Le Saker in French

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Le Saker in French

Nous voulons et nous nous devons de signaler et de saluer à la fois le lancement (à la mi-juin) du site The Vineyard of the Saker en “version française”, ou “Point de vue d’un oiseau sur le vignoble”. Désormais nous pourrons écrire “Le Saker” en plus d’écrire The Saker (voir le 30 mai 2014), comme nous nous limitions à faire jusqu’ici. Il s’agit à première vue d’une traduction en français des articles du site The Vineyard of The Saker, meilleure source aujourd’hui sur les événements d’Ukraine ; mais ce n’est qu’une première vue qui s’avère toujours, à l’examen, une bien courte vue. “Le Saker”, c’est donc The Saker en français, mais c’est bien plus que cela.

Quelques observations générale : comme The Saker, “Le Saker” est ce qu’on nomme un blog, à la différence d’un “site”, mais selon une définition technique qui nous paraît un peu courte, elle aussi. Pour nous, un “site”, comme un blog qui-n’est-pas-vraiment-un-blog, est une véritable entité d’information, de chronique et de commentaire ; il se définit par sa diversité, une certaine rigueur du travail dans la sélection au cœur de cette diversité, une volonté de monter un véritable instrument d’information et de le structurer en artefact de communication. Il se différencie du blog comme on entend la chose par sa structure, son extension, une volonté objective de répondre aux événements du monde pour les décrire et tenter de les expliquer, et ainsi de ne pas s’en tenir à la seule humeur de celui qui le fait, – même si cette définition n’exclut pas l’humeur, et même si les écrits d’humeur ont toute leur valeur et leur noblesse. Pour cela et selon ce point de vue qui est le nôtre, même s’il a la forme d’un blog “Le Saker” est un site.

“Le Saker” présente aussi la particularité, bienvenue, de dépasser largement sa source originale. Certes, il donne de très nombreuses traductions du Saker original, mais il y ajoute des traductions régulières d’au moins deux autres sources très intéressantes : les chroniques dites de “L’œil itinérant” de Pépé Escobar, sur ATimes.com, et certains articles de ZeroHedge.com, de Tyler Durden. Il y ajoute des traductions ponctuelles d’articles, notamment en provenance de Russie (par exemple l’article de Valentin Mandrasescu, pour La Voix de la Russie du 3 juillet 2014, que nous avions cité le même 3 juillet 2014, qui paraît sur “Le Saker-français” le 4 juillet 2014). Enfin, il y a des articles ou des reprises d’articles d’autres sources, notamment françaises (voir un article de Jean-Paul Baquiast, du 24 juin 2014).

“Le Saker” est une initiative d’une équipe qui semble productrice d’une très grande activité, avec déjà de très nombreux articles, en général d’excellentes traductions. Tout cela invite le lectorat français, toujours caractérisé par son individualisme de caractère (si différent jusqu’à en être l’opposé de l’individualisme économique de la robotisation hyperlibérale) à réaliser combien l’internet est un formidable instrument transnational de résistance, un outil de subversion du désordre subversif qui nous est imposé (fameuse tactique du contre-feu), c’est-à-dire une force qui utilise en les unissant les individualismes de caractère pour attaquer frontalement l’individualisme économique robotisé ; avec cela, une mise en page simple et claire, un appareil de communication important (notamment des vidéos d’illustration), etc.

La maîtresse d’œuvre de l’entreprise est l’astronome Claude Roddier, épouse de l’astronome François Roddier, dont nous avons cité et utilisé le livre Thermodynamique de l’évolution, notamment dans un Faits & Commentaires du 11 octobre 2012, «L’entropisation de l’écrevisse». Nous citons ci-dessous un passage substantiel de présentation du site (blog) “Le Saker”, – dont nous trouverons certainement une dénomination-maison dans nos futures références à lui, – par exemple “Le Saker-français” déjà venu sous la plume un peu plus haut, peut-être en attendant mieux... Il s’agit donc d’un texte de Claude Roddier, du 22 juin 2014.

«Je souhaiterais maintenant faire une petite analyse. Ce qui me frappe est l’efficacité de la coopération lorsqu’elle survient spontanément dans un monde dominé par la compétition. Le Saker a employé le mot de “spontaneous self-organization” un mot dont j’entends régulièrement parler par mon mari, François Roddier, dans son blog et dans son livre “Thermodynamique de l’évolution”. Nous sommes tous deux des astronomes à la retraite et je ressentais ces belles théories de “structures dissipatives” et de thermodynamique appliquée aux sociétés humaines comme la suite des théories que nous connaissions et appliquions dans notre travail, mais je n’arrivais pas à penser qu’elles étaient toutes prêtes à s’appliquer à notre vie de tous les jours. En fait notre environnement est tel qu’elles s’appliquent parfaitement. Nous sommes en train de vivre une transition semblable à celle des petits mammifères du temps des dinosaures. Pour échapper aux dinosaures, qui leur rendaient la vie difficile, ils sortaient la nuit. Lorsque les dinosaures se sont éteints, ils se sont multipliés, puis ont évolué pour donner naissance à notre propre espèce.

»Les journalistes de la presse officielle, dinosaures modernes de la communication, ne cessent de se montrer dans le plus grand nombre d’endroits possibles. Les membres de notre équipe, et le Saker par la même occasion, refusent de donner leur identité. Je crois que je connais une seule véritable identité parmi les personnes avec qui j’ai échangé plusieurs messages chaque jour depuis une semaine. Les nouveaux sites sont de plus en plus anonymes. Ceux que je connais depuis longtemps sont liés à des personnes ayant rendu publique leur identité, Olivier Berruyer, Paul Jorion, Philippe Grasset par exemple, alors que Bertrand Gaideclin et combien d’autres préfèrent rester en retrait. Est ce que la “guerre tiède” commence à se faire sentir chez nous et que, sans même en être tout à fait conscients, nous adoptons des comportements qui sont ceux de résistants de pays où la guerre ne fait plus semblant d’être tiède ?

»Avant l’effondrement la compétition est maîtresse mais quand l’effondrement approche la coopération se met en place. C’est bien ce que nous constatons entre nous. C’est la coopération des membres de notre petite équipe, mais aussi de tous ceux et celles qui donnent beaucoup de leur temps à maintenir sites et blogs, celle de leurs lecteurs et commentateurs.

»Nous sommes les premières pousses de l’humanité de demain.»

Notre commentaire à nous s’exprime dans le constat fondamental du regroupement dans notre époque de crise d’effondrement du Système : qu’il importe que s’effectuent des regroupements de type antiSystème, que ces regroupements se font effectivement, qu’ils se font naturellement, librement, par la simple attraction d’une résistance commune. Ce “constat fondamental” se poursuit par l’observation, illustrée par le sujet de ce texte, que ces regroupements se font de plus en plus rapidement et efficacement à mesure que l’équation surpuissance-effondrement du Système produit un formidable désordre planétaire dont l’expansion est exponentielle, intenable à terme de plus en plus court, suscitant des résistances de plus en plus fermes. Ces regroupements évidemment antiSystème se font effectivement de manière naturelle, parce que des forces puissantes sont désormais en action dans ce sens, avec l’enjeu de la destruction du Système, et de la contre-civilisation dont le Système est l’instrument opérationnel.

“Le Saker-français” est une excellente entreprise de diffusion de l’information pour un public français extraordinairement frustré à cet égard, notamment pour ce qui concerne la crise ukrainienne elle-même, mais aussi pour la crise ukrainienne dans ses dimensions exceptionnelles qui dépassent très largement le cadre de l’Ukraine. (Voir notre texte du 24 mars 2014.) D’autres sujets sont également abordé, ce qui est l’évidence même tant est nécessaire la globalisation de la résistance contre la globalisation de l’attaque déstructurante du Système. D’une façon spécifique, “Le Saker-français” ouvre une perspective capitale, pour le public français, sur la réalité de la Russie actuelle, sur son rôle naturel, opérationnel et surtout spirituel dans la lutte antiSystème.

Que nous le voulions ou non, que nous la sachions clairement ou pas, nous sommes dans la même galère, heureusement de mieux en mieux gréée. Nous gardons nos propres spécificités mais nous affrontons la même tempête. Le vent souffle comme jamais ; diable, nous ne sommes plus très loin du Force 12. On se met à la cape, certes ; c’est non seulement pour tenir, c’est aussi pour résister et pour contre-attaquer.


Mis en ligne le 5 juillet 2014 à 14H45

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