Le rapport de l’ISG de Baker : faites pour un mieux mais faites assez vite tout de même…

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Le rapport de l’Iraq Study Group dirigé par James Baker est bouclé. Il sera présenté la semaine prochaine au président des Etats-Unis. Le New York Times d’aujourd’hui nous en communique la substantifique moelle.

En gros :

• Oui, il vaudrait mieux envisager de quitter l’Irak… (Et comment !)

• Un “retrait graduel” serait la meilleure chose à faire, qu’il faudrait annoncer assez vite si possible, et qu’il faudrait commencer “relatively soon”, quelque part en 2007 ce serait bien.

• Pour autant, — retrait sur quoi, et où ? Pas de précisions. Ce pourrait être un retrait sur les grandes bases US en Irak, dans l’un ou l’autre pays voisin (notre suggestion : pourquoi pas en Iran ?), — aux Etats-Unis mêmes…

• Document de consensus, plein de sous-entendus, de conseils implicites et d’encouragements non-dits.

«The bipartisan Iraq Study Group reached a consensus on Wednesday on a final report that will call for a gradual pullback of the 15 American combat brigades now in Iraq but stop short of setting a firm timetable for their withdrawal, according to people familiar with the panel’s deliberations.

(…)

»The report recommends that Mr. Bush make it clear that he intends to start the withdrawal relatively soon, and people familiar with the debate over the final language said the implicit message was that the process should begin sometime next year.

»The report leaves unstated whether the 15 combat brigades that are the bulk of American fighting forces in Iraq would be brought home, or simply pulled back to bases in Iraq or in neighboring countries. (A brigade typically consists of 3,000 to 5,000 troops.) From those bases, they would still be responsible for protecting a substantial number of American troops who would remain in Iraq, including 70,000 or more American trainers, logistics experts and members of a rapid reaction force.

»As the commission wound up two and a half days of deliberation in Washington, the group said in a public statement only that a consensus had been reached and that the report would be delivered next Wednesday to President Bush, Congress and the American public. Members of the commission were warned by Mr. Baker and Mr. Hamilton not to discuss the contents of the report.»

C’est un document de crise, lorsque Washington est en crise, — et sans doute jamais Washington n’a été dans une crise si profonde. Document de crise dans un système où tous les groupes de pression et centres de pouvoir ont leur mot à dire et leur voix au chapitre. Document à la fois informe et impératif, qui dit qu’il faut faire quelque chose très vite et qui s’abstient de dire exactement quoi.

Le rapport de l’ISG va accentuer la confusion, aggraver les tensions et les affrontements (à Washington). Réalisé pour résoudre la crise et réalisé avec la préoccupation surtout de ne pas déstabiliser la situation à Washington alors qu’il concerne l’Irak, il va finalement accentuer cette crise, — à Washington et en Irak. C’est d’ailleurs la logique même : c’est le produit direct d’un système en crise, produit de crise pour résoudre une crise ontologique. Le système court derrière son habileté perdue.

Bon vent.


Mis en ligne le 30 novembre 2006 à 15H40

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