La valse au sommet Kim-Trump

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La valse au sommet Kim-Trump

Comme chacun est censé le savoir, nous avons vécu en une toute petite semaine, 1) des doutes sur le sommet Trump-Kim ;  2) l’annulation du sommet Trump-Kim ; 3) “Non, après tout cela ne va pas si mal, on se parle” ; et 4) “Eh bien quoi, peut-être bien qu’il aura lieu, ce sommet, à la date prévue...” 5) Post-Scriptum : le président sud-coréen commence à trouver les USA plus qu'accablants.

Difficile de prévoir, la chose étant si incertaine, dans une sens et dans l’autre. Alors, longue vie et gloire à l’Incertitude ! Une chose qui semble bien probable : la crainte peut-être panique de l’entourage de Trump, selon une source qui est une vieille gloire de l’époque, que le sommet ait tout de même lieu et que Trump nous ressorte “le coup de Reykjavik”. (Rencontre impromptue Reagan-Gorbatchev seuls au sommet de Reykjavik en octobre 1986, décision de principe des deux hommes-seuls de liquider tous les armements stratégiques nucléaires, panique générale dans la délégation US qui réussit in extremis à revenir sur cette décision et à noyer le poisson.)

Oyez les avis de James Jatras sur les circonstances de ce fantôme costaud de sommet-volant entre Kim et Trump, et de Michal S. Rozeff sur l’extraordinaire désordre qui habite l’administration Trump, et l’extraordinaire amateurisme du président dans les choix de son entourage. “D.C.-la-folle” représente aujourd’hui, sans beaucoup de doute, la gouvernance nationale la plus catastrophique par le désordre et l’inefficacité, certainement de tout l’hémisphère Nord, et peut-être bien des à-peu-près 200 pays qui constituent le tissu-patchworkde la gouvernance mondiale.

• James Jatras : « L'annulation du sommet Trump-Kim était quelque chose qui, je pense, a été bien accueillie par une grande partie de l'équipe autour du président Trump qui ne voulait pas que cette réunion ait lieu comme premier acte politique. Ils n’ont vraiment pas confiance en ce qui se passerait si Trump et Kim se rencontrent et se font face et qu’ils trouvent quelque chose à faire ensemble qui n’aurait pas été préparé et contrôlé par tous les différents spécialistes et experts. Il y a beaucoup en jeu, et bien des arguments pour ne pas vouloir un accord avec la Corée du Nord.

» Mais je pense que cela a peut-être échoué. Les Sud-Coréens ont été pris de panique lorsque la réunion a été annulée. Nous avons vu que le président Kim et le président Moon se sont rencontrés du jour au lendemain. Et je pense qu’il y a une tentative au plus haut niveau pour remettre cette chose sur les rails, ce qui est vraiment une excellente chose.

» J’ignore si les gens, ici à Washington, ne vont pas nous sortir un autre lapin de leur chapeau saborder à nouveau ce truc... Nous vivons dans une période très incertaine en ce moment. »

• Michael S. Rozeff : « Compte tenu de la débâcle coréenne, il n'y a encore aucun signe que Trump ait apprenne rand’chose. Apprendre quoi et dans quel domaine ? D'une part, apprendre à fixer des rencontres dans le domaine de la politique étrangère. Il a choisi Pence, Pompeo et Bolton et beaucoup d'autres clowns comme Nikki Haley. Son équipe de la première année était une blague. Est-ce que Trump réalise encore qu'il donne aux gens de cette trempe une position de pouvoir, un micro et une licence pour parler au détriment de tout le monde, y compris de lui-même ? A-t-il appris que les personnes nommées par le gouvernement n'agissent pas comme des employés d'entreprise ? A-t-il appris que les ambitions et les armes de ces personnes nommées sont plus féroces et plus mortelles que tout ce qu'il a rencontré dans le monde des affaires ? A-t-il encore appris que le champ de bataille politique est beaucoup moins sous son contrôle et beaucoup plus sournois [que le monde des affaires] ? A-t-il appris l’art de la ruse politiques ? A-t-il appris à quel point ses plus proches conseillers sont traîtres ? »

 

Mis en ligne le 27 mai 2018 à 16H32