• La série des “Carnets” abrite, dans dedefensa.org, les écrits de commentaires personnels d’invités du site. • Sur ce qu'on nomme “les réseaux” ou “la toile”, il s'agit  de ce qu'on désignerait en général comme un blog. • Les “Carnets”, ce sont donc les blogs des invités de dedefensa.org dont nous jugeons, en plein accord avec eux et à l'avantage et à la satisfaction de chacune des parties, qu'ils peuvent devenir des collaborateurs réguliers du site. • Il n'y a pas de limites aux sujets abordés et pas de sujets précisément assignés à ces collaborateurs : les seules exigences concernent la forme et la décence du propos, la responsabilité dans le développement du propos. • Sur le point très important du fond des textes, nous disons que dedefensa.org donne comme règle de ces “Carnets” une orientation générale des domaines abordés trouvant ses aises dans celle dont le site fait à la fois l'usage et la promotion. • Pour autant, il y a une règle impérative qui domine toutes les autres. • Il n’est pas assuré que tous les propos des invités soient dans le sens de ce qu’écrit et pense dedefensa.org, et il ne peut en aucun cas y avoir assimilation, de ce qu’écrivent nos invités avec la signature du site : l’invité est seul responsable intellectuellement de ses propos. • Il s'ensuit, cela va de soi et selon la formule consacrée, que les propos dont nous parlons n’engagent en rien et en aucune façon dedefensa.org, essentiellement bien sûr dans ce domaine intellectuel et de l'opinion. • Ces éventuelles différences et divergences ne seraient pas nécessairement signalées mais elles le seraient en cas de publicité dans ce sens ou de toute autre nécessité, avec conséquences ou pas c'est selon. • Le site décide, espérons-le en bon accord avec ses invités, des conditions diverses et de l’application des règles énoncées ci-dessus de publication de leurs écrits. • Les Carnets de Nicolas Bonnal sont tenus par l'écrivain, essayiste et commentateur dont on peut trouver une présentation dans le Journal-dde.crisis de Philippe Grasset, le 2 octobre 2016.

• Les livres de Nicolas Bonnal sont disponibles sur sa page Kindle/Amazon à l'adresse URL suivante:

 https://www.amazon.fr/Nicolas-Bonnal/e/B001K7A4X0

Guénon et la spiritualité perdue de la monnaie

  lundi 13 novembre 2017

On sait que l’argent ne vaut plus rien. Les prix de l’immobilier ont été multipliés par cent à Paris en soixante ans. J’ai plusieurs exemples en tête.

On se doute que sur ce sujet j’aurai recours à René Guénon, au règne de la quantité (chapitre XVI). Ensuite à Egon Von Greyerz, dont tous les crétins se moquaient récemment encore sur certains soi-disant sites antisystèmes !

Une chose est sûre, le fric, qui ne valait déjà plus rien, va disparaitre. Une autre l’est moins, savoir si on nous volera notre or (quand vous en avez) comme au temps de Roosevelt (Gold Reserve Act, bonne fiche sur Wikipédia-anglais), des nazis et du Front populaire. Il suffira de tuer quelques contrevenants pour faire craquer tous les autres. L’Etat moderne, qui en a vu et fait d’autres, ne s’arrêtera pas là. Lisez l’historien Hoppe pour le comprendre enfin.

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Allan Bloom et la déconstruction de la civilisation occidentale

  jeudi 07 décembre 2017

En 1986 Allan Bloom publiait un livre retentissant, The closing of american mind dont le titre fut absurdement traduit en français. Cet auguste platonicien plagié peu après par Alain Finkielkraut dressait l’état des lieux de la barbarie universitaire américaine qui depuis lors a gagné la France et l’Europe, et ne s’arrêtera que lorsqu’elle aura tout dévoré. Minorités sexuelles et raciales en bisbille, relativisme moral, délire de société ouverte, interdiction d’interdire, chasse aux préjugés, abrutissement sonore et consumériste, règlementation orwellienne du droit et du langage, tout était fin prêt. Le professeur Bloom écrivait pour une minorité éclairée, reliquat de temps plus cultivés, chassée depuis par le business et les archontes du politiquement correct.

L’ouvrage est essentiel car depuis le délire a débordé des campus et gagné la société occidentale toute entière. En même temps qu’elle déboulonne les statues, remet en cause le sexe de Dieu et diabolise notre héritage littéraire et culturel, cette société intégriste-sociétale donc menace le monde libre russe, chinois ou musulman (je ne pense pas à Riyad…) qui contrevient à son alacrité intellectuelle. Produit d’un nihilisme néo-nietzschéen, de l’égalitarisme démocratique et aussi de l’ennui des routines intellos (Bloom explique qu’on voulait « débloquer des préjugés, « trouver du nouveau »), la pensée politiquement correcte va tout dévaster comme un feu de forêt de Stockholm à Barcelone et de Londres à Berlin. On va dissoudre les nations et la famille (ou ce qu’il en reste), réduire le monde en cendres au nom du politiquement correct avant d’accueillir dans les larmes un bon milliard de réfugiés. Bloom pointe notre lâcheté dans tout ce processus, celle des responsables et l’indifférence de la masse comme toujours.

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Chesterton et la menace féministe en Occident

  mardi 05 décembre 2017

On va parler du néo-féminisme et cela va nous fâcher avec les plus naïves de nos lectrices, celles qui vous font la morale et vous accusent d’extrémisme à tout bout de champ avant de bénir les bombardements sur la Syrie ou la Libye – en attendant la Russie…

Commençons notre sujet par Merkel, la bébête immonde des temps postmodernes dont comme le sparadrap du capitaine Haddock (victime expiatoire de l’infecte Castafiore) on ne peut se débarrasser.

J’en parlais il y a quelques années sur BVoltaire.fr, journal (j’ai gardé un très bon souvenir de Gabrielle Cluzel qui comme moi – mais après – a officié à famille chrétienne) qui à l’époque avait su attirer rédactrices et collaboratrices dans un monde antisystème à 90% masculin (et pas pour rien ; tout était prédit par Nietzsche, par Chesterton, par Tocqueville, par l’honorable Charles Pearson, lisez ou relisez mes textes).

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McGoohan, le prisonnier et le nouvel ordre mondial

  samedi 02 décembre 2017

On sait que le Prisonnier repose sur un malentendu : un agent de l’OTAN spécialiste de messy jobs se rebelle, désire partir en voyage ( ?) et se fait kidnapper. Il est retenu dans un village-prison pour espions dont il ne sort que pour comprendre que le monde est un Village (a stage ?), au sens club Méditerranée ou Macluhan.

Macluhan citait Shakespeare (Othello, le roi Lear) nous aussi : « le Danemark est une prison », dit le prince vengeur et fatigué, « alors le monde en est une », lui répondent Rosencrantz et Guildenstern, les deux pions de service. On comprend que le village c’est le monde, que Londres c’est le village en caractères gras et que le désir d’évasion (par des agences de voyages ? par des compagnies aériennes ?) est un simulacre depuis longtemps. « Dans un monde unifié on ne peut s’exiler », dit Debord dans le Panégyrique. Sous le capitalisme, la réalité du temps (histoires, peuples, etc.) a disparu comme celle de l’espace. C’est comme la messe après Vatican II. On pourra avoir recours aux gnostiques, à Guénon, à Plotin, au fantastique pour analyser et pour se consoler.

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Comment la bureaucratie a détruit la nation espagnole

  lundi 27 novembre 2017

Un texte est paru sur de nombreux sites antisystèmes. Certains ridicules se voulaient pro-catalans, contre le néofascisme espagnol (ben voyons !), d’autres tâtonnaient…

L’auteur de ce texte qui se veut libéral de droite diabolise bien sûr Franco. Il aurait préféré une république marxiste-bolchévique dans son pays (je n’ai rien contre !) comme tous les libéraux. Je rappelle que dans les années cinquante-soixante l’Espagne était le plus heureux pays du monde (j’ai cent témoignages de petites gens), que Kubrick, Kirk Douglas, pouvaient tourner le marxisant Spartacus, que le gauchiste Orson Welles (qui adorait l’Espagne et ses traditions, comme Hemingway et mille autres) déclarait dans une interview que la démocratie avait détruit l’Espagne, pas le franquisme…

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Tocqueville et le règne de la quantité littéraire

  vendredi 24 novembre 2017

Il n’était pas très optimiste sur notre avenir intellectuel, Alexis de Tocqueville, auteur du classique le moins lu (ou relu) de l’histoire des idées :

« …pour quelques grands écrivains qu’on y voit, on y compte par milliers des vendeurs d’idées. »

Et Tocqueville prévoit et explique ainsi l’effondrement du niveau des écrivains :

« Dans les aristocraties, les lecteurs sont difficiles et peu nombreux ; dans les démocraties, il est moins malaisé de leur plaire, et leur nombre est prodigieux. Il résulte de là que, chez les peuples aristocratiques, on ne doit espérer de réussir qu’avec d’immenses efforts, et que ces efforts, qui peuvent donner beaucoup de gloire, ne sauraient jamais procurer beaucoup d’argent ; tandis que, chez les nations démocratiques, un écrivain peut se flatter d’obtenir à bon marché une médiocre renommée et une grande fortune. Il n’est pas nécessaire pour cela qu’on l’admire, il suffit qu’on le goûte. La foule toujours croissante des lecteurs et le besoin continuel qu’ils ont du nouveau assurent le débit d’un livre qu’ils n’estiment guère. »

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Philippe Grasset et la grâce de Verdun

  mardi 21 novembre 2017

Nunc patimur longae pacis mala, dit Juvénal. On traduit ? Nous pâtissons des maux d’une longue paix.

Il est bon de se replonger alors dans les enfers de Verdun avec Philippe Grasset. Lui serre les auteurs comme Obélix un légionnaire romain pour en extraire la vérité : où est passé Astérix, ou est passée la France…

Il part de Péguy, Philippe :

 

« Mère voici vos fils qui se sont tant battus.

Qu'ils ne soient pas jugés sur leur seule misère.

Que Dieu mette avec eux un peu de cette terre

Qui les a tant perdus et qu'ils ont tant aimée. »

 

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Shamir et le néocapitalisme qui détruit la Palestine

  vendredi 17 novembre 2017

C’est le dernier texte d’Israël Shamir, et il n’a pas plu aux lecteurs-commentateurs d’Unz.com. Je les comprends, car ce texte précis et implacable souligne un fait incontournable : la mondialisation capitaliste bouffe tout et fait de nous des porcs, pour parler comme le regretté mathématicien et polémiste Gilles Chatelet. Le supporter de football remplace partout le patriote, le touriste le pèlerin, le morfal le philosophe.

Il n’y aura plus de camp du bien et de camp du mal, il n’y aura plus de pions blancs et de pions noirs (les pions auront une seule couleur, comme dans l’épisode du Prisonnier), il y aura ce que Bardèche nommait la race à prix unique. Attention, il ne faut pas prendre ce texte pour un déni de la cause palestinienne. Les enjeux sont pires. La déshumanisation par le capitalisme, par la mondialisation va entraîner une fin de toutes les causes, sauf celle de la marchandise. Le devenir-monde de la marchandise, disait Debord, est d’abord un devenir-marchandise du monde.

On écoute Israël :

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La Russie demeure le soutien naturel des peuples libres 

  mercredi 15 novembre 2017

Cela semble une provocation, mais c’est pourtant la réalité. La haine que suscite la Russie dans les vieilles nations impérialistes et colonialistes comme la France, les USA et l’extravagant Royaume-Uni (lisez Hobson qui parlait de l’inconsistance britannique) ne peut s’expliquer que comme cela. Et la disparition de l’U.R.S.S. a facilité le retour du refoulé impérial, tout comme il a favorisé le retour du refoulé antisocial, avec ces 400 américains plus riches que 200 millions d’autres (voyez les data rassemblés par Michael Snyder). La fin de l’UR.S.S. a annihilé toutes les politiques sociales, et le seul prix Nobel honnête d’économie Stieglitz l’avait confirmé. La débandade sociale de l’Europe germanique-libérale est caractérisée par le retour du travailleur-esclave à 400 euros/mois.

C’est une restauration, comme l’écrivait Pierre Bourdieu en 1997, et nous sommes revenus au temps des canonnières et des empires…

Mais cette fois les vieillissants empires occidentaux trouvent à qui parler.

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Quand Hitler vaincu prédisait l’autodestruction américaine...

  vendredi 10 novembre 2017

Adolf Hitler philosophe un peu tard, en 1945. C’est son testament ; il pense avoir retenu quelques leçons. On va voir que comme tous les vaincus le dictateur-monstre maudit prédisait bien les conséquences de sa guerre désespérée et perdue.

Sur la colonisation qui va se terminer partout :

« Un peuple qui veut prospérer doit rester lié à sa terre. Un homme ne doit jamais perdre contact avec le sol sur lequel il a eu le privilège de naître. Il ne doit s'en éloigner que temporairement et toujours avec l'idée d'y revenir. »

Sur le déclin des nations colonisatrices :

« L'Espagne, la France et l'Angleterre se sont anémiées, dévitalisées, vidées dans ces vaines entreprises coloniales. Les continents auxquels l'Espagne et l'Angleterre ont donné la vie, qu'elles ont créés de toutes pièces, ont acquis aujourd'hui une vie propre et résolument égoïste. Ils ont perdu jusqu'au souvenir de leurs origines, sinon en paroles. Ce sont néanmoins des mondes fabriqués, auxquels il manque une âme, une culture, une civilisation originale. De ce point de vue-là, ils ne sont rien de plus que des excroissances. »

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Sur le meurtre oublié de la langue française

  lundi 06 novembre 2017

On nous parle de la couche d’ozone et du reste, mais on se moque de nos langues triturées par des pouvoirs démocratiques dégénérés.

Tout le monde se fout de la langue que nous parlons et écrivons (en hébreu le même mot désigne l’abeille et la parole, et l’on constate qu’elles disparaissent ensemble) ; il n’en fut pas toujours de même, même au cours de cette cinquième république, mais nous sommes maintenant tombés trop bas pour nous en rendre compte. Je ne suis pas styliste, et donc suis fidèle à Philippe Grasset (lisez son Nietzsche au Kosovo) comme je l’ai été à Jean Parvulesco, pour des questions de talent et de personnalité métapolitique et littéraire. Le reste recycle, régurgite, reproduit et surtout barbouille de la bouillabaisse à base d’anglicismes, de comique croupier, de journalisme industriel et de jargon techno-syphilitique.

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Comment Tocqueville inspira Soljenitsyne

  vendredi 03 novembre 2017

La dégénérescence médiatique et intellectuelle fait de Soljenitsyne un grand-russe orthodoxe; or Tocqueville n’est jamais loin de lui. On fait quelques rappels et puis on établira quelques puissantes et frappantes ressemblances entre la pensée du libéral français et du grand-russe réactionnaire:

Rappelons ces extraits du discours de Harvard (1978)  :

« Il y a trois ans, aux États-Unis, j'ai été amené à dire des choses que l'on a rejetées, qui ont paru inacceptables.

Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui acquiescent à mes propos d'alors...

Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l'Ouest aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. »

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De Gaulle et la fin du Français

  dimanche 29 octobre 2017

Fin de l’histoire. Tocqueville, Poe, Chateaubriand l’ont dit les premiers, puis tous les autres, Le Bon, Michels, Sorel, Freud qui annonçait même, à cause du développement de la culture, la disparition démographique des races les plus évoluées...

« Peut-être ce développement de la culture conduit-il à l’extinction du genre humain, car il nuit par plus d’un côté à la fonction sexuelle, et actuellement déjà les races incultes et les couches arriérées de la population s’accroissent dans de plus fortes proportions que les catégories raffinées. »

C’est presque fait, et dans l’indifférence générale. Mon ami historien Guido Preparata qui rentre de la moribonde Italie me dit qu’on n’y pense qu’au restau sushi et à fermer des maternelles ; et d’ajouter qu’en Amérique où il se trouve maintenant les gens sont énormes, et que tout a été dynamité depuis le 11 septembre. Spirituellement, intellectuellement, et même physiquement.

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Baudelaire et la conspiration géographique

  mercredi 25 octobre 2017

Lisons les Fleurs de Baudelaire moins bêtement qu’à l’école. Et cela donne :

Le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville

Change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel)…

On est dans les années 1850, au début du remplacement haussmannien de Paris. Baudelaire comprend ici l’essence du pouvoir proto-fasciste bonapartiste si bien décrit par son contemporain Maurice Joly ou par Karl Marx dans le dix-huit brumaire. Et cette société expérimentale s’est étendue à la terre entière. C’est la société du spectacle de Guy Debord, celle ou l’Etat profond et les oligarques se mêlent de tout, en particulier de notre « environnement ». C’est ce que je nomme la conspiration géographique.

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L’affaire Dreyfus ou la déchristianisation de la France

  samedi 21 octobre 2017

On connaît l’usage intempestif que fait de l’affaire Dreyfus la maréchaussée médiatique et francophobe.

Israël Shamir, écrivain juif anti-sioniste, de grande culture, et de subtilité unique, cite un historien anglais et culotté nommé Piers Read : « Si l’on s’en tient à l’ouvrage de Read, c’est parce que son cas a été utilisé pour attaquer l’Église catholique. L’Église n’était pas impliquée directement, mais la victoire des dreyfusards donna lieu de fait à une profonde défaite pour les catholiques. Un innocent a peut-être bien été sauvé, mais la France chrétienne a naufragé, dans l’histoire. C’est la France de Henry James qui a disparu, enterrée, pour faire place à un nouvel ordre, où les médias ont pris la place de l’Église pour guider les masses, et où les classes argentées ont remplacé la noblesse. C’est une défaite charnière de l’Église dans ce que René Guénon a décrit comme le Kali Yuga (Guénon, le traditionaliste, avait dix ans en 1894, lorsque Dreyfus fut arrêté). »

L’Affaire comme règne de la quantité et signe des temps ? Citons Ovide (que Guénon aime beaucoup) et sa première métamorphose : « Dans ce siècle formé d’un métal pire que toutes divinités, tous les crimes envahirent la terre : on vit s’enfuir la pudeur, la vérité, la bonne foi (Omne nefas fugere pudor, verumque fidesque) souillée de sang, et régner à leur place, la fraude, la ruse, la trahison et la violence, et la coupable soif des richesses (et amor sceleratus habendi). »

Du vrai monde moderne déjà…

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Kunstler et le désastre de la civilisation américaine

  mercredi 18 octobre 2017

On a parlé ici de la crise du tourisme en Amérique. Parlons de la crise de la civilisation en Amérique, cette nation indispensable qui crée un monde zombie à son image.

Il reste un cinéaste américain, Alexander Payne, qui nous conte à travers des films comme les Descendants, Schmidt ou Nebraska le désastre de la civilisation américaine. La matrice américaine entre les mains des oligarques a tué la civilisation américaine et l’a dévitalisée. Michael Snyder sur son blog ne cesse de nous donner semaine après semaine des nouvelles de cet effondrement physique de l’Amérique, cette Amérique représentée par les jeunes filles odieuses et monstrueuses comme la grosse Kardashian ou l’Ivanka Trump-Kushner.

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Baudelaire et la sauvagerie américaine

  dimanche 15 octobre 2017

Le massacre pas très fin et pas très bien raconté surtout (et pour cause…) de fric-city Las Vegas a rajeuni tous les pessimistes es-déclin. Et de tonner contre ce monde pourtant si bien où tout fout le camp, contre cette bonne vieille société démocratique-  et surtout libre et libérale – où soudainement « on ne respecte plus rien » !

Récemment donc, l’ex-agent DEA David Hathaway commençait ainsi sa bonne chronique réac sur notre bon site libertarien de Lewrockwell.com :

‘When you observe shootings; divorce; drug use; low savings rates; diminished work ethic; an increased focus on recreational pursuits; few or no offspring; disrespect within the family; personal mutilation; skimpy clothing; loud-mouthed arrogance; foul-mouthed internet culture; youtube skate-and-crash motifs; non-musical music; and diminished desire and ability to read, study and learn; you may think, why now?’

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Augustin Cournot, découvreur de la posthistoire

  jeudi 12 octobre 2017

« …Il doit aussi venir un temps où les nations auront plutôt des gazettes que des histoires… »

Henri de Man a pertinemment souligné l’importance du mathématicien, épistémologue et philosophe français Augustin Cournot, un génie méconnu qui a inventé au milieu du XIXème siècle la notion de posthistoire. Je suis allé voir ses œuvres sur archive.org et y ai trouvé quelques remarques écrites vers 1850. Cournot a été un grand mathématicien, un historien des sciences, un économiste chevronné, un philosophe, mais un modeste inspecteur de l’instruction publique ! Il fait penser à Kojève qui a fini fonctionnaire européen à Bruxelles…

Cournot incarne parfaitement ce génie médiocre, petit-bourgeois à la française, qui depuis Descartes ou Pascal jusqu’aux intellectuels du siècle écoulé, rêve de sa petite place dans la fonction publique. On peut dire aussi qu’il liquide à la française toute notion d’héroïsme ou de grandeur ! Hyppolite Taine a brillamment décrit l’avènement du bourgeois français. Ce bourgeois aura bien analysé un déclin dont il est la marque la plus pitoyable. Tiens, un peu de Taine :

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Nietzsche et l’avènement de la barbarie américaine

  dimanche 08 octobre 2017

La Hyre m’envoie ce texte riche et serein, dense et frétillant de Nietzsche sur le mal américain – l’or et la quête de l’or. Il n’y aura plus de temps libre, plus d’amour, d’art, de liberté, plus rien que la course au gros dollar et des hommes pressés :

Il y a une sauvagerie tout indienne, particulière au sang des Peaux-Rouges, dans la façon dont les Américains aspirent à l'or ; et leur hâte au travail qui va jusqu'à l'essoufflement - le véritable vice du nouveau monde - commence déjà, par contagion, à barbariser la vieille Europe et à propager chez elle un manque d'esprit tout à fait singulier. On a maintenant honte du repos : la longue méditation occasionne déjà presque des remords. On réfléchit montre en main, comme on dîne, les yeux fixés sur le courrier de la Bourse, - on vit comme quelqu'un qui craindrait sans cesse de « laisser échapper » quelque chose.

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Lincoln et la barbarie américaine

  mercredi 04 octobre 2017

Deux choses frappaient toujours le nouvel arrivant en Amérique (voyez Louis-Ferdinand Céline) : la brutalité du pays, de sa population et de ses mœurs, la brutalité du terrain en fait ; la cruauté ensuite des contrôles et de cette police qui arrive à tuer 1200 citoyens par an tout en en contrôlant six millions (l’expression de camp de concentration électronique n’est plus métaphorique). C’est la brutalité de la matrice US qui se répand dans le monde, en particulier en Europe. Enfin l’Amérique enferme 2.3 millions de prisonniers, soit la plus grande population carcérale du monde (43% du total). Les chiffres sont comparables en pourcents à ceux de la dépense militaire US dans le monde (42%), et ce n’est certainement pas par hasard.

Comment en est-on arrivé là ? J’ai déjà évoqué les historiens libertariens : Thomas di Lorenzo, auteur du vrai livre sur Lincoln (The Real Lincoln) ; Raph Raico, auteur du si pertinent Libertarian rebuttal (si vous voulez devenir un grand président, faites la guerre, et même – dans le cas du Donald – faites le guignol) ; et deux recueils exceptionnels : Americas’ pyrrhic victories et Perpetual war for perpetual peace, tous disponibles gratuitement sur le site Mises.org. On ajoutera les Wizards of Ozymandia de Butler, qui montre (The Hitler Test) que les étudiants d’aujourd’hui préfèrent Hitler à Jefferson. Écolo, végétarien, européiste, réglementateur, interventionniste, anti-tabac, obsédé de contrôle routier et de safe-sex, Hitler reste le modèle à suivre, y compris dans sa rage antirusse.

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