cette “bataille” qui est pour l’instant de pure communication, on découvre d’une façon opérationnelle ce que l’on sait depuis plusieurs semaines : cette affaire d’Ukrisis menace directement et d’une façon brutale l’unité de l’Europe. Une unité forcée, militante, proclamée et guerrière, comme l’a imposée von Layer, est le plus sûr moyen de courir le risque d’une montée aux extrêmes menaçant l’UE de l’intérieur, comme un patchwork sur lequel on tire en soumettant les coutures à rude épreuve... Cela, surtout lorsqu’on est loin, très-très d’avoir la peau des Russes.

La seule chose de russe dans cette affaire, c’est que tout se passe sous l’œil des Russes, avec quelques avertissements feutrés si rien ne vient faire évoluer cette crise de Kaliningrad en partie au moins, d’une façon satisfaisante pour eux.

« Les autorités russes ont souligné que si l’interdiction de transit de marchandises d’une région russe à une autre et vice versa n’était pas levée, la réponse pourrait être aussi dure que possible. En tant que proposition, par exemple, l’idée était de commencer des exercices militaires à long terme de la marine russe dans la Baltique avec la fermeture pour les navires civils (pour leur sécurité, bien sûr…) des approches du port de Klaipeda et d’autres ports de Lituanie. »

Les ratés de Kaliningrad

D’abord, nous eûmes des bruits assez précis selon lesquels Bruxelles allaient tenter de faire pression sur la Lituanie. Laissons quelques mots à cet égard, qui rapportent aussi bien l’atmosphère que le caractère presque immobile des diverses initiatives (comme cette scène d’opéra où une troupe chante “Marchons !  Marchons !” en faisant des pas en sur-place).

« Il y a des rapports de Bruxelles sur la situation du transit de marchandises russes vers la région de Kaliningrad et retour. Rappelons que ce sujet s’est intensifié au cours de la semaine en raison du fait que les autorités lituaniennes ont imposé une interdiction de transit par chemin de fer et pour les camions sur les routes pour un certain nombre de types de produits. Sous l’interdiction de transit à travers le territoire de la Lituanie se trouvaient des métaux, des matériaux de construction, de l’énergie et bien plus encore.

» Dans le même temps, Vilnius a déclaré qu’elle respecte “seulement” les directives de la Commission européenne pour maintenir le régime de sanctions contre la Fédération de Russie. Et la Commission européenne a indiqué qu’il s’agissait “d’une interprétation de la Lituanie elle-même”.

» ... Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a déclaré que l’Union européenne “va revoir un certain nombre de directives de sanctions qui restreignent le transit vers la région de Kaliningrad. On peut parler du fait que la Lituanie a quand même été épinglée par des responsables européens, conseillant de ne pas aggraver la situation”. »

Le fait est qu’il y a bien (au moins) deux camps, comme d’habitude et même encore plus que “comme d’habitude”. Pour UK-USA et leurs fidèles correspondants de l’Est de l’UE et de l’OTAN, et bien sûr pour Vilnius qui est un “missile intelligent” des précédents, on ouvrirait volontiers un deuxième front antirusse. Nombre de pays de l’UE ne sont nullement enchantés par cette perspective et certaines de leurs amicales sources vous disent qu’« une telle folie pourrait tout simplement faire exploser toute l’Europe », – rien que ça !

Finalement, le président lituanien Nauseda n’en a que faire et il décida vendredi de ne point céder aux pressions toutes amicales de Borell. Il maintint sa position d’interdire le passage de produits tombant sous le coup des sanctions antirusses. L’on sait bien qu’il peut se permettre de faire ça parce que UK-USA est derrière lui et que les trois pays baltes sont truffés de hauts  fonctionnaires disposant d’une double nationalité, descendants et réfugiés baltes aux USA, ayant acquis la nationalité US, et revenus au pays après la chute de l’URSS avec tout le bagage  qu’il faut.

 L’on conclut ici, de façon tout à fait temporaire, selon diverses rumeurs qui confirment certains désaccords très affirmés au sein de pays de l’UE, voire au sein même de ces pays, sinon au sein même de la même personne comme ce Premier ministre-là. L’Italien  Draghi affirme ainsi d’une façon absolument brillante que « si l’Ukraine perd, la démocratie perd », et il intrigue de toute sa force au sein de l’UE pour freiner la Lettonie. Las... (pour l’instant).

« Nauseda a répété samedi que Vilnius agissait et agirait conformément au quatrième paquet de restrictions de l'UE, qui a été adopté “avec la participation active de la Lituanie”.

» L’UE avait d’abord soutenu la Lituanie dans sa décision d'interdire partiellement le transit de marchandises russes. La Russie a fait valoir que l'interruption du transit était illégale au regard du droit international et a menacé de riposter.

» Le Times a rapporté jeudi que l’Italie et plusieurs autres gouvernements européens ont demandé à la Commission européenne de désamorcer la crise.

» Petras Austrevicius, membre du Parlement européen originaire de Lituanie, a déclaré vendredi qu'un État membre de l'UE dont l'identité n'a pas été révélée a proposé à la Commission d'autoriser le transit de marchandises sanctionnées de Russie à Russie. Austrevicius a exhorté Bruxelles à ne pas “succomber à la pression de l'agresseur et à créer des exemptions et des concessions extraterritoriales”. »

Kaliningrad et le nucléaire

Veut-on tout de même un scénario du pire ? Certains n’hésitent pas à le développer, comme Mikhail Khodarenok, commentateur militaire de RT.com et colonel à la retraite.

Khodarenok n’a pas bonne réputation dans les milieux durs et nationalistes russes, où il est considéré comme un défaitiste qui dévalorise la puissance militaire russe. En un sens, il le fait ici, en estimant que l’exclave de Kaliningrad tiendrait au plus 48 heures si elle était attaquée par l’OTAN en cas d’éclatement d’un affrontement militaire. Pour autant, ses prévisions ne témoignent pas d’une faiblesse russe puisqu’elle prévoit que les Russes feraient aussitôt tonner le nucléaire tactique : la bataille ne durerait donc pas 48 heures mais quelque chose comme 48 minutes...

« Il ne fait aucun doute que la Russie serait prompte à démontrer sa détermination à utiliser des armes nucléaires. Et dans ce type de guerre, Moscou agirait de manière décisive, avec une grande précision et exactitude. En d'autres termes, dès que les premiers coups de feu seront tirés dans la région de Kaliningrad, la Russie commencera à utiliser toutes les armes de destruction massive, et en premier lieu les armes nucléaires stratégiques.

» Il est clair, cependant, que toute utilisation d'armes de destruction massive aurait des ramifications désastreuses pour les combattants et les autres États. Les toutes premières frappes nucléaires entraîneraient d'énormes pertes qui ne feraient que se multiplier en raison des effets néfastes des facteurs post-attaque. Il serait impossible de poursuivre une quelconque forme de combat conventionnel régulier après un échange nucléaire.

» Maintenant, quelques remarques sur le message posté par le site chinois Eastday.com. Il dit que si l'OTAN et la Russie se faisaient la guerre, le bloc pourrait s'emparer de la région russe en l’espace de deux jours. Nos camarades chinois sont un peu à côté de la plaque avec leur calendrier. L'opération ne prendrait pas aussi longtemps et le résultat serait très différent. Il ne faudrait pas plus de 40 à 45 minutes à la Russie pour lancer une frappe nucléaire, et après cela, nous ne pourrions faire qu'une seule chose : discuter des aspects particuliers de l'apocalypse nucléaire moderne.

» Pour résumer, la bataille pour Kaliningrad ne resterait en aucun cas un conflit militaire isolé. Elle ne deviendrait qu'un épisode d'une guerre nucléaire mondiale. Et même les pays non impliqués dans ce conflit en subiraient les conséquences. Malheureusement, ce sont les effets de l'utilisation des armes nucléaires stratégiques.

Et tous les experts et planificateurs qui élaborent des scénarios d'une guerre limitée à une région russe spécifique devraient garder ce facteur important à l'esprit. »

Poutine et Loukachenko discutent

Assez proche, et même très proche de la terrible bombe à retardement de Kaliningrad, mais aussi de l’Ukraine en feu, et enfin proche de la Russie certes, se trouve le Bélarus que nous préférons nommer Biélorussie. Les deux présidents-complices, Poutine et Loukachenko, se sont rencontrés vendredi dernier à Minsk, – de sinistre mémoire du fait des accords qu’on y signe.

D’abord, Loukachenko a suggéré à son compère que la Russie déploie sur des bases en Biélorussie des armes nucléaires tactiques. Son argument est que, “de l’autre côté”, on est fort actif à cet égard ; d’ailleurs, il ne faisait que s’appuyer sur les informations fort précises de son vis-à-vis :

« Au cours de la réunion, Poutine a également informé son homologue des capacités de l'OTAN. Il a affirmé que “les Américains disposent de 200 munitions tactiques nucléaires dans six pays européens membres du bloc de l'Atlantique Nord” et que 257 avions, “pas seulement américains”, sont prêts à les utiliser. »

Finalement, non, Poutine ne déploiera pas d’armes nucléaires en Biélorussie. Par contre, il a réservé quelques présents de belle taille à Loukachenko... Outre la modernisation d’un groupe important de Su-25 biélorusses transférés en Russie pour ce travail, et l’entraînement sur place du personnel d’emploi de ces appareils qui recevront de nouveaux systèmes très avancés, il lui a proposé rien de moins que des missiles ‘Iskander, qui, pour être de courte-moyenne portée, font partie de la nouvelle génération des missiles russes, à la limite du vrai hypersonique, et qui peuvent recevoir des têtes nucléaires comme des têtes conventionnelles.

 « Moscou va fournir à Minsk des systèmes de missiles mobiles à courte portée Iskander-M, a annoncé le président russe Vladimir Poutine lors d'une rencontre avec son homologue biélorusse Alexandre Loukachenko samedi.

» “La décision a été prise. Dans les prochains mois, nous transférerons au Belarus les systèmes de missiles tactiques Iskander-M, qui peuvent utiliser à la fois des missiles balistiques et de croisière, dans leurs versions conventionnelles et nucléaires”, a annoncé M. Poutine lors de la rencontre des deux dirigeants à Saint-Pétersbourg.

» Le président russe a suggéré que les ministres de la défense et les chefs d'état-major des pays voisins se réunissent maintenant et commencent à “régler tous les détails de ce travail commun”. »

Finalement, comptant 200 de ses propres bombes nucléaires tactiques chez ses alliés européens et la Russie zéro, et l’‘Iskander’ ayant la capacité d’avoir une tête nucléaire comme une tête conventionnelle, le Pentagone n’a pas du tout aimé cette décision partagée Poutine-Loukachenko ; il faut tout de même savoir respecter les déséquilibres qui permettent d’équilibrer les narrative. Le Pentagone juge donc « cavalier et irresponsable » ce « bruit de bottes nucléaire », et l’on reconnaît aussitôt son sens de l’équité et son goût de l’équilibre dans le déséquilibre, cette fois des choses et des forces.

Les comptes de Scott Ritter

Tout de même, il y a une guerre en Ukraine ! Plus précisément dans le Donbass et autour pour ce qui est des principaux fronts. Pour nombre de commentateurs, dont une bonne partie qui donnait l’armée russe pulvérisée les premiers jours, c’est bien cette armée russe qui, aujourd’hui, mène la danse.

Parmi les commentateurs qui ont en général estimé tout au long du conflit que les Russes maîtrisaient la bataille, il y a Scott Ritter. C’est une référence sérieuse, qu’en général on ne conteste guère. Ritter survole la situation alors que l’armée russe semble en voie de boucler sa maîtrise de l’entièreté du Donbass, et notamment sur le plan des coups infligés à l’armée ukrainienne du point de vue de son potentiel, c’est-à-dire à l’OTAN du point de vue de son potentiel tant le flot d’armements et de soutien logistique depuis quatre mois a directement drainé le potentiel de la puissance militaire de l’OTAN. Les constats que fait Ritter dans cet extrait du  « Fantasme du fanatisme » sont très remarquables, disons mathématiquement (et l’on doute que le moral rattrape des chiffres-si-bas), à partir des demandes de matériels que font les Ukrainiens.

« Premièrement, l’Ukraine demande 1 000 pièces d’artillerie et 300 systèmes de lance-roquettes multiples, soit plus que l’ensemble de l'inventaire en service actif de l’armée et du Corps des Marines américains réunis. L’Ukraine demande également 500 chars de combat principaux, soit plus que les inventaires combinés de l’Allemagne et du Royaume-Uni.

» En bref, pour maintenir la compétitivité de l'Ukraine sur le champ de bataille, on demande à l'OTAN de réduire ses propres défenses à zéro.

» Plus révélateur, cependant, est ce que les chiffres disent de la force de combat de l’OTAN par rapport à la Russie. Si l’on demande à l’OTAN de vider son arsenal pour maintenir l’Ukraine dans le jeu, il faut considérer les pertes subies par l’Ukraine jusque-là et le fait que la Russie semble capable de maintenir indéfiniment son niveau actuel d’activité de combat. C'est vrai, – la Russie vient de détruire l'équivalent de la principale puissance de combat en service actif de l'OTAN et n’a pas cillé.

» On ne peut qu’imaginer les calculs en cours à Bruxelles alors que les stratèges militaires de l’OTAN réfléchissent au fait que leur alliance est incapable de vaincre la Russie dans une guerre terrestre conventionnelle européenne à grande échelle.

» Mais il y a une autre conclusion que ces chiffres révèlent, – que peu importe ce que les États-Unis et l’OTAN font pour servir d'arsenal à l'Ukraine, la Russie va gagner la guerre. La question est maintenant de savoir combien de temps l’Occident peut pousser l’Ukraine, et à quel prix, dans un effort futile pour approcher du seuil de douleur de la Russie afin de mettre fin au conflit d'une manière qui reflète tout sauf la voie actuelle vers la capitulation inconditionnelle.

» Les seules questions auxquelles il faut répondre à Bruxelles, apparemment, sont combien de temps l'Occident peut-il maintenir l'armée ukrainienne sur le terrain, et à quel prix ? Tout acteur rationnel comprendrait rapidement que toute réponse est une réponse inacceptable, étant donné la certitude d’une victoire russe, et que l’Occident doit cesser d’alimenter le fantasme suicidaire de l'Ukraine de se réarmer pour la victoire. »

Au bon temps des colonies

On se doit de vous signaler également cette trouvaille de ‘SotuFront.org’, site classé ‘nauséabond’ par les gardiens de notre vertu et de nos ‘valeurs-ajoutées”, concernant l’aéroport de Severodonetsk, cette ville stratégique dont les Ukrainiens ont décampé très récemment. L’aéroport si bien placé et achalandé, comme le montre la photo d’illustration, aurait fait une excellente base si les choses avaient poursuivi leur train... Pour qui ?

Ce site laisse entendre et écouter (en russe sur la vidéo) que les projets ukro-américanistes étaient d’en faire une base US, – pardon, de l’OTAN, – comme excellente base de départ justement, d’une offensive de défense américaniste-occidentaliste en territoire de la Fédération de Russie ; et ces projets évoquent le parfum nostalgique du “bon temps des colonies” :

« Nous avons toutes les informations et les preuves que l'aéroport de la ville de Severodonetsk était préparé pour devenir une base de l'OTAN. Il était censé devenir le principal aéroport de la zone adjacente au territoire de la Fédération de Russie, à nos frontières. De grands camps avec des avions, des armes et des équipements militaires devaient y être déployés. En fait, probablement pour préparer une attaque contre la Fédération de Russie.

» C'est une autre preuve que si nous ne les avions pas arrêtés, ils ne nous auraient guère laissés tranquilles. Leur attaque sur notre territoire n’aurait été qu’une question de temps. »

Les observations viennent d’un combattant tchétchène, signalé comme adjoint du chef de l’unité tchétchène impliquée, dont le nom serait Alaudinov. Elles signalent que de telles trouvailles, et la conviction qui les accompagnent dans le chef des dirigeants civils et militaires russes, renforcent évidemment la résolution russe de poursuivre jusqu’à son terme l’opération de “démilitarisation-dénazification” de l’Ukraine.

« Progresser négativement »

• Que faut-il dire, puis conclure audacieusement de tout cela, sur le terrain des opérations de guerre ? Choisissons quelques mots d’Erwan Castel, Français du type vieux-briscard , – la cinquantaine presque soixantenaire, combattant pour les républiques du Donbass depuis plusieurs années (2015) et amoureux de leur combat pour leur liberté, – et écrivant ceci sur son site ‘Donbass’ (‘Alawata-rebellion.blospot.com’), le 26 juin 2022 :

« Après avoir confirmé l'abandon de Severodonetsk aux forces russes, les autorités ukrainiennes ont aussi reconnu la perte de Voronove et Bororske, les localités de sa périphérie Sud Est.

» Cela a donné lieu à une déclaration narcotique du porte-parole de la présidence ukrainienne, un certain Arestovich qui déclarait aussitôt :

» “Tactiquement, nous avons surpassé les Russes. Ils ont atteint Severodonetsk et maintenant nous savons où ils sont. Nous avons réussi à progresser négativement en capturant inversement du territoire dans le sens inverse des opérations.”

» Autrement dit : L'Ukraine a capturé des territoires qu'elle n'avait pas perdu pour confirmer que c'était bien la Russie qui lui bottait le cul ! »

UK-Johnson ‘Rules the perpétuité’

Passons maintenant et finalement, et pour conclure, à une rencontre en marge du G7 (le G8 sans la Russie), le 27 juin 2022. Il s’agit là de personnages d’une réelle importance, rien à voir avec les vulgaires biffins russes et ukrainiens qui s’étripent, ni même avec les dirigeants rétrogrades des pays de l’Est. Il s’agit de Macron et de Johnson qui s’entretiennent à propos de la paix et de la guerre en Ukraine, et Johnson engueule copieusement son sémillant interlocuteur français, qui le toise de haut, comme le bien-élu qu’il est.

Le Britannique parle de l’éternité, rien de moins ! Oui, si nous cherchons à signer une paix maintenant, ou disons dans les semaines qui viennent, nous donnerons la main “à perpétuité” à Poutine, pour qu’il puisse manipuler tout ce qu’il veut. Les Britanniques, leur MI6 et leurs experts, sont dans une forme terrible. Ils tiennent l’Europe et le Pacifique dans leurs mains avec plusieurs dizaines de doigts chacune et ils font danser le monde : ‘Britannia Rules the bordel’.

« Boris Johnson a profité de sa rencontre avec Emmanuel Macron en marge du sommet du G7 pour mettre en garde le dirigeant français contre la recherche d'un règlement négocié du conflit ukrainien à l'heure actuelle, ont rapporté des médias britanniques citant Downing Street.

» Les deux dirigeants ont convenu qu'ils assistaient actuellement à un “moment critique pour le déroulement du conflit” et qu'il semblait y avoir une “opportunité de renverser le cours de la guerre”.

» Toutefois, le Premier ministre britannique aurait insisté sur le fait que tout accord de paix conclu maintenant ne ferait que provoquer une “instabilité durable”.

» Johnson avait dit à Macron qu’une telle décision “donnerait au [président russe Vladimir] Poutine une licence pour manipuler à perpétuité des pays souverains et des marchés internationaux”, selon les médias britanniques qui ont rapporté la rencontre entre les dirigeants britannique et français dimanche. »

Faut-il conclure en conclusion ?

... Pas sûr, parce que vraiment toutes les choses sont sens dessus-dessous, dans des domaines différents, avec des personnalités de différents milieux. Le seul constat que nous faisons est d’une sorte générale, qui concerne les dynamiques en action ; ce constat est ceci qu’il existe deux attitudes différenciant les deux partis qui s’opposent :

• Une attitude et une dynamique d’unité du côté russe. Les objectifs sont clairs, les moyens à employer sont bien identifiés, s’il le faut jusqu’au nucléaire. La détermination est affirmée, la politique qui en découle est claire, les domaines abordés concernent tous les facteurs civilisationnels (jusqu’à la culture, la psychologie, le comportement). Cette unité rayonne sur le reste du monde et constitue une dynamique d’attraction formidable (la vertu d’unité stimule l’attraction) pour faciliter un regroupement pour le reste du monde qui n’est pas directement impliqué dans cette crise mais qui sent bien qu’Ukrisis concerne tout le monde.

• Un désordre et des mésentente multiples entre les différents pays, au sein même des organisations qui sont censées faire la puissance de l’autre parti, antirusse de très grande moralité, constituent la marque de fabrique de la dislocation du bloc-BAO (ceux d’en face). Il est vrai que cet autre parti du bloc-BAO a plusieurs politiques, plusieurs centres d’intérêt, plusieurs points de vue, plusieurs narrative à suivre, à satisfaire, à comprendre et à faire comprendre, plusieurs quadratures à dégager d’un même cercles, plusieurs serpents qui entendent mordre la même queue. Cette puissance qui prétend hégémoniser le monde jusqu’à l’homogénéiser suscite tout ce qu’elle recèle : désordre, dislocation, désintégration, bienpensance et contrainte des âmes.