Kagan, neocons, AIPAC, Israël, Égypte... désordre, désordre

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Kagan, neocons, AIPAC, Israël, Égypte... désordre, désordre

Jim Lobe, l’excellent commentateur washingtonien qui s’est spécialisé dans la surveillance chaleureuse et néanmoins pointilleuse des neocons et de leurs variations diverses, nous signale un article explosif de Robert Kagan dans le Washington Post (le 2 mai 2014). Robert (Bob) Kagan, neocon historique et mari de Victoria Nuland, développe dans cet article une attaque assez peu ordinaire contre Israël, et éventuellement l’AIPAC (le Lobby soi-même), pour la politique égyptienne que ces deux expressions de la même force suivent en soutenant le régime militaire de Sisi. Lobe souligne lui-même de gras, dans l’extrait qu’il présente, quelques phrases effectivement très “peu ordinaires” sous une plume neocon : “Israël, qui n’a jamais soutenu la démocratie n’importe où au Moyen-Orient sauf pour Israël lui-même”, “en Égypte, les intérêts US et la propre perception de ses intérêts par Israël divergent fortement”, etc.

Ce que Lobe constate et commente, c’est le développement désormais très visible et absolument significatif déchirant le mouvement des néo-conservateurs. La chose est apparue en 2011, à l’occasion de l’affaire libyenne (voir le 29 mars 2011), et n’a cessé de se développer depuis entre les tenants d’une déstructuration maximaliste au nom du thème de la “démocratie” (avec comme chef de file Robert Kagan), et les tenants du maintien d’une certaine stabilité comme rempart notamment face aux islamismes et terrorismes divers, même au prix d’une entorse au but sacré de la démocratie. Les premiers (Kagan & Cie, avec BHL en flanc-garde) ne sont pas toujours appréciés en Israël, et même de moins en moins, tandis que les seconds restent au contraire très en cour. On ajoutera la position extrêmement ambigüe d’Israël dans la crise ukrainienne (voir le 12 avril 2014 et le 14 avril 2014), assez loin de l’enthousiasme neocon standard toutes tendances confondues cette fois, avec en plus un mariage passionné (voir le 21 avril 2014) avec les “R2P” libéraux chez lesquels on trouve des critiques d’Israël pour sa politique dans les territoires occupés, pour constater qu’une chose au moins prolifère dans cette étrange époque, et il s’agit sans aucun doute du désordre... Effectivement, il n'est pas simple de suivre la politique-Système qu'imposent les forces écrasantes du Système, lorsqu'on s'imagine en même temps construire sa propre politique au nom de quelques références sacrées mais fort terrestres que l'ion s'est données, pour s'en faire accroire.

«... Bob Kagan and Bill Kristol had themselves split on the issue, with Kristol (citing Israel’s position) expressing doubt about the wisdom of cutting military aid, and Kagan demanding that it be cut. Kristol hasn’t had much to say about Egypt recently, but Kagan came out in yesterday’s Washington Post with a stunning denunciation (also featured on FPI’s website) not only of continuing U.S. military aid for Egypt, but also of lobbying by the American Israel Public Affairs Committee (AIPAC) in Congress for continuing that assistance AND of Israel’s support for the regime. The op-ed, entitled “A Partnership That Damages the U.S.”, is particularly critical of Israel’s attitude toward both Egypt and democracy in the region, something that the ironically named (and Likudist) Foundation for Defense of Democracies (FDD) may wish to consider. Here are the relevant paragraphs:

»“Many members of Congress also believe that by backing the Egyptian military they are helping Israel, which, through the American Israel Public Affairs Committee, has actively lobbied Congress for full restoration of military aid. Even though the Morsi government did not pull out of the Camp David Accords or take actions hostile to Israel, the mere presence of a Muslim Brotherhood government in Egypt frightened the Israeli government.

»”To Israel, which has never supported democracy anywhere in the Middle East except Israel, the presence of a brutal military dictatorship bent on the extermination of Islamism is not only tolerable but desirable. Perhaps from the standpoint of a besieged state like Israel, this may be understandable. A friendly observer might point out that in the end Israel may get the worst of both worlds: a new Egyptian jihadist movement brought into existence by the military’s crackdown and a military government in Cairo that, playing to public opinion, winds up turning against Israel anyway.

»Israel has to be the judge of its own best interests. But so does the United States. In Egypt, U.S. interests and Israel’s perceptions of its own interests sharply diverge. If one believes that any hope for moderation in the Arab world requires finding moderate voices not only among secularists but also among Islamists, America’s current strategy in Egypt is producing the opposite result. If one believes, as President Obama once claimed to, that it is important to seek better understanding between the United States and the Muslim world and to avoid or at least temper any clash of civilizations, then again this policy is producing the opposite result...”»


Mis en ligne le 5 mai 2014 à 11H55

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