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Christian Steiner
12/02/2010
@ Yan Pascal [en fait : à cet étiquette de « libéralisme » que d’aucun essaie encore de sauver de la ruine morale…]
« Le libéralisme prône le laisser-faire dans les affaires économiques » par devant... et par derrière la pression sur ceux qui détiennent les pouvoirs politiques et bureaucratiques, le clientélisme, la corruption etc. Ce sont les deux faces absolument inséparable de la même pièce.
De même qu’on a jamais vu le Communisme idéal, utopique, des partisans de ce dernier, mais seulement le « socialisme réellement existant » si abondamment critiqué par les détracteurs ou les réformistes en son temps, de même on ne verra jamais, au grand jamais, le Libéralisme idéal, utopique des partisans de ces derniers. Et ce pour la très simple raison, compréhensible par un enfant de 12 ans, qu’ils confondent la liberté avec la licence (et ça, croyez-moi, un gamin de 5 ans fait tout de suite la différence!), et qu’au niveau conceptuel ils réduisent les ambitions des êtres humains à ce seul faux nez qu’est le « rationalisme économique », au mépris le plus totale des autres dimensions (sociales, affectives, cognitives, collectives, culturelles, relationnelles, transcendantes, imaginaires, oniriques, créatrices, civilisationnelles, intellectuelles, artistiques) de la vie humaine.
Je pensais que, depuis le temps, c’était clair...
Réfléchir rationnellement aux moyens économiques, nécessaires pour les entreprise humaines, je ne suis pas contre, bien au contraire. Faire de ces moyens la finalité ultime, l’idole sur l’autel duquel il faut sacrifier tout le reste, y compris et à commencer par les entreprises humaines susmentionnées, c’est autre chose.
Il y a vingt de cela (et j’avais vingt ans à cette époque), j’ai vu un petit autocollant avec sur le côté gauche le drapeau de l’URSS biffé, disant : « One evil empire down », et de l’autre côté, côté droit comme il se doit, le drapeau des USA disant « still one to go (down) »…
Et en vingt ans, rien, mais rien du tout n’est venue démentir ce raccourcis génial. Et pourtant j’ai regardé à droite, à gauche, au milieu, par en dessous, par en dessus…
Quand donc pourrons-nous réfléchir par nous-même ? Ne pas se mettre derrière la bannière du plus fort et du plus hypocrite ?
Je n’ai, là encore, rien contre le fait de me mettre derrière la bannière du plus fort, du moment que c’est juste. Et a contrario, j’aime bien les combats perdus d’avance, si c’est juste là également ; mais pour l’amour du ciel (ou des humains), arrêtons avec le libéralisme-TINA-Bible-Vérité Ultime pour le Bien de l’Humanité !
Si vous tenez vraiment à défendre certaines thèses du libéralisme, faite-le ; il y a assurément des points corrects, utiles, nécessaires, et je pourrais vous les citer moi-même. Mais cessez donc de défendre cette étiquette, le « libéralisme », qui dans son fonctionnement réel, dans le fonctionnement réel des gens qui le défendent intellectuellement, pratiquement, impose structurellement tout ce que vous dénoncez par ailleurs.
Ilker de Paris - (bailpou[at]yahoo.fr)
07/02/2010
Je n'en sais rien mais je pense que les militaires turcs n'ont plus trop confiance ou en tout cas plus une confiance aveugle envers les Etats-Unis, l'Occident en général.
La guerre en Irak, durant laquelle les Américains ont mené une politique contre la Turquie pour soutenir les Kurdes chauffés à blanc, s'imaginant à la tête d'un méga Kurdistan (la mégalomanie doit être une chose contagieuse) et même les terroristes du PKK (on voit ici la profondeur de la politique us qui sacrifie un pays fidèle pour s'assurer de la main d'oeuvre terroriste, en oubliant au passage qu'ils étaient en Irak pour faire la "guerre au terrorisme"), a créé de la méfiance chez les militaires turcs. Plus généralement la politique us dans la région du MO créée une instabilité qui nuit fortement à la stabilité de la Turquie elle-même.
Si les Etats-Unis n'admettent pas leur part de responsabilité dans les ruptures américano-turques, ils avanceront des arguments qui "prouvent" que tout incombe à la Turquie : islamisation, néo-ottomanisme etc, ce que fait Ralph Peters.
La vérité est que jusqu'à aujourd'hui la Turquie était dans les jupes de l'Occident, avec la fin de la guerre froide, on a plus vu en elle un "allié" indispensable, et la politique des néo-cons au MO, en ignorant totalement la Turquie et agissant même contre elle, a fini par pousser les Turcs à chercher à se tenir debout par leurs propres moyens - ce qui est un bien pour un mal. Le soutien sans faille de la Turquie à l'Occident l'avait mis en froid avec tous ses voisins, aujourd'hui on assiste à des politiques de rapprochement etc.
Ainsi, je ne crois pas également que l'armée turque fasse un coup d'Etat pour faire plaisir aux Etats-Unis, elle a le sens de l'intérêt général (si j'ose dire).