Comme chien et chat

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Comme chien et chat

Il nous a paru intéressant de développer une simple allusion de PhG dans sa page du 23 avril 2020, où il nous entretenait des antiSystème, de leur ontologie mais aussi de leurs querelles internes :

« Voyez un affrontement entre deux antiSystème pur-jus sur la question du “confinement”, entre ‘The MoonofAlabama’ [MoA] et  ‘OffGuardian’, repris  par ‘MoA’, publié en adaptation française par le  ‘Sakerfrancophone’... Devinez de quel côté je me trouve ? »

En effet, il est instructif de parcourir dans le détail cet article de MoA qui est en réalité le récit d’un affrontement par voie désormais habituelle de Tweeter (avec intervention, sur la fin, d’un acteur extérieur, le Russe  Mark Sleboda). La violence par radicalité ou incompréhension de certains échanges nous apparaît très caractéristique de la tension dans les rapports entre certains acteurs de l’antiSystème, essentiellement au niveau de la communication (médias alternatifs, sites dissidents, etc.). Dans le même texte  déjà cité, était posée la question que cette sorte d’affrontement soulève évidemment :

« Tout cela décrit implicitement les difficultés de la situation actuelle, qui se trouvent plus que jamais dans le chaos courant et par conséquent la difficulté d’identifier ses amis et ses adversaires, – cela, malgré la “reconnaissance faciale”, la “dictature numérique”, la “tyrannie policière-sanitaire” et toute cette sorte de promesses qu’on nous fait d’un terrible avenir fort bien rangé dans les oubliettes du Diable.
» Au contraire, il n’y a aucun rangement. L’effondrement du Système nous fait passer du désordre au chaos général... »

Il y a toujours eu des dissensions entre ceux que nous nommons “dissidents”, qui sont les activistes formateurs de l’antiSystème, essentiellement depuis la guerre du Kosovo et l’attaque 9/11 du 11-septembre (2001), surtout dans la communication, qui s’élèvent contre le Système, – notamment, en général, les directions politiques, les organes de sécurité, les puissances financières, la presseSystème, etc. Mais ces dissensions étaient accessoires et le plus souvent passées sous silence au regard de la puissance du Système, de la netteté de la cause et des nécessités pressantes de l’affrontement. La guerre contre l’Irak de 2003 fut l’occasion, et de loin, de la mobilisation la plus unanime de cette “dissidence”, relayée par une protestation populaire d’une ampleur exceptionnelle ; on en fit essentiellement un mouvement “antiguerre” alors qu’il s’agissait également, déjà, d’une puissante manifestation antiSystème.

Quoi qu’il e n soit, tout cela ne déboucha sur rien de constructif, notamment grâce d’une part au caractère quasiment impénétrable des structures des directions au service du Système, et d’autre part de l’impossibilité d’imposer au Système de simples évolutions réformatrices par pression ou influence. Mais la dissidence ne fut pas pour autant une faillite, puisqu’il s’avéra que le Système ne pouvait être mis en échec, ni défait bien entendu, qu’en utilisant et en retournant sa propre puissance contre lui-même. La dissidence devenue antiSystèmle contribua indirectement, dans une part à notre avis très importante, à une usure interne et à une déstructuration du Système, à une radicalisation du processus surpuissance-autodestruction, – avec toutes les phases politiques connues (phases de politique extérieure [“printemps arabe”, crise en Ukraine, évolution de la guerre en Syrie, l’antagonisme avec l’Iran, etc.], et d’autre part des processus internes de dissolution, notamment et essentiellement bien entendu la désintégration du pouvoir US avec l’évolution de Washington D.C. à “D.C.-la-folle”).

Aujourd’hui, parvenus au terme proche de l’effondrement du système (crise GCES), comme on l’a vu la situation de la “dissidence” devenue évidemment antiSystème, se modifie radicalement et les tensions à l’intérieur de ce qui est devenu une entité extrêmement importante et variée (l’entité de l’antiSystème) se marquent de plus en plus fortement. La coupure se fait certes mais seulement en partie entre les références vieillies de la droite et de la gauche ; elle se fait surtout, essentiellement, en fonction de situations psychologiques exacerbées et antagonistes directement inspirées par la fonction antiSystème. C’est désormais au niveau de la forme de la critique que se manifestent ces antagonismes prenant une importance notable ;  au niveau de l’interprétation des évènements et des production du Système en cours d’effondrement, en fonction des tendances complotistes et des penchants à fabriquer des simulacres, qui sont dans les deux cas des déviations de la raison pour justifier une action antiSystème qu'on voudrait plus structurée qu’elle n’est, au risque de se retrouver dans des situations nihilistes par leur radicalisme et les exigences de leurs simulacres.

Un conflit a existé au début de la séquence métahistorique autour d’un événement fondamental : l’attaque 9/11. Il existait différentes tendances dans la “dissidence” devenant antiSystème par rapport à l’interprétation de cette attaque, et bien entendu par rapport à la thèse d’une machination (thèse dite-“complotiste” par ses adversaires du Système). Diverses positions pouvaient cohabiter au sein des antiSystème sans susciter des conflits à l’intérieur de l’antiSystème.

(Pour notre cas, nous tenions pour nécessaire de  ne pas faire  de “la vérité sur 9/11” un enjeu fondamental de l’antiSystème, allant même jusqu’à estimer que la survivance de la thèse officielle avec un scepticisme considérable dans le public était la posture qui dégradait le plus le Système. Notre position était résumée par cette affirmation de PhG le 11 septembre 2008, en réponse à une question du quotidien Le Soir : « La seule chose dont je suis sûr, c’est que la version officielle est fausse. »)

Aujourd’hui, la situation est très différente, parce que le Système est dans un état catastrophique, à mesure de la crise Covid19 débouchant sur la GCES, et qu’on est proche d’une situation où « tout le monde est ou sera antiSystème ». Il s’en déduit que les tensions entre antiSystème venus de la “dissidence” sur des interprétations des situations deviennent de véritables différences conceptuelles, comme les positions sur la crise Covid19 (pandémie réelle ou pas, pour ou contre le “confinement”, etc.), parce qu’elles sont les véritables débats polémiques où le radicalisme de certains “dissidents” peut s’exprimer. Quasiment personne aujourd’hui ne s’oppose à l’interprétation de la gravité fondamentale, sinon civilisationnelle de la crise ;dans cette situation du débat, les désaccords concernant certains aspects de cette crise s’exacerbent et marquent des différences.

C’est de ce  point de vue que cet affrontement entre MoonofAlabama et  OffGuardian à la suite d’une émission (du 21 avril 2020) du  Corbett Report  est instructif et révélateur. Bien que notre position continue à se référer à l’inconnaissance pour éviter toute perte de temps dans des polémiques assez vaines, il apparaît évident pour nous qu’il y a un côté extrêmement radicalisé dans cet affrontement, un côté dont la tendance est proche du nihilisme, et se rapprochant des anathèmes de type religieux (on parlerait à d’autres époques d’une posture d’“ayatollah”). Ce côté est identifié dans l’article déjà référencé, et il n’est pas difficile de voir lequel s’identifie à ce modèle dans la querelle ainsi exposée : « [L]es “antiSystème de l’extrême” (ou “antiSystème nihilistes”) qui sont à l’ouvrage depuis si longtemps », – mais qui, jusqu’ici, ne causaient que des troubles mineurs à l’antiSystème, à la “dissidence”, à la “Résistance”.

On reprend ci-dessous les passages essentiels, concernant la forme de cette querelle, de l’article du 22 avril 2020 de  Moon of Alabama,  dans sa traduction assurée par le  Sakerfrancophone.

dedefensa.org

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La quarantaine n’est pas “autoritaire” – juste sensée

Hier, James Corbett de The Corbett Report  a  interviewé Kit Knightly, journaliste  à  Off-Guardian sur la crise du coronavirus. Au passage 18’30”, Corbett se dit “troublé”  parce que certains des sites qui critiquent généralement les gouvernements, comme Moon of Alabama, soutiennent les mesures que ceux-ci  ont prises pour réduire la rapidité d’expansion de la nouvelle épidémie de coronavirus.

Corbett évoque ensuite un  échange  avec moi sur le compte Twitter  d’Off-Guardian.

 

Cela a commencé ainsi :

vanessa beeley @VanessaBeeley - 5:33 UTC · 9 avr.2020
L’Organisation mondiale de la Santé, financée par #BillGates, préconise le retrait forcé de leur foyer des membres de la famille  dont le test “COVID19”est positif, même si le test n'est pas fiable. Ainsi, les gouvernements nous ont enfermés dans nos maisons et vont maintenant illégalement saisir et extraire des citoyens sous de possibles faux prétextes.

J’ai répondu par tweet avec cette remarque :

Moon of Alabama @MoonofA - 22:30 UTC · 9 avr.2020
La Chine l’a fait lors de la phase 2 de la quarantaine de Wuhan, car c’était le seul moyen de protéger les familles de leurs membres infectés. Sans cette politique, Wuhan n'aurait pas mis fin à l'épidémie.
La fiabilité actuelle du test est relativement élevée si le test est utilisé immédiatement lorsque des symptômes apparaissent.

 

OffGuardian a relancé la discussion :

OffGuardian @ OffGuardian0 - 10:54 UTC · 9 avr.2020
Vous ne défendez quand même pas le retrait forcé des personnes “infectées”de leurs maisons contre leur gré ? # COVID19 #coronavirus

MoonofA: Séparer les personnes infectées des personnes non infectées est la SEULE façon d'arrêter une telle épidémie.

OffGuardian: Alors soyons totalement clairs. Vous croyez que les gouvernements, – ceux-là mêmes qui nous ont menti dans des guerres, assassiné des innocents et détruit l’environnement, – devraient avoir le pouvoir d'envahir nos maisons et d’enlever des gens apparemment en bonne santé qu'ils “soupçonnent”d’être infectés ?

MoonofA: Nos gouvernements ont déjà le droit de le faire dans certaines circonstances. Une épidémie qui menace la santé de tous en fait partie.

OffGuardian: Ce n'est pas une réponse. Croyez-vous que ces gouvernements corrompus, auxquels vous vous opposez depuis tant d'années, devraient pouvoir pénétrer dans les foyers et emporter les personnes qu'ils “soupçonnent”d’être infectées ?

MoonofA: Je soutiens les mesures de quarantaine pendant les épidémies. Nous les avons depuis de nombreux siècles pour de bonnes raisons. Nous devons à nouveau les utiliser.

OffGuardian: Vous soutenez l'arrestation et la détention de personnes que le gouvernement prétend PEUT-ÊTRE infectés par un virus qui - selon les estimations officielles - est inoffensif ou léger pour 80 à 99% des personnes infectées. Vous faites ça. MoA. Ancien champion des droits de l'homme et de la justice.
Avez-vous perdu la raison?

MoonofA: Vous qualifiez une mesure qui protège votre famille et d'autres d’“arrestation”et de “détention”. Ce n'est ni l'un ni l'autre.

OffGuardian: Oh ok. Alors, les personnes “suspectées”d’être infectées devraient-elles être autorisées à partir quand elles le souhaitent ?
Si votre réponse est “non”, alors c'est une arrestation et une détention et vous vous cachez derrière un langage flou.

 

Comme cela n’avait aucun sens de continuer, j’ai cessé de répondre. Plus tard, Mark Sleboda est intervenu pour soutenir mon point de vue :

Mark Sleboda @ MarkSleboda1 - 5:02 UTC · 9 avr.2020
En réponse à @OffGuardian0 et @MoonofA
Léviathan, – sauvez-moi, moi et les miens, de ces imbéciles.

 

Une autre discussion entre  OffGuardian  a  continué  à partir de cela. OffGuardian  semblait devenir un peu désespéré quand il a ensuite tweeté ce non-sens :

OffGuardian @OffGuardian0 - 19:14 UTC · 9 avr.2020
En réponse à @MarkSleboda1 @ghigoberni et @MoonofA
Vous seriez donc en faveur d'une détention à durée indéterminée pour quiconque pourrait alors être porteur du virus de la grippe. C'est beaucoup plus dangereux pour les personnes et les enfants en bonne santé que #Covid19, comme tout épidémiologiste vous le dira.

 

Je n’ai entendu parler d’aucun épidémiologiste qui aurait affirmé cela. Mais peut-être que je consulte les mauvais...

[...]

Revenons maintenant à la critique d’Off-Guardian et de Corbett. Ma vision de l’épidémie est toujours basée sur la science. Vous pouvez suivre mon évolution à travers la liste des articles attachés à celui-ci. En regardant comment la Chine a contenu sa flambée, j’avais espéré que d’autres gouvernements prendraient des mesures similaires. Avec une action concertée à l’échelle mondiale, nous aurions pu effacer complètement cette maladie !

Mais nous supportons la pandémie avec les gouvernements que nous avons, pas avec ceux que nous souhaiterions avoir.

Nos “élites” utiliseront-elles la crise pour s’enrichir davantage ? Certainement. Vont-elles abuser de certaines des mesures de contrôle ? C’est pratiquement garanti. Mais cela ne change absolument rien à la réalité de la pandémie.

Il est maintenant trop tard pour la vaincre en éradiquant sa source. Des mesures de distanciation sociale, telles que les confinements, sont nécessaires pour maîtriser l’épidémie et ne pas surcharger nos systèmes de santé. Si la prochaine vague de flambées est pire que la vague actuelle, nous aurons besoin de mesures encore plus dures que celles que nous avons actuellement. Je les soutiendrai car je sais qu’elles sauveront des vies.

Si cela fait de moi un “autoritaire” aux yeux de certains, qu’il en soit ainsi.

Pour ma part, je trouve plus utile de dire aux gens de  fabriquer et de porter des masques que de publier des “avis à posteriori” de soi-disant experts qui plastronnent à la télé, ou consulter des sites de sociétés de relations publiques, qui ne sont pas d’accord avec l’opinion des scientifiques, alors que leurs estimations du nombre total de morts ont déjà été dépassées.

 

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