Notes sur les paniques Soros-Pompeo

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Notes sur les paniques Soros-Pompeo

14 février 2019 – Parmi les signes convaincants que l’on peut relever pour témoigner de l’évolution de la situation, particulièrement en Europe avec la poussée des divers courants souverainistes dans la perspective des élections européennes (du nationalisme au populisme, avec diverses nuances, interprétations polémiques sans grand intérêt, etc.), on signalera des interventions publiques pressantes de George Soros. D’habitude, Soros est moyennement discret dans ses interventions publiques directes, qu’il ne juge ni déterminantes, ni directement influentes ; il se signale essentiellement par l’action plus que par la parole, surtout par l’activisme extrême et plutôt dissimulée mais sans ostentation de sa nébuleuse d’organisations dont la matrice est son OSF (Open Society Foundation)

Ce n’est pas que cet homme qui n’a jamais caché ses intentions cherche à se dissimuler ; c’est simplement qu’il a plus confiance dans l’activisme militant de type globaliste et postmoderne, destructeur de souveraineté, avec ses effets déstructurants, que dans le bavardage de la communication. Ce choix peut se discuter, mais pour l’instant l’heure n’est plus au bavardage de la discussion. Désormais, ses interventions sont directes, rapprochées, par voie de presse et d’édition sans dissimuler l’urgence de la situation, parce que la communication est l’outil prioritaire qui retrouve son indiscutable primauté dans une portion de temps où la pression du Temps se fait extraordinairement grandissante, jusqu’à susciter la panique chez ceux qui subissent cette pression.

Ainsi, cette intervention dans le Financial Times (relayée par RT-com le 18 janvier 2018) : « Le milliardaire américano-hongrois George Soros, à la tête de la fondation Open Society (OSF) intervenant dans la vie politique de nombre de pays, notamment en finançant des ONG pro-UE ou pro-migrants, s’alarme d'être en train de perdre la bataille idéologique qu'il mène à travers elle. Dans une interview accordée au Financial Times le 15 janvier 2018, Soros dresse un constat empreint d'amertume : “L'idéologie dominante dans le monde est aujourd'hui le nationalisme.” “C'est l'Union européenne qui est sur le point de s'effondrer. Et la Russie est un pouvoir en pleine renaissance, basé sur le nationalisme”, affirme-t-il, voyant dans ce constat la source de la recrudescence des blâmes et accusations à son endroit, notamment en provenance des pays d'Europe de l'Est... »

Soros craint pour nous

Pour Soros, les élections européennes des 23-26 mai occupent une place fondamentale dans l’évolution de la situation, justement dans cette Europe qui est jugée par lui comme l’actuel point névralgique de la tension et le cadre privilégié de la déroute qui menace son camp.

(Encore l’Europe privilégiée ! Même pour son propre effondrement et sa transmutation en envers noir d’elle-même, – ce que le Grand Méchant Intellectuel nomme “le Grand Remplacement”, – l’Europe reste le principal artisan de la machination. Les postmodernes lucifériens ne s’aperçoivent-ils pas de cette contradiction révélatrice ? Pas de réponse de Soros... Tant pis pour eux et peu importe puisqu’il ne s’agit que d’observer l’effondrement de l’Europe...)

Soros juge que l’UE risque aujourd’hui de connaître le sort de l’URSS en 1989-1991 : rien que cela, puisé aux pires sources de l’antiSystème anglosaxon type-John Laughland... En effet, la comparaison est frappante, piquante, et pleine d’une éventuelle ironie au second degré qui n’est pas nécessairement désirée. Après tout, si l’UE risque en 2019 le sort de l’URSS en 1989, c’est qu’elle est l’URSS du XXIème siècle, d’ores et déjà, par l’implacable force de la logique, – non ? Si c’est le cas, on s’interrogerait pour savoir pour quelles raisons des gens si avertis contre l’URSS, comme Soros et toute la clique, insistent tant pour la conserver en état de fonctionnement même approximatif.

Voici une présentation du texte d’éditorial du 11 février de Project Syndicate, une publication diffusant les analyses des ONG Soros sur la situation générale. La chose est de Soros lui-même et, dans la foulée de l’interview au FT, témoigne de l’angoisse panicarde régnant dans ces dignes phalanges poursuivant la mission de mise en place d’un monde meilleur...

(La même présentation cite également un texte alarmiste et fort documenté par une référence à une enquête d’opinion de l’European Council on Foreign Relations [ECFR], antenne européenne du CFR qui est la grande organisation structurante du bloc-BAO, de l’anglosaxonisme et d’une idéologie du type bloc-BAO qu’on pourrait après tout baptiser pour faire court et rapide transatlantisme.) 

« L’UE comme l’URSS ?

« A quelques semaines des élections européennes, le milliardaire[postmoderne] George Soros a appelé les européistes à “se réveiller” face aux populistes, sans quoi l'UE suivrait “le chemin de l'Union soviétique”. Une inquiétude partagée par l'ECFR qui envisage la fin du bloc.

» Le milliardaire George Soros ne cache pas son inquiétude à l'approche des élections européennes. Pro-européen convaincu, le philanthrope américano-hongrois appelle, dans un éditorial publié le 11 février par Project Syndicate, (une ONG diffusant des analyses sur des problématiques internationales), les peuples d'Europe à se «réveiller avant qu'il ne soit trop tard» pour faire face à la montée du populisme. “Sinon, l’Union européenne suivra le chemin de l’Union soviétique en 1991”, prédit le milliardaire qui souligne avoir été témoin de nombreuses périodes de “déséquilibre radical” dans sa vie. Il estime que la période actuelle ne fait pas exception.

» “Ni nos dirigeants ni les citoyens ordinaires ne semblent comprendre que nous vivons un moment révolutionnaire, que l'éventail des possibilités est très vaste et que le résultat final est donc très incertain”, s'alarme encore le financier, qui déplore que les forces anti-européennes disposent selon lui d'un “avantage” lors des prochaines élections.

» “Cela s'explique par plusieurs facteurs, notamment[...] l'impossibilité pratique de modifier les traités et le manque d'instruments juridiques permettant de discipliner les États membres qui violent les principes sur lesquels l'Union européenne a été fondée”, soutient ainsi George Soros, qui regrette que l'EU ne dispose pas “des capacités suffisantes pour faire respecter les obligations des États membres”.

» Mais cette situation trouve aussi racine dans les structures «désuètes» des partis qui empêchent, selon le milliardaire, la volonté populaire de “trouver l'expression appropriée”, et qui mèneraient donc d'après lui à la montée des mouvements populistes. Pour base de son constat, George Soros s'appuie sur les exemples de l'Allemagne, de l'Italie ou encore du Royaume-Uni, à travers son vote en faveur du Brexit. “En ce qui concerne les alliances transeuropéennes, la situation est encore pire”, juge en outre George Soros en s'attaquant frontalement au Parti populaire européen (PPE) qui accueille en son sein Fidesz, la formation du Premier ministre hongrois Viktor Orban, un de ses ennemis idéologiques personnels.

» Le fondateur de l'Open Society n'est pas le seul à s'inquiéter de voir disparaître aux oubliettes de l'histoire sa vision du projet européen. L'European Council on Foreign Relations (ECFR), cousin (pro-)européen du think tank américain CFR, a publié un rapporttrès pessimiste pour l'avenir du Vieux continent, dans l'éventualité où les eurosceptiques de gauche comme de droite parviendraient à obtenir au moins un tiers des sièges du Parlement, comme le prévoient certains sondages. Financé par divers organismes, dont l'Open Society Foundation du même George Soros ou encore la fondation Rockefeller Brothers Fund, l'ECFR s'alarme en effet que les partis eurosceptiques de toute l'Europe soient déterminés à «paralyser» le bloc.

» “Leur capacité à paralyser la prise de décision au centre de l'UE désamorcerait l'argument des pro-européens selon lequel le projet est imparfait mais réformable. A ce stade, le temps de l'UE serait compté”, prévient le rapport en des termes on ne peut plus explicites. Décrites dans un vocabulaire guerrier – “bataille d’idées”, “lutte” et ainsi de suite – les élections de mai sont envisagées comme un véritable combat. Seule éclaircies dans ce tableau bien sombre, l'ECFR souligne que le Parlement européen n'est “qu'un des organes directeurs de l'Union européenne et, à bien des égards, le moins puissant d'entre eux”.

» Pour autant, le think tank appelle ses lecteurs à ne pas sous-estimer l’importance de ces élections, qui pourraient “avoir un coût très élevé pour les internationalistes libéraux”. L'ECFR estime qu’un taux de participation élevé est essentiel pour faire reculer les eurosceptiques, et le groupe de réflexion va jusqu'à distiller ses conseils à ses lecteurs, pour qu'ils encouragent les gens à se rendre aux urnes.

» S’il assure que la position strictement “défensive” n'est plus un ressort suffisant, l'ECFR la fait pourtant jouer à plein. En dehors d'appuyer sur le désir présumé des eurosceptiques de “démanteler l'état de droit”, de perturber l'établissement de réglementations environnementales unifiées et de mener rien de moins qu'une attaque globale contre les “valeurs européennes”, les “anti-européens” sont, en plus, accusés d'être proches de la Russie. De là à penser que Moscou fera preuve d'ingérence dans les élections pour les aider, il n'y a qu'un pas... que n’hésite pas à franchir l'ECFR.

 » “Étant donné l’ingérence de la Russie lors des récentes élections nationales en Europe et la tension dans les relations entre l'UE et la Russie résultant des hostilités dans la mer d'Azov, il est fort probable que Moscou tentera de manipuler le vote”, est-il écrit dans le rapport de l'ECFR, qui omet bien entendu de préciser qu'aucune preuve de cette supposée volonté d'ingérence n'a jamais été donnée.

» Dans son éditorial, le milliardaire George Soros livre ses conseils pour “protéger l'Europe de ses ennemis, tant intérieurs qu'extérieurs”. “La première étape consiste à reconnaître l'ampleur de la menace qu'ils représentent. La seconde consiste à réveiller la majorité pro-européenne endormie et à la mobiliser pour défendre les valeurs sur lesquelles l'UE a été fondée. Sinon, le rêve d'une Europe unie pourrait devenir le cauchemar du XXIe siècle”, prophétise le financier. »

Finesse et sagacité de Pompeo-Bolton

De leur côté, les employés américanistes du Système, – après tout de même un remarquable retard à l’allumage, – ne restent pas inactifs devant cette fronde intra-européenne qui présentent quelques difficultés d’interprétation. Les plus fins des neocons qui prétendent tenir le président (l’équipe Bolton-Pompeo, ou “neocons & Cie”) se trouvent confrontés à des complexités énigmatiques, et c’est cela que le très-fin Pompeo entendait régler au cours d’une tournée de cinq jours dans l’ex-Europe de l’Est. La complexité se trouve en ceci qu’il s’agit d’empêcher des pays qui semblent absolument acquis à l’américanisme, puisque membres de l’OTAN et nécessairement admirateurs inconditionnels des USA puisqu’anciennement du camp soviétique, de se tourner vers ... les Russes ; et même, de tenter de les faire sortir du piège où ils se sont mis eux-mêmes, des griffes... russes. D’autre part et “en même temps”, ces pays tentés par un rapprochement avec la Russie qui sont en général de type “souverainistes” comme on a vu plus haut, sont fort bien vus de l’intrigant Steve Bannon dont on chuchote qu’il garde des liens avec son ancien tuteur, ou son ancienne marionnette comme il vous plaira, le président Trump The-Donald lui-même, échappant parfois à l’emprise tentaculaire de ses “neocons & Cie”.

Le gros et fin Pompeo doit composer avec ces “chicayas” intra-européennes aussi bien qu’intra-washingtoniennes et il emploie la méthode américaniste habituelle : y aller à la louche, et nous confirmer que le premier article d’exportation des USA exceptionnalistes est aujourd’hui comme hier mais encore bien plus qu’hier la vulgarité du propos et l’enfermement de l’esprit dans une situation vieille d’à peu près un demi-siècle. Ainsi proclame-t-il dans ces capitales incompréhensibles parce que souvent tentées par Moscou bien que proches de Moscou, combien Moscou reste le représentant de tout ce qui est diabolique dans la postmodernité, – en même temps qu’il glisse, Pompeo, une sorte de mea-culpa à propos de l’aveuglement américaniste-“neocons & Cie” :

« “Vladimir Poutine est déterminé à saper les démocraties à travers le monde, ne vous y trompez pas ! Nous devrions être très francs à ce sujet”, a déclaré Mike Pompeo ce 12 février devant des étudiants en journalisme à Bratislava, capitale de la Slovaquie. Il a ensuite mis en garde les Slovaques sur “la nécessité de se prémunir contre les moyens économiques et autres déployés par la Chine pour créer une dépendance et manipuler [leur] système politique”.

» Cherchant à mettre en évidence le rôle des États-Unis dans la chute du communisme, et estimant que la Russie disposait d'un auditoire grandissant dans l'ancien bloc de l'Est, Mike Pompeo a expliqué au président slovaque Andrej Kiska que cela faisait “trop longtemps que l'Amérique n’a[vait] pas été profondément engagée” dans son pays. Une allusion au fait que sa visite était la première d'un chef de la diplomatie américaine en Slovaquie depuis 14 ans.

» Mike Pompeo s'est également entretenu avec cinq anciens prisonniers politiques de l'ex-URSS devant un mémorial appelé la Porte de la liberté, à la frontière avec l'Autriche, où 400 personnes ont été tuées de 1945 à 1989 au cours de tentatives visant à passer de l'autre côté du rideau de fer. “Là où se trouvaient des fils de fer barbelés et des gardes armés, les gens, les biens et les informations se croisent librement aujourd'hui”, s'est félicité Mike Pompeo. »

La malheureuse escale de Budapest

Il semble bien en effet que les américanistes, surtout de type-“neocons & Cie”, aient été d’une lenteur exceptionnelle dans leurs capacités de découvrir qu’il y avait péril en la demeure et que certains proches de Trump jetait de l’eau sur le feu antirussiste plutôt que le kérosène habituellement utilisé pour cette tâche. C’est à l’insistance très forte de Soros, activant ses “réseaux d’influence” comme l’on dit, que Pompeo s’est finalement décidé à faire sa tournée en Europe, un peu tardive si l’on en juge par le grondement de l’incendie.

... “Un peu tardive” également si l’on s’attache à la description de l’escale de Pompeo à Budapest. En temps normal, c’est-à-dire dans les temps de l’Empire-bien-organisé, une conférence de presse comme celle qui a réuni Pompeo et le ministre hongrois des affaires étrangères n’aurait pas eu lieu dans les conditions où on la voit ; dans ces mêmes temps “normaux”, d’ailleurs, l’escale de Budapest, où Pompeo fut accueilli le 11 février “sans enthousiasme”, aurait été purement et simplement supprimée du programme de vacances du secrétaire d’État qui venait là répéter en substance que de bonnes relations avec la Russie et la Chine étaient “inacceptables” vue l’ignominie confirmée des susnommés. Tout se serait passé comme si la Hongrie, Orban & Cie n’eussent point existé, – et pourtant non :

« A l'occasion [de cette] conférence de presse commune, le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto a exprimé la position de son pays à Mike Pompeo : “Le monde ne deviendra pas meilleur tant que certains pays continueront à passer leur temps à intervenir dans les affaires intérieures des autres pays.” Et de préciser que Budapest comptait bien continuer à entretenir des relations en toute transparence avec la Moscou et Pékin.

» Le chef de la diplomatie hongroise a par ailleurs qualifié d'“énorme hypocrisie” le confinement de son pays pour ses liens avec la Russie et la Chine. Peter Szijjarto a ajouté : “En surface, les critiques sont nombreuses, mais sous la surface, il y a beaucoup d'échanges entre l'Europe et la Russie qui se comptent en milliards d'euros. [...] La coopération avec la Russie ou la Chine ne nous nuit pas.” Le ministre hongrois a également estimé que ces liens économiques ne faisaient pas pour autant de son pays un allié moins fiable pour l'OTAN.

» Des déclarations à mille lieues des assertions enflammées de Mike Pompeo qui déclamait pour sa part, un peu plus tôt : “Nous ne devons pas laisser Poutine meurtrir les relations amicales entre les pays de l'OTAN. [Les États-Unis] ont appris à leurs dépens, de par l’Histoire, que la Russie ne serait jamais l’amie de la liberté et de la souveraineté des petites nations.” Concernant la Chine, le secrétaire d’État américain a simplement spéculé : “La poignée de main offerte par Pékin n'est pas gratuite... Elle laissera la Hongrie avec de nombreuses dettes économiques et politiques”. »

L'alliance souverainisme-prorussisme

Il ne fait aucun doute que le Système, dans le chef de sa fraction antirussiste “dure” et complètement stéréotypée (neocon & Co), n’a absolument pas suivi la situation en Europe comme il aurait dû le faire, et il se trouve pris au dépourvu par les possibles perspectives catastrophiques du type que Soros évoque. Ces diverses interventions ont eu pour premier effet et effet majeur de verrouiller d'une façon presque hermétique l'alliance entre la cause souverainisme-populisme et la recherche de meilleures relations avec Moscou, – formule souverainisme-prorussisme. (L'Italie a également compris cela.)

C’est une situation typique du Système, et typique également de l’état d’esprit américaniste avec son impuissance pour l’anticipation comprenant des facteurs psychologiques et culturels, et son impuissance égale à envisager plusieurs problèmes/plusieurs crises à la fois, avec leurs connexions complexes. Dans le cas évoqué ici, bien entendu, s’ajoute la complexité de la situation interne avec la position trouble et incertaine de Trump.

Le jugement US développé à propos de l’Europe (de l’UE) comprend les facteurs les plus contradictoires et les plus antagonistes du monde, et qui se manifestent dans des esprits d’une extrême confusion, incapables d’appréhender les nuances et les contradictions de cette chose étrange qu’on nommerait “le monde réel”, – ou pire encore, “l’Europe réelle”.

• D’une part, il est assuré dans nos jugements de la subversion US que l’Europe intégrée (UE) type-Monnet est l’effet d’une action subversive US. Le slogan “Monnet-CIA” est un classique du genre, d’ailleurs pas faux car à peu près tous les étrangers européens travaillant avec les USA pendant la Deuxième mondiale, mis à part des segments très étroits comme les Français Libres de De Gaulle et assimilés par exemple, ont nécessairement travaillé “avec“, sinon “pour” les divers “services” US [l’OSS avant la CIA, notamment]. On peut ajouter le Plan Marshall et la CED dans l’activisme US intégrationniste de l’Europe-UE, tout comme on peut ajouter le slogan “Aron-CIA” bien entendu pour faire bien comprendre où se trouve la voie moyenne de la vertu triomphale et triomphante de la sagesse postmoderne...

• D’autre part, il est également “assuré dans nos jugements de la subversion US” que les américanistes ont toujours cherché à diviser l’Europe (“diviser pour régner”, etc.), et donc l’UE par conséquent. On trouve autant d’évidences dans ce sens que pour la thèse précédente, exactement inverse... Contradictions, nuances, complexités ! Quel travail pour l’esprit qui s’arrange si bien de la brute force de l’idéal de puissance...

• ... De même il est “assuré..., etc.”, que l’intégration des pays d’Europe de l’Est réalisée au pas de charge dans l’UE et l’OTAN devait assurer une main-mise formidable des USA sur l’Europe-UE, puisqu’il était acquis dans les grands esprits simplistes et transatlantiques que tous ces pays étaient totalement sous l’empire de l’exceptionnelle magie américaniste une fois sortis des griffes du Grand Méchant Loup en peau de lapin soviétique.

• ... Ainsi peut-on sourire en même temps que méditer sur l’abyssale connerie de l’énorme esprit vide de l’américanisme en constatant que l’une des plus puissantes forces anti-UE (populiste, anti-migratoire, souverainiste) de l’UE se recrute dans le “Groupe de Visegrad” qui se compose des principaux pays d’Europe de l’Est (quatre aux dernières nouvelles, mais cinq si l’Autriche accepte la suggestion,-invitation de l’un ou l’autre des membres du groupe). Seuls les Polonais arrivent à rencontrer par leurs surprenantes acrobaties politiques l’abyssale connerie en question, tout en renforçant tout de même le camp anti-UE, de cette UE que les “neocon & Co” de l’administration Trump voudraient bien renforcer face à la Russie.

• Ajouter en P.S., pour le fun, les finasseries des trumpistes-populistes à la Bannon qui veulent faire une “Internationale Populiste” liquidatrice de l’establishment et du DeepState de “D.C.-la-folle” (et d’ailleurs pro-israélienne) où les Européens devraient jouer un rôle essentiel... (Certains Européens anti-UE y voient une manœuvre bien dans l’esprit de la complication sophistiquée de l’intelligence américaniste pour faire éclater l’UE qui nous est effectivement si utile dans la lutte contre l’américanisme et le Système : laissons-les “y voir”...) Ni Pompeo, ni Bolton n’étaient au courant de ces interférences populistes USA-UE sous l’inspiration de leur Seigneur & Maître, et le département d’État vient donc de découvrir le pot-aux-roses après une enquête minutieuse (et l’aide du Procureur Spécial Mueller), grâce à la sagacité conseillère de l’ex très-jeune nazi hongrois, Soros.

The Show Must Go On...

C’est là l’essentiel de notre thèse dans une affaire qui paraîtrait en temps normal uniquement tactique et qui, à cause de l’aveuglement et de l’inconséquence des principaux concernés, prend une dimension stratégique. Les “neocon & Co” de l’administration Trump n’ont rien vu venir, par nature d’impuissance d’analyse et par complète inconséquence et incompétence. Désormais, il leur faut se rattraper dans un délai vertigineusement court, dans une affaire effroyablement complexe pour eux-mêmes, à cause d’eux-mêmes, où tous les stéréotypes de la pensée-zombie se trouvent secoués en tous sens.

La porte est ainsi ouverte à toutes les erreurs, les pressions contre-productives, les agitations du type “éléphant dans un magasin de porcelaine”,  – où la porcelaine est particulièrement délicate et d’équilibre instable, – et l’espace fort exigu. Par exemple et comme l’annonce déjà les élégants messieurs & dames cravatés de l’ECFR, on ressortira très vite le monstre de l’interventionnisme russiste dans les élections de son placard du Loch Ness, pour encore plus brouiller les pistes et exacerber les extrêmes.

Ainsi en est-il des missions d’urgence que se sont assignés les fines gâchettes et fortes braguettes de la subversion, – Soros et Pompeo, pour notre compte, chacun avec ses vertus qui pèsent des tonnes. Si cette Grande Crise n’était si tragique, on la verrait comme le sublime du bouffe de La Grande Bouffe. La véritable chance des antiSystème, c’est l’évidence, c’est la sublime sottise-ignorance des employés du Système, complètement “ubérisés” (“ubérisation” de la connerie), migrants-sans-frontière, incultes, infiniment ennuyeux dans leurs actes et pensées stéréotypés.

Ainsi pourrait-il en être, au bout du compte, de ces élections européennes de mai 2019. Ils ne risquent pas grand’chose, à première vue et compte tenu de leur puissance, mais ils sont si éléphantesquement stupide qu’ils pourraient en faire une crise catastrophique pour leur cause, en adoubant officiellement par les urnes et sans y rien comprendre cette alliance terrible entre souverainisme et prorussisme... The Show Must Go On.

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