• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. (Précision technique enfin valant pour toutes nos collaborations extérieures, qui est un classique de la collaboration extérieure à un média : titres et intertitres sont de la seule responsabilité de la rédaction. Les auteurs proposent titres et inter-titres et la rédaction se réserve de les modifier dans leur formulation, bien entendu sans en déformer le sens.) 

• Badia Benjelloun est une collaboratrice fidèle de dedefensa.org depuis des années. Sa formation est essentiellement scientifique (biologie, mathémathiques, médecine), ce qui lui permet d'écrire des articles extrêmement élaborés sur ces sujets. Bien entendu, ce n'est qu'une petite partie de ses activités de commentatrice, et elle explore également et surtiout les champs de la politique et de l'économie, et jusqu'à des textes empreints de poésie. Sa place dans la série des Carnets de notre site est absolument, à la fois méritée et nécessaire.

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Notre Dame    16/04/2019

Elle s’immole, ces temps mauvais obscurcis, Triomphe des vils arrangements rancis, La brûlent. Des siècles l’avaient endurcie. De trop de traîtrise les têtes sont farcies. C’en est trop, se consumer s’absenter ainsi Se choisit. Naufrage d’âmes. Un ramassis D’étourdis moisis gouverne un pays rassis. Inféconds, ils parodient la démocratie. La Dame se retire, rien ne gracie Ce honteux gâchis. Plutôt qu’être à la merci De nuits évidées, la bonté en sursis, Elle crie son désarroi, se supplicie. A ses pieds, les manants les gueux balbutient Un Néron médiocre sera raccourci.

Attracteur, une démocratie en cours de construction    12/04/2019

Pluie et bruits, Saint-Nazaire 6, 7 et 8 avril 2019 Le ciel belliqueux avait sorti toute sa panoplie, une bruine fine, un gris d’acier et un silence granité du seul clapotement de ses armes. Sur la place de la gare où s’alignent en rangée sage une dizaine de bistrots, marche à pas vifs un homme en gilet jaune. L’homme  très affairé à retrouver une adresse propose de me conduire avec son groupe au site. La Maison du Peuple, port fiévreux, troue de son abondante fluorescence l’écran de pluie pour nous accueillir. Dans la grande salle au plafond portant la marque encore fraîche des cloisons abattues, un intense brouhaha fait place à l’écoute du programme très fourni de la journée. L’auditoire, presque recueilli, est attentif. Des rapporteurs des séances de travail de la veille défilent sur l’estrade centrale.  (Suite)

Don d'ubiquité ?    27/03/2019

Au moment où les Usa (c’est-à-dire le Pentagone et la CIA) prenaient pied en Syrie et orchestraient leur petite musique légère si reconnaissable des ‘dictateurs qui assassinent leur peuple en les gazant’, on pouvait les imaginer fort occupés à débarrasser Israël d’un voisin encombrant. Ils ne seraient alors pas disponibles pour mener l’opération Maidan à Kiev.  C’est préjugé défavorablement de la capacité de l’entité étasunienne à ne pouvoir conduire deux révolutions simultanément.  C’était en effet ne pas compter avec les solides appuis construits en deux décennies en Ukraine. Le système corrompu incarné par Viktor Ianoukovitch  a été balayé par une révolution colorée organisée par des officines étasuniennes. Le pays a été conduit grâce à un gouvernement encore plus véreux que le précédent, aidé de milices nazies, à mener une guerre civile sans fin ruineuse avec chute drastique du PIB et émigration massive. L’adhésion à l’Union européenne était promise au bout du chemin vers l’enfer. Les Usa ont pu en effet télécommander Daesh et Svoboda simultanément. L’investissement dans ce type d’opération perpétrée par des tiers et payée par des régimes amis est peu onéreux. Surtout, rien n’est plus aisé de susciter des dissensions, de les nourrir et de détruire. Bref désordonner et accroître l’entropie est un jeu pour enfants diaboliques. (Suite)

Fin des stocks, braderie de printemps    20/03/2019

Les Gilets jaunes ont pour l’instant marqué de nombreux points, exactement dix huit. Dix huit fois, ils ont battu le pavé et se sont appropriés les centres des villes ‘pour l’honneur des travailleurs et pour un monde meilleur’.  Ils font face à l’impéritie d’un gouvernement qui a fait enregistrer ce samedi 16 mars au petit matin par seulement 27 voix (15 députés se sont prononcés contre et trois se sont abstenus) la loi qui autorise l’Etat à vendre à l’encan Aéroports de Paris, la Française des Jeux et Engie. Dans le cadre du Plan d'action pour la croissance et la transformation des entreprises (PACTE), les députés ont approuvé la disposition permettant à l'État de passer sous le seuil d'un tiers du capital d'Engie et d'ouvrir à des investisseurs privés le capital de GRTgaz, sa filiale spécialisée dans le transport du gaz. Le Sénat qui n’est pas un repère de bolcheviks a trouvé à redire sur la modification du régime juridique d’ADP qui l’ouvre à la privatisation (concession de 70 ans, une éternité !) tant en raison de son absurdité budgétaire que pour l’impact stratégique de l’abandon d’un service quasi-régalien. Il bénéficie d’une situation de monopole, véritable nœud aéroportuairetrès difficile à contourner pour la flotte commerciale ou de transport des passagers laissant présager de l’augmentation des taxes d’aéroport ce qui conduira dès lors à l’asséchement des revenus touristiques. Beaucoup peinent à comprendre les raisons qui poussent les promoteurs de la loi à céder des actifs qui ont une rentabilité de 3,5% voire 4,1% l’an contre un placement dans les fonds pour l’innovation qui ne restitue qu’à peine 2,5% de rendement. Cette grande braderie est censée également désendetter l’Etat. (Suite)

La Libye, un appel à renaître    07/03/2019

Peu après son arrivée au pouvoir et ses deux visites à l’étranger  qui ont eu le mérite d’encadrer sa mission à la tête de l’exécutif, l’allégeance à Berlin et la virée dans un territoire africain, une dépendance malienne de la France, Macron a convoqué en juillet 2017  une conférence sur la Libye. Patronnée par l’ONU sur une initiative française, elle a réuni les personnalités politiques rivales du pays dévasté par le fait d’une opération militaire  franco-britannique sous parapluie de l’OTAN. Autour de la table étaient présents des représentants de l’ONU, de l’UA et ceux de 19 États, soulignant la mise sous tutelle d’une nation prospère et indépendante avant l’intervention de Sarközy, premier Président français à avoir aussi clairement énoncé son inféodation à Washington. La célérité avec laquelle le nouvel occupant du palais de l’Élysée a voulu traiter la question libyenne indique qu’elle était d’importance et qu‘elle lui avait été sans doute relayée dans le même registre impératif que lui avait été confié le code de l’arme nucléaire. La prétention du Bonaparte de pacotille à établir un processus politique où se tiendraient élections législatives et présidentielles avant la fin de l’année 2017 s’est heurtée à une réalité où le nombre d’acteurs en présence sur le terrain libyen excède de loin la maîtrise diplomatique et militaire française. Macron a voulu rééditer un autre essai en mai 2018. L’accord ‘historique’ selon lequel se sont engagés Fawez al Sarraj, le Premier ministre siégeant à Tripoli et figurant de la ‘Communauté internationale’ et le général Khalifa Haftar dirigeant de l’Armée de Nationale Libyenne, homme de la CIA mis en réserve depuis 1990, depuis la ville de Tobrouk à procéder à une sortie de crise par une voie politique n’a pas été suivi des effets escomptés. (Suite)

700 000 morts sur ordonnance    28/02/2019

C’est à peu près le chiffre des décès par overdose d’Oxycontin depuis sa mise sur le marché américain il y a 24 ans. Il a fallu l’opiniâtre obstination des journalistes d’investigation d’un media orienté  vers la dénonciation des abus de pouvoir de la part du gouvernement, des firmes et d’autres institutions pour que l’opinion en  sache un peu plus sur les politiques commerciales de la firme Purdue Pharma. Purdue est le fabricant de l’antalgique oxycodone, vendu le plus souvent sous le nom d’Oxycontin® depuis 1995. Cet opioïde de synthèse est deux fois plus efficace contre la douleur que la morphine naturelle. Il est aussi un bon euphorisant et donc doué d’une capacité à induire rapidement une dépendance à sa consommation. (Suite)

Cleptomanie    07/02/2019

Macron, du haut des douze semaines de contestation populaire soutenue de son régime, s’est estimé en droit de reconnaître comme président du Venezuela celui de son Parlement, contrevenant à toutes les règles internationales interdisant l’ingérence dans les affaires intérieures de pays tiers.  Il a ignoré les résultats des élections présidentielles de mai 2018, avancées à cette date par l’opposition, et que nul n’a contestés. Les urnes avaient donné à Nicolas Maduro plus de 6,2 millions de voix contre 1,9 millions pour son concurrent le plus proche et 1,0 pour le troisième de la liste des candidats qui en comportait au départ six avant que deux ne s’en retirent au dernier moment. Certes la corruption endémique n’a pas été éradiquée par le chavisme. La redistribution de la rente n’a pu dynamiser un secteur productif national en volume suffisant pour réduire la malédiction du chômage mais la grande pauvreté a été résorbée et l’accès aux soins de santé et à l’alphabétisation plus étendu. La haute bourgeoisie toujours détentrice des moyens de production et des principaux organes de la presse audiovisuelle, nous ne sommes pas dans une dictature du prolétariat, a tout fait comme celle du Chili à l’époque d’Allende pour bloquer économiquement le pays alors qu’il voyait ses recettes pétrolières s’écrouler et que lui étaient appliquées des sanctions étasuniennes. Le Venezuela ne présente pas de déficit démocratique, ou plutôt si au sens étasunien. Car il ne soutient pas la politique étrangère des Usa, ne privatise pas les infrastructures et les ressources minières du pays, il a en revanche d’énormes réserves de pétrole très convoitées à l’heure où l’extraction des hydrocarbures non conventionnels peine à être rentable aux Usa. Il est l’un des pays à disposer d’énormes gisement aurifères, de coltan et de lithium. Ce dévouement soudain de Macron pour la démocratie ailleurs que dans son périmètre hexagonal signale la sujétion de la France à des intérêts stratégiques qui ne sont pas les siens. Il prend un relief particulier quand la banque d’Angleterre refuse de transférer les avoirs en or du Venezuela à Caracas sur demande du président proclamé par les Usa, et pourrait être caractérisé comme une véritable complicité dans un hold-up. On saura peut-être un jour qui avait été le véritable donneur d’ordre de ce brigandage pratiqué sans vergogne par les puissances de la ‘Communauté internationale’. A ce jour encore, les avoirsde la Libye, de l’Irak et de l’Iran restent gelés dans les coffres-forts de banques occidentales. (Suite)

L’internationale de la Répression    30/01/2019

Après les trois semaines d’émeutes en octobre et novembre 2005 qui avaient concerné pas moins de 300 communes en France, les pays européens ont pris au sérieux la menace insurrectionnelle urbaine. Le bilan après la mort des deux jeunes adolescents pris en chasse par la police et piégés dans un site EDF, 6000 interpellations et 1300 personnes écrouées, a été lourd. Les violences ont décliné puis cessé après que le gouvernement ait décrété l’état d’urgence. Nicolas Sarkozy, alors Ministre de l’Intérieur, avait fait appel aux conseils techniques du régime de Tel Aviv. Le Ministre de la Sécurité publique et un Haut Commissaire ont été mandés pour passer 4 jours en France et livrer leur expérience accumulée lors de la répression sanglante de l’Intifada de l’an 2000. L’ordre néolibéral devait être défendu de l’émergence probable d’une révolte populaire. Le Danemark a offert en mars 2007 aux corps  répressifs de quelques pays un terrain d’expérimentation de techniques de contrôle d’une insurrection au centre d’une ville. Une maison de quatre étages, mise à la disposition par la mairie depuis 25 ans à des jeunes de la culture underground et finalement vendue à une église évangéliste fondamentaliste devait être évacuée au profit de ses nouveaux acquéreurs. Tout un dispositif que ne nécessitait pas la situation, à peine une quarantaine de jeunes gens de moins de vingt ans dormaient là, a été mis en place pour faire éclater une émeute. L’expulsion des occupants d’Ungdomshusetdans le quartier de Noerrebro allait être réalisée par une unité d’élite de la police de très bonne heure un matin. Déposée par un hélicoptère sur le toit, elle a été appuyée par des canons à eau au sol et des grues qui ont transporté jusqu’aux étages des policiers anti-émeutes, surprenant les résidents dans leur sommeil. (Suite)

La couleur de nos samedis    21/01/2019

Ils vont et viennent, virevoltent, pris d’une curieuse fièvre à vouloir défendre la République. Quoi, ses institutions seraient menacées par des bandes de factieux, de va-nu-pieds, de gueux extrémistes, de séditieux de tout genre qui emplissent les rues, encombrent les places et entravent la circulation aux carrefours ? Le traitement médiatique oscille entre la sous-estimation délibérée de leur nombre et la dénonciation de leur violence quand l’un d’eux, armé de ses seuls poings, avait roué de quelques coups l’un des cinq policiers casqués, bottés, abrités derrière un bouclier. La scène sur la passerelle Léopold Sédar Senghor passera à la postérité. Elle montre dans sa version non tronquée un ancien boxeur professionnel venu au secours d’une femme et de son fils molestés sévèrement à coups de matraque dans une atmosphère opacifiée par des armes chimiques lacrymogènes mais également irritants pour les voies respiratoires. Un homme, un seul, parvient à terrasser un représentant des forces de l’ordre lourdement équipé et faire reculer quatre autres peu soucieux d’aider leur collègue. Métaphore d’une colère légitime triomphant d’une répression aveugle et inefficace (et pitoyablement pleutre). (Suite)

Maillots jaunes, un polar joué en Malaisie    07/01/2019

Un arrêté du 25 août 2015 émanant du ministère de l’Intérieur malaisien avait interdit la vente de vêtements jaunes alléguant que cela pourrait ‘porter atteinte à l’ordre public et serait préjudiciable à l’intérêt national’. Depuis plusieurs semaines, un mouvement réclamait la démission du Premier Ministre Najib Razak. Les manifestants de Bersih4 (à la fois substantif signifiant propre et acronyme en malais pour Coalition pour des élections propres et justes) portaient en effet des vêtements jaunes pour s’identifier. La Coalition regroupe une centaine d’ONG, elle revendique depuis 2007 dans un pays dirigé depuis l’indépendance par le même parti une réforme électorale en plusieurs points, entre autres un accès libre et équitable aux médias et un délai minimal de 3 semaines pour les campagnes électorales. Le chiffre ordinal 4 indique que des manifestations publiques avaient eu eu lieu après les premières de 2007 en 2011 puis 2012. Près de 500 000 Malaisiens étaient sortis entre le 29 et le 30 août 2015 dans les rues de Kuala Lumpur demander le départ de celui qui a détourné de l’argent du fonds souverain 1MDB créé dès son arrivée au pouvoir en 2009. La preuve qu’il avait reçu sur son compte privé une somme de près de 680 millions de dollars était avérée et éventée. Ne pouvant nier un tel transfert il l’avait justifié en alléguant qu’il provenait d’un don d’un prince saoudien. L’appel à la mise en examen de Najib Razak provenait de l’opposition mais aussi de jeunes membres de son propre parti. Razak a limogé par la suite tous les membres de son gouvernement et de l’administration publique favorables à une enquête sur la provenance des fonds. (Suite)

Mélenchon, un Mirabeau très délavé    30/12/2018

Il a rédigé, aidé il est vrai d’un grand nombre de collaborateurs, la plus grande part des  vingt premiers articles de la Déclaration des Droits de l’Homme, tout en s’affirmant royaliste, partisan de la monarchie des Bourbons. Gabriel Honoré Riquetti comte de Mirabeau, député d’Aix, donnait le 1erseptembre 1789 le plus élaboré et le mieux construit des discours qu’il eût à prononcer à l’Assemblée Nationale. Il y défendait l’utilité d’un veto royal qui pourrait sanctionner les décisions prises par le corps législatif. Il y soutenait que la sanction royale est un contrepoids nécessaire pour écarter des lois dangereuses ou hâtivement promulguées. Il a alors développé un argument, un bijou de rhétorique. Sans l’existence d’une possible ‘sanction royale’, le Roi deviendrait un séditieux. En disposant d’un droit de veto, il s’exposerait à la vindicte populaire s’il en abusait et donc était invité à la plus grande des vigilances pour son emploi tempéré. Quelques semaines auparavant, lors de la séance du 9 août, il s’était élevé avec énergie contre la proposition d’un député de lever un impôt sur les créanciers de l’État. Il produisait un raisonnement juridico-constitutionnel qui lui permettait de récuser que la Nation ait la latitude de déroger à l’une de ses promesses. La souveraineté d’une nation ne lui permet de nouer et défaire ses lois que si celles-ci concernent les actes par lesquels elle agit sur elle-même. Elle ne peut rompre les contrats engagés avec une autre partie. ‘Les lois, émanation de la volonté générale cessent toutes les fois que la volonté qui leur donna l’être juge à propos de les détruire’. ‘Les autres sont de véritables contrats soumis aux mêmes règles, aux mêmes principes que les conventions entre particuliers.’ Et donc ils seraient réputés indestructibles selon le défenseur des intérêts des créanciers. Autrement dit la Dette est plus sacrée à la Nation que ses lois elles-mêmes. (Suite)

État des lieux assorti de quelques voeux    26/12/2018

L’Australie, la Corée du Sud, la France, l’entité sioniste installée en Palestine sans compter d’autres encore comme l’Arabie aux mains des Bédouins du Nadjd semblent avoir été prises au dépourvu à l’annonce intempestive de l’Homme Orange à la mèche blonde du retrait imminent des troupes Us de Syrie.  2200 soldats, le nombre n’est pas important. Mais leur rôle est essentiel dans le soutien des unités kurdes installées dans le Nord et l’extrême Est de la Syrie dans des territoires qui excèdent les zones où cette ethnie est traditionnellement majoritaire (*) mais aussi dans le Sud, armant et formant également les ‘Forces Démocratiques Syriennes’. Pas moins de quatorze basesUS étaient recensées en janvier 2018. La volonté étasunienne non déguisée de créer un Kurdistan unifié près des frontières turque, syrienne et irakienne aux dépens de la Syrie répond à une exigence de la défense israélienne . A partir de ce point d’appui, les trois pays limitrophes pourraient être pris à revers. Le projet lancinant des Néoconservateurs de morceler l’Orient arabe pour un remodelage du Grand Moyen Orient a rencontré ses limites du fait de l’Hubris israélienne. La destruction d’un Il-20russe par l’aviation israélienne, mal évaluée par des militaires israéliens, corrompus et ivres d’une arrogante impunité conférée par un sentiment de toute puissance acquis grâce aux assassinats commis sur des civils palestiniens, en a été le terme. La Russie a mis à disposition du gouvernement légal de Damas des dispositifs qui assurent une protection du ciel syrien devenu quasi-inviolable. Ne pouvant assurer ravitaillement et protection des soldats au sol sans risquer que ne soient abattus avions et hélicoptères US, l’Homme Orange a pris une décision logique de retrait pur et simple en cohérence par ailleurs avec les proclamations de sa campagne électorale isolationniste.  (Suite)

Le Jaune, encore au goût du jour    19/12/2018

Il est arrivé au terme d’une longue séquence. Ces dernières décennies, la tête de l’exécutif français a été confiée à un chapelet de personnages dont l’image a été forgée par des fictions avec les ingrédients d’un blockbuster commandées par les détenteurs du réel pouvoir. Il cristallise désormais ce que le menu peuple exècre et rejette avec force. La liste des motifs de mécontentement des gueux qui se signalent en jaune est fort longue D’abord cette arrogance démesurée qui lui fait considérer que celui qui n’aurait pas réussi comme lui ne serait qu’un Rien. Le mépris qu’il manifeste à l’égard du peuple français dans son ensemble quand il se plaint de lui devant un public étranger et qu’il le dépeint comme un troupeau d’irréformables. La préférence octroyée en toutes circonstances à l’Union européenne ce qui lui fait négliger l’intérêt de la nation qu’il préside. (Suite)

Le choix du pire pour éviter pire    05/12/2018

Le moustachu appelé par Trump comme Conseiller à la Sécurité Intérieure John Bolton dont l’essence néoconservatrice semble avoir précédé l’existence dans la première administration de Bush junior a fait preuve d’une certaine perspicacité malgré cet handicap ontologique. Devisant auprès d’un cercle d’étudiants de la Alexander Hamilton Association, l’élite future du pays, rassemblée autour de la croyance que si les Usa conduisent le monde, c’est pour le plus grand bien de tous, il avait émis un propos qu’il aurait récusé venant de la bouche d’un quelconque manant anti-étasunien primaire. C’était en janvier 2018. La dette étasunienne a atteint un niveau où elle constitue une menace pour la société ainsi que pour la sécurité intérieure. Aussi conviendra-t-il de réduire les dépenses discrétionnaires de l’Etat fédéral. Or, concernant les dépenses du Pentagone, au lieu d’être réduites, le Congrès a voté pour leur augmentation, elles passent de 700 $milliards avoués à $716 milliards. La courbe de la Dette ne peut que continuer à grimper. En maintenant un crédit facile avec des taux d’intérêt négatifs, l’inflation excède le taux directeur de la Fed, les cours des actions d’envolent, l’emprunt s’en trouvant encouragé. La menace à peine volée de Trump à l’égard du nouveau gouverneur de la Fed, Jerome Powell, de le congédier a obligé ce dernier à déclarer que les taux ne grimperaient pas de sitôt. (Suite)

Démission    28/11/2018

La présentation de la Programmation pluriannuelle de l’énergie a été l’occasion pour le président Macron de mécontenter à la fois les escro-écologistes  et protestataires de la France d’en bas pour désigner en une périphrase gentillette, ceux qui n’en peuvent plus de vivre avec un découvert bancaire souvent dès la moitié du mois. Autrement dit, les prolétaires, ceux que leurs salaires ne nourrissent plus. L’insuffisance des ressources concerne deux Français sur cinq qui sont contraints de payer entre 8 à 16% le crédit à très court terme que constitue l’autorisation de ‘découvert’ aux particuliers. Les banques engrangent ainsi un bénéfice de plusieurs milliards d’euros annuels extorqués justement aux plus ‘démunis’. Le report à l’échéance de 2035 de la réduction à 50% de la part du nucléaire au lieu de 2025 comme prévu dans la programmation antérieure s’additionne aux incertitudes sur les filières alternatives aux énergies polluantes.  De quoi indisposer la petite fraction de la population sérieusement préoccupée de dégradations irréversibles des conditions de vie sur la planète. L’ensemble des observateurs a pu noter l’absurdité de la proposition technocratique de la mise en place d’un Haut Conseil sur le climat, il existe déjà pléthore de commissions et de comité pour cela. Ce dit Conseil aurait la charge d’évaluer l’impact des réformes et mesures environnementales décidées par le gouvernement, c’est-à-dire de mesurer si les prochaines taxes seront acceptables, ce que devraient savoir les fonctionnaires préposés au budget ainsi que les députés censés représenter le peuple. Faire dépendre l’avenir des prochaines centrales nucléaires type EPR de la réussite du site de Flamanville, le réacteur devait démarrer en 2012 puis 2016 et maintenant 2020, devrait laisser présager de leur abandon. Le prototype est très coûteux, plus de trois fois le coût initial il a été mal budgétisé et de nombreuses malfaçons l’ont retardé,  Bouygues en particulier y a mal encadré des travailleurs détachés et des non déclarés. (Suite)

Jaune, comme un canari    21/11/2018

Tous les présidents étasuniens ont été attentifs à ne pas perturber l’électeur de la classe moyenne réduit au cours du temps à l’un de attributs essentiels. Il est devenu un automobiliste dépendant de son moyen de locomotion pour effectuer le trajet biquotidien séparant sa maison individuelle dans une banlieue lointaine et son job.  Trump, comme ses prédécesseurs, n’entendait pas froisser les Deplorable avant les élections de mi-mandat. Il l’a expressément dit, le pétrole ne doit pas être trop cher et il a accusé les Séoud d’organiser une pénurie qui a fait grimper le prix du baril à plus de 70 dollars en octobre. L’argument était fallacieux, aucune raffinerie n’était en manque de provisionnement, les fluctuations du prix sont d’ordre spéculatif, la preuve en est que dès novembre, il est retombé vers les 53 dollars. En plus de fallacieux, il est notoirement cynique car l’industrie d’extraction des hydrocarbures non conventionnels a besoin d’un prix plancher élevé pour être un minimum rentable et continuer de pomper dans l’épargne mondiale pour s’endetter. (Suite)

Un maître-mot, la Combinazione    11/11/2018

En 1883, le capitaine Hubert Lyautey, royaliste légitimiste fit un voyage à Rome pour y rencontrer le Pape Léon XIII. Il avait préalablement visité le Comte de Chambord exilé en Autriche, espoir d’une Restauration de la monarchie des Capets pour tous les catholiques de France. Il revint bouleversé de son audience au Vatican. Léon XIII s’orientait vers la République pour la France. Lyautey écrivit à ses amis que le ‘‘Romain est très arrangeur. Il n’a pas les principes tranchants du Français qui créent des fossés infranchissables entre royalistes et républicains. C’est le triomphe de la combinazione. Un mot qui a réponse à tout.’’ Lyautey servira la Troisième République en combinant une foi rongée par le scepticisme, un attrait pour l’action militaire et l’architecture urbaine. La cathédrale de Rabat qu’il y fit construire a deux tours en forme de minarets. Combinaison d’insolvables créances Nul ne peut prétendre et surtout pas lui-même qu’il ne savait pas. Gouverneur de la Banque Centrale d’Italie de 2006 à 2011, Mario Draghi ne pouvait ignorer la situation des banques italiennes détentrices de créances douteuses à hauteur de 360 milliards d’euros, près de 22% de l’ensemble du secteur bancaire. Elles constituent un bon tiers des 900 milliards des mauvaises créances enregistrées dans les livres de l’union européennes. En 2008, les crédits douteux ne représentaient que 82 milliards, soit seulement près de 6%. Ils ont cru quasi linéairement sans discontinuer depuis lors. Draghi ne peut d’autant pas se prévaloir d’une quelconque naïveté qu’il a été impliqué dans le maquillage des comptes de l’État grec pour les rendre acceptables au regard des critères d’adhésion à l’Union européenne lorsqu’il officiait chez Goldman Sachs. (*)   (Suite)

Des figures féminines pour des règles oppressives    29/10/2018

Guigou, Lebranchu, Alliot-Marie, Dati, Taubira et maintenant Belloubet ces deux dernières décennies le Ministère de la Justice a pu s'enorgueillir d’être le département régalien à avoir été dirigé par le plus grand nombre de femmes. Or selon un certain adage, toute profession qui se féminise se paupérise voire selon ce qui a pu être observé dans le corps enseignant, médical et paramédical en France se dévalorise, monétairement et symboliquement.  Les Gardes des Sceaux, féminins ou non ne disposent que d’un budget de plus en plus restreint et ne peuvent conduire à leur terme ni les réformes de la magistrature accablée par des procédures de plus en plus chronophages ni les aménagements pénitenciers requis par un chiffre de la population carcérale en constante augmentation. Cependant, chaque nouvel exécutif sollicite les élus de la nation transformés en une chambre de pur enregistrement afin qu’ils votent pour une nouvelle couche de règles et de lois. Elles  viennent s’accumuler sur des sédiments déjà bien abondants amoncelés par ce phénomène parasitaire que la France absolutiste puis napoléonienne et enfin jacobine républicaine fait et exporte le mieux, une bureaucratie productrice de règlements à l’infini soit inutiles car déjà existants soit contradictoires. (Suite)

Migration et délitement social    24/10/2018

Rien de tel que le sentiment d’appartenance à une communauté positive pour favoriser l’épanouissement de la personnalité. Tous les traités de psychologie et de psychologie sociale montrent que se sentir en lien avec son environnement et en connexion avec un groupe renforce la confiance en soi et éloigne la dépression et l’instabilité émotionnelle.  Les Allemands s’expatrient quand ils le peuvent Une étude publiée en mars 2015 par le journal Die Welt montrait la propension d’une élite allemande éduquée à quitter son pays pour travailler ailleurs, principalement en Suisse, aux Usa et en Autriche. Selon le Conseil allemand d’experts sur l’intégration et les migrations, entre 2003 et 2013, un million et demi d’Allemands ont émigré pour faire carrière ailleurs. La plupart de ces émigrés, universitaires, médecins et étudiants finissent par réintégrer leur pays mais le solde migratoire reste négatif depuis les années soixante. L’office des statistiques désigne cela sous l’appellation ‘ mobilité des travailleurs’. Entre 2009 et 20013, 710 000 Allemands, plus jeunes et plus diplômés que la moyenne ont quitté leur pays alors que 580 000 ont choisi d’y retourner. On recense actuellement près de quatre millions d’émigrants allemands vivant en dehors de la République fédérale d’Allemagne. (Suite)

Le Pays de Nulle Part, une paranoïa ordinaire    16/10/2018

Jamais depuis que l’institution de l’ONU existe, on n’avait vu des chefs d’État et de gouvernement s’esclaffer et rire à gorge déployée lors de l’intervention d’un Président de l’administration des Usa. Jamais non plus, un Premier ministre de Tel Aviv n’avait commis une telle bourde devant l’Assemblée Générale de l’ONU. Netanyahu s’est surpassé en arrogance ridicule en donnant les coordonnées avec photo à l’appui d’un site de stockage d’uranium enrichi en Iran au cours d’une énième démonstration, leur nombre ne se compte plus depuis 1995 où la construction d’une bombe nucléaire était déjà imminente. Les Iraniens viennent depuis très loin à Torkuzabad pour prendre des selfies devant cet entrepôt fermé depuis longtemps par son propriétaire criblé de dettes et incapable de payer ses factures d’eau. Petite ironie de l’histoire (involontaire ou volontaire par des agents facétieux du contre-espionnage), le nom de ce village dans le Sud de Téhéran signifie la ‘Terre de Nulle Part’. Le site mentionné au cours de l’allocation du Likudnik Netanyahu est connu par les fonctionnaires de l’AIEA et par le renseignement étasunien comme un centre d’archives. (Suite)