Le fric se tire : Chicago comme Detroit ?

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Le fric se tire : Chicago comme Detroit ?

Cela fait de nombreuses années (sans remonter à Capone pour rester dans la séquence actuelle) que Chicago subit une situation d’insécurité exceptionnelle aux USA. On peut rappeler ici la récente “Brèves de crise” à propos de l’intervention de Bill Clinton dans une affaire polémique, dont l’occasion de départ était une remarque faite par sa femme Hillary concernant l’activité des gangs africains-américains à Chicago, cette remarque remontant à 1997. Ces derniers temps, divers échos nous ont fait part de l’aggravation vertigineuse de la situation de Chicago, avec une véritable “fuite” des “très-riches” de cette ville à cause de la situation d’insécurité. (Follow the Money, cela vous donne parfois de ces indications précieuses que le Système n’aime pas trop voir se répandre...)

ZeroHedge.com a rassemblé plusieurs textes, ce 12 avril, pour donner rapidement une image de la situation actuelle de la ville, avec une fuite sans précédent des “très-riches”, donc des capitaux en langage capitalistique, cela accompagnant une situation de l’insécurité en constante aggravation. (141 personnes assassinées dans les trois premiers mois de l’année, contre 82 dans les trois premiers mois de 2015.) Voici ce texte qui est présenté sous le titre « Rich Flee “Crime Infested Hell Hole” Chicago Amid Racial Strife, Civil Unrest ».

« Those who pull the strings are apt to push racial division and general chaos, as the economic avalanche falls in on the population at large.

» As SHTFPlan.com's Mac Slavo notes, uncertain about why finances and money become so difficult, most will fall into the trap of faction-vs-faction on the streets, as the elite helicopter away on profits derived from our general demise. Taxpayer bailouts, harsher regulations, and more and more policing of every aspect of life would soon follow. If Chicago goes the way of Detroit, it will be not only because of crime and racial tension, but because the jobs, the opportunity and the future have all been shipped overseas and sold off to the highest bidder.

» According to CNN, 141 people were murdered in Chicago during the first three months of the year, which is 71.9% higher than the 82 people who were killed in the same time frame last year. Even more astonishing for a city that prides itself on tackling guns, is the fact that shootings during the first three months of the year have gone up 88.5%, from 359 in 2015, to 677 in 2016. In other words, gun violence has nearly doubled over the past year.

 » CNN interviewed several residents in Chicago about the explosion in violence, and they all seemed to blame it on the economy. “If you really want to stop this epidemic of violence, the best way to stop a bullet is with a job” explained one resident.

» While there is certainly merit to that, the economy isn’t the sole contributing factor to violence. In fact, all crime rates declined in the United States following the crash of 2008. Maybe it’s time for the city to admit that making it easier to own and carry a weapon would also alleviate their horrendous crime rates.

» The city is well on its way to joining the likes of Detroit, and there may be no escaping that eventuality. That’s why many of the city’s wealthy elites are getting the hell out of there.

» The Chicago Tribune reports that roughly 3,000 millionaires have left the city over the past year alone, which amounts to about 2 percent of their wealthy population. This is the largest exodus of wealthy people in the United States, and one of the largest in the world. Paris and Rome are the only cities that lost more millionaires than Chicago in the same time period.

According to research, many of these elites are relocating to other cities in the United States such as Seattle and San Francisco, which saw a net inflow of millionaires over the past year. When asked about why they were leaving Chicago, most of these millionaires cited racial tension and rising crime rates.

» If you happen to live in Chicago, take a hint from the people with insider knowledge and connections, and get out while you still can. »

La situation de Chicago, qui est la ville du président et dont le maire est son ancien Chef de cabinet Rahm Emmanuel, est particulièrement importante et symbolique parce que cette ville est l’une des plus importantes des USA selon les données statistiques habituelles et, sans doute après New York, la ville la plus importante aux USA comme plaque tournante et coordinatrice des activités économiques et financières. Chicago est au fond la capitale du “centre” des USA indifférente à toute influence extérieure, à la fois centralisatrice de l’économie agricole, de certains centres de hautes technologies (Boeing a transporté son centre social de Seattle à Chicago), de la structure financière qui va avec, et pour cela un peu le cœur des USA capitalistes. Pourtant, les gangs mexicains de la drogue, qui sont complètement de l’autre côté vers le Sud, remontent jusqu’à elle et alimentent depuis plusieurs années les gangs africains-américains de la ville, dans les quartiers “difficiles” (comme l’on dit en France) en pleine extension, soutenant une montée en flèche de la délinquance qu’il est interdit d’identifier à la communauté africaine-américaine sous peine d’être cloué au pilori pour hérétique et relaps par rapport à la bienpensance du catéchisme postmoderne. A Chicago, la pègre italo-américaine bien organisée et très attentive aux vertus familiale héritées du catholicisme malgré les fous tels que Capone a été remplacée par l’anarchie africaine-américaine soutenue par les filières de la drogue mexicaine, elles-mêmes plus ou moins manipulées ou aidées par divers services de la CIA qui sont dans le trafic de drogue depuis des décennies.

De ce point de vue, Chicago est aussi une sorte de symbole de l’évolution des USA et, pour cela, beaucoup plus cosmopolite et “multiculturelle” à la mode postmoderne, beaucoup plus représentatif du destin des USA que Detroit, qui dépendait d’une industrie spécifique (l’industrie automobile). Si Chicago évolue vers le sort absolument apocalyptique et de fin-du-monde de Detroit, comme le laissent entendre les quelques observateurs cités, c’est beaucoup plus un signe annonciateur du sort des USA que le sort de Detroit.

Certes, Chicago ne représente pas le n°1 de la fuite des “très-riches”, cet honneur douteux étant réservé à Paris et à Rome, qui sont deux capitales de deux pays au long passé de tradition en crise profonde, notamment due à la lèpre de la postmodernité que sont la perte de l’identité et la déstructuration sociale entraînées par la globalisation. L’on pouvait donc penser, lorsqu’on mesure la différence de tension du à ces fléaux que nous nous nous infligeons à nous-mêmes entre l’Europe plongée dans la crise des migrants et les USA qui prétendent être la référence de toutes les migration de la misère et du désespoir, que les USA échapperaient justement aux réactions qu’on constate en Europe. Il n’en est rien, bien entendu...

L’abandon de Chicago par ses “très-riches” est un signe beaucoup plus désespérant et significatif que le même phénomène à Paris et à Rome. C’est une indication de la profondeur de la crise des USA qui, au contraire de l’Europe, sont faits pour supporter ces tensions de la postmodernité et de la globalisation, et qui ne les supportent plus du tout. Si la postmodernité et la globalisation suscitent, par leurs effets pervers, la désertion de ceux (les “très-riches”) qui ont créé la postmodernité et la globalisation, c’est le signe d’une contradiction interne qui devrait s’avérer très rapidement insupportable, qui s’avère d’ores et déjà insupportable comme le montrent les remous de la présidentielle-2016. L’élection de 2016 est parfaitement un miroir de l’Amérique-2016.

Et cela se passe l’année où le premier président africain-américain venu de Chicago termine sont mandat, lui qui était censé marquer symboliquement la fin des maux initiaux de la Grande République, notamment le racisme après l’esclavage, et la délinquance comme cadeau inattendu de la soi-disant intégration, se contentant des habituels signes extérieurs ou symboles de la chose. L'échec est à mesure... Malgré l’énorme crise financière de l’automne 2008, la différence entre l’élection d’Obama il y a huit ans et sa fin de présidence ressemble à celle qui existe entre l’aube et le crépuscule.

Mais qu’importe à Obama, cela, puisque lui-même est certainement en passe de transiter de la fonction de président à l’état de “très-riche”, et il est bien probable que ce n’est pas à Chicago, où il fera de temps en temps une visite protocolaire pour mesurer le désastre, qu’il ira finir ses jours avec sa sympathique famille. Il a donc joué son rôle de “house slave” qui avait pour but de dédouaner les USA de tout soupçon de racisme et sort de la maison du maître (la Maison-Blanche, la bien-nommée) en laissant derrière lui tous les maux de l’Amérique exposés à ciel ouvert, dans une crise sans précédent.

C’est Harry Belafonte qui, en 2002, avait traité les Africains-Américains Powell et Rice (Condi) de « house slaves in the Bush administration », – et l’on comprend que “house slave” désigne l’esclave qui joue auprès de son maître le même rôle que le “collabo” vis-à-vis de l’occupant ou du Kapo dans les camps d’extermination. Depuis, Belafonte s’était extasié, comme tous les progressistes qui crachaient sur GW Bush, de l’arrivée et de la tenue de l’Africain-Américain BHO, qui pourtant continua parfaitement, et en mode-turbo, la même politique-Système que GW, conformément aux consignes du Système (le vrai maître de “la maison du maître”). On ne gardera donc de lui (de Belafonte) que l’image qu’il avait publiquement exprimée en 2002 pour les serviteurs africains-américains du Système dans sa représentation sous la forme de GW Bush, pour l’offrir en cadeau d’adieu à Obama.

... On en arrivera à conclure que l’aventure sur son terme du même Obama est moins définie par le dédouanement totalement raté des USA de ses maux, que par la chute dans l’anarchie et la déstructuration de “sa” ville, Chicago, qui montre que la postmodernité et la globalisation finissent très rapidement par dévorer ceux-là même qui nous ont imposés la postmodernité et la globalisation. La particularité notable de la situation est bien entendu que ces instigateurs-là (les “très-riches”) peuvent fuir pour s’installer quelque part entre les îles Caïman et Panama pour mieux surveiller les comptes off-shore de Poutine. Ils nous font au moins la démonstration que la postmodernité et la globalisation servent aussi, grâce à la mobilité qu’elles procurent à l’argent, à opérationnaliser la catastrophe qu’elles ont provoquée : les soi-disant vertus de la postmodernité et de la globalisation comme illustration de la catastrophe qu’ont suscitée la postmodernité et la globalisation.

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