La saison des Femen

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La saison des Femen

La saison estivale approchant à grands pas, nous aimerions nous pencher un peu sur le phénomène de la Femen. Faisant partie d’une sorte de Cirque Barnum de la constellation Soros, la Femen tient le rôle d’une prostituée sacrée des temps modernes. Prêtresse d’un culte néo-païen qui n’a rien de nouveau sous le soleil, la Femen s’évertue à profaner les autels et autres lieux « sacrés » des anciennes religions du livre. Égérie d’une mouvance qui semble avoir été mise en orbite afin d’abattre les symboles de la cité des patriarches, la Femen s’acharne, telle une harpie, sur les dépouilles d’une chrétienté qui n’est que l’ombre d’elle-même. Bref, la Femen demeure le complément indispensable du surnuméraire de l’Opus Dei.

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Actives sur le front de la foi, mais, tout autant, celui des jeux du cirque, les Femen se donnent en spectacle sur des terrains d’opération qui sont médiatisés au gré d’un imposant déploiement d’effectifs. Importées d’Ukraine, les troupes de choc de la constellation Soros interviennent lors d’évènements bénéficiant d’une immense couverture médiatique dans un contexte où le grand public semble passablement désabusé par les spectacles qu’on lui propose. Il s’agit, dans le cadre des « actions directes » de cette mouvance, d’associer le blasphème ou le sacrilège avec une forme de pornographie politique qui se décline sur le mode d’une catéchétique de la rectitude anti-patriarcale.

Mais, au-delà de l’onde de choc médiatisée, le citoyen lambda se gratte la tête face à cet épiphénomène qui ne correspond pas à un mouvement politique ou socioculturel en particulier. Certains évoqueront la prétendue figure mythique du « Women’s Lib » (Women's Liberation Movement) américain des années 60, en précisant que les Femen ne feraient que continuer la lutte féministe sur le terrain de l’agit-prop. Toutefois, dans un contexte où la vulgate féministe a été totalement intégrée à la DOXA du néolibéralisme, il devient impérieux de trouver de nouveaux débouchés à cet instrument de diversion par excellence.

Diviser pour régner

Ainsi donc, le féminisme n’a pas de couleur politique. On s’en réclame à droite, comme à gauche, et l’ensemble de ses revendications constitue un extraordinaire vivier permettant de neutraliser toutes formes de luttes susceptibles de mobiliser le peuple face à l’exploitation des classes dirigeantes. Certaines âmes naïves argueront que la « lutte des femmes » est le complément naturel de la « lutte des classes ». Bien évidemment …

Cependant, une lecture attentive de l’histoire récente démontre, sans équivoque, qu’il s’agit d’une supercherie qui a fait ses preuves depuis que la Fondation Rockefeller s’est employée à financer une constellation d’organismes et de médias dédiée à mousser une « guerre des sexes » fort profitable pour le grand capital. À l’heure où la précarité et la « lutte de tous contre tous » grugent les fondations de la société humaine, le féminisme est devenu un mouvement éclaté qui, à l’instar des multiples guerres locales, se propage sur le mode de la métastase cancéreuse.

La mouvance Femen s’active sur le front des religions du livre et de leur instrumentalisation par un patriarcat autant fantasmé que réel. Il s’agit de profaner les lieux cultuels (essentiellement catholiques ou islamiques) en s’appuyant sur des méthodes d’agit-prop qui ont fait leurs preuves dans le passé. Des slogans sacrilèges sont peints sur la poitrine dénudée de ces égéries d’une lutte à finir contre les fondations d’un patriarcat supposé être la source de tous les maux de l’humanité. Prônant l’établissement d’un matriarcat issu de l’« âge d’or », les Amazones topless se travestissent en nones déliquescentes à l’occasion et vont jusqu’à réclamer l’élection d’une Papesse du Nouvel Âge. Le très débonnaire Pape François pourrait nommer quelques Femen « cardinales in pectore » en attendant qu’un conclave n’élise une vicaire topless du Christ. Enfin, notre « mère l’Église » renouerait avec la figure controversée d’une Marie-Madelaine enfin réhabilitée à l’ère du « n’importe quoi ».

D’autres idiotes utiles du mondialisme

Judicieusement, certains oligarques, tels un George Soros, n’hésitent pas à consacrer d’importantes sommes afin de mousser les activités des Femen dans un contexte où cette mouvance néo-féministe participe à la mise en place de « révolutions colorées » destinées à déstabiliser des régimes ou des mouvements de résistance au rayonnement de l’« Empire ». Le mouvement Femen a vu le jour en Ukraine, terreau symbolique d’une guerre des « droits de l’homme » destinée à aplanir les différences socioculturelles, économiques ou religieuses qui retardent la mise en place des blocs continentaux du projet de gouvernance mondiale.

Désormais, la Femen fait partie de l’agenda médiatique et, à l’instar de la marmotte, ses coups d’éclat annoncent invariablement une saison estivale qui sera chaude et mouvementée. Deux représentantes de la Femen à poitrine graffitée ont été capturées le 4 juin dernier, alors que le Grand Prix de la Formule 1 du Canada attirait les foules à Montréal. Une des deux Femen à poitrine graffitée s’est livrée à une séance d’exhibitionnisme printanier en montant sur une tribune où était exposée une rutilante voiture de sport et elle s’est mise à hurler « Montreal is not a brothel ! » (Montréal n’est pas un bordel). La foule des badauds, principalement des américains de sexe masculin, ne savait pas s’il fallait s’en plaindre ou s’en réjouir, se contentant de prendre quelques clichés affriolants de la Femen qui posait les jambes toutes grandes ouvertes, affalée sur le capot de la bagnole tant convoitée.

The medium is the message

Il fallait s’y attendre – cela faisant partie du rituel printanier de la Femen – les médias montréalais ont tous dénoncé l’« odieuse opération policière » entourant la capture des deux spécimens européens de passage en terres d’Amérique. Chose amusante, des volées de Femen s’abattent de plus en plus sur les grandes messes sportives, telles que les Coupe du Monde de football ou les Grands Prix de la Formule 1. Elles y dénoncent le fait que ces grandes messes sportives soient devenues des lupanars fort lucratifs. Ce qui n’est pas faux, en passant. Exhibant un « fuck the … » bien senti sur sa fière poitrine, la Femen met un terme à sa migration en échouant sur un préau achalandé, préférablement par des mâles hétérosexuels (voire métrosexuels) en rut ou des catholiques véhéments.

Curieuse façon de faire que cette habitude de se dévêtir, de s’autograffiter et de finir par adopter une posture qui s’apparente, dans la plupart des cas, à une violente crise d’épilepsie. Cette nudité n’a plus rien à voir avec celle des Women’s Lib des années 60, à une époque où l’agit-prop (agitation au service de la propagande) était plutôt bon enfant. La Femen dénonce l’exploitation du corps de la femme en adoptant la posture d’une péripatéticienne hystérique et cette imposture idéologique trahit son instrumentalisation par les néoconservateurs actifs au sein de la constellation Soros. Le medium de la Femen (son corps réduit au rôle de vignette pornographique) constitue son message (l’exploitation des femmes par le patriarcat doit cesser)… véritable tautologie qui trahit trop bien l’état des lieux. Les Femen sont des instruments d’aliénation et non pas de libération.

Le parasite s’incruste

Le terme féminisme comprend sa propre racine féminine … alors que le néologisme Femen est une contraction de deux termes complémentaires : fem (femme) et men (homme). Ainsi donc, cette création néoconservatrice participe (à son insu ?) au grand projet téléologique du Transhumanisme. La (le) Femen est, de facto, un être androgyne qui s’est affublé de la dépouille d’une vestale dénudée afin de contribuer à perturber les rapports homme-femme au sein de la cité. À une époque où les médias mainstream pérorent à longueur de journée à propos de l’odieuse exploitation de la gent féminine par les hommes –prédateurs naturels, il va de soi – il fallait en rajouter une couche pour que la coupe déborde. C’est le rôle de la Femen que de faire déborder la coupe. Les coups d’éclats de cette cohorte téléguidée doivent contribuer à semer un vent d’hystérie sur la voie publique afin d’atteindre son but. La Femen c’est un peu l’égérie de la dernière révolution colorée mise en orbite : le Transhumanisme.

La dénonciation d’un patriarcat qui n’existe plus dans les faits – ayant été complètement neutralisé par l’appareil législatif mis au service du communautarisme de l’ère postmoderne – s’apparente à l’action d’un parasite qui se serait introduit au cœur d’un discours dénué de ses fondamentaux. Il s’agit de faire de la « lutte des femmes » un instrument de promotion de la théorie du genre. Certaines militantes Femen ont, paradoxalement, dénoncé cette théorie tant controversée et n’acceptent pas que les femmes et les hommes finissent par devenir des avatars interchangeables. Trop tard. Leur mouvement a été récupéré par les Caroline Fourest et consort qui dictent, désormais, la rédaction des communiqués de presse qui seront repris par les prompteurs du télé-journal.

Une espèce protégée qui peut blasphémer en toute impunité

Nos gouvernements néoconservateurs ayant la protection de l’environnement à cœur, la Femen à poitrine graffitée fait, désormais, partie des espèces qu’il convient de protéger. Des timbres à son effigie lui sont dédiés, on lui ouvre les portes des parlements et autres chambres basses et, bientôt, c’est la chambre à coucher d’un de nos présidents qui servira de nid pour la ponte estivale d’une Femen consacrée « égérie nationale ». Nous attendons, impatiemment, que le Pape François sorte de son mutisme pour concélébrer une messe au Vatican avec une Femen à poil qui écartera les jambes pendant que le mou prélat, enfin ragaillardi, fera aller son goupillon …

À une époque où le blasphème constitue une forme de diffamation déguisée, des cohortes de Femen seront utilisées afin de profaner tous les rassemblements publics qui ne témoigneraient pas de la nouvelle religion officielle : la transgression des marqueurs de l’humanité. De plus en plus, les migrations de Femen en bande organisée s’apparentent à une nouvelle forme de Comedia dell’arte urbaine. On se souviendra d’une « performance » menée tambours battants l’automne dernier afin de protester contre la venue du Pape à Strasbourg. Les responsables de la communication Femen ayant mis en ligne une vidéo où un groupe de volatiles, cagoulés et poitrine nue, kidnappe un soi-disant prêtre devant l'église Notre-Dame du Perpétuel-Secours, à Asnières-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. Hululant à tue-tête que « Dieu n'est pas un magicien. Le Pape n'est pas un politicien » (nous sommes entièrement d’accord avec les Femen sur ces deux points), les Femen migratrices exigeaient que la visite pontificale soit annulée en échange de la libération du performeur déguisé en prêtre.

Belle performance qui préfigure une nouvelle forme de théâtre populaire qui aura le mérite de nous distraire un peu (pour combien de temps ?) de l’ennuyeuse routine des actualités.

La boucle est bouclée

Égérie fort médiatisée, la Femen est devenue la mascotte de la nouvelle contre-église, un peu comme le Bonhomme Carnaval représente la ville de Québec. Elle se balade avec de vraies ou fausses cartes de presse qui lui permettent de faire irruption, à point nommé, au beau milieu des points de presse donnés par nos représentants politiques. Une d’elles, Neda Topaloski, s’est fait passer, le printemps dernier, pour une journaliste de la revue française Next afin de pouvoir perturber les débats de l’Assemblée nationale du Québec. Il s’agit d’un modus operandi bien connu, puisque deux Femen (Inna Bouton et Elvire Brasson) ont, déjà, utilisé leur carte de presse de l’Associated Press afin de faire irruption lors d’une conférence de presse donnée par Silvio Berlusconi à Milan. Il a été, par ailleurs, démontré que Georges Soros serait un des investisseurs qui soutiennent l’Associated Press, ce qui expliquerait le subterfuge utilisé par la Femen à poitrine graffitée afin d’utiliser les conférences de presse comme nouveau site pour des pontes impromptues.

Prêtresse d’une contre-église qui ne se nomme pas, la Femen est aussi la prophétesse de cette nouvelle société liquide qui fera en sorte que toutes les « commodités » puissent s’échanger en temps réel. Faisant partie d’une espèce protégée par nos environnementalistes urbains, la Femen a de beaux jours devant elle. Il s’agit d’un volatile qui adapte son plumage en fonction des saisons et des lieux de ponte : égérie, prêtresse, manifestante, journaliste et, bientôt, politicienne, la Femen annoncera les changements de température sociétale à venir.

Vendre son âme

Curieusement, la Femen a été dépouillée de son âme propre alors qu’elle semble jouir de toutes les prérogatives imaginables. La Femen est, désormais, le héraut des troupes de choc d’un mondialisme qui s’affiche triomphalement sur les places publiques de nos cités tombées en déchéance. Déguisée en manifestante, la Femen fait semblant de protester contre un patriarcat obsolète, alors que son rôle véritable consiste à annoncer la terrible barbarie qui s’apprête à démembrer nos communautés humaines. Tous sexes confondus.

Il serait, peut-être, utile de rappeler que la mouvance Femen était un proche parent des mouvements néo-païens et nationalistes ukrainiens à ses débuts. L’Ukraine, depuis la chute de l’Empire soviétique, étant devenue la plaque tournante du tourisme sexuel et de la pornographie au cœur des pays de l’Est, il fallait s’attendre à ce que les Ukrainiennes dénoncent de manière virulente ce triste état de fait. Enragées face à ce pitoyable spectacle, les instigatrices de cette mouvance controversée souhaitaient dénoncer l’asservissement de leur peuple, en faisant le lien entre l’exploitation sexuelle des femmes et la colonisation des pays de l’Est par … Oncle Sam !

À mille lieues de la théorie du genre et pas nécessairement « anti-russe », les premières Femen se sont mis à proclamer que « l’Ukraine n’est pas un bordel », en reprenant cette formule à chaque fois qu’elles migraient vers d’autres cités transformées en lupanars glamour et festif. C’est un fait incontestable : les Femen se sont insurgées, très tôt, contre la marchandisation de la cité et le commerce du corps des citoyens réduits en esclavage. Loin d’être un combat strictement féministe, leur « lutte originelle » convergeait avec le nationalisme et le patriotisme, deux vecteurs essentiels de la résistance face aux avancées du rouleau compresseur de l’« Empire mondialiste ». Les grands prêtres à la tête de l’ingénierie sociale ont très vite compris tout l’intérêt qu’il y avait à récupérer ce surgeon d’un néo-paganisme pas si hérétique qu’il n’y parait.

Pointant du doigt les religions du livre – avec le catholicisme comme figure de proue – la mouvance Femen offrait un prétexte en or à nos maîtres réels pour que la lutte contre la marchandisation de la cité soit transformée en dénonciation d’un patriarcat tombé en désuétude depuis belle lurette. Ainsi, le néo-paganisme et une certaine lutte des femmes étaient détournés de leurs objectifs primitifs pour être instrumentalisés dans le sillage de cette nouvelle « religion des droits de l’homme » pavant la voie à l’érection d’une inéluctable gouvernance mondiale. Amina Sbouï et toutes les autres Femens qui ont récemment dénoncé la théorie du genre et l’instrumentalisation de leur mouvance devraient se rhabiller et joindre, pourquoi pas, leur voix à celles des quelques Antigones (mouvance féminine catholique dénonçant l’action menée par les Femens au début) qui ont su se libérer de l’emprise d’un conservatisme qui fraie dangereusement avec certaines officines de l’Opus Dei.

Après tout, lorsque le néo-païen Dominique Venner s’est suicidé dans les entrailles de la cathédrale Notre-Dame de Paris il n’avait certainement pas l’intention de perpétrer un ignoble sacrilège. Son action aura plutôt témoigné du désespoir d’un intellectuel brillant qui avait finit par comprendre que les catholiques et les néo-païens doivent, désormais, unir leur destinée dans un contexte où « les loups sont entrés dans Paris ».

Patrice-Hans Perrier

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