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• Une intéressante conversation entre Gleen Diesen et le colonel Wilkerson, qui permet d’embrasser l’immense-GrandeCrise qui secoue notre planète. • Il est question de l’emploi de l’arme nucléaire, mais aussi, — surprise, surprise — de la crise de l’environnement qui est un acte d’infection de ce qu’on nomme en un mensonge impénitent “crise climatique”. • En effet, des mensonges, toujours des mensonges, encore des mensonges, — et encore mieux : rien que des mensonges, avec un fou songeant à trouver son Rodin pour parfaire la stature narcissique de lui qui devra rester dans l’histoire. • « A part ça, tout va très bien, madame la marquise. »marquise. », dit la chanson de marche des armées françaises à la fin du printemps de 1940...• Ce n'était qu'un galop d'essai.
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21 août 2026 (12H00) – On parle beaucoup depuis quelques jours de la possible utilisation de nucléaire tactique par les USA en Iran. Il y a eu notamment l’intervention spectaculaire, du fait de sa personnalité, de Marjorie Taylor-Greene, dans un message passé sur la chaîne X :
« L'ancienne membre du Congrès Marjorie Taylor Greene a exprimé ses inquiétudes quant à l'éventuelle utilisation d'armes nucléaires contre l'Iran, soulignant les conséquences humanitaires et économiques catastrophiques.
» Dimanche, sur la chaîne X, Mme Greene a affirmé que des discussions étaient en cours concernant la possibilité d'une frappe nucléaire contre l'Iran. Elle a déclaré : “L'utilisation d'armes nucléaires contre l'Iran est évoquée lors de réunions stratégiques. Oui, vous avez bien lu. C'est réel. Je ne spécule pas, j'en suis certaine. Et c'est tout simplement diabolique.” »
On s’arrête ici d’une façon insistante sur les explications du colonel Wilkerson, officier de l’US Army à la retraite et qui fut le chef de cabinet du général Colin Powell lors du premier mandat de G.W. Bush. Wilkerson est sur la chaîne de Glenn Diesen et discute avec ce dernier d’une façon très ouverte, l’hôte et intervieweur étant également sur ses positions et poussant donc la discussion à mesure.
L’intérêt de l’intervention de Wilkerson est qu’il s’agit d’un commentateur du groupe général antiSystème et alternatif et qu’il présente une opinion très technique et dépouillée de toute appréciation morale, sans doute à l’image des planificateurs du Pentagone dont il prétend effectivement présenter l’argumentation. C’est une position intéressante dans la mesure où l’on pourrait croire que Wilkerson est partisan de l’utilisation de cette arme s’il est question d’efficacité militaire, alors qu’il est connu et répété par lui (notamment ailleurs dans cette conversation, à un autre moment) qu’il juge par ailleurs d’une parfaite stupidité marquée d’une folie insistante et d’une profonde immoralité la politique actuellement suivie par l’administration Trump, et par les USA depuis l’attaque en Irak de 2003, et plus précisément encore par les USA et par l’Europe depuis 2014-2022.
D’autre part, Wilkerson admet lui-même qu’il a beaucoup étudié les questions stratégiques récemment pour un événement qui le concerne, et l’on peut penser que cela a modifié, sinon affuté son attitude et donc son jugement sur certains points (on le verra plus loin sur la crise de l’environnement).
« Eh bien, je viens de préparer une intervention que je vais faire à Williamsburg à l'occasion du 50e anniversaire de la promotion de 1976 de l'Académie militaire des Etats-Unis et j'ai complètement changé mon approche. C'est John Mearsheimer qui a proposé mon nom et ils m'ont dit “Venez le faire”. Alors, j'ai fait beaucoup de recherches ... »
On notera dans cet échange que Wilkerson mentionne la possibilité de tirs nucléaires de représailles des Iraniens, comme s’il tenait pour acquis que les Iraniens disposent secrètement (?) d’armes nucléaires, sans doute développées depuis juin 2025. Par ailleurs, il est en général admis par diverses sources que les Iraniens peuvent très vite disposer de nucléaire militaire s’ils décident de suivre cette voie, – et qu’ils s’en serviront si on les attaque à ce niveau, — question de se tenir par la barbichette, comme dit volontiers le bon sens populaire.
Cette appréciation n’est d’ailleurs pas nécessairement suivie par les seuls adversaires de l’Iran. Plus la tension et la guerre “en montagnes russes” se poursuivent, même sans suivre les schémas classiques de l’escalade, plus les Iraniens sont justifiés de disposer d’armes nucléaires face à des adversaires qui en disposent, dont l’un des deux (Israël) illégalement selon les normes des critiques de l’Iran puisqu’il refuse d’adhérer au traité de non-prolifération et garde secrète la révélation que tout le monde connaît bien de la possession de 200-300 bombes ou têtes nucléaires.
Colonel Wilkerson : « Et je dois revenir à Israël, je suppose, et dire que c'est la raison pour laquelle il [Trump] tient ses propos. des propos qui semblent insensés, qui font dire qu'il y a même aujourd'hui des gens au Pentagone qui travaillent sérieusement à l'utilisation d'armes nucléaires contre l'Iran. »
Glenn Diesen : « J'ai vu que Marjorie Taylor Green a tweeté à ce sujet. Elle dispose de bonnes informations selon lesquelles des gens au sein de l'administration parlent désormais d'utiliser des armes nucléaires contre l'Iran. »
Colonel Wilkerson : « J'ai eu une discussion. J'ai mis ma casquette militaire et j'ai dit “Écoutez, regardons les choses en face. Nagasaki et Hiroshima, ce sont les seuls cas que nous ayons vraiment où des armes nucléaires ont été utilisées contre d'autres êtres humains. Certes, ces armes étaient monstrueuses et peut-être même que leur utilisation l'était aussi.” Je pense que le débat n'est toujours pas tranché. On peut défendre les deux points de vue, mais au fond, Curtis LeMay et ses bombardements incendiaires sur Tokyo [mars 1945] ont fait bien plus de dégâts que les armes nucléaires. Donc tout ce que je dis dans cet argument en tant que professionnel militaire, c'est que les armes nucléaires tactiques ne sont pas si extraordinaires que ça. Ce sont juste des explosions plus grosses comme disait l'armée à l'époque.
Je me souviens de la une du New York Times. On y voyait un canon atomique tiré et le titre au-dessus du canon avec le champignon nucléaire en arrière-plan disait “Un canon atomique tire et des soldats américains regardent” et ils n’étaient qu'à environ 4 km si je me souviens bien, peut-être moins du point Zéro. C'est ainsi que nous envisagions ces armes en 1950, 1951 et 1952. Eisenhower a un peu changé cela, mais pas énormément au sein de l'armée. Tout cela pour dire que l'emploi d'armes nucléaires tactique de manière limitée d'un point de vue militaire ne serait pas si extraordinaire. Ce serait simplement une explosion plus puissante.
Est-ce que cela ouvrirait la boîte de Pandore ? Est-ce que le génie nucléaire sortirait de la bouteille sans que nous puissions plus rien y faire ? Pas si elles étaient utilisées de la manière la plus discriminé possible. Et certaines de ces armes n'ont pas une puissance très élevée. Explosion aérienne, explosion au sol, explosion souterraine, tout cela fait une différence. Le rabattement des retombées, les vents, tous les éléments qu'il faut prendre en compte.
Tout cela pour dire qu’en tant que militaire de profession je donne ici l’argument que plusieurs personnes au Pentagone estiment actuellement que j’envisage l’utilisation de ces armes et ne serait pas forcément une si bonne idée. La question que je me pose à la fois comme militaire de profession et comme ancien membre des plus hautes instances de l'appareil de sécurité, c'est : est-ce que cela s'arrêterait là à ce stade ?
Serions-nous capable de maîtriser la situation ? Et puis il y a une deuxième question. Dans quel but ferions-nous cela ? À part pour montrer à l'autre camp que nous sommes extrêmement sérieux. Dans le cas des Iraniens, ils pourraient riposter en étant tout aussi déterminé et en envoyer deux ou trois sur la région pour frapper bon nombre d'installations en Arabie Saoudite qu'ils n’ont jusqu'à présent pas frappées. »
Là-dessus, Wilkerson enchaîne en évoquant la Russie pour noter la différence extrême de situation. Il reste vague sur les circonstances hypothétiques et conjoncturelles alors que le problème se pose clairement :
• Comment réagirait la Russie sur le théâtre même de la guerre en Iran, par rapport à une frappe nucléaire tactique contre l’Iran, ?
• Ou bien, réagirait-elle d’une façon asymétrique, par une frappe nucléaire sur le théâtre de l’Ukraine, ou alentours de l’Ukraine ?
• Ou bien, Wilkerson évoque-t-il d’une façon différente un échange nucléaire impliquant la Russie, directement sur le théâtre européen ? Il n’en dit mot.
Colonel Wilkerson : « Mais si c'était la Russie, alors là, tout devient imprévisible parce qu'ils ont un stock plus important encore que le nôtre.»
Glenn Diesen : « Donc une escalade du tac au tac pourrait très vite s’ensuivre. »
Colonel Wilkerson : « J’envisage l’utilisation de ces armes et Mon argument tout simplement c'est que ça ne va pas tellement impressionner ces gens-là [au Pentagone] qui ne rechignent déjà pas à tuer des gens et qui l'ont démontré de manière éclatante, tuer quelques personnes de plus et les tuer plus efficacement. Est-ce que cela changerait la dynamique liée à l'Ukraine ou à l'Asie du Sud-Ouest ? Et bien d'une certaine manière, oui, et c'est celle que je viens de suggérer, ce serait la première ou la deuxième utilisation d'armes nucléaires contre des êtres humains. On suppose qu'il y aurait des êtres humains sous les bombes... Mais l'impact ne serait pas si important que ça sur le plan militaire.
Est-ce que le caractère spectaculaire de le faire qui plaît clairement à Trump en ce moment suffirait à changer la dynamique de la guerre ? Non, l'Iran serait simplement plus déterminé et comme je l'ai dit, utiliserait peut-être l'une des siennes.
La Russie, c'est complètement différent parce que là, vous provoquez l'ours dans sa caverne et vous lui demandez de sortir pour vous tirer dessus en retour. Est-ce que la Russie serait le cas inverse ? Possible surtout si les Orechnik utilisés contre la Lituanie, contre des cibles de l'OTAN en Lituanie, ne suffisent pas. Donc on joue avec le feu. Il y a aucun doute là-dessus. On joue à un jeu très dangereux en envisageant d'utiliser des armes nucléaires tout en disant en même temps que, selon moi, c'est probablement inévitable. Et bien je peux envisager que la Russie l'utilise si l'OTAN continue à faire monter l'escalade comme elle le fait presque tous les jours. On voit maintenant les Britanniques fournir des drones à longue portée pour frapper à l'intérieur de la Russie. C'est tous les jours quelque chose de nouveau. Je me dis que si les Russes repostent contre les États baltes, par exemple en détruisant simplement quelques entrepôts ou centres logistiques, il n'est pas inconcevable que l'OTAN s'en prenne à Kaliningrad.
À ce stade, je pense que l'option nucléaire est clairement sur la table pour les Russes. Je vois donc un cheminement très clair et surtout si les Américains l'utilisent les premiers contre l'Iran, alors c'est presque garanti. Donc non, nous nous engageons sur une voie dangereuse. »
Cette conversation est typiquement un miroir de notre temps et de l’impasse où nous nous trouvons. Les États-Unis, comme nous ne cessons de le mettre en évidence, constituent la clef de voute, le foyer central, la matrice absolue de cette GrandeCrise. Rien, jusqu’ici n’a semblé faire penser qu’il pourrait y avoir dans cette empire en décomposition une impulsion capable, même pas de nous sauver, mais de seulement accepter de voir l’obstacle et l’abime. Cette puissance qui devait transformer le monde et le hisser jusqu’à des niveaux incroyables de grandeur et de hauteur, s’est enfermé, terrorisée, dans le mensonge, — justifiant, certes, la prophétie d’Abraham Lincoln alors qu’il n’était pas encore transformé en porte-avions qui faut eau (usée) de partout.
Encore un long passage, cette fois sur cette question, où l’on voit non pas une simple interview mais un véritable échange de deux voix contemplant la catastrophe.
Colonel Wilkerson : « Et à cet égard, il y a un discours tout à fait curieux de Pete Hegseth sur lequel je suis tombé à 4h du matin. C'était sur YouTube et il était là. Je l'ai écouté trois fois et je n'arrivais pas à croire que ce qu'il faisait dans ce discours, ce qu'il était censé faire, c'était décrire la situation de l'Iran. Il disait des choses comme “Ils n'ont aucune base industrielle. Leurs missiles balistiques ont été détruits et ils ne peuvent pas en fabriquer de nouveau. Toute leur capacité à se défendre contre de nouvelles attaques américaines a pratiquement disparu.” Il a passé tout cela en revue, point par point. Et pendant tout ce temps, il ne décrivait pas l'Iran, il décrivait ses propres forces. Il décrit l'armée américaine à la perfection. Je vous recommande ce discours. Enfin, Hegseth décrit exactement l'état actuel de sa propre armée. Pénurie de missile, pénurie d'armes et aucune base industrielle pour les reproduire et ainsi de suite. Il fait tout ça en essayant de décrire la situation d'un pays qui est tout sauf cela dans la plupart de ces catégories.
En réalité, sa résilience (l’Iran) est incroyable. Et les dirigeants actuellement en place sont déterminés à ce que cela reste ainsi. J'ai vu la liste, j'ai lu leur biographie. Ce sont des gens très solides. Ils ne vont pas se laisser battre. Certainement pas par cette bande de Netanyahu.
[...] Mais pourquoi Hegseth fait-il ça ? Est-ce une guerre psychologique à l'envers ? Je ne sais pas. Mais à un degré presque incroyable, il décrivait l'Iran alors qu'il décrivait les Etats-Unis. Donc tout ça pour dire que nous sommes en mauvaise posture. Nous sommes vraiment en très mauvaise posture. [...]
Glenn, nous [les Etats-Unis] sommes cassés à bien des égards. Nous sommes cassés. Et je pense que Hegseth, je vais pas lui reprocher toutes ses défaillances, mais je lui reprocherai les mensonges qui les dissimulent. »
Glenn Diesen : « Eh bien là encore, je comprends comment les États-Unis en arrivent là. C'est très important s'ils veulent rester cette puissance hégémonique, qu'ils se présentent comme tout-puissant. Et évidemment en misant tout sur cette guerre contre l'Iran, en utilisant et en épuisant leur stock d'armes, plus ils bombardent l'Iran, plus les États-Unis s'affaiblissent. En même temps, le reste du monde voit qu'ils ne parviennent pas à vaincre l'Iran et que leur capacité s'épuisent elles aussi.
Toute cette image des États-Unis comme puissance toute puissante qui était un élément très important à l'époque hégémonique, tout cela est en train de ;disparaître. Et bien sûr, quand on ajoute à cela ces mensonges comme le fait de nier conditions à bord du porte-avion Lincoln, enfin on a l'impression que plus la position des États-Unis se dégrade, plus Trump doit compenser en présentant cela comme une victoire. C'est pour ça qu'on se retrouve avec des déclarations comme celles de Hegseth qui vont à l'encontre de la réalité.
Mais vous savez, on a l'impression que ça ne peut pas durer indéfiniment avant que Trump ne soit acculé et obligé de faire quelque chose de spectaculaire comme utiliser des armes nucléaires ainsi que vous l'avez évoqué plus tôt.
Mais voyez-vous une autre voix pour rectifier le tir ? Je veux dire en dehors de l'administration Trump, est-ce que l'état profond, la plutocratie, quelque chose peut intervenir Parce qu'on voit plus ou moins où tout cela mène. La rhétorique de la victoire monte en puissance alors que dans le même temps, la position des États-Unis s'affaiblit.
À un certain moment, ça va craquer et soit Trump devra procéder à un retrait très humiliant, soit il devra faire quelque chose d'assez radical. Je pense que vous voyez se mettre en place ce genre de chaos que vous venez de suggérer, même de manière incohérente et imparfaite. »
Colonel Wilkerson : « Il essaie de créer une situation largement faite de mensonge et de subterfuge dans laquelle nous aurions gagné et de convaincre suffisamment de gens que c'est le cas. Et comme Carl Rove avait l'habitude de le dire, “si je vous mens encore et encore et encore, vous finirez par croire ce que je dis.” Alors, ce sera sa porte de sortie.
Autrement dit, il annoncera une victoire et essentiellement, il partira. À terme, ce sera difficile à dissimuler, mais il lui suffit de le cacher jusqu'aux élections de mi-mandat. Du moins, c'est probablement ainsi qu'il raisonne. Et je suppose que cela signifie que les élections de mi-mandat seraient relativement équitable.
Il pourrait s'y prendre autrement par la force et n'aurait évidemment pas à s'en préoccuper. Il devrait bien sûr s'inquiéter de la guerre civile. Mais sinon, et ce qui est vraiment un grain de sable dans les rouages en ce moment, un facteur vraiment indéterminé, c'est évidemment Bibi Netanyahu. Netanyahu ne lâchera pas l'Iran. Jamais. Il faudra qu'il soit dans sa tombe et qu'on lui enfonce un pieu d'argent dans le cœur.
Alors, comment gère-t-il ça ? Je veux dire, Jared Kushner a essayé et Jared Kushner a plus ou moins fini par se soumettre à Bibi Netaniaahu. Je pense que Jared y est allé avec l'idée qu'il allait être comme ça, mais malgré tout, ça n'a pas produit ce que Trump voulait probablement au fond : la garantie que quoi qu’il dise pendant cette élection, il ne relancerai pas la guerre avec l'Iran de son côté.
Bibi ment comme il respire s'il a dit ça à Trump. Il ne lâchera pas l'Iran pas maintenant qu'il pense les tenir à la gorge. Moi personnellement, je ne pense pas que ce soit le cas, mais je pense que lui il croit et c'est le dernier moment de sa vie politique ou autre où il aura cette occasion. Alors, il doit en finir avec l'Iran. »
Glenn Diesen : « Est-ce que cela veut dire attiser le Liban jusqu'au point où l'Iran recommence et qu'il doit alors répondre tout comme les États-Unis ? Je ne sais pas, mais c'est ce qu'il [Trump] veut faire et ce que cela veut dire, comme nous en avons parlé, qu'il utilisera finalement l'arme nucléaire ou qu'il se retirera ? »
Ce dernier passage que nous donnons apparaît au milieu de la discussion, un peu comme un cheveu sur la soupe ; mais un cheveu capable d’une explosion de déclenchement, d’un départ de feu, et une soupe méritant de figurer dans l’univers sous la rubrique “Tiens, une planète de plus qui se suicide pour 4 milliards d’années d’agonie”.
En effet, ceci qui est assez inattendu (le cheveu sur la soupe), du colonel Wilkerson introduisant soudain dans la conversation la question de la crise de l’environnement (nous préférons cette expression que celle de “crise climatique”, qui n’est pas une crise mais une évolution normale du climat si c’est le cas, qui n’est une crise qu’à cause de notre présence et de nos activités de moderne). Wilkerson devient soudain le contraire du climatosceptique, ou “climato-jem’enfoutiste”, comme sont tout naturellement tous ces experts délibérant sur la possibilité du nucléaire avec à l’esprit la notion que “ce n’est pas une question de si, mais une question de quand”.
Colonel Wilkerson : « Alors, pourquoi avançons-nous vers notre propre destruction ? La planète, elle ne sera pas affectée. Elle sera encore là pendant 4 milliards et demi d'années jusqu'à ce qu'elle rencontre le soleil et se consume. Mais nous, nous aurons disparu.
Alors, pourquoi ces deux grandes catastrophes ? les armes nucléaires d'un côté qui nous font face à l'heure même que nous parlons et la crise climatique qui produit des phénomènes qui devraient réveiller les gens comme en France, en Espagne et dans l'Ouest chez nous et ailleurs où les inondations sont tout simplement radicalement différentes, où la sécheresse juste à côté des inondations est radicalement différente où nous sommes en train de nous brûler nous-mêmes où l'industrie du vin dans le monde est pour ainsi dire mise hors d'état de fonctionner où toutes ces choses se produisent. Autant de signes évidents même pour les gens sur le terrain.
Pourquoi ne faisons-nous pas ce que nous devrions faire ? C'est la question du moment à mes yeux concernant ces deux guerres, leur potentiel de devenir nucléaire et la crise climatique.
Pourquoi l'accommodement n'est-il pas le maître mot ? Car la seule façon de faire face à l'une ou l'autre de ces crises sans parler des deux à la fois, ce qui est impératif si nous ne voulons pas être anéantis d'une manière ou d'une autre, c'est de travailler ensemble. Alors, pourquoi ne le faisons-nous pas ? [...]
Glenn Diesen : « C'est assez terrifiant de se dire que mettre fin à tout ça pourrait en réalité dépendre de Trump. »
Colonel Wilkerson : « Oui, n'est-ce pas ? J'ai dit ça à quelqu'un l'autre jour et cette personne me l'a renvoyé au centuple. J'ai dit “Vous y croyez vraiment ?” Et elle m'a répondu “Eh bien, je pense qu'il pourrait le faire.” D'accord. Allez donc essayer de le convaincre. »
Nous voilà au bout de la folie : il est vrai que le début du commencement du “il faut faire quelque chose” est confiée à un clown fou et malade, qui cultive son égocentrisme-pervers à la façon d’un Candide cultivant son jardin.
Cela invite notre machinerie intérieure que nous entretenons avec tant de fierté de babillages sans fin sur des concepts bombastiques et considérables, à investiguer dans d’autres directions que la contemplation sans fin et ravie de notre contemplation, dans un miroir déformant qui fait exploser de rire le télescope James Webb et ses trouvailles incessantes bien au-delà du ‘Big-Bang’.
Il semble en effet que notre ‘Big-Bang’ ne suffise plus du tout. Il semble qu’il va nous falloir oser sinon nous aurons l’air de crétins mouillés lorsque les cieux consentiront à nous envoyer une bouée de sauvetage, cachée au milieu d’une bonne dose des 6 tonnes d’eau d’un Canadair.