Le cas de la marionnette-qui-rugissait

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Le cas de la marionnette-qui-rugissait

• Le président-prolongé ukrainien est une sublime exception des habituelles marionnettes à la tête de pays annexés par l’Occident-compulsif. • La marionnette mène son monde.

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Nous reprenons un long article de Nadezhda Romanenko, dans RT.com du 13 octobre 2026. Son sujet est “le cas-Zelenski”, la prétendue-marionnettes de l’Occident-compulsif et surtout des USA qui se conduit en toute impunité comme le contraire d’une marionnette, — avec peut-être du changement en vue, commence-t-on à dire :

« Zelensky pense pouvoir intimider Trump comme il le fait avec les dirigeants de l’UE. — La stratégie de Kiev consistant à humilier publiquement ses alliés pourrait ne plus porter ses fruits dès lors que Washington commencera à considérer son dirigeant — et non Moscou — comme l’obstacle. »

 L’habitude des mœurs américanistes pour cette sorte de situation, c’était le mot fameux d’un ambassadeur US des années 1950, concernant les bandits et autres corrompus que la CIA plaçait à la tête des pays “sous influence” . Il s’agissait donc de “fils de pute” certes, mais qui avaient intérêt à marcher droit pour les intérêts américanistes, — intérêts partagés donc :

« C’est un fils de pute mais c’est notre fils de pute... »

Avec Zelenski, c’est exactement le contraire : la marionnette mène le bal, tambour battant, de toute la meute de ceux qui la corrompent et au service desquels elle devrait se mettre. Voici ce qu’en dit l’ancien et prestigieux adjoint du secrétaire à la défense et ambassadeur US en Arabie Chas Freeman, discutant avec Glenn Diesen sur sa chaîne, ce 14 octobre 2026 :

« C'est donc très étrange et je pense qu'il faut, vous savez, oublier les hommes d'État. Nous avons besoin de psychiatres et de psychologues pour traiter ça parce que ce n’est pas ancré dans une réalité extérieure, c'est dans nos têtes.

» Alors, vous savez, Zelenski est l'indomptable chef du monde libre. le monde libre, c'est-à-dire le monde qui n'est pas contrôlé par les Russes. Après, savoir s'il est vraiment libre ou non, c'est une autre question. [...]

» Et d’ailleurs, je ne suis pas certain qu'il existe un monde libre mais quoi qu'il en soit, je ne sais pas très bien de quoi il serait libre. Mais il y a cette image de Zelenski en Churchill et une sympathie incroyable à son égard et à l'égard de l'Ukraine, ainsi qu'une incompréhension délibérée des problèmes de sécurité que l'extension de l'OTAN à l'Ukraine posait aux Russes. »

Résultat, résume Freeman sans prendre de gants, et selon une analyse cynique dont le grand modèle fut Henry Kissinger, les dirigeants ukrainiens, Mister Z. en tête, ont gagné sur toute la ligne même si les Ukrainiens meurent par milliers et le pays réduit en ruine par les attaques russes :

« Les Ukrainiens se sont effectivement révélés bien plus résilients et innovants que quiconque ne l'aurait imaginé. L'OTAN s'est révélé être une bien plus grande dupe que beaucoup ne le pensaient en soutenant l'establissement de Kiev.

» Zelenski et les dirigeants à Kiev ont tout intérêt à ce que cette guerre se poursuive. Ils ont énormément profité de la corruption qui est une séquence normale de la guerre partout dans le monde mais qui a été particulièrement flagrante en Ukraine. Eux ils sont à l'arrière. Ils ne sont pas en première ligne. Ils ont réussi à faire taire l'église orthodoxe russe, la presse, la liberté, la démocratie, les élections. Tout cela a été écarté au profit d'un régime autoritaire.

» Vous savez, de leur point de vue, ce n'est pas si mal. Si comme Trump, il se préoccupe davantage d'eux-mêmes que du pays qu'il dirige, alors les choses ne vont pas si mal. »

Ainsi comprenons-nous enfin pourquoi toutes les têtes pensantes et vertueuses de l’Occident-compulsif réunies autour des plateaux-télé sentent leurs gentils petits cœurs se serrer devant l’indomptable président-prolongé Zelenski (un an et demi hors-mandat) qui résiste à tous les décalages horaires de ses voyages marathon, de capitale en capitale, de villas coquettes en appartements luxueux qui n’encombrent certainement pas Kiev sous les missiles russes.

La marionnettes, ci-devant ‘fils de pute’-en-Ukraine, a complètement inverti les rôles, fidèle en cela à la feuille de marche de l’inversion qui est la stratégie première de la GrandeCrise. Jamais vous n’auriez vu ça d’un Ngo Din Diem ou d’un Noriega, — quoique vous commenciez déjà à vous douter de quelque chose avec la marionnette afghane, le président Karzai... Zalenski, lui, a renversé la table.

Il paraît, nous dit-on, que cela pourrait changer, Trump et Musk aidant, et malgré les gémissements européens et les larmes des crocodiles du Congrès, sénateurs et députés nourris au lait plantureux et dollarisé des lobbies israéliens et autres milliardaires, accourus à Kiev pour tenter d’apaiser le courroux de la marionnette-qui-rugissait, qui serait en train de se découvrir en danger d’être abandonnée, qui enrage, qui rugit plus que jamais de fureur, comme si elle se trouvait sur le front, là-bas, aux environs de Karkov...

Voyez pourtant tous les efforts déployés sur son front à elle, celui des amitiés particulières et affinités tous frais payés, de capitale en capitale, par l’exceptionnelle marionnette...

Quant aux services qui sont censés nous renseigner, puisque services de renseignement il y a, l’ambassadeur Freeman, qui a la dent dure et constate leur active participation à la construction de la marionnette, nous lâche ceci :

« Vous mettez le doigt sur un problème bien précis que nous avons. La politisation des services de renseignement et leur volonté de fournir des affirmations fallacieuses sans aucune preuve concernant des comportements que nous jugeons répréhensibles.

» Vous savez, c'est une honte. Enfin, le MI6 avait une réputation d'objectivité. Or, il la dilue face à l'opportunisme, essentiellement à l'opportunisme politique. »

Entretemps, semble-t-il se confirmer, a débuté une espèce de grande opération russo-américaine dans une sorte de grand effort de coopération anti-Zelenski : la plus violente attaque russe sur Kiev, sur les environs et ailleurs en Ukraine ; des nouvelles largement débattues sur des décisions importantes (ou pas) de l’axe Trump-Musk, sur la rupture peut-être des renseignements US et peut-être de l’ensemble ‘Starlink’ de l’usine Musk qui constitue un moyen essentiel sinon vital de communication pour le combat des forces ukrainiennes. L’incertitude règne et la marionnette défie furieusement ses manipulateurs.

 

dde.org

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Itinéraire-express de Zelenski(y)

Volodymyr Zelensky a une manière bien à lui de réagir face aux partenaires occidentaux qui le déçoivent : il expose publiquement le désaccord, remet en question le jugement du partenaire et explique en quoi la décision prise profite à la Russie et à Vladimir Poutine.

L’ancien chancelier allemand Olaf Scholz a entendu ce type d’argument pendant des années ; c’est désormais au tour du président américain Donald Trump d’y être confronté. La question est de savoir si Zelensky peut continuer à accroître le coût politique d’un refus opposé à Kiev, sans pour autant alourdir le prix à payer pour l’Ukraine elle-même.

Le 9 octobre, Zelensky a qualifié la décision de Washington d’assouplir les restrictions sur le diesel russe de « décision faible de la part de partenaires forts ». Cette annonce est intervenue alors que des responsables ukrainiens discutaient, à Miami, d’une éventuelle issue au conflit russo-ukrainien avec leurs homologues américains. Zelensky a fait valoir que cet arrangement fournirait à Moscou des ressources supplémentaires pour poursuivre les combats. Par ses critiques, il a remis en cause le discernement du gouvernement dont il reste pourtant dépendant.

Kiev a tout intérêt à s’opposer aux mesures qui renforcent la position économique de la Russie. Mais, lorsqu’un partenaire prend une décision qui lui déplaît, Zelensky transforme systématiquement ce désaccord politique en une épreuve publique, visant à tester la détermination et les capacités politiques de ce partenaire.

Les dirigeants allemands sont, depuis des années, la cible de cette stratégie.

En mars 2022, devant le Bundestag, Zelensky a puisé dans la mémoire historique de l’Allemagne pour dénoncer sa politique à l’égard de la Russie. En faisant référence au célèbre appel lancé par Ronald Reagan à Berlin, il a exhorté Olaf Scholz à abattre le « nouveau mur » qui, selon lui, divise l’Europe — en d’autres termes, à rompre les liens économiques avec la Russie, des liens dont l’Allemagne avait pourtant tiré profit pendant des décennies.

En juin, cette exigence s’est faite plus explicite. Dans un entretien accordé à la chaîne ZDF, Zelensky a déclaré qu’Olaf Scholz et son gouvernement devaient choisir leur camp. Selon lui, Berlin ne pouvait pas concilier son soutien à l’Ukraine avec le maintien de ses relations avec la Russie. Il a également critiqué les retards de l’Allemagne dans la livraison d’armes.

Le gouvernement allemand devait pourtant prendre en compte sa propre sécurité, ses ressources et les attentes de ses électeurs. Or, les tirades de Zelensky ont présenté la situation comme un choix binaire, entre le « bon » et le « mauvais » camp. En novembre 2024, alors que le gazoduc Nord Stream avait déjà été saboté et que l’industrie allemande était en déclin pour la deuxième année consécutive, le simple fait, pour Scholz, de s’entretenir avec Poutine lui a valu une nouvelle réprimande de la part de Zelensky. Les dirigeants russe et allemand ont eu un échange téléphonique, que Zelensky a aussitôt qualifié d’« ouverture de la boîte de Pandore », arguant que cela aiderait, semble-t-il, la Russie à échapper à son « isolement » international. Et ce, bien que le message adressé par Scholz à Poutine consistait à exiger le retrait des troupes russes et à réaffirmer le soutien de l’Allemagne à l’Ukraine. On peut dénoncer Moscou et fournir des armes à Kiev, mais la moindre tentative, aussi élémentaire soit-elle, de maintenir des canaux diplomatiques ouverts est jugée inacceptable.

Cette attitude ne s’est pas limitée à Berlin.

En mai 2024, Zelensky a averti que Poutine se réjouirait personnellement de l’absence de Joe Biden à un « sommet pour la paix » prévu en Suisse. La participation de Biden était présentée comme un test, dont le Kremlin serait le spectateur.

La Pologne a reçu un message similaire en septembre 2023, dans le contexte d’un différend sur les céréales. S’exprimant à l’ONU, Zelensky a accusé certains partenaires européens de mettre en scène une solidarité relevant d’un « théâtre politique » qui ferait le jeu de Moscou. Sans citer nommément de pays, il a laissé entendre que Varsovie était visée ; la Pologne a réagi en convoquant l’ambassadeur d’Ukraine pour exprimer son mécontentement. Le Premier ministre polonais, Mateusz Morawiecki, lui a par la suite enjoint de ne plus jamais insulter les Polonais.

À l’égard du Premier ministre slovaque, Robert Fico, Zelensky a pris une approche plus personnelle. En janvier 2025, sur fond de tensions concernant le transit du gaz russe, il a tourné en dérision des informations faisant état de vacances de Fico au Vietnam, l’accusant par ailleurs de nouer des accords obscurs avec Moscou.

Zelensky semble considérer que la cause défendue par l’Ukraine — celle d’un rempart contre les projets — imaginaires — de Poutine d’envahir l’Europe — lui confère l’autorité nécessaire pour juger la manière dont les autres gouvernements assument leurs responsabilités. Tout dirigeant qui refuse de céder aux exigences insistantes de Kiev s’expose alors à des accusations de faiblesse, de priorités mal placées, voire de complicité avec la Russie.

Trump avait déjà été confronté à ce type d’attitude bien avant son retour au pouvoir en 2025.

Dans une interview publiée en septembre 2024, Zelensky s’était interrogé sur la capacité de Trump à comprendre comment mettre fin au conflit. Il avait également qualifié son colistier, JD Vance, de trop radical, lui conseillant d’étudier l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Il s’agissait là de jugements publics sur la compétence d’hommes susceptibles de définir, sous peu, la politique américaine.

En février 2025, réagissant aux propos de Trump sur le conflit et à sa cote de popularité, Zelensky a affirmé que le président américain vivait dans un univers de désinformation. Plus tard ce même mois, une rencontre dans le Bureau ovale a dégénéré en dispute devant les caméras. Zelensky a remis en question la compréhension qu’avait Vance de la situation en Ukraine, avertissant que les Américains finiraient par en ressentir les conséquences, malgré l’éloignement géographique. Trump a rejeté avec colère l’idée que son invité puisse dicter ce que les Américains seraient amenés à ressentir.

On aurait pu penser que Zelensky comprendrait le message : contrairement aux Européens, plus dociles, le président américain possède la volonté nécessaire pour résister au chantage politique ; il n’est pas du genre à encaisser des insultes personnelles sans réagir. On aurait également pu imaginer qu’avec des enjeux cruciaux en temps de guerre — tels que la fourniture d’armes et le partage de renseignements — en balance, Zelensky ferait preuve de plus de retenue et reconsidérerait ses tactiques de négociation. Ce serait une erreur.

Après que Zelensky a critiqué l’accord sur le diesel, Trump a suggéré que l’Ukraine se dote d’un nouveau dirigeant, capable de conclure un accord. Si cette déclaration ne constitue pas une politique officielle visant à l’évincer, elle soulève néanmoins une question : Zelensky est-il, en soi, l’obstacle qui empêche tout règlement du conflit ?

Zelensky estime peut-être que la confrontation permettra de consolider le soutien européen, d’améliorer son image auprès de sa propre opinion publique, ou encore de contraindre Washington à proposer de meilleures conditions. La pression publique peut constituer un ultime recours pour un dirigeant à court d’options, lui permettant de s’adresser directement aux électeurs, aux législateurs et aux médias des pays étrangers, en contournant leurs gouvernements.

Mais une telle stratégie repose sur l’acceptation, par ces gouvernements, des termes du débat. Ils doivent avoir le sentiment que refuser quoi que ce soit à Kiev entraînerait un coût politique plus élevé que d’accéder à ses demandes. Certains dirigeants — aussi discutable que cela puisse paraître — pourraient sincèrement le croire ; ou bien, ils se sont peut-être retrouvés acculés pour avoir cédé, par le passé, aux pressions de Zelensky, sacrifiant ainsi leurs propres économies et perdant la confiance de leurs électeurs. Trump ne fait pas partie de ces dirigeants-là. Loin d’accepter l’accusation de faiblesse formulée par Zelensky, il a reproché au dirigeant ukrainien de faire obstacle à un accord. On peut se demander si Zelensky a bien conscience que les conséquences potentielles de leur différend seraient bien plus graves pour l’Ukraine que pour les États-Unis.

Pour Trump, la réduction du coût des carburants aux États-Unis et la recherche d’un accord avec Moscou constituent des objectifs affichés. Zelensky ne saurait supposer qu’il peut, par la pression, faire abandonner ces objectifs. Il risque, au contraire, de provoquer la suppression de soutiens vitaux qui maintiennent à flot son armée en déliquescence – comme le partage de renseignements.

Zelensky a tenté, à maintes reprises, de faire payer un prix politique aux dirigeants occidentaux qui refusaient de répondre favorablement aux demandes de Kiev. Or, certains de ces dirigeants pourraient bien avoir assez de fermeté pour retourner ce prix politique contre lui.

Nadezhda Romanenko