L’objectivité perdue et retrouvée

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L’objectivité perdue et retrouvée

22 mars 2012 – En un sens, ce F&C complète celui du 14 mars 2012 sur la “guerre nouvelle”, mais en élargissant la perspective, en explorant d’autres domaines connexes et en abordant clairement un problème plus spécifique à dedefensa.org. Il prend comme point de départ, sinon comme prétexte, une interview d’un des trois démissionnaires du bureau de Beyrouth d’Aljazeera, Ali Hashem, faite pour Russia Today le 14 mars 2012.

La circonstance est bien entendu la démission d’Hashem, qui a pour causes directes le parti-pris de la chaîne en faveur des forces anti-Assad en Syrie, et, d’autre part, le refus de la direction de la chaîne de couvrir les évènements du Bahreïn. Mais ce n’est pas là que repose l’intérêt de cette intervention, pour nous sans aucun doute. D’ailleurs, Hashem a refusé de parler des circonstances de sa démission, pour se concentrer sur les conditions générales de la pratique du journalisme telle qu’il observe son évolution.

«“There is no independent media anymore. It is whose agenda is paying the money for the media outlet,” he said. “Politicization of media means that media outlets are today like political parties. Everyone is adopting a point of view, fight for it and bring all the tools and all the means they have in order to make it reach the biggest amount of viewers.” It is now the job of the viewer to compare the news from several different sources and then make his own conclusions, the journalist believes. “Today we are in the era of open source information and everyone can reach whatever information he wants.”

»Hashem said the problem with this picture is that some news outlets can reach bigger audiences than others. “What they say will [seem] to be a fact while it might not be the fact,” he said. Mass media should be “immune” when it comes to war and conflict, as this guarantees freedom of speech, Ali Hashem believes.

»“In the year 2006, Israel bombarded Al-Manar television because they said Al- Manar was doing propaganda war against Israel,” he said. “Al-Manar was on one side of this war and they were supporting the Hezbollah and the resistance and the war against Israel. But does this give Israel the excuse to bombard Al-Manar? Certainly not.”“We should as journalists, whatever our point of view is, (because it is clear there is no independent journalism anymore) have the right to say whatever he wants safely, without being threatened to be bombarded or killed or executed or arrested,” Hashem concluded.»

Les mots ayant une très grande importance, – dans ce cas, pour notre propos, plus que jamais, – nous objecterions sans aucun doute, dans l’esprit qui se dégage de l’interview, à l’emploi du mot “indépendant”, pour qualifier ces médias et ces journalistes qui, selon Hashem, n’existent plus : il n’y a plus de médias indépendants, il n’y a plus de journalistes indépendants. («“There is no independent media anymore…», dit Hashem.) S’il n’est pas explicité, le mot est beaucoup trop ambigu.

S’il est pris stricto sensu, il n’a, justement, aucun sens, puisque le terme d’“indépendance” ne peut se comprendre que dans la mesure où est définie une relation de ce qu’il décrit avec autre chose : un média est toujours “dépendant” de quelque chose, et même le journaliste le plus théoriquement “indépendant” qu’on puisse imaginer est “dépendant” de sa psychologie, de ses opinions, de sa perception, etc. S’il est pris dans un sens “politique”, sinon “eschatologique” et principiel, alors le terme a un sens : on est “dépendant” ou “indépendant” du Système, des forces de l’argent, des politiques officielles, de ses propres engagements idéologiques, d’une posture antiSystème, d’un principe ou du Principe, etc. On remarquera que cette “dépendance” est multiple et, selon nombre de points de vue, pourrait évidemment être jugée comme vertueuse. (L’intervieweur de Russia Today pourrait effectivement objecter à Hashem que sa propre “dépendance”, à première vue triviale, d’une chaîne de télévision, RT, qui a pris résolument position contre le Système, contre le bloc BAO, etc., comme le montre justement la publication de cette interview, est, du point de vue même d’Hashem, absolument vertueuse.)… Là aussi, même lorsque le mot est explicité, l’ambiguïté règne ; on pourrait même avancer que l’explication ne fait qu’accentuer l’ambiguïté. Les mots “dépendant” et “indépendant” n’ont ainsi aucune valeur intrinsèque, mais tout juste une valeur descriptive qui se juge selon les facteurs, les forces et les attitudes dont on dépend ou dont on ne dépend pas.

…Ainsi préférerions-nous les termes “objectivité” et “objectif”. Cette préférence va évidemment, dans un premier temps, pour le domaine considéré, du point de vue temporel, évènementiel, “opérationnel” disons, et aussi rationnel. (Dans ce cas, comme dans les nombreux autres, plus loin, où nous utilisons ces qualificatifs dont le principal est évidemment “rationnel”, il doit être entendu que nous parlons de la raison subvertie par le Système, comme nous l’avons déjà expliqué, selon notre point de vue [voir le 18 juillet 2010].) Le constat de Hashem serait alors : il n’existe plus de “médias objectifs” ni de “journalistes objectifs”, – ce qui ouvrirait un autre débat, tout aussi ambigu, sur la signification, voire la définition tout aussi difficilement “opérationnelle” de l’objectivité. Nous allons de débat en débat et d’ambigüité en ambigüité…

Contentons-nous, à ce point, du constat négatif, de ce qui n’existe pas ou n’existe plus, et que nous confirme le naufrage de la réputation d’Aljazeera avec le départ de ses journalistes. Il ne s’agit pas ici de l’histoire d’un complot ou d’un plan à longue échéance pour subvertir Aljazeera, chose qui n’a à nos yeux aucun intérêt. (Disons que l’intérêt de la chose aurait peut-être existé, et encore c’est à voir, s’il nous avait été annoncé en 2004 ou en 2005 qu’Aljazeera tournerait en avril 2011 comme il a effectivement tourné depuis avril 2011 ; mais nous raconter l’aventure aujourd’hui, c’est se parer d’une connaissance rétroactive qui n’a jamais existé en vérité.) Il s’agit ici, au travers d’un exemple fameux, de constater, ou de voir confirmé plutôt l’effacement de la possibilité de l’information, des journalistes et des médias qui pourraient prétendre à la soi-disant “indépendance”, ou, dit plus justement, à l’“objectivité” selon les normes courantes, – que nous qualifions de “rationnelles” et de “temporelles”.

L’explication évidente est que nous sommes parvenus à une époque où plus aucune référence fixe, “objective”, n’existe. La dissolution voulue par le Système (dito, “la modernité”, pour fixer historiquement la chose) est arrivée à son point d’accomplissement et le Système a jeté le masque, pour tenter de s’affirmer “référence absolue” ; un peu comme, dans le destin de l’URSS, l’État s’était effacé derrière “le Parti”, et “le Parti” devenant la nouvelle réalité du pouvoir et de la perception du monde. Mais le Système, même s’il le veut ainsi, n’est absolument pas et définitivement pas une “référence absolue”, même s’il exerce un empire hermétique sur le monde ; il existe une contestation qu’il ne parvient pas à réduire, d’ailleurs pour des raisons qui lui sont propres et lui ôtent tout espoir d'y parvenir jamais (l’illustration de cela étant la transformation de sa dynamique de surpuissance en dynamique d’autodestruction) ; d’autre part, et décisivement pour notre compte, et de notre point de vue affirmé péremptoirement, il n’a, du point de vue rationnel et temporel, aucune légitimité et il ne peut en avoir par le fait même qu’il dénie par son action les principes structurants dont la légitimité elle-même, et il ne peut donc être une référence. Par conséquent, la subjectivité règne, sans plus aucune référence objective, et notamment, et d’une façon très fondamentale, dans l’information et dans le système de la communication.

Il s’agit de la confirmation d’une situation qui a commencé à s’installer dans toute sa puissance depuis plusieurs années. (Se rappeler, comme point de départ de cette situation dans sa phase terminale comme nous la connaissons, l’affirmation officielle de l’utilisation du mensonge comme démarche officielle, comme affirmation officielle, cela notamment annoncé par Rumsfeld en 2002 [Voir le 13 mars 2003.]) Même Aljazeera, dans sa période que nous, antiSystème, estimons vertueuse, ne représentait nullement une position rationnelle et temporelle objectivement vertueuse. Aljazeera était de parti pris antiSystème. Que la chaîne ait changé comme on le voit depuis avril 2011 ne nécessitait aucun plan, aucune machination, mais simplement une décision de ceux qui détiennent le pouvoir, et par rapport auxquels nulle indépendance n’est possible, par définition évidente, contre lesquels il est absurde de se révolter dans le cadre qui est le leur et qu’ils contrôlent. Simplement Aljazeera-vertueux (selon notre entendement qui est un parti pris et nullement une référence objective, certes) a correspondu à un temps de convergence avec les intérêts du Qatar à présenter une information antiSystème … Avec cette évolution nouvelle d’Aljazeera, on revient à une autre orientation dont rien ne prouve, du point de vue rationnel et temporel, qu’elle soit mauvaise puisqu’il n’existe plus aucune référence objective qui puisse définir ce qui est mauvais et ce qui ne l’est pas.

En effet, et d’une façon plus générale en allant à la question fondamentale, rien de rationnel et de temporel ne nous permet même d’affirmer que le Système (la modernité, par conséquent) est mauvais, à cause de cette absence de référence objective. Et nous ajouterons, pour clore cet aspect de la réflexion, que nous ne pleurons nullement la fin, dans le domaine qui nous concerne, de la rationalité et de la temporalité des références objectives, et de l’objectivité, parce que, telles que ces choses existèrent précédemment, elles existèrent faussement. Les “‘références objectives” et l’“objectivité” étaient des faux nez qui finissaient par vous conduire à la conclusion que le Système, ou la modernité, – et cette fois, disons plus volontiers “la modernité” que le Système puisque l’affirmation avait valeur “morale”, sinon “philosophique”, – constituait effectivement, même si avec quelques réformes et progrès à faire, les références objectives et l’objectivité en question. Aujourd’hui, nous en sommes débarrassés et, de même que nous ne pouvons pas affirmer “objectivement” que le Système est mauvais, nous ne pouvons pas non plus, – nous ne pouvons plus affirmer “objectivement” qu’il est bon. Le “progrès” de notre point de vue est, certes, dans ce deuxième point.

Tout cela, – “références objectives” et “objectivité” considérées d’un point de vue rationnel et temporel, – est donc balayé, aujourd’hui d’une façon irréfutable. Il s’agit d’une situation “rationnelle et temporelle”, qui se situe effectivement dans les normes de notre opérationnalité terrestre, qui est ainsi privée de références. Ainsi soit-il et tout est bien…

Une “objectivité haute” pour une “guerre haute”

“Tout est bien”, effectivement, pour notre compte. Nous acceptons complètement de ne dépendre, désormais, d’aucune référence objective et donc impérative dans un champ temporel et rationnel ; nous revendiquons même cette situation. Nous faisons cela avec d’autant plus d’empressement que cette référence objective, lorsqu’elle existait dans la période précédente où triomphait le Système, avant de trépasser comme on le constate, nous enchaînait finalement au Système et à la modernité puisque nous savons bien, en fonction du rapport des forces temporelles et rationnelles existantes et des rapports incestueux du Système et du pouvoir qui disposait encore des restes de la légitimité, que c’est au Système qu’il revenait finalement de fixer les normes de l’objectivité. Cette perte complète de références que certains vivraient comme une confusion et un désordre apocalyptiques particulièrement dommageable pour une conscience claire des évènements ne fait, pour nous, que confirmer un sentiment que nous qualifierions, pour notre compte, de “libération eschatologique” ; c’est-à-dire, une libération qui nous rend quitte de processus rationnels mentaux trompeurs qui constituaient autant de liens avec une perception, d’apparence rationnelle également, menant effectivement à un processus d’enchaînement au Système. La fin de l’objectivité temporelle et rationnelle nous libère d’une tromperie fondamentale.

Nous nous sentons en effet complètement libres, sans la moindre obligation de quoi que ce soit, sans avoir de compte à rendre à aucune puissance temporelle et rationnelle, pour pouvoir affirmer d’une façon catégorique ce point fondamental qui gouverne tout le reste que le Système est mauvais, qu’il est le Mal en soi. Nous affirmons que cela est une vérité qui n’a nul besoin d’être démontrée, et que c’est la vérité fondamentale, qui gouverne et organise tout le reste ; et nous affirmons que cela doit servir de référence objective, non plus temporelle, rationnelle et opérationnelle, mais une référence d’intuition haute, une “référence haute” si l’on veut, qui dépasse les attendus ou plutôt les faux-attendus temporels et rationnels. Cela signifie donc que, pour nous, l’objectivité, en étant détruite complètement dans sa dimension temporelle et rationnelle comme nous le constatons aujourd’hui, renaît triomphalement, dans le domaine supra-humain, là où est sa place naturelle, hors des manigances du Système, et comme représentation évidente de la vérité. L’essentiel, puisque le Système est le Mal, est bien de trouver sa référence essentielle hors des rets du Système.

Nous sommes donc absolument, totalement antiSystème et nous avançons cette affirmation avec une fermeté et une conviction extrêmes d’une part, objectivement d’autre part. Pour nous, il s’agit d’un choix dans cette sorte de débat suprême qui engage la dignité et la grandeur de l’esprit, mais ce choix est affirmé comme une démarche qui se réfère à l’objectivité, définie à partir d’une référence hors-Système et représentant évidemment la vérité. D’une part c’est une responsabilité et un engagement personnel, d’autre part c’est la logique même puisqu’on ne peut affirmer un jugement sur le Système si la référence qu’on utilise fait partie du Système. Dans ce processus, l’inconnaissance nous est d’une aide précieuse, sinon vitale ; à la fois pour nous dégager des rets du Système en évitant de nous engager dans des labyrinthes pour rechercher des vérités parcellaires qui auraient une valeur tronquée et insignifiante, et nous obligeraient à nous tourner vers des références du Système lui-même, revenant à cette “objectivité” faussaire ; à la fois, pour nous dégager de certaines alliances de circonstance, avec des “partis” qui se veulent antiSystème mais qui en sont en fait les prisonniers, comme nous le serions sans l’aide de l’inconnaissance ; à la fois pour mieux pouvoir considérer le Système dans sa spécificité globale, et mieux identifier sa substance maléfique, en évitant cette atomisation de l’esprit qui est en vérité sa dissolution, dans “les labyrinthes” de la recherche des connaissances futiles et trompeuses.

Affirmer cette “objectivité” hors-Système et hors du jeu temporel et rationnel, certes, – mais la démontrer ? (Comme on serait tenté de l’exiger, selon le “réflexe” rationnel.) Cela est impossible, tout comme l’est sa définition, et selon les mêmes arguments. Toute démonstration pour prouver l’existence de cette “objectivité haute” impliquerait une mortelle contradiction interne avec l’usage d’une démarche temporelle et rationnelle qui, à nouveau, nous ferait retomber dans le Système puisque la raison et son expression temporelle sont, dans la situation présente, perverties par le Système. Nous ne prouvons pas notre objectivité pour soutenir notre jugement sur le Système, nous l’affirmons, d’une certaine façon impérativement, en nous appuyant effectivement sur notre intuition ; nous dirions que, pour les autres, accepter cette démarche relève du modèle du “pari pascalien”.

Dans le cadre du rangement des relations de celui qui se conforme à cette règle avec les autres, et pour notre cas, l’essentiel pour nos relations avec nos lecteurs dans notre situation de chroniqueur, d’historien, etc., qui relève souvent dans sa forme de la temporalité et de la raison, l’essentiel c’est bien d’avancer toutes ces considérations par loyauté. C’est en effet dans ce domaine de notre méthodologie, qui est devenue si spécifique et inhabituelle, qu’il convient d’informer et d’impliquer activement nos lecteurs ; cela signifie une demande, sinon une prière, de nous lire d’une façon très spécifique. Notre loyauté impérative est par conséquent d’affirmer clairement à quelle forme d’objectivité nous nous référons, selon les considérations et les définitions qui précèdent. Notre loyauté est que chacun en soit avisé ; et il nous paraît que le cas contraire est faussaire et trompeur ; il nous paraît évident que nombre d’autres esprits, qui agissent selon des impulsions similaires ou, dans tous les cas, aussi inhabituelles mais qui s’en défendent, ou bien l’ignorent et en général traitent sarcastiquement la sorte d’explication que nous proposons, se conduisent alors en faussaires et en trompeurs.

Il est bon de le dire et que les lecteurs le sachent pour que tout le monde comprenne bien, même si l’on ne se comprend pas. Lorsque tel ou tel texte (sur la maniaco-dépression du monde, sur la métaphysique du Rafale, ou, plus simplement, sur le destin de Ron Paul, pour prendre des exemples récents), suscite des commentaires, non sur le fond mais sur la méthodologie de la réflexion, et par conséquent, sur la forme de la pensée de l’auteur, voire sur l’équilibre de sa psychologie, nous voyons bien combien il est nécessaire de bien réaliser ce que nous avons tenté de définir. Il est évident que nous ne pouvons être compris, ni même accepté, par une pensée fermée et compartimentée, évoluant forcément au sein du Système, de politologue, d’économiste ou de “moraliste”-salonard, parce que ces pensées s'appuient sur des références temporelles et rationnelles, et modernistes, et font de leur connaissance (connaissance-Système par définition) leur valeur suprême et “sérieuse”. Nous leur reprochons alors de ne pas savoir, eux qui prétendent savoir beaucoup, que ces références n’ont plus aucune valeur puisque l’objectivité, qui est la somme transmutée vertueusement de toutes les références, n’existe plus à ce niveau… (Par contre, nous, nous comprenons ce qu’est la pensée du politologue ou la pensée de l’économiste, ou la pensée du “moraliste”-salonard, suffisamment pour nous en défier décisivement et ne pas nous y arrêter dans la forme qu’elle propose.)

Notre but n’est pas de diagnostiquer l’état mental de tel ou tel dirigeant, de donner un argument de vente inédit à un avion de combat ou d’annoncer la victoire de Paul, mais de montrer, d’expérience, d’évidence et d’intuition que le Système est une pathologie en soi, qui représente le Mal sans aucun doute, et qu’il est néanmoins vulnérable parce qu’en mode d’autodestruction. Ces différentes approches, selon une “référence haute” et une objectivité hors-Système (au-dessus du Système) y concourent manifestement. La multiplicité des thèmes abordés et des façons de les aborder ne fait que refléter la présence universelle du Système, et l’infection dissolvante qui va avec, dans toutes choses réduites au temporel et au rationnel subissant la même infection… A chacun de réaliser tout cela, de s’en arranger ou pas, etc., de décider enfin, d’accepter ou non cette approche, – mais en connaissance de cause et en n’espérant pas une seconde, lorsqu’il s’agit de la critique, qu’une référence-Système suffira à prouver la valeur de cette critique ; au contraire, cela, pour nous, vaudra plutôt confirmation que notre voie est la bonne.

Ce propos qui nous a entraîné sur la voie d’une plaidoirie pro domo qui est plutôt une explication puisqu’elle se passe volontairement de l’argumentation courante dont elle n’a que faire, ne doit pas en rester là, – c’est-à-dire à notre cas spécifique. Au contraire, nous affirmons l’universalité de ce débat, comme essentiel pour la bataille en cours, qui porte non sur le produit des pensées (de nos pensées) mais bien sur la forme de la pensée, – sur sa forme “objective”, en un sens ; la plaidoirie devient donc celle d’une pensée audacieuse et libératrice, s’évadant hors du Système et s’élevant au-dessus de lui pour mieux le considérer dans sa globalité hermétique et le considérer pour ce qu’il est. Ce propos doit donc être placé en rapport avec ce que nous avons proposé et tenté de définir comme cette “guerre nouvelle”, qui est celle de la perception, du choix de la référence pour atteindre à l’objectivité haute et hors-Système, et cette guerre avec le moyen et autour de l’usage du système de la communication. Cette “guerre nouvelle” est une “guerre haute” comme il y a une “crise haute” qui lui correspond, mais elle porte sur toutes les activités extrêmement terrestres du Système et les ripostes antiSystème, extrêmement terrestres elles aussi, qu’il faut lui opposer. A la façon que Nietzsche philosophait, c’est une pensée qui prétend à la hauteur mais qui s’exerce à coup de marteau, et qui frappe, qui frappe, et qui frappe encore, – disons, jusqu’à ce que la bête meure…


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