Suite du feuilleton : tout va mal, nous allons gagner, nous gagnons

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Oui, poursuivons l’évaluation de la situation en Irak, Made In Pentagon. La dernière en date est celle du général Myers, président du comité des chefs d’état-major, saupoudrée d’un peu de Rumsfeld en grains. Cela se situe le 26 avril, lors d’une conférence de presse.

Le commentaire du Guardian suivi des déclarations de Myers est le suivant : « The Pentagon has said that Iraq's insurgents have lost none of their ability to inflict devastating attacks over the past year, further deflating hopes for a post-election respite. In recent weeks the pace of attacks has approached the violence of last spring, undermining claims by Washington that the US was making progress in Iraq. “In terms of the number of incidents, it's right about where it was a year ago,” said General Richard Myers. “Weeks will differ, and months will differ a little bit. But if you look at the scope of this, over time since May of 2003, that's the conclusion you draw.” »

Un peu plus loin dans sa conférence de presse, Myers, qui s’en va en septembre et entend laisser un souvenir souriant et plein d’allant, fait cette appréciation de la situation en Irak, sans doute à la lumière filtrée de ce qu’il déclarait quelques minutes plus tôt : « I think we're definitely winning. I think we've been winning for some time. »

Quelle explication donner à ce qui semble être, disons, une glissade de la pensée d’un domaine à un autre, — du domaine des réalités à celui de l’évaluation bureaucratique et hollywoodienne? Sans surprise, on pourrait la tenir du secrétaire à la défense Rumsfeld, parlant le même jour, toujours imaginatif lorsqu’il s’agit d’expliquer à la presse les nuances du spectacle du monde. La question qu’on lui pose est la même qu’à Myers, portant sur le fait de la victoire américaine en Irak : oui ou non? « Winning or losing is not the issue in my view, in the traditional, conventional context of using the word ‘winning’ and ‘losing’ in a war. The people that are going to defeat that insurgency are going to be the Iraqis. »

Myers n’était pas au courant des nuances sémantiques de son chef. Pour Rumsfeld, c’est bien sûr : les USA ont terminé leur magnifique travail. Aux Irakiens de s’en sortir eux-mêmes, et de l’emporter. Bref, l’attaque américaine en Irak comme œuvre de pédagogie, avec Rumsfeld comme Platon (celui de l’Akademos) postmoderne.


Mis en ligne le 28 avril à 13H40

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