Le “maître de toutes les défaites” chez le psy...

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Le “maître de toutes les défaites” chez le psy...

C’est à partir du texte de James Petras que nous développons cette réflexion. Petras, excellent commentateur des affaires internationales qui prend ses aises avec le Système, nous donne une analyse complète de ce qu’on nommerait si l’on avait l’esprit accommodant et toute confiance dans la “raison-rationnelle” (*), la “Grande Stratégie” de Trump. En fait de “stratégie” et puisque nous préférons la “raison,-raisonnable” (*) pour en juger, il s’agit sans aucun doute de l’application dans une politique d’une pathologie psychologique que nous jugeons absolument actuelle, et absolument révélatrice de notre temps, qui est l’hypomanie, – c’est-à-dire, selon notre conception sans la moindre préoccupation pour la médecine psychiatrique qui est dans ce domaine complètement dans le flou, l’épisode maniaque de la maniaco-dépression élevé au rang obsessionnel et écrasant du seul comportement possible pour éviter de (re)tomber dans la dépression.

Petras commence son texte par ces trois paragraphes : 

« Depuis un certain temps, les critiques des politiques du président Trump les attribuent à un trouble mental; maniaco-dépression incontrôlée, narcissisme et autres pathologies.

» La question de la santé mentale de Trump soulève une question plus profonde: pourquoi ses pathologies prennent-elles une direction politique spécifique ?

» De plus, les décisions de Trump ont une histoire et des antécédents politiques, et découlent d'une logique et d'une croyance en la raison et en la logique du pouvoir impérial. »

... Et l’on remarquera que Petras ne répond pas, ne prend pas position sur la question implicite contenue dans son premier paragraphe : Trump est-il un maniaco-dépressif narcissique (c’est-à-dire, pour faire court selon nous et sans souci des hypothèses médicales, un hypomaniaque refusant la phase dépressive) ? Il l’évoque, et puis il passe avec une habile transition qui fait le lien entre la pathologie et la stratégie, à l’analyse de la “stratégie” de Trump. Pour nous, cette rapide évolution des sujets à partir d’un constat qui semblerait relever du potin, mais qui n’en relève nullement, pour en venir au sujet principal de l’analyse est une forme d’acquiescement sans le dire. Dans tous les cas nous le prenons ainsi : Trump est un maniaco-dépressif transformant cette pathologie en hypomanie narcissique pour s’éviter à lui-même le retour à la réalité qu’est la dépression suivant l’épisode maniaque. Et ainsi comprend-on pourquoi “ses pathologies” prennent une direction politique spécifique, qui est celle de l'américanisme et de la modernité, eux-mêmes affectés des mêmes pathologies. (**)

Cette affection n’a rien pour faire crier à l’accident catastrophique comme geignent nos excellences européanistes : Trump présente tous les symptômes de l’américanisme, mais poussé à l’excès et à l’extrême, sans le moindre frein. Avec lui, le roi (l’américanisme) est nu ; pour cette raison, nous tenons sans le moindre doute que sa “stratégie”, ce que décrit Petras, est le projet américaniste conduit à son extrême, c’est-à-dire (bis) tout ce qu’on veut sauf un accident. Le projet américaniste est effectivement la destruction du monde, comme nous l’avait annoncé en son temps (1997) notre “Barbare jubilant” d’alors, le colonel Ralph Peters...

La description de la “stratégie” de Trump ressemble à une sorte de “Bréviaire de la Barbarie”(comme d’autres, en leur temps, parlèrent d’un Bréviaire de la haine). Il n’est question que de force dynamique, c’est- à-dire de la puissance utilisée comme moyen coercitif de faire céder tous ceux qui sont faibles, qui respectent la légalité, qui se situent par rapport aux principes, qui respectant la légitimité, etc. Il s’agit de la pure utilisation de la puissance pour une déconstruction suivant le schéma dd&e (déstructuration-dissolution-entropisation), dans le but final de la néantisation qu’est l’entropisation, le tout enrobé ans des concepts grossiers et complètement invertis tels que démocratie, liberté, capitalisme. Cette stratégie est l’ennemie jurée de ce que nous jugeons être les principes essentiels du concept de civilisation : harmonie-équilibre-ordre... Cette stratégie est l’ennemie de toute spiritualité, elle est absolument un avatar du Mordor de Tolkien.

Tout cela s’appuie sur ce que nous nommons “l’idéal de puissance”, – par opposition à l’“idéal de perfection” gréco-romain, selon l’historien Guglielmo Ferrero. En ce sens, les USA ont pris la suite de l’Allemagne impériale-puis-nazie, pour opérationnaliser la modernité dans sa phase catastrophique qui se déclenche avec ce que nous nommons “le déchaînement de la Matière” (1776-1824 avec la Révolution américaniste, la Révolution française et la révolution du choix de la thermodynamique). Voilà le programme de Trump, sous forme du businessman modernisé en star de la téléréalité, qui se moque de toute forme de légalité, de souveraineté et de légitimité. Trump est le meilleur bateleur de l’américanisme, mais sans doute a-t-il le défaut de l’être un peu trop, – et vraiment, avec lui le roi est nu jusqu’à nous montrer ses moindres orifices...

Après avoir énoncé les buts de Trump s’accordant à ce “Bréviaire de la Barbarie“ fondé sur l’“idéal de la puissance”, Petras énumère les catastrophes qui attendent toutes ces entreprises. L’explication est, pour nous, simple et évidente, – parce que, bien sûr, selon nous Petras ne peut qu'avoir raison. Si l’“idéal de puissance“, l’hypomanie narcissique américaniste n’ont jamais été aussi forte, le cynisme et la cruauté de la puissance jamais autant pratiqués, l’illégalité et l’illégitimité du crime organisée érigées en référence aussi visibles, par contre, tous les outils de cette entreprise sont pourris jusqu’à la moelle et sentent déjà la putréfaction. La psychologie de l’américanisme croule sous la corruption et le déterminisme-narrativiste qui forcent à vivre dans un univers parallèle tapissé des seuls mensonges et conduisant à des décisions évidemment faussaires et malheureuses ; la technologisation est à bout de souffle et produit désormais des outils de puissance invertis, produisant eux-mêmes des actes et des performances d’autodestruction de leur propre puissance ; la communication ne se reconnaît même plus et ne se comprend plus elle-même tant elle évolue dans le simulacre sans fin, dont elle ne sait même plus qu’il s’agit d’un simulacre.

En conséquence de quoi, Petras prévoit autant de catastrophes qu’il y a de buts stratégiques dans l’action de Trump. Il termine en “épilogue” par un parallèle instructif avec Nixon et sa fameuse “madman theory” dont on pourrait croire parfois que Trump s’en inspire. Mais les deux hommes sont aux antipodes, Trump étant le double négatif de Nixon, qui fut le plus grand président des États-Unis pour la matière de  politique étrangère :

« Nixon a réussi à promouvoir la coexistence pacifique.

» Trump est le “maître de toutes les défaites”. »

Ci-dessous, une adaptation en français du texte de James Petras, “Reasons Trump Breaks Nuclear-Sanction Agreement with Iran, Declares Trade War with China, and Meets with North Korea”, sur UNZ.com le15 mai 2018.

dedefensa.org

Notes

(*) Cette distinction entre la “raison-rationnelle” et la “raison-raisonnable” est de Charles Maurras, tel que Jacques Paugin en fait l’analyse dans L’Âge d’or du maurrrasisme. (Voir l’émission Historiquement Show, du 27 avril 2018.) La “raison-rationnelle” est la raison qui s’appuie sur les idées des idéologies, et elle correspond à ce que nous désignons comme la “raison-subvertie”, qui constitue l’essentiel de la catastrophe moderniste de l’esprit. La “raison-raisonnable” est la raison qui tient compte des faits et échappe aux pièges idéologiques et donc à la subversion totalitaire de la modernité.

(**) On ne débat pas ici du cas du point de vue de la médecine qui prétend l’avoir bien identifié et qui en réalité nage en pleine confusion. Qu’on sache simplement mais avec toute la force d’un calvaire qui a duré cinq années à son paroxysme, et plus de dix ans pour l’ensemble de la pathologie en donnant comme effet une vie de couple et de famille totalement désintégrée, – qu’on sache que nous connaissons intimement ce qu’est 1) un(e) maniaco-dépressif(ve), et 2) un(e) hypomaniaque qui prolonge inconsciemment autant que faire se peut l’épisode maniaque de crainte de tomber dans la dépression. Nous avons intimement affronté ce problème, d’un point de vue personnel sinon intime dans le chef d’une autre personne, et nous pouvons au moins garantir la complète ignorance des psychiatres devant cette affection si courante parce qu’elle est absolument le Mal de la nature humaine, spécialement sinon spécifiquement dans la période de la modernité. Les extraordinaires variations dans la seule description de la pathologie chez une bonne demi-douzaine de psychiatres que nous avons consultés (que j’ai consultés) rendent compte de la totale impuissance de la science médicale devant ce cas. La seule réponse est du type chimique-médicamenteux avec tous les effets “collatéraux” qu’on imagine. Ce cas fondamental est à mon sens complètement adéquat pour rendre compte de la situation psycho-politique du monde, et du cas Trump en tant qu’archétype de l’américanisme. (Voir le Glossaire.dde-crisis, “La maniaco-dépression du monde”.) – PhG.

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Pourquoi Trump agi comme il le fait

Introduction

Depuis un certain temps, les critiques des politiques du président Trump les attribuent à un trouble mental; maniaco-dépression incontrôlée, narcissisme et autres pathologies.

La question de la santé mentale de Trump soulève une question plus profonde: pourquoi ses pathologies prennent-elles une direction politique spécifique ?

De plus, les décisions de Trump ont une histoire et des antécédents politiques, et découlent d'une logique et d'une croyance en la raison et en la logique du pouvoir impérial.

Nous allons examiner la raison pour laquelle Trump a adopté trois décisions stratégiques qui ont des conséquences historiques mondiales, à savoir: la renonciation de Trump à l'accord nucléaire avec l'Iran, la déclaration de Trump d'une guerre commerciale avec la Chine et la rencontre de Trump avec le président de la Corée du Nord.

En bref, nous allons explorer les raisons politiques de ses décisions; ce qu'il espère gagner; et quel est son plan de réserve s'il ne parvient pas à obtenir les résultats escomptés et si ses adversaires subissent sans trop de mal les représailles.

Le cadre stratégique de Trump

L'hypothèse sous-jacente de la pensée stratégique de Trump est que “la puissance, ça marche” : plus sa posture est intransigeante, plus sa croyance en un monde unipolaire basé sur le pouvoir américain est grande. Comme corollaire, Trump interprète tout allié, adversaire, concurrent qui cherche des négociations, la réciprocité ou les concessions, comme un “faible” devant être l’objet de contraintes et contraint à concéder de plus grandes concessions encore et autres sacrifices, jusqu’à l’ultime objectif de la capitulation et de soumission. En d'autres termes, la politique de la force de Trump reconnaît seulement la contre-force: les limitations dans les politiques de Trump ne se produiront que lorsque des pertes économiques et militaires tangibles et des pertes de vies américaines auront miné assez profondément la domination impériale américaine.

Raisons de la rupture de l'accord avec l'Iran

Trump a rompu l’accord avec l'Iran parce qu’il diffère de l’accord initial et idéal recherché. Cet “accord idéal“ était basé sur le maintien des sanctions américaines contre l'Iran ; le démantèlement total de son programme nucléaire ; la mise en cause du rôle limité de l'Iran à l’avantage d’éventuels alliés US au Moyen-Orient.

Les concessions unilatérales de l'Iran, –  limiter ses activités de commerce militaire de défense contre des opportunités de marché, – a encouragé Trump à croire qu'il pourrait intimider militairement l'Iran en lui interdisant tous ses marchés.

Trump voit le président Rohani comme un marchand de tapis et non comme un stratège militaire. Trump estime qu'une pression économique conduira le président Rohani à sacrifier ses alliés en Syrie, au Liban (Hezbollah), au Yémen (Houthi), en Palestine (Hamas) et en Irak (les chiites) et à démanteler sa stratégie de défense en abandonnant les missiles balistiques.

Trump poursuit l'objectif stratégique d’affaiblir l'Iran et de préparer un changement de régime, pour ramener l’Iran au rôle d’un état-client – comme c'était le cas avec le Shah, avant la révolution de 1979.

La deuxième raison de la politique de Trump est de renforcer la puissance militaire d’Israël au Moyen-Orient. Le régime Trump est profondément influencé par le Zionist Power Configuration (ZPC) aux États-Unis, surnommée “le Lobby”.

Trump reconnaît et se soumet aux diktats sionistes israéliens parce qu'ils ont un pouvoir sans précédent dans les médias, l'immobilier, la finance et les assurances. Trump reconnaît le pouvoir de la ZPC d'acheter des voix au Congrès, de contrôler à la fois les partis politiques et de garantir des nominations dans le pouvoir exécutif.

Trump est l'autoritaire type : il prend à la gorge les faibles, les citoyens, ses alliés et ses adversaires et il est à genoux devant la puissante ZPC, l'armée et Wall Street. La soumission de Trump au pouvoir sioniste renforce et dicte sa décision de rompre l'accord de paix avec l'Iran et sa volonté de faire pression. La France, l'Allemagne, le Royaume-Uni et la Russie doivent sacrifier des accords commerciaux de milliards de dollars avec l'Iran et poursuivre une politique visant à faire pression sur Téhéran pour que ce pays accepte le programme de désarmement et d'isolement unilatéral de Trump. Trump croit qu'il peut forcer les multinationales de l'UE à désobéir à leurs gouvernements et à respecter les sanctions.

Raisons de la guerre commerciale avec la Chine

Avant la présidence de Trump, en particulier sous le président Obama, les États-Unis ont lancé une guerre commerciale et effectué un “pivotement” de leur puissance militaire vers la Chine. Obama a proposé le Pacte Trans-Pacifique pour exclure la Chine et il a dirigé une armada aérienne et navale vers la mer de Chine méridionale. Obama a mis en place un système de surveillance de grande puissance en Corée du Sud et a soutenu des exercices de guerre à la frontière nord-coréenne. La politique de Trump a approfondi et radicalisé la politique d'Obama.

Trump a prolongé la politique belliqueuse d'Obama envers la Corée du Nord, exigeant la dénucléarisation de son programme de défense. Le président Kim de Corée du Nord et le président Moon de Corée du Sud ont conclu un accord pour ouvrir des négociations en vue d'un accord de paix mettant fin à près de 60 ans d'hostilité.

Cependant, le président Trump a rejoint la conversation sur la présomption que les ouvertures de paix de la Corée du Nord étaient dues à ses menaces de guerre et d'intimidation. Il a insisté sur le fait que tout règlement de paix et la fin des sanctions économiques ne seraient possibles que par un désarmement nucléaire unilatéral, le maintien des forces américaines sur la péninsule et la supervision par des inspecteurs approuvés par les Etats-Unis.

La déclaration unilatérale de Trump d'une guerre commerciale contre la Chine a accompagné sa conviction que les menaces militaires ont conduit à la “capitulation” de la Corée du Nord sous la forme d’une promesse de mettre fin à son programme nucléaire.

Trump a imposé un tarif douanier commercial de plus de 100 milliards de dollars d'exportations chinoises afin de réduire son déséquilibre commercial de 200 milliards de dollars sur deux ans. Il a demandé à la Chine de mettre fin unilatéralement à “l'espionnage” industriel, au “vol” technologique (tout cela, fausses accusations), avec vérification trimestrielle par les USA de la conduite conforme de la Chine.

Trump a exigé que la Chine ne riposte pas avec des tarifs ou des restrictions, sous peine de faire face à des sanctions plus importantes.

Trump a menacé de répondre à tout tarif décidé en riposte par Pékin, avec des tarifs encore plus élevés, et des restrictions sur les biens et services chinois.

Les objectifs de Trump visent à convertir la Corée du Nord en un satellite militaire fiché sur la frontière nord de la Chine, et une guerre commerciale entraînant la Chine dans une crise économique.

Trump croit que, à mesure que la Chine décline en tant que puissance économique mondiale, les États-Unis vont croître et dominer l'économie asiatique et mondiale.

Trump croit qu'une guerre commerciale réussie mènera à une guerre militaire réussie. Trump croit qu'une Chine soumise, basée sur son isolement du marché américain “dynamique”, renforcera la quête de Washington pour une domination mondiale incontestée.

Les dix thèses erronées de Trump

Le programme politique de Trump est profondément défectueux!

Briser l'accord nucléaire avec l’Iran et imposer des sanctions sévères a isolé Trump de ses alliés européens et asiatiques.

Son intervention militaire enflammerait une guerre régionale qui détruirait les champs pétroliers saoudiens. Il conduirait l’Iran à poursuivre la mise en œuvre d’un armement nucléaire contre l'agression américano-israélienne. La guerre serait longue, coûteuse et finalement perdue pour les USA.

Les politiques de Trump vont unifier tous les Iraniens, les libéraux et les nationalistes, et miner le parti qui veut collaborer avec les USA.

Le monde musulman entier unifiera ses forces et portera le conflit à travers l'Asie, l'Afrique et le Moyen-Orient.

Les attaques de Tel-Aviv conduiront à des contre-attaques en Israël.

Le prix du pétrole grimpera en flèche, les marchés financiers s'effondreront, les industries feront faillite.

Les sanctions de Trump et l’agression militaire contre l'Iran mèneront à une destruction économique mutuelle.

La guerre commerciale de Trump avec la Chine conduira à la perturbation de la chaîne d'approvisionnement qui soutient l'économie américaine et en particulier les 500 multinationales américaines qui dépendent de l'économie chinoise pour les exportations vers les États-Unis.

La Chine augmentera sa consommation intérieure, diversifiera ses marchés et ses partenaires commerciaux et renforcera son alliance militaire avec la Russie.

La Chine a une plus grande résilience et la capacité de surmonter les perturbations à court terme et de retrouver son rôle dominant en tant que puissance économique mondiale.

Wall Street subira un effondrement financier catastrophique qui plongera les États-Unis dans une dépression mondiale.

Les négociations de Trump avec la Corée du Nord ne déboucheront sur rien tant qu'il demandera le désarmement nucléaire unilatéral, le contrôle militaire américain sur la péninsule et l'isolement politique de la Chine.

Kim insistera sur la fin des sanctions, et un traité de défense mutuelle avec la Chine.

Kim proposera de mettre fin aux essais nucléaires mais pas aux armes nucléaires. Après que Trump ait renié l'accord sur l'Iran, Kim reconnaît que les accords avec les États-Unis ne sont pas dignes de confiance.

Conclusion

Les postures bruyantes et menaçantes de Trump constituent un réel danger pour la paix et la justice dans le monde. Mais ses hypothèses sur les conséquences de sa politique sont profondément erronées. Il n'y a aucune raison de penser que ses sanctions renverseront le régime iranien ; qu'Israël survivra indemne d'une guerre avec l'Iran ; qu'une guerre pétrolière ne nuira pas à l'économie américaine ; que l'Europe permettra à ses entreprises d'être exclues du marché iranien.

La guerre commerciale de Trump avec la Chine est morte-née. Il ne peut pas trouver d'autres sites de production pour les multinationales américaines.

Il ne peut pas isoler la Chine sur le marché mondial, car cette puissance a des liens avec les cinq continents.

Trump ne peut pas dominer la Corée du Nord et la forcer à sacrifier sa souveraineté sur la base de promesses économiques vides pour lever les sanctions.

Trump se dirige vers des défaites sur tous les points. Mais il peut emmener le peuple américain dans l'abîme nucléaire dans le processus.

Épilogue

Les menaces de guerre de Trump font-elles partie d'une stratégie de bluff et d'emphase destinée à intimider, afin d'obtenir des avantages politiques? Trump pratique-t-il la tactique dite de la “madman theory” de Nixon-Kissinger, selon laquelle le secrétaire d'État disait à ses adversaires d'accepter ses demandes “raisonnables” ou de faire face à un président capable du pire (une attaque nucléaire) ? Je ne pense pas.

Contrairement à Trump, Nixon n’a pas été mené par le bout du nez par Israël. Contrairement à Trump, Nixon n’était pas conseillé par des partisans de la guerre nucléaire. Contrairement à Trump, Nixon a ouvert les États-Unis pour commercer avec la Chine et a signé des accords de réduction nucléaire avec la Russie.

Nixon a réussi à promouvoir la coexistence pacifique.

Trump est le “maître de toutes les défaites”.

James Petras

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