• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. (Précision technique enfin valant pour toutes nos collaborations extérieures, qui est un classique de la collaboration extérieure à un média : titres et intertitres sont de la seule responsabilité de la rédaction. Les auteurs proposent titres et inter-titres et la rédaction se réserve de les modifier dans leur formulation, bien entendu sans en déformer le sens.) 

• Badia Benjelloun est une collaboratrice fidèle de dedefensa.org depuis des années. Sa formation est essentiellement scientifique (biologie, mathémathiques, médecine), ce qui lui permet d'écrire des articles extrêmement élaborés sur ces sujets. Bien entendu, ce n'est qu'une petite partie de ses activités de commentatrice, et elle explore également et surtiout les champs de la politique et de l'économie, et jusqu'à des textes empreints de poésie. Sa place dans la série des Carnets de notre site est absolument, à la fois méritée et nécessaire.

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Cleptomanie    07/02/2019

Macron, du haut des douze semaines de contestation populaire soutenue de son régime, s’est estimé en droit de reconnaître comme président du Venezuela celui de son Parlement, contrevenant à toutes les règles internationales interdisant l’ingérence dans les affaires intérieures de pays tiers.  Il a ignoré les résultats des élections présidentielles de mai 2018, avancées à cette date par l’opposition, et que nul n’a contestés. Les urnes avaient donné à Nicolas Maduro plus de 6,2 millions de voix contre 1,9 millions pour son concurrent le plus proche et 1,0 pour le troisième de la liste des candidats qui en comportait au départ six avant que deux ne s’en retirent au dernier moment. Certes la corruption endémique n’a pas été éradiquée par le chavisme. La redistribution de la rente n’a pu dynamiser un secteur productif national en volume suffisant pour réduire la malédiction du chômage mais la grande pauvreté a été résorbée et l’accès aux soins de santé et à l’alphabétisation plus étendu. La haute bourgeoisie toujours détentrice des moyens de production et des principaux organes de la presse audiovisuelle, nous ne sommes pas dans une dictature du prolétariat, a tout fait comme celle du Chili à l’époque d’Allende pour bloquer économiquement le pays alors qu’il voyait ses recettes pétrolières s’écrouler et que lui étaient appliquées des sanctions étasuniennes. Le Venezuela ne présente pas de déficit démocratique, ou plutôt si au sens étasunien. Car il ne soutient pas la politique étrangère des Usa, ne privatise pas les infrastructures et les ressources minières du pays, il a en revanche d’énormes réserves de pétrole très convoitées à l’heure où l’extraction des hydrocarbures non conventionnels peine à être rentable aux Usa. Il est l’un des pays à disposer d’énormes gisement aurifères, de coltan et de lithium. Ce dévouement soudain de Macron pour la démocratie ailleurs que dans son périmètre hexagonal signale la sujétion de la France à des intérêts stratégiques qui ne sont pas les siens. Il prend un relief particulier quand la banque d’Angleterre refuse de transférer les avoirs en or du Venezuela à Caracas sur demande du président proclamé par les Usa, et pourrait être caractérisé comme une véritable complicité dans un hold-up. On saura peut-être un jour qui avait été le véritable donneur d’ordre de ce brigandage pratiqué sans vergogne par les puissances de la ‘Communauté internationale’. A ce jour encore, les avoirsde la Libye, de l’Irak et de l’Iran restent gelés dans les coffres-forts de banques occidentales. (Suite)

L’internationale de la Répression    30/01/2019

Après les trois semaines d’émeutes en octobre et novembre 2005 qui avaient concerné pas moins de 300 communes en France, les pays européens ont pris au sérieux la menace insurrectionnelle urbaine. Le bilan après la mort des deux jeunes adolescents pris en chasse par la police et piégés dans un site EDF, 6000 interpellations et 1300 personnes écrouées, a été lourd. Les violences ont décliné puis cessé après que le gouvernement ait décrété l’état d’urgence. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait fait appel aux conseils techniques du régime de Tel Aviv. Le Ministre de la Sécurité publique et un Haut Commissaire ont été mandés pour passer 4 jours en France et livrer leur expérience accumulée lors de la répression sanglante de l’Intifada de l’an 2000. L’ordre néolibéral devait être défendu de l’émergence probable d’une révolte populaire. Le Danemark a offert en mars 2007 aux corps  répressifs de quelques pays un terrain d’expérimentation de techniques de contrôle d’une insurrection au centre d’une ville. Une maison de quatre étages, mise à la disposition par la mairie depuis 25 ans à des jeunes de la culture underground et finalement vendue à une église évangéliste fondamentaliste devait être évacuée au profit de ses nouveaux acquéreurs. Tout un dispositif que ne nécessitait pas la situation, à peine une quarantaine de jeunes gens de moins de vingt ans dormaient là, a été mis en place pour faire éclater une émeute. L’expulsion des occupants d’Ungdomshusetdans le quartier de Noerrebro allait être réalisée par une unité d’élite de la police de très bonne heure un matin. Déposée par un hélicoptère sur le toit, elle a été appuyée par des canons à eau au sol et des grues qui ont transporté jusqu’aux étages des policiers anti-émeutes, surprenant les résidents dans leur sommeil. (Suite)

La couleur de nos samedis    21/01/2019

Ils vont et viennent, virevoltent, pris d’une curieuse fièvre à vouloir défendre la République. Quoi, ses institutions seraient menacées par des bandes de factieux, de va-nu-pieds, de gueux extrémistes, de séditieux de tout genre qui emplissent les rues, encombrent les places et entravent la circulation aux carrefours ? Le traitement médiatique oscille entre la sous-estimation délibérée de leur nombre et la dénonciation de leur violence quand l’un d’eux, armé de ses seuls poings, avait roué de quelques coups l’un des cinq policiers casqués, bottés, abrités derrière un bouclier. La scène sur la passerelle Léopold Sédar Senghor passera à la postérité. Elle montre dans sa version non tronquée un ancien boxeur professionnel venu au secours d’une femme et de son fils molestés sévèrement à coups de matraque dans une atmosphère opacifiée par des armes chimiques lacrymogènes mais également irritants pour les voies respiratoires. Un homme, un seul, parvient à terrasser un représentant des forces de l’ordre lourdement équipé et faire reculer quatre autres peu soucieux d’aider leur collègue. Métaphore d’une colère légitime triomphant d’une répression aveugle et inefficace (et pitoyablement pleutre). (Suite)

Maillots jaunes, un polar joué en Malaisie    07/01/2019

Un arrêté du 25 août 2015 émanant du ministère de l’Intérieur malaisien avait interdit la vente de vêtements jaunes alléguant que cela pourrait ‘porter atteinte à l’ordre public et serait préjudiciable à l’intérêt national’. Depuis plusieurs semaines, un mouvement réclamait la démission du Premier Ministre Najib Razak. Les manifestants de Bersih4 (à la fois substantif signifiant propre et acronyme en malais pour Coalition pour des élections propres et justes) portaient en effet des vêtements jaunes pour s’identifier. La Coalition regroupe une centaine d’ONG, elle revendique depuis 2007 dans un pays dirigé depuis l’indépendance par le même parti une réforme électorale en plusieurs points, entre autres un accès libre et équitable aux médias et un délai minimal de 3 semaines pour les campagnes électorales. Le chiffre ordinal 4 indique que des manifestations publiques avaient eu eu lieu après les premières de 2007 en 2011 puis 2012. Près de 500 000 Malaisiens étaient sortis entre le 29 et le 30 août 2015 dans les rues de Kuala Lumpur demander le départ de celui qui a détourné de l’argent du fonds souverain 1MDB créé dès son arrivée au pouvoir en 2009. La preuve qu’il avait reçu sur son compte privé une somme de près de 680 millions de dollars était avérée et éventée. Ne pouvant nier un tel transfert il l’avait justifié en alléguant qu’il provenait d’un don d’un prince saoudien. L’appel à la mise en examen de Najib Razak provenait de l’opposition mais aussi de jeunes membres de son propre parti. Razak a limogé par la suite tous les membres de son gouvernement et de l’administration publique favorables à une enquête sur la provenance des fonds. (Suite)

Mélenchon, un Mirabeau très délavé    30/12/2018

Il a rédigé, aidé il est vrai d’un grand nombre de collaborateurs, la plus grande part des  vingt premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, tout en s’affirmant royaliste, partisan de la monarchie des Bourbons. Gabriel Honoré Riquetti comte de Mirabeau, député d’Aix, donnait le 1erseptembre 1789 le plus élaboré et le mieux construit des discours qu’il eût à prononcer à l’Assemblée Nationale. Il y défendait l’utilité d’un veto royal qui pourrait sanctionner les décisions prises par le corps législatif. Il y soutenait que la sanction royale est un contrepoids nécessaire pour écarter des lois dangereuses ou hâtivement promulguées. Il a alors développé un argument, un bijou de rhétorique. Sans l’existence d’une possible ‘sanction royale’, le Roi deviendrait un séditieux. En disposant d’un droit de veto, il s’exposerait à la vindicte populaire s’il en abusait et donc était invité à la plus grande des vigilances pour son emploi tempéré. Quelques semaines auparavant, lors de la séance du 9 août, il s’était élevé avec énergie contre la proposition d’un député de lever un impôt sur les créanciers de l’État. Il produisait un raisonnement juridico-constitutionnel qui lui permettait de récuser que la Nation ait la latitude de déroger à l’une de ses promesses. La souveraineté d’une nation ne lui permet de nouer et défaire ses lois que si celles-ci concernent les actes par lesquels elle agit sur elle-même. Elle ne peut rompre les contrats engagés avec une autre partie. ‘Les lois, émanation de la volonté générale cessent toutes les fois que la volonté qui leur donna l’être juge à propos de les détruire’. ‘Les autres sont de véritables contrats soumis aux mêmes règles, aux mêmes principes que les conventions entre particuliers.’ Et donc ils seraient réputés indestructibles selon le défenseur des intérêts des créanciers. Autrement dit la Dette est plus sacrée à la Nation que ses lois elles-mêmes. (Suite)

État des lieux assorti de quelques voeux    26/12/2018

L’Australie, la Corée du Sud, la France, l’entité sioniste installée en Palestine sans compter d’autres encore comme l’Arabie aux mains des Bédouins du Nadjd semblent avoir été prises au dépourvu à l’annonce intempestive de l’Homme Orange à la mèche blonde du retrait imminent des troupes Us de Syrie.  2200 soldats, le nombre n’est pas important. Mais leur rôle est essentiel dans le soutien des unités kurdes installées dans le Nord et l’extrême Est de la Syrie dans des territoires qui excèdent les zones où cette ethnie est traditionnellement majoritaire (*) mais aussi dans le Sud, armant et formant également les ‘Forces Démocratiques Syriennes’. Pas moins de quatorze basesUS étaient recensées en janvier 2018. La volonté étasunienne non déguisée de créer un Kurdistan unifié près des frontières turque, syrienne et irakienne aux dépens de la Syrie répond à une exigence de la défense israélienne . A partir de ce point d’appui, les trois pays limitrophes pourraient être pris à revers. Le projet lancinant des Néoconservateurs de morceler l’Orient arabe pour un remodelage du Grand Moyen Orient a rencontré ses limites du fait de l’Hubris israélienne. La destruction d’un Il-20russe par l’aviation israélienne, mal évaluée par des militaires israéliens, corrompus et ivres d’une arrogante impunité conférée par un sentiment de toute puissance acquis grâce aux assassinats commis sur des civils palestiniens, en a été le terme. La Russie a mis à disposition du gouvernement légal de Damas des dispositifs qui assurent une protection du ciel syrien devenu quasi-inviolable. Ne pouvant assurer ravitaillement et protection des soldats au sol sans risquer que ne soient abattus avions et hélicoptères US, l’Homme Orange a pris une décision logique de retrait pur et simple en cohérence par ailleurs avec les proclamations de sa campagne électorale isolationniste.  (Suite)

Le Jaune, encore au goût du jour    19/12/2018

Il est arrivé au terme d’une longue séquence. Ces dernières décennies, la tête de l’exécutif français a été confiée à un chapelet de personnages dont l’image a été forgée par des fictions avec les ingrédients d’un blockbuster commandées par les détenteurs du réel pouvoir. Il cristallise désormais ce que le menu peuple exècre et rejette avec force. La liste des motifs de mécontentement des gueux qui se signalent en jaune est fort longue D’abord cette arrogance démesurée qui lui fait considérer que celui qui n’aurait pas réussi comme lui ne serait qu’un Rien. Le mépris qu’il manifeste à l’égard du peuple français dans son ensemble quand il se plaint de lui devant un public étranger et qu’il le dépeint comme un troupeau d’irréformables. La préférence octroyée en toutes circonstances à l’Union européenne ce qui lui fait négliger l’intérêt de la nation qu’il préside. (Suite)

Le choix du pire pour éviter pire    05/12/2018

Le moustachu appelé par Trump comme Conseiller à la Sécurité Intérieure John Bolton dont l’essence néoconservatrice semble avoir précédé l’existence dans la première administration de Bush junior a fait preuve d’une certaine perspicacité malgré cet handicap ontologique. Devisant auprès d’un cercle d’étudiants de la Alexander Hamilton Association, l’élite future du pays, rassemblée autour de la croyance que si les Usa conduisent le monde, c’est pour le plus grand bien de tous, il avait émis un propos qu’il aurait récusé venant de la bouche d’un quelconque manant anti-étasunien primaire. C’était en janvier 2018. La dette étasunienne a atteint un niveau où elle constitue une menace pour la société ainsi que pour la sécurité intérieure. Aussi conviendra-t-il de réduire les dépenses discrétionnaires de l’Etat fédéral. Or, concernant les dépenses du Pentagone, au lieu d’être réduites, le Congrès a voté pour leur augmentation, elles passent de 700 $milliards avoués à $716 milliards. La courbe de la Dette ne peut que continuer à grimper. En maintenant un crédit facile avec des taux d’intérêt négatifs, l’inflation excède le taux directeur de la Fed, les cours des actions d’envolent, l’emprunt s’en trouvant encouragé. La menace à peine volée de Trump à l’égard du nouveau gouverneur de la Fed, Jerome Powell, de le congédier a obligé ce dernier à déclarer que les taux ne grimperaient pas de sitôt. (Suite)

Démission    28/11/2018

La présentation de la Programmation pluriannuelle de l’énergie a été l’occasion pour le président Macron de mécontenter à la fois les escro-écologistes  et protestataires de la France d’en bas pour désigner en une périphrase gentillette, ceux qui n’en peuvent plus de vivre avec un découvert bancaire souvent dès la moitié du mois. Autrement dit, les prolétaires, ceux que leurs salaires ne nourrissent plus. L’insuffisance des ressources concerne deux Français sur cinq qui sont contraints de payer entre 8 à 16% le crédit à très court terme que constitue l’autorisation de ‘découvert’ aux particuliers. Les banques engrangent ainsi un bénéfice de plusieurs milliards d’euros annuels extorqués justement aux plus ‘démunis’. Le report à l’échéance de 2035 de la réduction à 50% de la part du nucléaire au lieu de 2025 comme prévu dans la programmation antérieure s’additionne aux incertitudes sur les filières alternatives aux énergies polluantes.  De quoi indisposer la petite fraction de la population sérieusement préoccupée de dégradations irréversibles des conditions de vie sur la planète. L’ensemble des observateurs a pu noter l’absurdité de la proposition technocratique de la mise en place d’un Haut Conseil sur le climat, il existe déjà pléthore de commissions et de comité pour cela. Ce dit Conseil aurait la charge d’évaluer l’impact des réformes et mesures environnementales décidées par le gouvernement, c’est-à-dire de mesurer si les prochaines taxes seront acceptables, ce que devraient savoir les fonctionnaires préposés au budget ainsi que les députés censés représenter le peuple. Faire dépendre l’avenir des prochaines centrales nucléaires type EPR de la réussite du site de Flamanville, le réacteur devait démarrer en 2012 puis 2016 et maintenant 2020, devrait laisser présager de leur abandon. Le prototype est très coûteux, plus de trois fois le coût initial il a été mal budgétisé et de nombreuses malfaçons l’ont retardé,  Bouygues en particulier y a mal encadré des travailleurs détachés et des non déclarés. (Suite)

Jaune, comme un canari    21/11/2018

Tous les présidents étasuniens ont été attentifs à ne pas perturber l’électeur de la classe moyenne réduit au cours du temps à l’un de attributs essentiels. Il est devenu un automobiliste dépendant de son moyen de locomotion pour effectuer le trajet biquotidien séparant sa maison individuelle dans une banlieue lointaine et son job.  Trump, comme ses prédécesseurs, n’entendait pas froisser les Deplorable avant les élections de mi-mandat. Il l’a expressément dit, le pétrole ne doit pas être trop cher et il a accusé les Séoud d’organiser une pénurie qui a fait grimper le prix du baril à plus de 70 dollars en octobre. L’argument était fallacieux, aucune raffinerie n’était en manque de provisionnement, les fluctuations du prix sont d’ordre spéculatif, la preuve en est que dès novembre, il est retombé vers les 53 dollars. En plus de fallacieux, il est notoirement cynique car l’industrie d’extraction des hydrocarbures non conventionnels a besoin d’un prix plancher élevé pour être un minimum rentable et continuer de pomper dans l’épargne mondiale pour s’endetter. (Suite)

Un maître-mot, la Combinazione    11/11/2018

En 1883, le capitaine Hubert Lyautey, royaliste légitimiste fit un voyage à Rome pour y rencontrer le Pape Léon XIII. Il avait préalablement visité le Comte de Chambord exilé en Autriche, espoir d’une Restauration de la monarchie des Capets pour tous les catholiques de France. Il revint bouleversé de son audience au Vatican. Léon XIII s’orientait vers la République pour la France. Lyautey écrivit à ses amis que le ‘‘Romain est très arrangeur. Il n’a pas les principes tranchants du Français qui créent des fossés infranchissables entre royalistes et républicains. C’est le triomphe de la combinazione. Un mot qui a réponse à tout.’’ Lyautey servira la Troisième République en combinant une foi rongée par le scepticisme, un attrait pour l’action militaire et l’architecture urbaine. La cathédrale de Rabat qu’il y fit construire a deux tours en forme de minarets. Combinaison d’insolvables créances Nul ne peut prétendre et surtout pas lui-même qu’il ne savait pas. Gouverneur de la Banque Centrale d’Italie de 2006 à 2011, Mario Draghi ne pouvait ignorer la situation des banques italiennes détentrices de créances douteuses à hauteur de 360 milliards d’euros, près de 22% de l’ensemble du secteur bancaire. Elles constituent un bon tiers des 900 milliards des mauvaises créances enregistrées dans les livres de l’union européennes. En 2008, les crédits douteux ne représentaient que 82 milliards, soit seulement près de 6%. Ils ont cru quasi linéairement sans discontinuer depuis lors. Draghi ne peut d’autant pas se prévaloir d’une quelconque naïveté qu’il a été impliqué dans le maquillage des comptes de l’État grec pour les rendre acceptables au regard des critères d’adhésion à l’Union européenne lorsqu’il officiait chez Goldman Sachs. (*)   (Suite)

Des figures féminines pour des règles oppressives    29/10/2018

Guigou, Lebranchu, Alliot-Marie, Dati, Taubira et maintenant Belloubet ces deux dernières décennies le Ministère de la Justice a pu s'enorgueillir d’être le département régalien à avoir été dirigé par le plus grand nombre de femmes. Or selon un certain adage, toute profession qui se féminise se paupérise voire selon ce qui a pu être observé dans le corps enseignant, médical et paramédical en France se dévalorise, monétairement et symboliquement.  Les Gardes des Sceaux, féminins ou non ne disposent que d’un budget de plus en plus restreint et ne peuvent conduire à leur terme ni les réformes de la magistrature accablée par des procédures de plus en plus chronophages ni les aménagements pénitenciers requis par un chiffre de la population carcérale en constante augmentation. Cependant, chaque nouvel exécutif sollicite les élus de la nation transformés en une chambre de pur enregistrement afin qu’ils votent pour une nouvelle couche de règles et de lois. Elles  viennent s’accumuler sur des sédiments déjà bien abondants amoncelés par ce phénomène parasitaire que la France absolutiste puis napoléonienne et enfin jacobine républicaine fait et exporte le mieux, une bureaucratie productrice de règlements à l’infini soit inutiles car déjà existants soit contradictoires. (Suite)

Migration et délitement social    24/10/2018

Rien de tel que le sentiment d’appartenance à une communauté positive pour favoriser l’épanouissement de la personnalité. Tous les traités de psychologie et de psychologie sociale montrent que se sentir en lien avec son environnement et en connexion avec un groupe renforce la confiance en soi et éloigne la dépression et l’instabilité émotionnelle.  Les Allemands s’expatrient quand ils le peuvent Une étude publiée en mars 2015 par le journal Die Welt montrait la propension d’une élite allemande éduquée à quitter son pays pour travailler ailleurs, principalement en Suisse, aux Usa et en Autriche. Selon le Conseil allemand d’experts sur l’intégration et les migrations, entre 2003 et 2013, un million et demi d’Allemands ont émigré pour faire carrière ailleurs. La plupart de ces émigrés, universitaires, médecins et étudiants finissent par réintégrer leur pays mais le solde migratoire reste négatif depuis les années soixante. L’office des statistiques désigne cela sous l’appellation ‘ mobilité des travailleurs’. Entre 2009 et 20013, 710 000 Allemands, plus jeunes et plus diplômés que la moyenne ont quitté leur pays alors que 580 000 ont choisi d’y retourner. On recense actuellement près de quatre millions d’émigrants allemands vivant en dehors de la République fédérale d’Allemagne. (Suite)

Le Pays de Nulle Part, une paranoïa ordinaire    16/10/2018

Jamais depuis que l’institution de l’ONU existe, on n’avait vu des chefs d’État et de gouvernement s’esclaffer et rire à gorge déployée lors de l’intervention d’un Président de l’administration des Usa. Jamais non plus, un Premier ministre de Tel Aviv n’avait commis une telle bourde devant l’Assemblée Générale de l’ONU. Netanyahu s’est surpassé en arrogance ridicule en donnant les coordonnées avec photo à l’appui d’un site de stockage d’uranium enrichi en Iran au cours d’une énième démonstration, leur nombre ne se compte plus depuis 1995 où la construction d’une bombe nucléaire était déjà imminente. Les Iraniens viennent depuis très loin à Torkuzabad pour prendre des selfies devant cet entrepôt fermé depuis longtemps par son propriétaire criblé de dettes et incapable de payer ses factures d’eau. Petite ironie de l’histoire (involontaire ou volontaire par des agents facétieux du contre-espionnage), le nom de ce village dans le Sud de Téhéran signifie la ‘Terre de Nulle Part’. Le site mentionné au cours de l’allocation du Likudnik Netanyahu est connu par les fonctionnaires de l’AIEA et par le renseignement étasunien comme un centre d’archives. (Suite)

Un espoir pas si fou : les loups hors de chez nous    01/10/2018

L’intérêt de Vladimir Poutine pour le sport japonais qu’il pratique avec un grand art ne justifie pas à lui seul sa présence à Bakou pour l’édition 2018 du championnat du monde dejudo. Poutine s’adonne à un inlassable travail de détricotage des fils tissés autour de la Fédération de Russie. Au cours de sa rencontre avec le chef d’Etat de l’Azerbaïdjan qui a eu lieu à cette occasion, il a été question de sécurité régionale, d’armements et d’une éventuelle intégration de l’Azerbaïdjan, pays ‘non aligné’, au sein de l’Organisation du Traité de  Sécurité Collective. Il s’agit de supplanter l’influence de Tel Aviv fournisseur de drones utilisés par Bakou en 2016 contre l’Arménie. Ilham Alyiev avait déclaré récemment que son pays avait acquis pour 5 milliards d’armements russes. Mieux, Poutine voudrait rapprocher les vues de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan à propos du conflit des territoires du Haut-Karabakhet ainsi désamorcer un conflit qui est une source depuis 1988 d’instabilité et de terrorisme, alimenté par des parties extérieures soucieuses de vendre des guerres permanentes.  Le sommet des chefs d’Etats de la Communauté des Etats Indépendants, fondée en 1991, s’est tenuà Douchambé, capitale du Tadjikistan, il en aura fourni l’occasion. Nikol Pashinyan, Premier Ministre d’Arménie, est  arrivé au pouvoirau terme d’une révolution colorée, manifestations ‘spontanées et populaires’ en lien avec des ONG financées par Georges Soros. Cependant, les manifestations qui ont dégagé Sargsyan n’étaient pas motivées par des raisons géopolitiques ni par le rejet des liens avec la Russie, principal débouché commercial de l’Arménie. Pashinyan qui comprend comme tous les Arméniens qu’une rupture des liens avec la Russie est impossible mène une politique réaliste où l’option souhaitée d’intégration à l’OTAN est, pour l’instant au moins, exclue. La réussite du coup d’Etat en Ukraine en 2014 devait beaucoup au délitement d’un Etat aux mains d’oligarques apparentés au grand banditisme, au soutien préalable depuis de nombreuses années de forces alternatives antirusses par la CIA. Enfin, l’existence de milices armées fascistes facilement mobilisables pour terroriser la population et appuyer la confiscation du pouvoir a permis une réplique caricaturale du nazisme. Ces conditions sont inexistantes en Arménie. (Suite)

Deux variables et une domination    23/09/2018

Les deux variables de la domination étasunienne, armement et pétrole ne sont pas indépendantes ni entre elles, ni chacune d'elles du dollar. Elles s’émoussent et s'amenuisent toutes deux donc toutes les trois. Peuples d’Europe, debout ? En vertu d’une loi adoptée en juillet 2017 par la Chambre des Représentants à une écrasante majorité, les Usa prétendent vouloir punir toute entité qui se fournirait en produits inscrits dans une large liste et particulièrement en armes auprès de la Fédération de Russie. Rosoboronexport confirme que la fédération est ledeuxième exportateurd’armement et ceci de façon stable depuis ces dernières années, elle assure 15% environ des équipements militaires vendus à l’international. Ce chiffre est diversement apprécié (de 7 à 25%) selon que l’on mesure le chiffre des ventes en dollars ou en volume exporté. L’Afrique du Nord et les pays d’Asie sont friands d’armes éprouvées sur le terrain, expérimentées en situation réelle. Beaucoup de pays veulent désormais des Soukhoi et des systèmes anti-missile sol-air S-400 comme la Turquie, l’Égypte, l’Inde et le gouvernement de Ryad. Et tous voudront les nouveaux chars Armata, légers, maniables, truffés de technologie et quasi-indestructibles. L’attraction croissante pour les produits de l’industrie militaire russe s’explique par leur coût raisonnable, leur robuste fiabilité, leur haute avancée technique et l’absence de conditionnalités politiques lors du bouclage des contrats. (Suite)

Ramallah    22/09/2018

Il avait 24 ans. Il dormait profondément dans son lit. Ils sont venus de nuit, ont forcé la porte de sa maison, l’explosant de leurs fusils et coups de bottes. Toute la maisonnée a été réveillée, sa mère et son frère ont été mis à l’écart, ils l’ont isolé dans une chambre et l’ont battu. Puis ils l’ont emmené avec eux, inconscient. Deux heures plus tard, ils informent sa famille qu’il est décédé. Son nom est Muhammed Zaghloul al Khattib Al Rimawi. Il habitait à Beyt Reyma, au nord ouest de Ramallah. Il était en excellente santé. Les forces d’occupation opèrent fréquemment de la sorte, ils viennent en plein sommeil arrêter des jeunes gens, parfois des femmes ou des enfants. Durant les sis premiers mois de 2018, les FO ont procédé ainsi à 3533 arrestations, le plus souvent pour une détention administrative c’est-à-dire sans charge d’inculpation, sans procès pour une durée de six mois renouvelable selon le bon plaisir des autorités militaires. (Suite)