L’humeur tragique de Pépé

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L’humeur tragique de Pépé

• Pépé Escobar donne une vision générale de la GrandeCrise qui secoue le monde. • Vision tragique, désespérée par certains aspects.• Nous ne pouvons échapper à ces terribles avatars de l’humeur qui rhytment la lutte.

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Nous avons choisi de publier ce texte de Pépé Escobar, qui est une des plumes les plus assidues et les plus suivies de la dissidence depuis si longtemps, – bien plus d’une décennie, peut-être de deux décennies et au-delà ? Nous l’avons naturellement suivi au travers de ces divers canaux de publication et l’avons rarement, sous doute jamais perçu, sous sa plume, aussi tragique, aussi désespéré par instant.

Cela nous paraît inévitable dans la mesure, non  pas où la “Résistance” ne cesse de reculer jusqu’à la défaite finale, mais simplement (façon de parler) parce que la GrandeCrise ne cesse d’aggraver le paroxysme de son développement. Le chaos, l’angoisse, le désespoir en sont chaque jour aggravés, eux aussi, et des deux côtés. Cet état des choses existe partout, chez nos adversaires comme chez nous, comme chez les autres, la masse des ignoramus et des adeptes ‘réalistes’ ou imbéciles des “Trois petits singes”, baptisés de façon beaucoup plus rassurantes ‘Singes de la sagesse’, qui nie voient, n’entendent ni ne disent rien mais n’en en pas moins l’âme totalement investie.

Note de PhG-Bis : « Il faut absolument comprendre que la publication de cet texte n’a rien à voir avec les position développés par Escobar. Que je les partage ou pas importe peu, en aucune façon, – et c’est un point qu’on ne discute pas. Ce que je veux, c’est montrer  une humanité en profonde détresse, comme c’est le cas pour tant d’entre nous ; une humeur, un sens presque insupportable de la tragédie, un désespoir affreux par instant, tout cela qui écrase l’âme d’un homme qui ne cesse de se battre depuis de si nombreuses années. C’est de cela dont il est question. »

Il est impossible d’échapper à cette chape de plomb universelle qui nous écrase, dont nous ne savons rien sinon l’apparence de nihilisme complet si l’on mesure les intentions incompréhensibles et pathologiques considérées à l’échelle de notre monde. Il nous faut les subir et, pour continuer notre impossible quête, il nous faut les combattre. Se demander pour quel but, dans quelle intention, avec quels moyens les plus affirmés, voilà qui est inutile. Il faut se battre, se battre et encore se battre ; ce que fait Escobar dans son texte, quelque désespoir et quelque tragédie qu’il ne puisse dissimuler.

Pour notre compte, nous ne savons rien de plus sinon que si notre sort était réglé, il y a longtemps que l’on aurait fait les comptes. Nous n’avons jamais prétendu savoir (inconnaissance, quand tu nous tiens), mais bien avec  la conscience d’être des instruments de ce que nous nommons avec une lucidité arrangeante “Résistance”, “antiSystème”, et toutes ces sortes de choses, tout en invoquant ces forces supérieures à nous dont l’existence est une infranchissable barrière contre la folie, que nous ne cessons d’invoquer avec mesure et confiance. Notre dignité et notre raison d’être se trouvent dans cette “longue et lourde tâche”, sans demander à nos dieux les buts, les causes de leurs méandres tactiques, les espérances pour atteindre au port. Ainsi nous dit le loup dont Alfred de Vigny assiste à la mort sous les coups infâmes des chasseurs, et que PhG avait choisi pour saluer sa chienne ‘Margot

»Fais énergiquement ta longue et lourde tâche

»Dans la voie où le Sort a voulu t'appeler,

»Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler.»

Le texte d’Escobar, dans ‘Spirit of Free Speech’,  du 5 avril 2024, « Le mécanisme - ou comment l'“ordre” fondé sur des règles fictives sombre dans la barbarie »

dde.org

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Mécanisme et barbarie

“L'ombre terrible d'une puissance invisible
flotte cachée parmi nous, - visitant
ce monde divers d’une aile aussi inconstante
que les vents d'été glissant de fleur en fleur, -
comme des rayons de lune qui, derrière quelque montagne escarpée,
parcourent d’un regard inconstant
les cœur et visage humains
Comme les teintes et les harmonies du soir, --
Comme la nuée dans la lumière des étoiles, --
Comme le souvenir d'une musique enfuie, --
Comme tout ce qui par sa grâce peut être
cher, et plus cher encore par son mystère.” 

— Percy Bysshe Shelley, “Hymne à la beauté intellectuelle”

lors que l'Organisation de facto de la terreur de l'Atlantique Nord célèbre son 75e anniversaire, portant la devise de Lord Ismay vers des sommets inégalés (“garder les Américains en son sein, les Russes en dehors et les Allemands au plus bas”), l’austère bûche norvégienne qui fait office de Secrétaire général a présenté une “initiative” réjouissante visant à créer un fonds de 100 milliards d'euros pour armer l'Ukraine au cours des cinq années à venir.

En clair, dans le cadre de l'affrontement financier décisif entre l'OTAN et la Russie : sortie progressive de l'Hégémon, déjà obsédé par la prochaine guerre éternelle contre la Chine & entrée en scène d'un groupe hétéroclite de chihuahuas européens désindustrialisés loqueteux, tous très endettés et, pour la plupart, englués dans la récession.

Au siège de l'OTAN à Haren, à Bruxelles, quelques personnes au QI supérieur à la température ambiante moyenne ont eu l'audace de se demander comment réunir pareille fortune, puisque l'OTAN n'a aucun moyen de pression pour lever des fonds auprès de ses États membres.

Après tout, les Européens ne seront jamais de taille à reproduire la machine à blanchir l'argent de l'Hégémon, qui a fait ses preuves. Par exemple, en supposant que l'enveloppe de 60 milliards de dollars proposée par la Maison Blanche à l'Ukraine soit approuvée par le Congrès américain - ce qui n'est pas le cas - 64 % du montant total n'atteindra jamais Kiev : il sera blanchi par le complexe militaro-industriel.

La situation est encore plus inquiétante : lee Norvégien, l’oeil robotisé, les bras ballants, croit réellement que son projet n'impliquera pas de présence militaire directe de l'OTAN en Ukraine - ou dans le pays 404 -, ce qui est déjà le cas sur le terrain, et depuis un certain temps, indépendamment du tapage belliciste du Petit Roi à Paris (selon Peskov, porte-parole du Kremlin : “Les relations entre la Russie et l'OTAN sont devenues une confrontation directe”).

Associez maintenant le spectacle de ces Looney Tunes [série de dessins animés diffusée depuis le 29 mai 1929 par la Warner Bros] sur le front de l'OTAN avec les performances des porte-avions de l'Hegemon en Asie occidentale, portant constamment son projet de génocide à Gaza à l'échelle industrielle vers des sommets indescriptibles - l'holocauste méticuleusement documenté que les “dirigeants” du Nord global observent dans un silence pervers.

Le rapporteur spécial des Nations unies, Francesca Albanese, a bien résumé la situation : l'entité psychopathologique biblique 

“a intentionnellement tué les travailleurs de WCK pour que les donateurs se retirent et pouvoir continuer à affamer tranquillement les civils de Gaza. Israël sait que les pays occidentaux et la plupart des pays arabes ne bougeront pas le petit doigt pour les Palestiniens”.

La “logique” qui sous-tend l'attaque délibérée en trois temps du convoi humanitaire dûment identifié, composé de travailleurs qui soulagent la famine dans la bande de Gaza, vise à faire disparaître des médias un épisode encore plus horrible : le génocide au sein d'un génocide à l'hôpital Al-Shifa, offrant au moins 30 % de tous les services de santé dans la bande de Gaza. Al-Shifa a été bombardé, incendié et plus de 400 civils ont été tués de sang-froid, dans plusieurs cas littéralement écrasés par des bulldozers, y compris des médecins, des patients et des dizaines d'enfants.

Presque simultanément, le gang de la psychopathologie biblique a totalement éviscéré la convention de Vienne - ce que même les nazis historiques n'ont jamais fait - en frappant la mission consulaire/résidence de l'ambassadeur de l'Iran à Damas.

Il s'agissait d'une attaque au missile contre une mission diplomatique bénéficiant de l'immunité, sur le territoire d'un pays tiers, contre lequel le gang n'est pas en guerre. Et pour couronner le tout, le général Mohammad Reza Zahedi, commandant de la Force Quds du CGRI en Syrie et au Liban, son adjoint Mohammad Hadi Hajizadeh, cinq autres officiers et dix personnes au total ont été tués.

En clair, un acte de terreur contre deux États souverains, la Syrie et l'Iran. L'équivalent de la récente attaque terroriste contre le Crocus City Hall à Moscou.

Et la question incontournable résonne aux quatre coins des terres de la Majorité Mondiale : comment ces terroristes avérés peuvent-ils s'en tirer à si bon compte, encore et toujours ?

Le nerf du totalitarisme libéral

Il y a quatre ans, au début de ce que j'ai appelé plus tard les “années de fureur”, nous avons assisté à la consolidation d'une série de concepts interdépendants définissant un nouveau paradigme. Nous nous familiarisions avec des notions telles que le disjoncteur, la boucle de rétroaction négative, l'état d'exception, la nécropolitique et le néofascisme hybride.

Alors que la décennie s'achève, une double lueur d'espoir est venue atténuer nos craintes : le mouvement vers la multipolarité, mené par le partenariat stratégique Russie-Chine, avec l'Iran jouant un rôle clé, le tout couplé à l'effondrement total, en direct, de l'“ordre international fondé sur des règles”.

Pourtant, affirmer que la route sera longue et sinueuse est la Mère de tous les euphémismes.

Alors, pour citer Bowie, l'ultime et regretté esthète : “Where are we now ?” [Où en sommes-nous ?] Prenons cette analyse très pointue de Fabio Vighi, de l'université de Cardiff, et affinons-la un peu.

Quiconque exerce son esprit critique sur le monde qui nous entoure peut percevoir l'effondrement du système. Il s'agit bien d'un système fermé, que l'on peut facilement définir comme du totalitarisme libéral. Cui bono ? Les 0,0001 %.

Rien d'idéologique là-dedans. Suivez l'argent. La boucle de rétroaction négative déterminante est en fait la boucle de la dette. Un mécanisme criminellement antisocial maintenu en place par - quoi d'autre - une psychopathologie, aussi aiguë que celle dont témoignent les génocides bibliques en Asie occidentale.

Le mécanisme repose sur une triade.

  1. l'élite financière transnationale, les superstars des 0,0001 %.
  2. juste derrière, la couche politico-institutionnelle, du Congrès américain à la Commission européenne (CE) à Bruxelles, ainsi que les “leaders” de l'élite complaisante du Nord et du Sud.
  3.  

C'est cette hyper-médiatisation institutionnalisée de la réalité qui constitue (c'est moi qui souligne), en fait, le Mécanisme.

C'est ce mécanisme qui a contrôlé le fusionnement des “pandémies” préfabriquées - avec l'ingénierie sociale pure et dure vendue sous le nom de “confinements sanitaires” - avec, une fois de plus, des guerres éternelles, le projet de génocide à Gaza, l'obsession de la russophobie et la culture de l'annulation intégrée dans le projet de guerre par procuration en Ukraine.

Telle est l'essence de la normalité totalitaire : le projet d'humanité des “élites” de la Grande Réinitialisation de l'Occident collectif, épouvantablement médiocres et autoproclamées.

Tuer en douceur avec l'IA

L'interconnexion directe et vicieuse entre l'euphorie techno-militaire et le secteur financier hyperinflationniste, désormais sous l'emprise de l'IA, est un vecteur clé de l'ensemble du mécanisme.

C'est ainsi que des modèles de l'IA tels que “Lavender”, testés sur le terrain dans le laboratoire du champ de bataille de Gaza, ont vu le jour. Littéralement : l'intelligence artificielle programme l'extermination des humains. Et c'est ce qui se passe, en temps réel. Il s'agit du projet “Génocide par l'IA”.

Un autre vecteur, déjà bien expérimenté, est inscrit dans l'affirmation indirecte de la Méduse européenne toxique Ursula von der Lugen : en substance, la nécessité de produire des armes comme des vaccins covid.

C'est au cœur d'un plan visant à utiliser le financement de l'UE par les contribuables européens pour “augmenter le financement” de “contrats communs en matière d'armement”. Cette initiative est le fruit des pressions exercées par Mme von der Lügen [die Lüge (-n), en allemand : le mensonge] pour déployer les vaccins Covid, une gigantesque escroquerie liée à Pfizer pour laquelle edlle est sur le point  de faire l'objet d'une enquête et d’être dénoncée par kle ministère public de l'Union européenne. Selon ses propres termes, à propos de l'escroquerie aux armes proposée : “Nous l'avons déjà fait pour les vaccins et le gaz”.

Appelons cela l'armement de l'ingénierie sociale 2.0.

Au beau milieu de toute cette agitation dans le vaste marécage de la corruption, l'ordre du jour de l'hégémon est toujours aussi net : maintenir son hégémonie militaire, principalement thalassocratique [domination des mers], en perte de vitesse quoiqu'on en dise, comme base de son hégémonie financière, préserver le dollar américain, et garantir ces dettes incommensurables et irremboursables en dollars américains.

Tel est le modèle économique sordide du turbo-capitalisme, vanté par les médias de l'Occident collectif : la boucle de la dette, l'argent virtuel, emprunté sans cesse pour faire face à l'“autocrate” Poutine et à l'“agression russe”. Il s'agit d'un sous-produit clé de l'analyse brûlante de Michael Hudson sur le syndrome FIRE(Finance-Insurance-Real Estate).

L'Ouroboro, le serpent qui se mord la queue, entre en scène. La folie inhérente au mécanisme conduit inévitablement le capitalisme “casino” à recourir à la barbarie. Une barbarie pure et simple, du type Crocus City Hall et Projet Gaza Génocide.

Et c'est ainsi que le Mécanisme engendre des institutions - de Washington à Bruxelles, en passant par les centres du Nord Global et la génocidaire Tel Aviv - réduites à l'état de tueurs psychotiques, à la merci de la Grande Finance/FIRE (oh, quelles fabuleuses opportunités immobilières en bord de mer disponibles dans la “vacuité” de Gaza...).

Comment échapper à une telle folie ? Aurons-nous la volonté et assez de rigueur pour suivre la vision de Shelley et, dans “cette sombre et vaste vallée de larmes”, invoquer l'esprit transcendant de la beauté - et de l'harmonie, de l'équanimité et de la justice ? 

Pépé Escobar