Transgenre-turbo, “nouvelle façon d’être fou”

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Transgenre-turbo, “nouvelle façon d’être fou”

Il s’agit d’une hypothèse que certains jugeront audacieuse, ou bien “Politically not correct at all” lorsqu’on en mesure toutes les implications, dans tous les cas sur un terrain affreusement glissant qui est celui des idéologies postmodernistes, ou, pour faire plus court et plus décisif, le terrain couvert par l’idéologie-terminale de la postmodernité. Comme il s’agit du terrain scientifique, et encore plus d’un terrain “scientifique” mêlant des spécialités aussi diverses que la biologie, la culture, la sociologie et la sociétologie, et par-dessus tout cela notre idéologie-terminale (celle du Système et tout ce qui va avec) conçue comme une sorte de “science“ de la postmodernité, le sujet est à la fois des plus intéressants et des plus polémiques puisque certains le surnomment « une nouvelle façon d’être fou ».

Comme nous n’avons aucune prétention à entrer dans un débat de  type scientifique, nous nous plaçons dans le champ de l’observateur, – nous ne dirions pas candide parce qu’il ne faut pas exagérer ; nous ne dirions pas indifférent et neutre car ce serait pure hypocrisie. Nous parlerons, à la lumière du texte que nous donnons ci-dessous, de la catégorie de l’“observateur intéressé” qui se tient sur les marges de l’inconnaissance mais qui ne se prive pas pour autant de suivre le spectacle du monde-fou, et qui ne se privera pas par conséquent de présenter une hypothèse ou l’autre, et de disserter dessus – et comment !

(En conséquence de ce qui précède, on précisera qu’il n’y a pas de jugement à porter sur toutes ces observations de l’“observateur intéressé”, ni à les soupçonner de quelque façon que ce soit, dans quelque sens que ce soit. Il n’y a là qu’un exercice intellectuel consistant à pousser certaines logiques nouvelles jusqu’à leurs termes, –et alors, faire un bilan...)

Il s’agit de la question du “transgenre”. (Ne pourrait-on dire “la question du transgenrisme” comme l’on dit d’une idéologie, nous qui affectionnons les néologismes et jugeons que l’idéologie du Système, autre identité de l’idéologie-terminale, exerce partout et sans exception des ravages, en imposant ses conceptions qui sont acceptées aussi bien dans les rédactions des publications de la presseSystème que dans les établissements psychiatriques ? Et pourquoi pas ?). In illo tempore, on disait “transsexuel”, mais ces temps-là sont révolus. Adoptons donc leur dialectique et allons-y gaiement.

La thèse présentée dans le texte ci-dessous, d’ailleurs à partir de travaux scientifiques, biologiques et statistiques, tend à minorer d’une façon importante le seul aspect biologique du phénomène transgenriste au profit de facteurs extérieurs englobés sous l’expression de “culture moderne”. L’un des plus curieux, des plus inattendus pour certains, des plus justes à la fin, est celui de “la mode”, lorsque l’auteur parle d’un « désordre [psychologique] à la mode du jour » (dans le texte l’expression est employée en français : « perhaps until another disorder du jour arises to take its place »). De même, il n’est pas difficile de trouver aujourd’hui des témoignages d’estimation d’enseignants et d’enseignantes observant que l’homosexualité, de quelque genre que ce soit, est devenu chez les adolescents un phénomène “de mode” bien autant qu’une simple mise à jour d’une tendance qui aurait été jusqu’alors au mieux dissimulée, au pire refoulée ; et que ce phénomène tendrait aussi bien un jour ou l’autre, à ce rythme et selon la logique du soupçon pour le non-conformiste, à mettre en accusation l’“hétérosexualité” perçue ainsi comme une “déviance”.

Les observations rapportées dans cet article, notamment à partir de communications sous forme d’autres articles, – d’un très récent article de la sociologue catholique conservatrice Anne Hendershott, se référant elle-même à une intervention ancienne (2000) du bioéthicien Carl Elliott, auteur d’un article que Henderschott considère comme prophétique, sur « Une nouvelle façon d'être fou ». Les deux auteurs considèrent donc que, comme les principaux caractères développés et influencés par la critique sociétale accordée à l’idéologie-terminale de la postmodernité, le transgenre est notamment fortement influencé par des facteurs “de mode”, par la façon dont ce caractère est traité par la communication, accueilli par les diverses institutions, dont la psychiatrie et la médecine en général, mais également les institutions politiques nationales internationales avec leur cortège d’un considérable corpus juridique installé à cet effet, par les courants de pensée postmodernes conformistes, etc., et renforcé par une véritable “industrie du transgenre” développée notamment au sein de l’industrie pharmaceutique soutenant ou plutôt incitant l’activité médicale. D’où cette observation un tantinet explosive et surtout pleine de potentialité explosive pour la réflexion : « [...i]l est tout à fait possible que nos conditions culturelles et historiques “n'aient pas seulement révélé les transsexuels mais les aient créés” ».

Le caractère extraordinaire de ces diverses situations est le mélange intime de ce qui est la science pure de l’humain et les développements des “sciences” humaines (sociales) lorsqu’elles deviennent comme elles le sont aujourd’hui des produits de plus en plus assumés de l’idéologie-terminale du Système, avec des effets totalement déstructurants et dissolvants aussi bien sur les individus que, au-delà, sur les sociétés elles-mêmes. Le résultat est l’extension considérable de certaines “valeurs” postmodernes, entre l’affirmation d’une liberté illimitée d’une part, d’une égalité absolue d’autre part, ceci et cela entraînant des situations conflictuelles d’une puissance considérable. Il n’est pas compliqué d’observe combien les exigences terroristes de l’égalité entrent très rapidement en conflit avec les exigences hystériques de liberté, l’ensemble constituant une dynamique totalement déstructurante dont on ne peut plus rien distinguer qui ait la forme d’une harmonie, d’un équilibre et d’un ordre quelconque.

De même que la politique postmoderne qu’on observe chaque jour ne cesse d’engendrer simulacres et autant de déterminismes-narrativistes dont l’effet inévitable est l’accroissement constant du désordre, de même la confrontation des “valeurs” impératives de la postmodernité engendre elle aussi le désordre déterministe-narrativiste. L’un et l’autre entraîne pour la réflexion et le jugement courant qui ne s’arment pas l’inconnaissance antiSystème une terrorisation complète.

C’est dans ce courant, et pour l’accélérer encore, qu’on peut placer la dynamique sociétale. Le transgenrisme représente dans ce tableau général un cas en pointe dans la mesure où il ne s’arrête pas à un choix de vie, un choix de comportement sexuel, etc., mais à un ensemble d’interventions irréversibles impliquant des actes scientifiques, thérapeutiques et industriels extrêmement importants. Là aussi et malgré ce qu’il peut y avoir de fondé et d’acceptable selon les cas individuels et les malaises sociaux pour nombre d’individus, l’effet principal qui entraîne tout le reste et balaie les aspects positifs qu’on pourrait relever, est bien entendu le désordre par la déstructuration, avec la tendance ultime à l’entropisation. Dans ce contexte dont on comprend qu’il est complètement idéologisé et donc lié à l’évolution politique catastrophique qu’on connaît, il devient quasiment impossible de ne pas donner un rôle important à cette dynamique générale, et d’inscrire évidemment ce rôle dans le mouvement général de l’effondrement de notre contre-civilisation, et du Système par conséquent.

Comme dernier point, nous mettrons en évidence dans les phénomènes que nous venons de décrire le rôle d’une fantastique importance que tient le système de la communication (les effets de “mode”, la vulgarisation des phénomènes, les moyens de réalisation, etc.). Cela étant admis, on introduira aussitôt, avec la même puissance, l’aspect-Janus de cette fantastique importance du système de la communication : c’est grâce au système de la communication que sont rendues possibles à la fois la réalisation de l’existence de tous ces phénomènes, la mesure immédiate de leur dangerosité, la critique féroce jusqu’à la résistance...

Ci-dessous donc, le texte de Thomas D. Williams, PH.D, professeur d’éthique, avec des spécialisation en économie, en philosophie et en théologie, chercheur au Centre d’Ethique et de Culture à l’Université Notre-Dame. Williams est chef du bureau de BreitbartNews à Rome,et son article du 18 février 2018 a été publié sous le titre : « Modern Culture Is Not Just Revealing Transgenders, ‘It Is Creating Them’ »

dedefensa.org

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La culture moderne... “crée les transgenres”

Toutes les preuves scientifiques indiquent que les troubles de l'identité de genre résultent principalement de causes culturelles et, de plus, la société moderne les facilite, selon une analyse publiée vendredi [16 février 2018].

Anne Hendershott écrit pour le Catholic World Report qu’une “industrie transgenre” explosive est apparue, marquée par une augmentation massive du nombre de références pour le traitement de l'identité de genre, augmentant dans certains cas de 2800% en moins de dix ans. Des sociétés occidentales telles que le Royaume-Uni, la Suède, l’Australie et les États-Unis ont connu une augmentation spectaculaire du nombre de personnes, en particulier des jeunes, cherchant un traitement pour les questions d’identité de genre, parallèlement au développement de nouvelles et de commentaires sur la théorie du genre dans les communications, médias de divertissement. Aux États-Unis, le pourcentage d’adultes qui s’identifient actuellement comme transgenres est le double de ce qu’il était en 2011, selon les meilleures estimations.

Rien de tout cela ne devrait surprendre, note Hendershott. En l'an 2000, le bioéthicien Carl Elliott avait publié un article novateur intitulé « Une nouvelle façon d'être fou » (“A New Way to be Mad”) dans Atlantic Monthly. Il y prédisait cette croissance rapide des questions d’identité de genre en les comparant aux épidémies psychologiques passées. « Pourquoi certaines psychopathologies surgissent-elles, apparemment surgies de nulle part, dans certaines sociétés et pendant certaines périodes historiques, puis disparaissent tout aussi soudainement ? », demandait-il.

Elliott a suggéré que les psychiatres et autres cliniciens aidaient à créer les épidémies psychologiques dans le passé « simplement par la façon dont ils voyaient les troubles – par le genre de questions qu’ils posaient aux patients, les traitements qu’ils utilisaient, les catégories de diagnostic disponibles à l'époque, et la façon dont ces patients entrent dans ces catégories. »

Sa thèse fondamentale, – étayée par des données abondantes et une argumentation convaincante, – est que la croissance rapide d'un trouble psychologique particulier peut souvent être encouragée, indirectement sinon directement, par ceux-là mêmes qui sont censés la traiter, ainsi que par la société en général.

Dans un passage particulièrement perspicace, Elliott écrivait : « En considérant un phénomène comme un diagnostic psychiatrique – le traiter, le réifier dans des manuels de diagnostic psychiatrique, développer des instruments pour le mesurer, inventer des échelles pour évaluer sa gravité, établir des moyens de rembourser les coûts de son traitement, encourager les firmes pharmaceutiques à rechercher des médicaments efficaces , diriger les patients vers des groupes de soutien, écrire sur les causes possibles dans les revues, – les psychiatres peuvent involontairement être associés à des forces culturelles plus larges pour contribuer à la propagation d'un trouble mental. »

Selon une hypothèse qu’il proposait, il jugeait qu’on pouvait estimer qu’une fois que les concepts de “transsexuel”, de “désordre d’identité de genre” et de “chirurgie de changement de sexe” sont devenus monnaie courante, « de plus en plus de gens ont commencé à conceptualiser et à interpréter leur expérience en ces termes. Ils ont commencé à donner un sens à leur vie d'une manière qui ne leur était pas accessible auparavant, et dans une certaine mesure, ils sont devenus le genre de personnes décrites par ces termes. »

En d'autres termes, il est tout à fait possible que nos conditions culturelles et historiques « n'aient pas seulement révélé les transsexuels mais les aient créés », écrivait-il. Si cette thèse est vraie, « nous pouvons nous attendre à une croissance phénoménale, car une industrie entière émerge pour répondre à des besoins croissants dans ce domaine », écrit Hendershott.

En fait, cela se passe déjà tout autour de nous. « Des spécialistes de l'éducation qui conçoivent des “écoles sécuritaires” pour les enfants transgenres, des praticiens transgenres, des cliniques médicales financées par l’État, des programmes de remboursement et un nombre croissant de travaux universitaires et d'activisme, etc., tout cela montre que l'industrie transgenre a explosé ».

Un indicateur scientifique clair des racines principalement culturelles plutôt que biologiques des troubles de genre est leur distribution inégale dans la population. Si le désordre d'identité de genre était vraiment un fait biologique, il serait également réparti dans la population, alors que nous avons déterminé que ce n'est pas le cas.

Sans surprise, les données du Williams Institute révèlent que le pourcentage le plus élevé d’adultes transgenres identifiés vit à Washington, DC. En fait, le district de Columbia a presque le double du nombre d’individus transgenres par rapport au second État (Hawaii) dans le classement du nombre de transgenres par État. Le pourcentage de personnes vivant à Washington DC et s’identifiant comme transgenres est de 2,8% – soit « plus du triple du pourcentage de ceux qui vivent dans les États suivants sur le classement des États, Hawaï et la Californie », observe Hendershott. « Dès 2013, le New York Times déclarait Washington, DC, “le lieu le plus gay d'Amérique ”, avec une population transgenre florissante. Il y a une “DC High Heel Drag Race annuelle à DuPont Circle”, ajoute-t-elle.

Citant les conclusions d'une méta-analyse d'autres études publiées dans The New Atlantis par le Dr. Lawrence Mayer et le Dr. Paul McHugh, Hendershott écrit que « l’hypothèse que l’identité de genre est une propriété innée et fixe des êtres humains qui est indépendante de la biologie du sexe – qu’une personne puisse être un “homme pris au piège dans le corps d'une femme” ou une “femme prise au piège dans le corps d'un homme” n’est pas étayée par des preuves scientifiques ».

Tout cela suggère que le boom actuel des transgenres commence à peine et que nous pouvons nous attendre à ce qu'il continue à se développer furieusement, peut-être jusqu'à ce qu’un autre désordre “à la mode du jour” (*) prenne sa place

Thomas D. Williams

 

Note

(*) Dans le texte anglais, “du jour” est en français.