Justin, l'Utah et la NSA

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Justin, l'Utah et la NSA

Comme on le sait, l’État de l’Utah est un point stratégique majeur dans le fonctionnement de la NSA, comme, par conséquent, pour la campagne lancée contre la NSA. (Voir notamment le 5 décembre 2013 et, dans le F&C de ce même 14 février 2014, la citation de Tracy Rosenberg : «The big target is Utah, home of the huge Utah Data Center in Bluffdale, where the provision of 1.7 million gallons of water by the state every day cools the huge supercomputers.»)

Dans Antiwar.com, ce même 14 février 2014, Justin Raimondo enfourche cette cause en désignant l’Utah comme “le tendon d’Achille de l’État de surveillance” et en annonçant qu’une action législative a été lancée dans cet État, similaire à celle qui est en cours désormais dans au moins treize État de l'Union. (Cela, en ajoutant ce détail intéressant de l’énorme masse d’eau exigé par le centre de stockage de métadonnées en cours d’achèvement dans cet État, – près de 7 millions de litres par jour, – alors que l’Utah souffre d’une pénurie d’eau à cause d'une sécheresse persistante, éventuellement mise au compte par certains de la crise climatique, – rencontre des genres, certes.)

«The movement to end the Surveillance State is finally getting serious. With the failure by Congress to rein in the NSA – although the heroic Rep. Justin Amash nearly succeeded in doing so – activists on the state level are mounting a campaign that promises to hit Big Brother where it really hurts – by cutting off the NSA’s water supply at its Bluffdale, Utah, Data Center. A bill introduced in the Utah legislature by state representative Marc Roberts (R-Santaquin) would cut off the water supply to the NSA’s massive facility which will gobble up 1.7 million gallons of water per day – in a state already hit hard by a region-wide drought.»

Il y a donc actuellement quatorze États (en comptant l''Utah) qui sont engagés dans une action anti-NSA au cœur de leurs propres législatives. Parmi ceux-ci, le Maryland, dont nous avons mis en évidence l’importance, quasi équivalente à celle de l’Utah (voir le 12 février 2014). Mais c’est bien l’Utah qui est l’objet de toutes les attentions, notamment, à notre sens, à cause du caractère symbolique de l’énorme complexe de stockage, dans un environnement où l’interprétation symbolique a toujours été très présent, notamment avec la présence de la communauté mormone (62% de la population).

Raimondo décrit la situation actuelle, où un précédent gouverneur semble avoir passé un marché avec la NSA pour la fourniture d’eau, marche désormais largement débattu et contesté, d’autant que les activités et les exigences de la NSA dans l’Utah sont à la fois coûteuses et pauvres en productrices d’emplois. Par conséquent, pense Raimondo, le sort de la proposition de loi anti-NSA, avec menace de coupure d’alimentation en eau, introduite dans la législature de l’État, risque d’avoir un certain succès, et surtout un impact polémique national. Certains, chez les pro-NSA, parlent déjà d’un boycott international de l’État si de telles mesures anti-NSA sont envisagées. Mais Raimondo apparaît très optimiste et ses exhortations ressemblent à un encouragement à une rupture complète avec Washington, – le cri, horriblement “séditieux” pour le Système, de dévolution, de quasi-sécession, – bref, de la déstructuration dissolvante du pseudo-empire en carton pâte.

«Utah state legislators are clearly getting a lot of flak from the voters, and are quite nervous about the Data Center being in their state, but you’d never know that from the national and international coverage of the issue. Spencer Ackerman, writing in The Guardian, deemed the anti-NSA effort “quixotic,” without quite saying why, and the Washington Post, the voice of our political class, contends state legislators are sending “mixed messages” when it comes to the NSA. This is pure spin. One imagines an enormous amount of pressure is now being exerted on these recalcitrant state legislators to go along with the program and allow their state to become world-renown as the NSA’s Mount Doom, but will those ferociously independent Westerners knuckle under? Somehow, I doubt it.

»Just in case they need a little persuading, however, I would suggest that the threat of an international boycott of the state of Utah hanging over their heads might push them in the right direction. That may not be necessary, however, because it looks to me like the local political dynamics are moving in the right direction. [...]

»Forget dealing with this in Washington – the corrupt capital of a world empire that has no regard for the Constitution or the opinions of those they supposedly represent. The only way to dismantle the monstrous Panopticon built in secret by our wise rulers is to subvert it at the local level. We’re through with supplication – now let’s move to resistance. Let the battle cry go up: Turn it off!...»


Mis en ligne le 14 février 2014 à 07H27

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