La prochaine dernière du “Fool on trhe Hill” 

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La prochaine dernière du “Fool on trhe Hill” 

• Dans la chanson fameuse au titre repris dans notre titre, ‘The Fool’ n’est pas un fou, mais au contraire, un sage perdu dans la foule où personne ne l’écoute. • Trump est-il cette sorte de ‘Fool ou bien, comme nous l’enseigne cette époque où l’inversion règne partout, après tout un vrai fou ? • A vous de juger. • Il n’empêche, il occupe le centre de la scène plus que jamais, invente des victoires, dicte des capitulations aux “méchants” et envisage même de voir du côté du nucléaire. • Mais les Iraniens ne marchent pas au pas. • Alors, nous allons remettre ça.

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21 avril 2026 à 15H30 – Nous aussi, nous allons remettre ça, c’est-à-dire suivre la direction que nous indique l’excellentissime Alastair Crooke, dans son dernier article, sur’UNZ.com’ le 20 avril 2026, pour tenter de déterminer sur quelle voie nous sommes engagés, – ou disons plutôt “emportés” comme fétus de paille dans la ‘Fantasy’ du “Fool on the Hill”. (Tout est bien nommé pour l’inversion dans ce titre, puisqu’après tout ‘The Hill’ [la colline] est le lieu symbolique et religieux définissant la démocratie américaniste autant que le Congrès comme le système politique béni de Dieu pour parfaitement gouverner les hommes.)

Pour faire bref, voici donc la perspective Crooke, aussi droite et directe qu’une bombe de 500 kilos :

« Quelle sera probablement la prochaine étape ? Eh bien, une nouvelle guerre . Une guerre cinétique de plus grande ampleur, axée vraisemblablement sur une nouvelle série massive de frappes de missiles visant principalement les infrastructures civiles iraniennes (puisque la zone de cibles israélo-américaines n'a jamais été conçue pour résister à plus de quelques jours de frappes). »

Bref, Trump l’est plus que jamais, ‘The Fool on the Hill’. D’après  l’avocat Barnes, qui est un ami de Vance et un chroniqueur dissident (souvent invité chez ‘TheDuran’), la phase aiguë est apparue en septembre et désormais, Trump vit dans son univers propre, où les petits soldats de plomb de l’US Army ont écrasé les Gardiens de la Révolution, ou sont sur le point de le faire, où les F-15 et les B-2 volent en toute impunité pour pouvoir raser de plus près, et gratis en plus, villages, villes et  monuments millénaires de la civilisation perse, – les “méchants », quoi. D’où ses extraordinaires changements d’attitude, ses déclarations impératives et intempestives du point de vue des mortels...

La révolte du JCS

Plus encore, lorsqu’il lui vient des idées décisives et définitives pour remporter la victoire qui est d’ailleurs déjà emportée depuis plusieurs semaines/mois et remportée à  plusieurs reprises. Une conversation hier matin entre “le Juge” Andrew Napolitano et le chroniqueur Larry Johnson concernant la situation de Trump ces quatre derniers jours, nous éclaire sur le cours des choses « on the hill »..

Larry Johnson : « Ils reconnaissent avoir des problèmes. Ils doivent essayer de les régler. Et puis, samedi soir, d'après un compte rendu de cette réunion à la Maison Blanche, Trump voulait utiliser les codes nucléaires, et le général Dan Caine s'est levé et a dit “non”. Il a invoqué son privilège de chef des forces armées, pour ainsi dire. Apparemment, ça a fait un sacré scandale. Il y a des photos de Caine sortant de la réunion la tête baissée... Alors, vous savez, il se passe des choses vraiment bizarres à Washington. »

Judge Napolitano : « Eh bien, samedi soir, excusez-moi Larry, Trump a dit – c'est difficile à dire sans rire – mais voilà ce qu'il a dit. Trump a dit que les États-Unis et l'Iran extrairaient conjointement l'uranium enrichi. »

Larry Johnson : « Ouais. »

Judge Napolitano : « Et ils l'enlèveraient. A-t-il perdu la tête ? »

Larry Johnson : « Euh, pour faire court, oui. Vous savez, il y a Donald Trump… Il y a quelque chose de profondément problématique avec lui, notamment à cause de ses tweets sur les réseaux sociaux, et plus particulièrement sur True Social. Et puis, il y a ses déclarations publiques insensées. Revoyez ce qu'il a dit vendredi : pendant une trentaine de minutes, il a affirmé que l'Iran avait accepté un accord de paix. En réalité, il s'agissait simplement de manipulation des marchés boursiers et des matières premières. »

Si l’épîsode du président du JCS est confirmé alors que Johnson est réputé pour ses nombreuses sources dans l’appareil de sécurité nationale, à la CIA et ailleurs, il constitue un événement extraordinaire dans les rapports entre militaires et civils. Caine, qu’on est allé chercher  dans sa retraite parce qu’on l’estimait plus docile que son prédécesseur mis à pied, le général Randy George de l’US Army, a proclamé que sa position de président du Comité des chefs d’état-major (JCS) lui donnait un droit de regard s’apparentant à un droit de veto sur l’usage des armes nucléaires. Il a argué de son privilège de chef militaire des armées, alors que le véritable commandant-en-chef est le président.

Cette affirmation a provoqué  certes un tollé qui a mis Caine dans une position délicate, mais s’il a effectivement agi de la sorte c’est qu’il a un soutien de ses pairs du JCS, donc de la direction militaire. D’autre part, il est assuré que certains autres participants à la réunion, du côté des civils, devaient éprouver un secret soulagement de voir les militaires se dresser ainsi. Quoi qu’il en soit, une telle attitude n’a qu’un précédent dans l’histoire du JCS établi en 1947, et encore un précédent devant lequel les généraux reculèrent :

« L’une des principales révélations du livre de Perry [‘Four Stars’] concerne la période du Viet-nâm. Il détaille comment, en 1967, le JCS envisagea une démission collective pour protester contre la stratégie suivie au Viet-nâm, mais recula au dernier moment, estimant que cette décision serait appréciée comme “une tentative de coup d’État” »

Cette situation, si elle a eu lieu comme c’est tout à fait probable tant « il se passe des choses vraiment bizarres à Washington », s’accompagne d’un extraordinaire brouhaha dans le monde politique où les deux camps populistes, à droite et à gauche, ont décidé de s’unir dans une nouvelle organisation. Claironnée par ‘The Young Turks’, la chose est mise en place par la députée (démissionnaire) républicaine Marjorie Taylor-Greene et le député démocrate Ro Kanna, l’homme qui, au côté du républicain Thomas Massie, a obtenu la divulgation d’une partie des documents Epstein.

Eh bien, en attendant la suite qui ne saurait tarder puisque les choses vont vite, voici celle qu’Alastair Crooke prévoit pour nous, mais pour l’extérieur...

dedefensa.org

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Une guerre plus importante et plus intense...

Avec le recul, la guerre tarifaire de Trump apparaîtra comme une broutille comparée à la menace de frappe sur les lignes d'approvisionnement chinoises.

Nous entrons dans une nouvelle phase de cette guerre contre l'Iran. Elle pourrait surprendre (notamment sur les marchés financiers). Hier, Trump a déclaré entre autres que le détroit d'Ormuz était ouvert et que l'Iran s'était engagé à ne plus jamais le fermer ; que l'Iran, avec l'aide des États-Unis, avait déminé, ou était en train de déminer, toutes les mines marines ; et que les États-Unis et l'Iran collaboreraient pour extraire l'uranium hautement enrichi (UHE) iranien. Trump a écrit :

« Nous allons nous organiser . Nous allons procéder avec l'Iran, à un rythme tranquille, et commencer les fouilles avec de grosses machines… Nous ramènerons le tout aux États-Unis très bientôt. »

Le président avait déclaré plus tôt vendredi que l'Iran avait accepté de céder son stock d'uranium hautement enrichi.

Aucune de ces affirmations n'était vraie . Soit Trump inventait des histoires (s'accrochant à des fantasmes qu'il croyait pourtant vrais), soit il manipulait les marchés. Dans ce dernier cas, ce fut un succès. Le prix du pétrole a chuté et les marchés se sont envolés. Selon certaines sources , 20 minutes avant l'annonce de l'ouverture définitive du détroit d'Ormuz, une vente à découvert de 760 millions de dollars sur le pétrole avait été effectuée… Quelqu'un s'est enrichi.

Toute cette agitation a engendré une grande confusion. Trump a également affirmé qu'une nouvelle série de négociations et un accord probable avec l'Iran interviendraient très prochainement, voire dès ce week-end. Cette affirmation est fausse. L'agence de presse iranienne Tasnim rapporte que « la partie américaine a été informée, par l'intermédiaire du médiateur pakistanais, que nous [l'Iran] ne sommes pas disposés à une seconde série de négociations ».

Dès le début du cessez-le-feu envisagé sous l'égide du Pakistan, l'Iran était censé autoriser le passage quotidien d'un nombre limité de navires. Toutefois, ce passage était toujours soumis aux conditions iraniennes.

Le résultat net des manipulations de Trump a été de contraindre l'Iran à réaffirmer ses conditions existantes sur le canal d'Ormuz, sur ses stocks d'uranium hautement enrichi et sur son « droit d'enrichissement » selon une définition plus stricte et moins flexible.

Les pourparlers d'Islamabad avaient déjà démontré à l'Iran que son cadre en dix points – initialement présenté par Trump comme une « base de travail » pour l'ouverture de négociations directes avec le pays – était illusoire. Ce cadre iranien fut balayé d'un revers de main en fin de journée, les États-Unis se concentrant sur leurs principaux objectifs : l'abandon définitif de l'enrichissement d'uranium par l'Iran, la remise aux États-Unis de son stock de 430 kg d'uranium enrichi à 60 %, et l'ouverture du détroit d'Ormuz sans droits de douane.

En résumé, la position américaine n'était que la continuation des exigences israéliennes de longue date. Cette nouvelle expérience de tromperie américaine de vendredi n'aura fait que renforcer la conviction de l'Iran de rester constamment sur ses gardes et de considérer cette confusion orchestrée comme une possible diversion américaine visant à détourner l'attention d'une escalade militaire planifiée .

En refusant ces exigences essentielles, l'Iran a provoqué le retrait brutal des États-Unis d'Islamabad, révélant ainsi le contexte crucial de ce retrait : Netanyahu était frustré. Très frustré. « Comme il le raconte, les médias, ce "méchant" opportun et omniprésent, sont parvenus à ancrer l'idée qu'Israël a perdu la guerre [iranienne] », écrit Ravit Hecht dans Haaretz.

« Peu de gens comprennent mieux que Netanyahu le pouvoir d’un message court, percutant et sans équivoque… Alors que le temps presse et que sa réputation internationale s’érode, Netanyahu cherche désespérément à présenter au moins un succès incontestable parmi les objectifs ambitieux qu’il a proclamés dès la première semaine de la guerre, lorsque l’arrogance et l’adrénaline transparaissaient encore dans chaque briefing gouvernemental. »

« Un changement de régime à Téhéran ? Ce n'est plus à l'ordre du jour. L'objectif vague de « créer les conditions » d'un tel changement s'est évaporé. Mettre fin au programme de missiles balistiques iraniens semble désormais totalement irréaliste ; les ministres de Netanyahou le reconnaissent eux-mêmes. Quant au réseau de supplétifs régionaux de l'Iran, son influence pourrait se faire plus subtile, mais rares sont ceux qui croient à sa possible suppression totale. »

« Il reste donc une carte à jouer : l’uranium ».

« L’entourage de Netanyahu espère que, comme lors des crises précédentes, la pression croissante pourrait contraindre l’Iran à exporter son stock d’uranium enrichi. Netanyahu mise tout sur ce résultat – ou sur la possibilité qu’une reprise des hostilités puisse encore déstabiliser le régime. »

C’est pourquoi le vice-président Vance, qui recevait des instructions presque toutes les heures de la Maison-Blanche ou de Tel-Aviv, a mis fin aux négociations prématurément. Il était clair qu’un message de victoire bref et percutant , dont dépend l’avenir de Netanyahu, n’allait pas émerger de ces discussions.

Robert Barnes, avocat constitutionnaliste américain (et ami de Vance), rapporte dans une interview que :

« Trump a commencé à montrer des signes de démence précoce en septembre 2025… Il divague fréquemment, perd régulièrement son sang-froid et se lance dans des diatribes hurlantes ; il est incapable de pensée critique. Et – selon Barnes, dans cet état – Trump croit sincèrement que les États-Unis ont vaincu l’Iran et ne comprend pas les dégâts économiques considérables que la fermeture du détroit d’Ormuz cause à l’économie mondiale. »

En résumé, Barnes affirme que le délire de Trump selon lequel l'Iran est sur le point de capituler reflète son état mental altéré — une altération de la compréhension de la « réalité » (une interprétation panglossienne que le secrétaire Pete Hegseth s'efforce de renforcer).

Comme Netanyahu, Trump croit probablement lui aussi que la pression, toujours plus forte, sur l'Iran pourrait déboucher sur le trophée triomphal de la victoire, à savoir brandir (figurativement) 430 kg d'uranium enrichi — soit contraint d'y renoncer sous la pression économique, soit saisi de manière spectaculaire sur le terrain par les forces américaines.

Face à cette crise au cœur de la Maison Blanche, le vice-président Vance (encore Barnes) aurait travaillé d'arrache-pied en coulisses pour organiser une nouvelle rencontre avec l'Iran à Islamabad – malgré le fait que le processus politique soit délibérément entravé par des attaques aériennes et terrestres israéliennes massives au Liban, qui ont tué et blessé jusqu'à 1 000 personnes (presque toutes des civils) pendant les négociations de cessez-le-feu, ainsi que par des attaques continues depuis que Trump aurait soi-disant « interdit » à Israël d'attaquer le Liban au début du cessez-le-feu libanais il y a deux jours.

Cependant, après de nombreuses tergiversations du Pakistan et des messages contradictoires, « hier soir, un responsable militaire iranien a déclaré que Téhéran avait lancé un ultimatum final aux États-Unis : l'Iran était à une heure du lancement d'une opération militaire et de frappes de missiles contre les forces israéliennes attaquant le Liban, ce qui a [finalement] contraint Trump à déclarer un cessez-le-feu au Liban », provoquant une vive colère en Israël. Les responsables israéliens étaient furieux, déplorant de n'avoir été informés qu'après coup .

Il est loin d'être certain qu'Israël respectera cet accord (le cessez-le-feu a déjà été violé). Netanyahu, l'ensemble des chefs de l'opposition israélienne et une large majorité de la population israélienne partagent le même désir de poursuivre la guerre.

Les pourparlers d'Islamabad ont échoué, d'une part parce que les divergences entre les deux parties étaient insurmontables en une seule session, et d'autre part parce que les parties avaient des visions différentes, voire contradictoires, de la situation sur le terrain. Les États-Unis semblaient être entrés dans les négociations en partant du principe que l'autre partie était déjà militairement anéantie et aux abois.

L'Iran, en revanche, aborda les négociations avec la conviction d'en être ressorti plus fort qu'après la guerre des douze jours. Selon son interprétation, cela signifiait que le contrôle du détroit d'Ormuz et de la mer Rouge n'avait pas encore entraîné un déséquilibre décisif en sa faveur, et certainement pas au point où des concessions significatives de sa part seraient justifiées.

Quelle sera probablement la prochaine étape ? Eh bien, une nouvelle guerre . Une guerre cinétique de plus grande ampleur, axée vraisemblablement sur une nouvelle série massive de frappes de missiles visant principalement les infrastructures civiles iraniennes (puisque la zone de cibles israélo-américaines n'a jamais été conçue pour résister à plus de quelques jours de frappes).

Le 14 avril, le Conseil de sécurité russe a averti que

 « les négociations de cessez-le-feu pourraient être une couverture utilisée par Washington pour préparer une guerre terrestre [aussi]… Les États-Unis et Israël peuvent utiliser les pourparlers de paix pour préparer une opération terrestre contre l’Iran, alors que le Pentagone continue d’augmenter le nombre de soldats américains dans la région ».

Trump a ouvert un nouveau front , visant à accentuer les difficultés économiques de l'Iran par le biais de sanctions et de blocus. La Chine est la cible principale car, comme l'affirme le secrétaire au Trésor Scott Bessent, elle est le plus gros client de l'Iran pour le pétrole à prix réduit. Bessent prétend que cette nouvelle dimension est l'équivalent financier des précédentes frappes militaires américano-israéliennes contre l'Iran. Il l'a baptisée « Opération Fureur Économique », destinée à couper les sources de revenus de l'Iran, notamment celles provenant des ventes illicites de pétrole et des réseaux de contrebande.

Bessent a également déclaré que les États-Unis imposeraient des sanctions secondaires à tout pays, entreprise ou institution financière qui continuerait d'acheter du pétrole iranien ou qui autoriserait le transit de fonds iraniens par leurs comptes. Il a qualifié cette mesure de « très ferme ». Bessent a explicitement averti que si des transferts de fonds iraniens étaient avérés via des comptes bancaires, les États-Unis appliqueraient des sanctions secondaires.

Si cette annonce vise à contraindre la Chine à faire pression sur l'Iran pour qu'il capitule face à Israël et aux États-Unis, elle constitue une grave erreur d'appréciation de la situation en Iran comme en Chine. Elle risque fort de se retourner contre Trump.

Cela constituera un nouveau front économique dans cette guerre — et étendra la guerre économique à l'échelle mondiale.

Est-il probable que la Chine et la Russie perçoivent cette déclaration comme une nouvelle tentative américaine (après le blocus du Venezuela) de couper l'approvisionnement énergétique de la Chine ? Le détroit d'Ormuz reste ouvert à la navigation chinoise. La tentative de blocus de Trump constituait le premier pas vers une plus grande pression ; il menace désormais de sanctionner les banques et le commerce chinois.

Avec le recul, la guerre tarifaire de Trump apparaîtra comme une broutille comparée à la menace de frappe sur les lignes d'approvisionnement chinoises.

Alastair Crooke