Mad Max à porto-Rico

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Mad Max à porto-Rico

Qui se souvient de l’ouragan Maria frappant Porto-Rico, territoire semi-américaniste sous statut extrêmement spécial ? Les premières indications un peu substantivées montraient une situation extrêmement délicate, dangereuse, et une réaction guère empressée des autorités fédérales. La maire de Porto-Rico parla d’une attitude génocidaire” de la part des autorités fédérales. Ces premières réactions furent aussitôt suivies d’un déluge de protestation, y compris du président Trump, dénonçant une narrative gauchiste, marxiste, etc. L’affaire était politisée, et certainement pas de la meilleure façon du monde, transposant le conflit interne de “D.C.-la-folle” dans l’évaluation de la situation de Porto-Rico.

Les divers centres progressistes-sociétaux bien connus, portant habituellement au plus haut et avec de grands cris de protestation les clameurs des vertus progressistes du Système, notamment les élites démocrates qui se montrent si zélées face à Trump et en faveur de leurs électorats multiethniques, ceux-là ne bougèrent pas vraiment pour Porto-Rico. Seules des personnalités et organisations de couleur réagirent selon leurs slogans habituels, par réflexe ethnique un peu automatisée, puis elles passèrent à autre chose...

Tout cela, on s’en doute, parce que Porto-Rico a une importance électorale et politique dérisoire, donc une importance de communication négligeable ; petite île perdu dans le Golfe des Caraïbes, hors des préoccupations et des pistes habituelles où s’exercent les affrontements de communication autour des grands thèmes postmodernes. On n’insista pas trop pour comptabiliser le bilan que les officiels avaient fixé dès les deux premiers jours à 15-19 morts tandis que les voix officieuses parlaient de centaines de morts et d’une dévastation extraordinaire devant plonger l’île dans un désordre durable pour plusieurs mois. L’affaire fut peu à peu oubliée, c’est-à-dire très vite oubliée selon le standard postmoderne ; l’époque avait zappé.

Aujourd’hui, on peut mieux apprécier la vérité-de-situation de Porto-Rico, qui est catastrophique, “post-apocalyptique”, une situation de “type Mad-Max” disent les membres, essentiellement sanitaires, des équipes de volontaires arrivées sur l’île. Cela signifie que la version des autorités locales et de divers témoignages recueillis par quelques rares relais de communication, allant dans le sens d’une situation catastrophique, seraient la plus exacte, et justifiées les accusations contre l’absence de secours et d’intérêt.

Dans ce cas très précis, on peut également apprécier la fausseté de certaines positions que peuvent prendre les centres que l’on peut habituellement accepter comme étant de tendance antiSystème, par exemple comme Breitbart.News et Infowars.com. (Cette sorte de “centres d’influence” qui furent effectivement antiSystème lors de la campagne présidentielle USA-2016, par rapport aux positions de Trump, par rapport à nos propres positions vis-à-vis de Trump, etc.) Dans leur cas ou pour l’occurrence dont nous parlons ici, l’obsession anticommuniste et antimarxiste type-Guerre froide, cette attitude complètement dépassée d'une référence aux conflits idéologiques du XXème siècle qu’ils reprochent avec tant de justesse aux progressistes-sociétaux et aux globalistes dans l’autre sens, se manifeste chez eux avec autant de virulence et tout autant de valeur faussaire, – et alors ils se retrouvent complètement sur la voie de la coopération, sinon de la complicité avec le Système.

(Cette attitude de ces antiSystème devenant dans ces instants complètement pseudo et quasiment proches du Système, se manifeste également vis-à-vis de Cuba ou vis-à-vis du Venezuela. D’une façon plus générale, c’est la même attitude aujourd’hui lorsqu’il s’agit de défendre Trump à tout prix et autant que faire se peut dans ses zigzags sans fin et sa non-politique étrangères qui se marie pourtant si bien avec les intentions nihilistes et chaotiques des paleo-neocons rescapés de la présence GW Bush à ses débuts.)

La “crise” de Porto-Rico est plutôt, comme nous en faisions un titre, un cas d’école, mais dont les évidences sanitaires et humanitaires montrent cette fois de quel côté s’est trouvé le simulacre du Système, et de quel côté se manifestait la vérité-de-situation. A cette lumière, au reste, l’indifférence à la situation portoricaine des démocrates et des milieux hyper-riches, hollywoodien, Silicon Valley, humanitaristes-interventionnistes, etc., des élites progressistes-sociétales, montre bien que ce cas d’école est aussi une perturbation peu appréciée dans l’habituel rangement des forces du Système par rapport aux accidents et aux circonstances extrêmes.

Bien entendu, la situation de Porto-Rico complète le tableau... Il s’agit d’un porte-avions virtuel des dépôts d’argent blanchis et des milliers de sociétés-écrans avec des résidences luxueuses et temporaires qui se remplacent à volonté, donc un monstrueux avorton du système du capitalisme électronique devenu fou, avec à côté et dans la vérité-de-situation une population évidemment très-pauvre, qui ne présente guère d'intérêt pour les centres de direction et d'influence et qui s’aligne comme une des habituelles victimes du même capitalisme. L’essentiel de sa valeur-Système (la comptabilité et les listings des fortunes et des dépôts) étant imperméable aux intempéries les plus féroces, comme une sorte de ciré-professionnel d’une marque prestigieuse qui ferait cuirasse, Porto-Rico n’intéresse pas le Système lorsqu’il est frappé par une très-rude intempérie. Tout le monde oublie très vite la catastrophe après s’être exclamé pendant deux-trois jours... C’est la règle du jeu et il n’y a aucune surprise à manifester.

L’intérêt pour notre propos est de constater qu’une fois de plus dans cette période depuis 2014-2015 qui s’est franchement affirmée comme étant celle de la généralisation du désordre-chaos au cœur même du bloc-BAO, la question d’“être ou ne pas être” antiSystème est désormais l’une des principales questions de tactique qui se pose à un esprit bien né (donc à vocation antiSystème). Ce que nous nommerions l’idéologisme, c’est-à-dire le fait d’avoir une idéologie (n’importe laquelle), est une contrainte qui peut devenir une entrave insurmontable dans le jugement qui conduit à identifier et à choisir la posture antiSystème. Dans la guerre de la communication qui est le principal champ de la bataille autour du Système, antiSystème larvés contre le Système, ce fait est de première importance.

Le texte de Marc Salvo, de SHTFplan.com du 18 octobre 2017, nous décrit la situation de Porto-Rico à l’heure du “post-apolcalyptique” postmoderne qui, comme c'est logique, suit l'apocalypse de l'ouragan. Nous mettons ci-dessous cet article en ligne. Le titre original (« Doctors in Puerto Rico Practice Medicine In ‘Post-Apocalyptic’ Conditions ») a été modifié pour des raisons techniques.

dedefensa.org

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Puerto-Rico : Medicine In ‘Post-Apocalyptic’ Conditions

Nearly four weeks after Hurricane Maria devastated the island of Puerto Rico, doctors are experiencing “post-apocalyptic” conditions. The reality doctors in Puerto Rico are facing is similar to that from a dystopian novel.

Doctors are conducting surgical procedures in sweltering 95-degree heat, experience malfunctioning X-ray machines, and have seen medications literally melting. “We’re practicing disaster medicine in real life,” said Dr. William Kotler, a senior resident in emergency medicine at Florida Hospital in Orlando, who spent two weeks volunteering on the island earlier this month. “We improvise if we have to, with very little resources.”

Arriving one week after Hurricane Maria made landfall, Dr. Kotler and four other emergency physicians from Florida Hospital in Orlando, finished up a volunteer mission on the devastated island. They were the first medical relief team the hospital sent to the island. “We went in blind,” said Dr. Julian Trivino, who was among the first team of volunteers.

A second team arrived on October 8th and will stay for two weeks to assist those who need medical attention. When the physicians arrived in the town of Aguadilla on the northwestern tip of the island, the local hospital was in bad shape. The hurricane had almost completely taken down the entire electrical grid and knocked out communications. “I got there and immediately had a patient with serious head injuries from a car accident,” said Trivino, who is the chief resident in emergency medicine.

Access to electricity was so poor that Trivino couldn’t conduct a CT scan, but he was able to do an X-ray. To review the films, he had to go outside and hold the films up to the sunlight to see anything. Afterward, he used one of the team’s two satellite phones to arrange for the patient to go to a trauma center.

The physicians are also becoming increasingly concerned that Puerto Rico could be headed toward a full-blown health crisis. “Trauma centers are overwhelmed. Basic surgeries are being postponed. I’ve seen people lose digits because they couldn’t be treated in time,” said Kotler.

And the heat is making conditions even more extreme. At a hospital in Carolina on the northeastern coast, Kotler and Trivino had to perform an emergency surgery; attaching a temporary pacemaker to a patient whose heart rate was abnormally slow. “It was 95 degrees in this ER room. She was sweating profusely and vomiting,” said Kotler. “I held her hand and stroked her head. It’s what I could do to comfort her.”

But there were also several patients who suffered the ultimate fate. In Aguadilla, it was a 42-year-old man in cardiac arrest. “He had a fever of 107 degrees. It was burning hot in the hospital. We scrambled to find ice packs to cool him down,” said Kotler. Nonetheless, he died the next day. “If you have a major heart attack in Puerto Rico, right now, the odds are stacked against you,” said Trivino.

It isn’t just the sweltering heat that’s causing a post-apocalyptic medical crisis either. A lack of clean drinking water is compounding the problems. In one town, the medical team encountered an orphanage where children were on the verge of dehydration. The physicians flew in pallets of fresh drinking water to save the kids’ lives. Because of the lack of water,  Dr. Raul Hernandez, an internist based in San Juan, is bracing for an outbreak and possibly several deaths from waterborne diseases. He said Leptospirosis, a bacterial disease spread through the urine of infected animals such as rodents, is becoming a growing concern. Due to a lack of safe drinking water, people are drinking from whatever water sources they can find just to survive, he said. If that water contains urine from an infected rat, the disease will spread, he said. So far, at least two deaths have been attributed to Leptospirosis in Puerto Rico.

Dr. Miguel Acevedo led the second team of emergency physicians from Florida Hospital. “They say it could take six to nine months for power to be restored fully in Puerto Rico. No hospital can plan to survive on generators for that long,” he said. What doctors are dealing with in Puerto Rico is a “Mad Max kind of situation,” said Acevedo. “The reality here is post-apocalyptic,” he said. “You can’t understand the seriousness of it unless you see it.”

Marc Slavo

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