Il n'y a pas de commentaires associés a cet article. Vous pouvez réagir.
• Chacun connaît l’importance du système ‘Starlink’ pour les forces armées ukrainiennes. • Il semble que les Russes renforcent leurs contre-mesures pour réduire son efficacité. • Et puis, ils ont ‘Rassvet’ qui arrive.
_________________________
30 août 2026 (17H15) – On connaît l’énorme importance accordée aujourd’hui au système ‘Starlink’— même pour notre savoir et notre compréhension, qui sont pourtant très faibles dans ce domaine. Il s’agit de ce réseau mondial d'accès à Internet par satellites développé par SpaceX, l'entreprise Elon Musk premier trilliardaire (aux dernières nouvelles) des USA et donc du monde. Musk avait présenté ‘Starlink’ au public en 2015, annonçant le début prochain de sa mise en place et son activation. On sait que ce réseau privé, de l’industrie privée, joue un rôle essentiel dans les communications, la reconnaissance et le guidage dans les conflits en cours, essentiellement la guerre en Ukraine, avec l’accès accordé aux Ukrainiens.
C’est un énorme avantage donné aux Ukrainiens, qui a permis nombre de tirs à longue distance de drone dans le territoire russe, sur des cibles précises, stratégiques ou civiles. Cela, en plus de l’aide considérable qu’il apporte aux forces armées ukrainiennes sur les fronts où elles sont de plus en plus pressées par les Russes.
« En mars 2025, Elon Musk avait qualifié Starlink de colonne vertébrale de l'armée ukrainienne. Il estimait alors que la fermeture de l'accès au réseau en Ukraine provoquerait l'effondrement de l'ensemble de la ligne de front des forces ukrainiennes. »
C’est alors qu’il semble, comme il fallait s’y attendre, que cet avantage est mis en cause par les contre-mesures électroniques russes, dans le cadre de la guerre électronique où les Russes excellent. On a des nouvelles dans ce sens, effectivement venue du théâtre ukrainien, par l’intermédiaire du journal espagnol ‘El Mundo’
« Les systèmes russes de guerre électronique perturbent de plus en plus le fonctionnement du réseau satellitaire Starlink, compliquant ainsi son utilisation par les forces armées ukrainiennes, rapporte le 27 août ‘El Mundo’.
» Le quotidien espagnol indique que c'est notamment le système russe ‘Volna Koupol Garant’ qui est capable d'affecter le fonctionnement des terminaux Starlink employés par l'armée ukrainienne. Des militaires ukrainiens ont eux-mêmes constaté une diminution progressive de l'efficacité du réseau.
» Cette évolution a également été relevée par Igor Loutsenko, cofondateur du Centre ukrainien de soutien à la reconnaissance aérienne. Il a estimé que les possibilités offertes par Starlink se réduisaient progressivement sous l'effet des contre-mesures russes. Selon lui, les systèmes de guerre électronique ne parviennent pas à neutraliser entièrement le réseau, mais en diminuent l'efficacité. Il a par ailleurs fait savoir que l'Ukraine ne pourrait envisager son avenir sans disposer d'une véritable souveraineté technologique. »
Les Russes ne se contentent pas d’attaquer et d’entraver le fonctionnement de ‘Starlink’, ils développent de leur côté le système ‘Rassvet’, concurrent et certainement disposant de capacités supérieures en matière de protection et de défense puisqu’ils profitent de l’expérience acquise dans leur lutte contre ‘Starlink’. Les Russes ont d’ailleurs communiqué des données de contre-mesures aux Iraniens, qui ont été appliquées avec un certain succès. Ils devraient avoir la même attitude avec la Chine et la Corée du Nord, et on, peut s’attendre à un effort de coopération avec ces pays dans le développement de ‘Rassvet’ dont on annonce (voir le texte ci-dessous) qu’il pourrait déjà couvrir le territoire de l’Ukraine en 2027.
Entre Starlink’ et ‘Rassvet’, il y a une autre différence du point de vue statutaire. ‘Starlink’ est produit par l’industrie privée et si Elon Musk a dû céder sans trop se faire prier et en se faisant payer aux pressions du Pentagone pour accepter de servir l’Ukraine, il reste dans un cadre privée. Ainsi, comme le rappelle ‘El Mundo’, il y a eu cette étrange intervention russe, — étrange, lorsqu’on songe qu’il s’agit d’un conflit où ces deux interlocuteurs sont plus ou moins dans les camps opposés :
« De son côté, le ministère russe des Affaires étrangères a proposé à Elon Musk d'éloigner les satellites Starlink afin d'éviter que des personnes ne périssent. »
Du côté russe, la situation sera certainement différente. Comme le commentait le duo Christoforou-Mercouris le 24 août, le gouvernement russe vient de prendre des décisions de “réindustrialisation” qui augmentent le contrôle du gouvernement sur les entreprises, notamment des industries de pointe. Officiellement, il s’agit d’une politique visant à favoriser les investissements, mais il est évident qu’elles concernent la protection des productions de sécurité nationale jugées nécessaires, au rythme jugé nécessaire. ‘Rassvet’ sera sans aucun doute sous contrôle total du gouvernement et du ministère de la défense russes.
« Ce modèle est encore appliqué dans une certaine mesure, je crois, mais en combinaison avec autre chose. Il s'agit là encore d'une évolution d'idées antérieures, une sorte de retour à un type de planification très différent, il faut le souligner, de la planification soviétique. L'objectif est d'accroître l'investissement dans l'économie.
» L'investissement a déjà fortement progressé ces sept ou huit dernières années, mais il s'agit de l'augmenter encore davantage en se concentrant sur la construction de routes, de voies ferrées, de ports et d'aéroports, sur la reconstruction et le développement de la base scientifique, mais aussi en choisissant des industries clés comme l'aérospatiale, l’électronique, ce genre de domaines. Ce modèle est peut-être plus proche de celui de la Chine que de celui de l'Occident. Il marque donc une rupture avec le modèle de la libre entreprise pure. Il intègre davantage d'éléments de dirigisme et de direction étatique que par le passé, ainsi qu'un recours accru aux mécanismes de planification pour orienter et contrôler l'économie, l'accent étant mis avant tout sur l'investissement. »
Ci-dessous, on trouve un texte d’une source russe, Zu erst, d’août 2026 (traduction de ‘euro-synergies.hautetfort.com’) qui nous informe de la situation et de l’évolution du système ‘Rassvet’. Il s’agit d’un autre domaine où la Russie prend largement sa place au sommet des puissances, avec l’avantage dans ce cas de faire primer dans toutes les situations, et sans marchandage nécessaire (comme entre Musk et le Pentagone), l’intérêt de la sécurité nationale plutôt que l’intérêt des actionnaires et du propriétaire de la firme privée.
__________________________
Une course aux armements, dont la plupart des gens n’ont pas conscience, fait rage en orbite terrestre basse: la Russie accélère le déploiement de son propre réseau satellitaire, baptisé « Rassvet ». Ce système est destiné à offrir une solution russe de substitution au réseau de satellites «Starlink» d’Elon Musk et devrait prochainement servir à la transmission rapide de données, aux communications militaires ainsi qu’aux opérations de drones. Le dirigeant du Kremlin, Vladimir Poutine, a déclaré à plusieurs reprises que «Rassvet» pouvait rivaliser avec «Starlink». «Cela demande un certain temps, mais le système a été créé et il fonctionne», a affirmé Poutine à la mi-juin.
L’entreprise chargée du développement, appelée «Bureau 1440», travaille sur «Rassvet» depuis environ cinq ans. Son nom fait référence à Spoutnik 1, qui effectua au total 1440 révolutions autour de la Terre en 1957. L’entreprise est née en 2020 d’un projet de l’opérateur de téléphonie mobile MegaFon et portait initialement le nom de «MegaFon 1440». Trois satellites d’essai ont été lancés en juin 2023, suivis de trois autres en 2024 afin de tester les communications par laser.
En mars 2026, les seize premiers satellites opérationnels ont été placés dans l’espace. À la fin du mois de juillet, le Bureau 1440 a annoncé le lancement d’un deuxième groupe. Une fois les essais terminés, les satellites devraient atteindre en octobre ou en novembre leur orbite définitive, à environ 800 kilomètres d’altitude. Selon le conseiller ukrainien Serhiy Beskrestnov, connu sous le pseudonyme de “Flash”, jusqu’à quarante satellites ‘Rassvet’ se trouveraient déjà en orbite.
Environ douze satellites de la première série ont atteint l’orbite prévue. Au-dessus de l’Ukraine, ils offrent jusqu’à présent une à deux fenêtres d’observation quotidiennes. Selon les circonstances, celles-ci durent de dix minutes à une heure et demie. Le deuxième groupe est toujours en route vers son orbite définitive.
Le déploiement doit se poursuivre rapidement. Selon les services de renseignement ukrainiens, Moscou prévoit de disposer de 292 satellites d’ici à 2027. Bureau 1440 en annonce environ 730 pour 2030 et plus de 900 pour 2035. Les experts estiment que 200 à 250 satellites seraient nécessaires pour assurer une couverture continue de la Russie et de l’Ukraine. Dans le même temps, certains doutent que la Russie puisse lancer l’ensemble de la flotte prévue à l’aide de ses propres lanceurs.
Les services de renseignement militaire ukrainiens affirment avoir constaté une accélération du programme. Le général de division Vadym Skibitsky a déclaré: “Les satellites sont lancés beaucoup plus rapidement que ne le prévoyaient les plans initiaux”. Si ce rythme se maintient, ‘Rassvet’ pourrait, selon les experts, permettre une surveillance continue de l’Ukraine d’ici au milieu de l’année 2027.
Dans la guerre en Ukraine, les communications satellitaires jouent un rôle important. ‘Rassvet’ doit également garantir le maintien des liaisons lorsque les réseaux terrestres sont hors service. Ces systèmes peuvent en outre soutenir les opérations de drones grâce à la transmission d’images en direct.
À titre de comparaison, ‘Starlink’ compte déjà plus de 10.800 satellites dans l’espace. En moyenne, SpaceX lance tous les trois jours une fusée Falcon 9 emportant environ deux douzaines de satellites supplémentaires. Le 23 juillet, l’Union européenne a inscrit ‘Rassvet’ dans son 21ᵉ train de sanctions, qui vise le secteur militaro-industriel ainsi que les domaines de l’électronique et des communications. Il est peu probable que cette mesure entrave de manière significative la solution russe de substitution à ‘Starlink’.