L’été où mon pays devint fou

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L’été où mon pays devint fou

S’il se passe des choses extraordinaires en Europe, avec l’affaire grecque et l’UE qui se dévoile comme un orque hideux servi par une Secte et dont nous sommes tous les prisonniers et les victimes, ce qui se passe aux USA n’est pas si mal non plus, et moins éloigné qu’on ne le croit du désastre européen. Wesley Pruden, éditorialiste officiel du Washington Times, qui suit ces affaires-là de la folie américaniste, ou une sorte de “folie dans la folie” (folie des extrémistes renchérissant dans le domaine de l’américanisme déjà atteint par la folie du Système), écrit le 13 juillet 2015 “cet été où le pays devint fou” («The summer the nation went mad», – le texte est mis en ligne ci-dessous)... C’est un été remarquable aux USA, où les catastrophes écologiques (la sécheresse en Californie) semblent s’accorder un répit avec juin et juillet assez agréables sur cet immense pays, comme si la nature, si complètement torturée par le sapiens, avait voulu mettre un répit à l’exposition de ses souffrances pour que le sapiens exposât mieux sa folie complète à lui. Sapiens, opportuniste, ne se l’est pas fait dire deux fois.

Depuis la tuerie de Charleston (nuit du 17-18 juin) et l’arrestation d’un jeune homme prétendant agir au nom du soi-disant suprémacisme de la Confédération des États du Sud, Dixie (le drapeau sudiste) en bandouillère, l’Amérique est effectivement devenue folle, – et singulièrement l’Amérique “progressiste”, postmoderniste, antiraciste et adepte d’un nouvel ordre sociétal (féminisme, gays, etc.). Au départ, le mouvement vient de l’establishment Africain-Américain axant son effort sur la dénonciation du Sud dans la Guerre de Sécession, le but étant de revaloriser une présidence Obama qui s’est avérée d’une médiocrité-Système standard alors qu’elle était annoncée comme “libératrice, – pensez, le “premier président black”... L’establishment Africain-Américain doit en effet verrouiller, au sein du Système, les privilèges engrangés grâce à cette présidence. Jusqu’ici, rien que du classique-Système où les grandes vertus morales sont magnifiquement servies.

Le premier objectif de la folie a donc été le Sud de 1861-1865 et le drapeau Dixie. Cette Guerre de Sécession est sans nul doute le conflit qui été le plus sciemment déformé dans sa vérité de situation par la plus formidable entreprise de subversion de l’information, de désinformation, de “narrativisme”, de toute l’histoire du système de la communication. La Guerre de Sécession est presque symétriquement l’inverse de ce qu’on en fait, et une documentation très abondante pendant près d’un siècle où une sorte d’“armistice” mémoriel avait permis à toute une école d’historiens d’établir la vérité à cet égard permet de faire une excellente analyse de l’action subversive du Système. Qu’il suffise de savoir, outre ce qu’on peut retrouver sur ce site (voir par exemple le 1er décembre 2012) que cette guerre eut pour but et pour effet effectif de «transformer, – pour le pire, – la nature du gouvernement des États-Unis et de sa société en permettant au capitalisme sauvage du Nord de remodeler le mode de vie et la structure sociale des Américains à sa propre image» (Charles et Mary Beard, cité dans La désinformation pendant la guerre de sécession, Alain Sanders, L’Étoile du berger). C’est-à-dire que cette guerre telle qu’elle fut menée par les vainqueurs, et dans ce but effectivement, constitue la matrice originelle du gouvernement et de la politique-Système qui opérationnalisent le Système par le moyen de cette puissance des USA.

La version officielle était donc, avant les évènements mentionnés, d’ores et déjà complètement faussaire. Et c’est là-dessus qu’il importe d’en remettre... Depuis Charleston, l’attaque pour radicaliser cette version officielle-faussaire a été colossale et complètement terrorisante pour l’esprit. Mais fausser ce qui est déjà faussaire conduit à des excès qui conduisent aux territoire du grotesque comme on le voit dans de nombreux cas aujourd’hui, ce qui peut se retourner contre les auteurs du forfait, on s’en apercevra et l’on s’on aperçoit d’ores et déjà. Là-dessus, l’attaque, qui n’a cessé de s’amplifier comme y forcent les psychologies épuisées de ces figurants-Système emportés par la puissance du déterminisme-narrativiste désormais partout en activité surpuissante, s’est élargie à tous les thèmes et territoires mémoriels des USA, en y cherchant hystériquement pour les anéantir les moindres signes d’une mémoire qui ne s’accorderait pas au révisionnisme maximaliste des croisés de la repentance. Tout, absolument tout est touché, y compris le billet de $20 où l’on veut remplacer l’image du président Jackson par l’anti-esclavagiste du XIXème siècle Hariet Tubman, les lieux et symboles des Pères Fondateurs (Jefferson, Washington, Madison) dont on découvre (!) qu’ils étaient de terribles et vicieux esclavagistes, – avant, sans doute, de découvrir chez l’un ou l’autre quelque plan secret préfigurant la Shoah...

«Mais les neuf Chrétiens abattus [à Charleston] sont oubliés dans la fureur développée contre les reliques et souvenirs de la Confédération, écrit Pruden. Il y a les innombrables demandes que tout ce qui a le moindre rapport, même dans les esprits les plus déments, avec le passé “verboten” doit être excisé, expurgé et oublié. Les mémoriaux des Pères Fondateurs qui possédèrent des esclaves, y compris Washington, Madison et Jefferson, sur brusquement politiquement incorrect, et l’on doit envisager de “faire quelque chose” à ce propos. Une horde doit toujours proclamer qu’il faut “faire quelque chose”. Même le “Stars & Stripes” qui flotta sans remords au-dessus de l’Amérique esclavagiste pour près d’un siècle, devrait être modifié pour refléter “la vraie Amérique”, peut-être avec les couleurs arc-en-ciel projeté sur la Maison-Blanche d’Obama à la place du rouge des bandes du drapeau.

» L’hystérie de la horde s’est évidemment saisie de l’actuelle campagne présidentielle, à laquelle il reste quinze mois. L’actuelle campagne devrait rapidement être conclue pour novembre de l’année prochaine, pour enfin laisser place à la campagne de 2020, pour laquelle on attend qu’Hillary lancera sa troisième campagne parce qu’elle doit être inéluctablement devenir présidente un jour ou l’autre, cette fois avec sa fille Chelsea comme candidate vice-présidente. Les Clinton pensent haut et fort...»

Cette singulière contagion délirante est moins dérisoire que ne laisseraient penser la faiblesse sinon l'absence d'effet sur les questions les plus immédiates, politiques, stratégiques, etc. Tout se passe pour l’instant dans la sphère de la communication, mais l’on sait que c’est bien là le domaine déterminant des affaires du monde. Ce qui apparaît dans cette sphère de la communication, c’est une sorte d’esprit s’apparentant à celui de la révolution culturelle de l’époque Mao, avec l’extrémisme continuellement dépassé par sa propre exacerbation, conduisant effectivement à des situations où la démence commence à caractériser une évolution intellectuelle effectivement complètement prisonnière du déterminisme-narrativiste, avec le crétinisme robotisé devenant une des démarches favorites de l’intelligence ainsi “révisée”.

Bien entendu, le catalogue du champ d’action s’est élargi bien au-delà des seules questions historiques autour de la Guerre de sécession, et l’on y inclut désormais les questions sociétales en vogue (le féminisme, les gays, le “mariage pour tous”, qui vient d’être imposé à tous les États de l’Union par la Cour Suprême, etc.), accroissant encore les divisions et heurtant de plein fouet une masse de citoyens conservateurs, attachés aux traditions et aux valeurs de l’américanisme. Emportée par cette dynamique, la “révolution culturelle” développée dans le champ de la communication ouvre des voies d’affrontement véritables que divers commentateurs commencent à souligner, impliquant une véritable “guerre civile culturelle”. Le 10 juillet 2015, Patrick Buchanan écrivait, appelant à l’incivisme devant certaines lois proclamées dans ce vent de folie, comme l’a fait la Cour Suprême avec le “mariage pour tous” : «If a family disagreed as broadly as we Americans do on issues so fundamental as right and wrong, good and evil, the family would fall apart, the couple would divorce, and the children would go their separate ways. Something like that is happening in the country.

»A secession of the heart has already taken place in America, and a secession, not of states, but of people from one another, caused by divisions on social, moral, cultural, and political views and values, is taking place. America is disuniting, Arthur Schlesinger Jr. wrote 25 years ago. And for those who, when young, rejected the views, values and laws of Eisenhower’s America, what makes them think that dissenting Americans in this post-Christian and anti-Christian era will accept their laws, beliefs, values?

»Why should they?»

... Sans aucun doute, ce qui doit d’abord être conservé de ces divers constats, et que met en valeur le texte de Pruden, c’est le climat de déraison, d’irrationalité, l’embrasement de l’esprit et l’épuisement psychologique que cela implique. Encore plus qu’un affrontement culturel, il s’agit d’abord des effets des pressions incessantes du Système dans son activité de surpuissance, qui finit par provoquer de véritables instabilités démentes. Dans ce sens, il y a une similitude caractéristique entre les deux situations américaniste et européenne, dans la mesure où l’on peut aisément considérer que le comportement des diverses élites européennes dans l’affaire grecque relève effectivement d’une sorte de démence qui ne semble plus avoir guère d’intérêt pour la dissimulation, qui irait même jusqu’à se présenter glorieusement pour ce qu’elle est. La crise d’effondrement du Système dans sa phase actuelle continue à dévaster les psychologies et fait désormais entrer les intelligences concernées dans le vaste domaine de la psychiatrie. Il y a déjà foule.

dedefensa.org

 

 

The summer the nation went mad

We’ll remember this as the summer the nation went mad. Lynch mobs are usually brought to the boil by a heinous event, encouraged by heat, humidity and harangue. There was a heinous event, now all but forgotten, but this is hardly a long, hot summer. There’s a drought in Southern California but June and July have been moderate and pleasant, with considerable rain, nearly everywhere else. Nevertheless, a lynch mob with tar, feathers, rails and ropes has been on the scout for somebody to harass, hurt or hang.

Mobs are usually raised from the ranks of the poor, the wretched and the hangers-on from the refuse of the shore, as in Emma Lazarus‘ famous poem at the Statue of Liberty. But not this time. The usual masters of successful rabble-rousing, Al Sharpton and the Rev. Jesse Jackson, have taken a holiday. We can’t blame them. The usual shouters on all sides have been strangely quiet.

This time the leaders are the “respectables,” as the elites imagine themselves: know-it-all academics, the usual pundits looking for attention, rectors and reverends and other divines out to get a few lines in the public prints, governors, senators, mayors and assorted politicians in pursuit of voters with unrequited grievances.

So far the mob hasn’t employed the rope, so far as we know, perhaps because the respectables don’t know how to tie an effective noose, and have contented themselves with digging up old soldiers in the South, changing street names, razing ancient statuary, throwing out politically incorrect stained glass at the cathedral in Washington that purports to represent the nation, all to eliminate the last traces of good men and true honored by the men and women of their generation.

The New York Times even tried to make a scandal of a new novel — a novel! — that draws a literary hero as an accurate representative of his times and place, as if the reviewer and her editors could not discern the difference between art and reality, fact or fiction.

No one can tell exactly what set off the mob. Some put the spark at the Emanuel Methodist Episcopal Church in Charleston, South Carolina, where nine devout Christians of the African persuasion were mercilessly murdered by an apprentice barbarian with a gun. Photographs of him posing with Confederate and American flags, as if he understood any better than the respectables what those flags represent, put the mob in a frenzy of frothing-at-the-mouth anger. Suddenly there was breaking news from 1865, and the newspapers, television networks and everybody with a laptop were all over it. This was the revenge the Radical Republicans failed to exact at the end of a civil war that had morally and physically exhausted the people who fought it.

But the nine slain Christians have been all forgotten in the frenzy over Confederate relics and souvenirs. There are the inevitable demands that everything connected, even in demented minds, with the verboten past must be excised, expunged and forgotten. Memorials to founding fathers who owned slaves, including Washington, Madison and Jefferson among early presidents, are suddenly politically incorrect, and consideration must be given to doing “something” about them. A mob can always figure out “something.” Even the Stars and Stripes, which flew over undisturbed American slavery for nearly a century, might be altered to reflect “the real America,” perhaps with the rainbow which Barack Obama painted the White House.

The mob hysteria inevitably embraces the current presidential campaign, which has only 15 months to run. The current campaign must be concluded by November next year to make room for the beginning of the campaign of 2020, when Hillary is expected to make her third race as the inevitable president, perhaps with Chelsea as her running mate. The Clintons think big.

Donald Trump sets every respectable Republican’s hair on fire, makes his teeth itch and his hands reach for the smelling salts. Nearly all the 28 Republican presidential candidates, or whatever the current number is this morning, elbowing each other aside to get out of the old mob to get into the new one, are eager to throw a rock at the Donald. Buffoon or not, the Donald has got the number of the respectables, who come to Washington to do good and stay as long as they can do well.

The Republicans always talk a good game but rarely play one, satisfied after they get to Washington to follow the example of the Democrats they replace, to guard the inventory of their perks, surrounded by aides and go-fers to speak for them, listen for them and when necessary go to the toilet for them. All hat, as the Texans say, and no cattle.

Wesley Pruden

 

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