Jaurès ou Barrès (II)

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Jaurès ou Barrès (II)

La désagrégation des partis politiques traditionnels n’est pas une catastrophe, c’est une bonne nouvelle. Le futur politique de la France passe par une vaste recomposition dans laquelle les vieilles notions de gauche et de droite héritées de 1789 –qui recoupent plus ou moins la notion conservatisme/progressisme– devront être éliminées comme des peaux mortes. Macron est l’instrument de cette mue et le symptôme du retard de cette décomposition-recomposition. Loin de présenter un nouveau visage de l’évolution nécessaire, il joue si je puis dire le rôle de voiture-balai. Sa jeunesse moderniste qui semble tant tournée vers l’avenir, collecte en fait les débris des partis politiques et les individus fragmentés qui ont cru en être membres. Macron n’incarne pas des pensées nouvelles et des espoirs nouveaux, mais absorbe les déjections idéologiques de ce que furent le Parti "socialiste" devenu libéral et l’UMP ayant épousé les idées essentielles d’un "conservatisme libéralisé" qui commença à larguer ses amarres en mai 1968. Il ramasse les vieilleries françaises sous la bannière cette fois bien déployée au vent de Rothschild, banquier allemand qui se dit en français "Bouclier Rouge" La droite, lassée d’être conservatrice, façon quatrième comme façon cinquième république, fit sienne sans s’en vouloir se l’avouer et progressivement, les idées d’un Cohn Bendit lui aussi allemand, adulé d’un autre banquier de la même banque et honoré aujourd’hui pour cette raison. Ces idées banquières se résument à une seule "il est interdit d’interdire". La liberté sacrosainte de l’individu qui figure en tête de nos "valeurs" droitdelhommiste et est brandie comme un étendard, est devenue la liberté des firmes à faire de la "libre entreprise". Une notion à caractère politique et psychologique est devenue règle de l’économie et du fonctionnement de la société toute entière. La notion complémentaire qui dit en principe que cette liberté s’arrête où commence celle des autres, n’a jamais été bien comprise par un banquier. Il est désormais interdit de bloquer des fusions-acquisitions d’entreprises, interdit de mettre des bornes à la circulation des produits, des hommes et des capitaux, interdit de désapprouver publiquement l’homosexualité et le mariage des gens de même sexe, interdit de dire ce que disent certains Français qu’ "on est chez nous", interdit de sélectionner dans toutes les situations de la vie sociale et économique, les gens au faciès ou au nom, sauf à courir le risque d’être accusé de racisme, interdit de dire que les réfugiés n’ont aucun droit à venir s’installer chez nous sauf à être traité d’indifférent au malheur d’autrui, puis d’égoïste, de monstre, et enfin de nazi si on persiste, interdit de parler d’avortement en même temps que de peine de mort, etc... A l’inverse, tout ce qui, il n’y a pas si longtemps, apparaissait comme des interdictions qui allaient de soi, sont devenus des actes ou des paroles qui, si vous les blamez voire les interdisiez, peuvent vous conduire devant un tribunal qui vous condamnera "au nom du peuple français" à payer une amende ou être jeté en prison. Ainsi, se promener nu sur la voie publique dans un accoutrement exhibant généreusement ses attributs sexuels ou péri-sexuels, n’est plus attentat à la pudeur si c’est dans le cadre d’une Gay Pride ou un cadre festival de Cannes où les robes transparentes avec ou sans les culottes qui vont dessous, sont monnaie courante de la part de vedettes voulant souligner le haut niveau d’une provocation artistique et intellectuelle logée nettement plus bas. Se prostituer dans la rue, racoler, est passible d’amende mais les gamines qui publiquement et fièrement se font sodomiser dans les pornos ne sont pas poursuivies pour "incitation à des pratiques sexuelles potentiellement dangereuses" qu’en ces temps de safe sex (et toujours de sida) on serait en droit d’invoquer. Au contraire, la "libération sexuelle" les y encourage tout en déplorant dans le même mouvement la "recrudescence" des viols de l’autre animal humain qui en est le complice. C’est l’état actuel de notre société dans ses pratiques et ses mœurs.

Cette société, qui accoucha la mondialisation de l’Interdit d’interdire, a profité à quelques uns et a réduit la grande masse à la pauvreté sinon à la misère, toujours au désespoir. La masse en question a fini par s’en apercevoir et veut changer ces données comme en témoigne le résultat de la présidentielle. Le malheur étant que ladite masse victime de cette mondialisation croit encore aux catégories gauche /droite, conservateur/ progressiste et adhère à des partis, ou des valeurs, qui se croient étrangères et antagonistes. Ainsi en France le Front National et la France Insoumise. C’est pourquoi il est urgent que le vieux parti d’extrême droite que fut le FN, change de nom et de dirigeant, de même que les Insoumis, s’ils parviennent à subsister, changent de Führer ou que du moins, un nouveau Leader avec des qualités de tribun égales à celles du célèbre trotskyste franc maçon de service, prenne les rennes. Au FN cela semble en bonne voie même si les douleurs de l’enfantement sont préoccupantes. Chez les Insoumis mélenchonisés, ce n’est pas semble-t-il à l’ordre du jour. Ça pourrait venir plus vite qu’on ne le pense. Ces vieux concepts droite/ gauche vont encore obstruer quelque temps le paysage, Jean Luc, avec sa foi robespierriste, veillera à ce que l’obstruction persiste. Espérons toutefois que la désagrégation inaugurée par l’élection présidentielle, et poursuivie je l’espère par les élections législatives, suivra son cours. La recomposition effectuée, la "patrie" n’aura plus besoin de l’adjectif "républicaine" pour se dire. La souveraineté n’aura plus besoin de ce gros mot fabriqué par la doxa, de "souverainiste" pour être reconnue comme concept essentiel d’une Nation libre au même titre que le droit à des frontières sûres et… filtrant le djihadiste. Aussi enfin le droit à une monnaie conforme au standard économique du pays qui l’utilise. C’est l’espoir des Français révolutionnaires.

Marc Gébelin

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