“Grand Persuadeur” et American Gorbatchev ?

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“Grand Persuadeur” et American Gorbatchev ?

Nous avons jugé intéressant de publier dans un même ensemble deux textes qui concernent indirectement et directement Donald Trump après l’“incident de santé” d’Hillary Clinton, alors que la campagne du candidat républicain est en train d’acquérir un rythme absolument remarquable (Daily Caller le 17 septembre : « Trump’s Polling “Surge” Is Turning Into A “Wave” », Breitbart.News le 19 septembre) et que l’avantage quasi-“institutionnel” de la candidate démocrate s’effrite à une vitesse également remarquable. D'autre part, les événements des deux derniers jours à très fort retentissement aux USA (attentats islamistes revendiqués par Daesh/EI) vont évidemment dans son sens, lui, Donald Trump, qui plaide depuis le premier jour pour une défense renforcée aux USA face à ces attaques et critique aussi bien Obama que Clinton pour leur laxisme systématique face à cette menace.

(Dans cette situation, la défense d’Hillary Clinton est aussi pathétique que le personnage qu’elle est devenue : après avoir tenté dans un premier temps, avec l’aide grossière de CNN, d’écarter l’interprétation évidente que ces attaques étaient des attentats, elle en est venue à faire en porter la responsabilité à Trump parce que son discours exacerberait les projets d’attentats islamistes ; suggérerait-elle bientôt, delon la logique habituelle de l’inversion qui lui est coutumière, que Trump est le créateur et l'allié de Daesh, tandis que l’USAF, tout de même théoriquement sous le commandement-en-chef d’Obama, attaque à Deir ez-Zor l’armée syrienne pour le compte de Daesh en Syrie ?)

• Le premier texte est d’un auteur russe, Ruslan Ostachko, dans sa version traduite en anglais pour FortRuss.com le 13 septembre. Écrit juste après l’“accident de santé” identifié comme une pneumonie d’Hillary Clinton lors de la cérémonie sacrée à la mémoire de 9/11, le texte se réfère aux bruits et hypothèses qui ontsuivi selon lesquels Hillary pourrait/devrait être remplacée ; tout l’argument d’Ostachko devient alors : surtout, surtout, qu’elle ne quitte pas la course, qu’elle dure au moins jusqu’au bout, c’est la meilleure chose qui puisse survenir, notamment “pour la Russie”. Hillary Clinton est tellement archétypique du régime en place, de sa corruption jusqu’à l’os, de sa robotisation de communication, de son idéologisation perverse, qu’elle constitue l’adversaire idéale de Trump, le repoussoir parfait. Plus que tout, elle est tellement le produit et le symbole du régime en place que les présidentielles US commencent à ressembler, avec elle contre Trump, comme la dernière course essoufflée, au bord de l’effondrement, du régime contre l’outsider. Si en français, le mot est utilisé pour indiquer celui qui a peu de chances de gagner, en anglais le sens est bien “celui qui vient du dehors” sans implication nécessaire sur ses chances de gagner : donc, Trump comme candidat venu d’“en-dehors du régime”, et d’autant plus, et toujours plus, qu’il aura Hillary, l’archétype du régime contre lui ; et Ostachko termine par l’hypothèse nucléaire : « La crise de confiance de l’autorité, des dirigeants âgés avec de sérieux problèmes de santé, et une population qui écoute de plus en plus activement “la voix de l’ennemi”, – cela ne vous rappelle pas quelque chose ? Les USA ressemblent de plus en plus à l’ancienne URSS sur sa fin. Qui sait, peut-être le futur président sera-t-il un ‘American Gorbatchev’ ? ».

• Le second texte (du 16 septembre) est complètement centré sur Trump, et sur la Grande Transformation qui s’est opérée chez lui en août-septembre, selon l’auteur de la bande dessinée Dilbert, Scott Adams, qui tient chronique sur la campagne USA-2016 sur son site Dilbert.com. Nous avons déjà cité Adams, qui est politiquement aussi peu partisan de Clinton que de Trump, et qui examine la campagne en technicien de la communication et en satiriste à l’image de la série Dilbert, plutôt que d’un point de vue politique. Il n’empêche bien entendu que ses remarques dégagent un sens politique, surtout lorsqu’il s’agit de décrire un affrontement aussi exceptionnel d’intensité et de puissance, entre deux personnalités aussi différentes, selon des lignes politiques aussi antagonistes. Ce qu’affirme Adams, c’est qu’un complet renversement s’est opéré sous nos yeux, Trump ayant acquis toutes les vertus politiques qu’on prêtait à Clinton, tandis que Clinton les perdait les unes après les autres. (« Il semble que le caractère de base de Trump est “la volonté de gagner”. Il devait être grossier et furieux dans les primaires, il l’a été. Il doit “faire présidentiel” dans cette phase de l’élection, et il le fait. Pendant ce temps, Clinton s’est révélée elle-même fragile, chargée de médicaments, et probablement dissimulatrice à propos de sa santé. On a également entendu des rumeurs selon lesquelles elle boit beaucoup et qu’elle est d’un caractère emporté. Soudain, Clinton apparaît comme la personnalité instable dans cette compétition électorale. Qui voudriez-vous qui ait le doigt sur le bouton de l’arme nucléaire ? Vous pensiez probablement que Trump était le bigot dans cet affrontement, jusqu’à ce que Clinton surnomme la moitié des électeurs de Trump “un panier de déplorables” ... »)

Adams explique la personnalité de Trump comme celle d’un caractère qui nourrit sa force aux critiques qui sont lancées contre lui (Adams lui-même est de cette sorte) : au plus il est attaqué, au plus il a de force. A cet égard, il a été gâté avec le Système, la presse-Système, Hillary... D’autre part, cette force il l’utilise dans l’art de la persuasion : c’est un thème qu’Adams a déjà largement développé à propos de Trump, avec cette persuasion basée notamment sur l’ingénuité qui est une “franchise pleine de simplicité et parfois de naïveté”. L’ensemble fait un personnage qui, une fois introduit dans les rouages de la machine du Système, est imprévisible puisqu’il se nourrit des coups de la guerre de communication et utilise sa force par l’intermédiaire de sa franchise brutale, c’est-à-dire des attitudes absolument étrangères au Système.

Les diverses observations de ces deux textes nous permettent d’observer que le champ prospectif de cette élection s’est brutalement élargi, et qu’il s’est élargi à l’avantage de Trump, sans que Trump ne l’ait cédé en quoi que ce soit au Système, dans tous les cas au niveau de la communication. Ainsi s’imposent des interrogations de plus en plus pressantes et de plus en plus essentielles, conduisant à admettre la possibilité qu’un événement colossal est en cours de fabrication. Finalement, ce qui nous paraît dominer ces divers constats qui nous sont offerts, c’est bien celui de l’extraordinaire caducité voire la décrépitude, l’obsolescence sénile du Système, comme l’observe Ostachko : comme le régime soviétique n’était plus capable de nous offrir avant Gorbatchev qu’un Tchernenko gâteux, s’étouffant dans une toux crépusculaire, le régime américaniste nous offre une Clinton qui se révèle telle qu’en elle-même, vieilie et de santé fragile, comme image de la corruption et de la gérontocratie décrépite. Ce sont ces conditions extraordinaires de la situation du régime qui permettent de comprendre comment un Trump a pu pénétrer dans le Système comme il l’a fait. A cette lumière, il semble de moins en moins probable qu’ils puissent jamais prendre une mesure décisive contre lui (l’assassinat évidemment, tous les gangsters pensent de la même façon).

A ces observations que nous voyons se développer et se renforcer depuis un certain temps s’ajoute un élément conjoncturel et fonctionnel qu’on observe de plus en plus comme un facteur majeur de la situation, qui est le processus de déstructuration et, désormais, de dissolution dans cette fin de présidence Obama. L’actuel président US se révèle dans les pires de ses travers, qui se résument par une arrogance, une indifférence et une irresponsabilité toutes trois assez peu ordinaires, par rapport à l’exercice du pouvoir et à la position de sa fonction. On n’obéit plus guère à Obama, qui est enfermé dans un cycle entertainment-golf-levée d’argent faisant de lui un personnage en passe de marginalisation dans la répartition des politiques, sans plus guère d’effet réel sur la politique US ainsi laissée à elle-même. Ce qui est plus grave est que cette attitude entraîne une érosion rapide, une sorte de déconstruction (déstructuration puis dissolution) de la fonction présidentielle qui contribue à un affaiblissement supplémentaire du pouvoir américaniste. (En ce sens, par effets d’enchaînement, “d’inversion de l’inversion” si l’on veut, de déstructuration d’une structure dont l’activité tend à la déstructuration du reste, le déconstructeur Obama assure involontairement, et très ironiquement, une action objectivement à finalité antiSystème !) Cette situation va encore plus compliquer la tâche du vainqueur des élections du 8 novembre, avec par ailleurs comme effet possible de le pousser vers des positions plus radicales si c’est le seul moyen de restaurer l’autorité de la présidence pour éventuellement imposer un programme et une politique nouvelles.

Répétons-le : cette situation ouvre notablement le champ prospectif sans rien nous révéler de l’issue de la chose, et même en compliquant la tâche d’envisager ce que pourrait être l’issue de la chose. Elle concrétise un peu plus la possibilité d’une victoire de Trump, mais aussi, par conséquent, les formidables problèmes et les troubles potentiels, notamment institutionnels, qu’une telle victoire susciterait. Il nous semble difficile, devant l’ampleur de l’événement possible, de nous en tenir comme on serait tenté de le faire à de simples hypothèses sur la politique de Trump. Au reste, ces hypothèses sont très complexes, dans la mesure où ce qu’on nommerait “la politique de Trump” reste assez confuse dans son aspect concret et détaillé ; cette complexité pousse d’ailleurs à considérer prioritairement ce qu’on perçoit de Trump au niveau de la communication, dans les axes fondamentaux de ses conceptions par rapport à la politique suivie par Washington et accordée au bloc-BAO d’une façon générale ; et justement, cette perception fait de Trump un adversaire de la globalisation d’une façon générale, avec les effets “en cascade” que cela suppose vers une politique d’America First, c’est-à-dire une option politique tout simplement inacceptable pour le Système en général, et devant semer le trouble, non seulement aux USA, mais dans les pays alliés du bloc-BAO, notamment européens...

C’est dans ce cas que la remarque d’Ostachko (« Les USA ressemblent de plus en plus à l’ancienne URSS sur sa fin. Qui sait, peut-être le futur président sera-t-il un ‘American Gorbatchev’ ? ») prend tout son sens. On sait bien que l’“option Gorbatchev” a un sens bien précis, qui est celui d’une bataille terrible entre le pouvoir politique, – et souvent un homme seul avec son équipe autour de lui, comme fut souvent Gorbatchev, – et les forces diverses des bureaucraties concernées, des centres de pouvoir divers, centres d’influence et de subversion, sans compter la presse-Système directement impliquée comme on le constate chaque jour contre Trump, etc. Dans ce cas des USA et à la différence de l’URSS où Gorbatchev procéda d'abord avec prudence, on peut dire que l’“option Gorbatchev” pour Trump implique directement et aussitôt une bataille frontale ouverte avec le Système ; dans le climat actuel, dans la tension exacerbée et la polarisation des positions, une telle hypothèse implique que l’enjeu n’est plus “une politique” mais un système dans son entier. (Dans le cas de cette hypothèse d'une bataille immédiate et frontale, le détail de la “politique” de Trump est un point assez secondaire.) La seule chose qu’on puisse dire à cet égard à partir de l’enseignement de la campagne jusqu’ici, et toujours dans l’hypothèse de la victoire de Trump, c’est que le personnage lui-même présente suffisamment de traits de caractère inhabituels pour envisager chez lui des capacités inédites de combat, et pour achever ainsi de transformer en énigme toute hypothèse sur la période à venir.

Voici donc les deux textes s’enchaînant, celui de Ruslan Ostachko, dans sa version traduite en anglais pour FortRuss.com le 13 septembre ; celui de Scott Adams, de son site Dilbert.com, du 16 septembre...

dedefensa.org

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Beatable Clinton dropping Race is bad for Russia

The latest incident surrounding the health of the Democratic Party’s candidate for US President has caused quite a stir in both American and Russian media.

After Hillary Clinton was forced to prematurely leave the mourning ceremony dedicated to the anniversary of the September 11th terrorist attacks, networks were filled with videos depicting her security guards literally carrying her into her car.

Hiding and ignoring her health problems became practically impossible. As Bloomberg accurately writes, Clinton’s headquarters has turned out simply unprepared for such a situation and, even if it couldn’t have been prevented, they could have foreseen such an incident.

Discussing the health of this or that politician is a slippery subject, and I really do not want to sink to the level of American media, which have long since entertained the seamy quasi-medical hysteria which has even been aimed at discrediting the Russian president. Even despite the fact that I have facts and evidence with which to attack Clinton, I’d rather not do so. I’m not one for working by Anglo-Saxon journalist standards, and this is probably for the best.

What is more important is what Hillary Clinton’s alleged pneumonia or stroke puts into question: what if the Democratic Party will have to replace her? Rumors appeared in the Western press just hours after Clinton’s fainting that an emergency meeting of the Democratic Party leadership is to be held tonight.

Is a possible replacement for Clinton beneficial for Russia? My answer is an unequivocal and firm “no.” Such would not be in our favor, and here’s why.

Hillary Clinton is in fact a sort of great success for us. She is simply an astronomical anti-rating, and as a person she is the perfect target for justified information attacks targeting her corruption schemes, her receiving money from Saudi Arabia, her private servers containing secret information, and so on.

What needs to be understood is that her bestial Russophobia is not a personal opinion or personal glitch, but the position of the part of the American political elite whom she represents.

Any candidate who would replace Clinton in the presidential race for the Democrats would be just as ardent of a Russophobe but, most likely, would not have nearly the number of skeletons in their closet or such a high disapproval rating.

Le’s take a concrete example: Tim Kane. He is the most likely candidate to replace Clinton seeing as how she has already chosen him as her potential vice president. It is likely that none other than his candidacy will be discussed at today’s emergency Democratic Party meeting.

Senator Tim Kane is a Democrat, but is famous for having always supported the Republican John McCain on key foreign policy issues. Yes, that McCain. In Kane’s fresh statements on foreign policy, we can see calls for imposing a no-fly zone over all of Syria, for example. Of course, this would be done without the agreement of Moscow or, what’s more, Damascus.

As for the icing on the cake that can help explain much of the behavior and career of this politician, we can note that he supports same-sex marriage and the right for same-sex couples to adopt children, even though he considers himself Catholic. How all of this coexists in a single head is decisively unclear, but it is absolutely clear that Hillary Clinton chose a worthy partner for herself who always wholeheartedly supports the start of a real world war.

Tim Kane is a kind of “Hillary in pants,” only more vigorous and not so low in the ratings. Based on this, I believe that we need to wish Hillary Clinton the courage and perseverance to literally sink her teeth into the right to run for election. Let her frighten voters with her coughing and outrageous statements. Things will only get better.

Lastly, I do not know how the elections in the US will end, but I have a feeling that I can’t help but share with you. The crisis of confidence in authorities, aging rulers with serious health problems, and a population which actively listens to “the voice of the enemy” - does this not remind you all of something?

The US is increasing coming to resemble the late USSR. Who knows, maybe the future president will be an American Gorbachev?

Ruslan Ostachko

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When Reality Turned Inside Out

Do you remember way – way – way – back in July, when the public thought Trump was the candidate they couldn’t trust with the nuclear arsenal? That was before we realized he could moderate his personality on command, as he is doing now. We’re about to enter our fifth consecutive week of Trump doing more outreach than outrage.

It turns out that Trump’s base personality is “winning.” Everything else he does is designed to get that result. He needed to be loud and outrageous in the primaries, so he was. He needs to be presidential in this phase of the election cycle, so he is. 

Meanwhile, Hillary Clinton has revealed herself to be frail, medicated, and probably duplicitous about her health. We also hear reports that she’s a drinker with a bad temper. Suddenly, Clinton looks like the unstable personality in this race. Who do you want controlling the nuclear arsenal now?

You probably thought Trump was the bigot in this contest, until Clinton called half of Trump’s supporters a “basket of deplorables.” That’s the point at which observers started to see a pattern. Trump has been consistently supportive of American citizens of all types – with the exception of the press and his political opponents. The main targets of Trump’s rhetoric are the nations that compete against us. In stark contrast, Clinton turned her hate on American citizens. That’s the real kind of hate. Trump is more about keeping America safe and competing effectively in the world. That is literally the job of president.

Trump was once the candidate that the LGBTQ community found easy to hate. Then it turned out that Trump is the loudest voice for protecting America against the anti-gay ideology that Clinton would increase in this country via immigration. At the GOP convention, Republicans stood and applauded Trump’s full-throated support of the LGBTQ community. While Clinton was talking about a better society, Trump was transforming the Republican Party into one. (Yes, I know there is more to do.)

You might remember a few months ago when Clinton had lots of policy details and Trump had few. Clinton still holds the lead in the number of bullet-points-per-policy, but while she rests, Trump has been rolling out policy details on one topic after another. Perception-wise, the optics of “who has policy details” has flipped. (Reality isn’t important in this context.)

Do you remember over a year ago, when Trump first entered the race? Social media relentlessly insulted his physical appearance. They mocked his orange hair and his orange skin. They called him a clown. They called him a Cheeto. It was brutal.

But over time, Trump’s haircut improved. He softened the color to something more blonde than orange And his fake tan and TV makeup improved too. Today, if you ask a voter to name the candidate for president who “looks bad,” the answer would probably be Clinton, primarily because of her recent health issues. In our minds, Clinton went from being a stylish and energetic personality to a hospice patient dressed like a North Korean dictator at a rave.

Not long ago, you would have said Clinton was the strongest candidate for protecting citizens who need the help of social programs. Then Trump unveiled his plan for childcare and senior care. You can debate the details, and the cost, but nearly everyone recognized the idea as a critical need for working class people.

In other words, the world is turning inside-out, right in front of our eyes. I summarized this surprising reversal in the most popular tweet I have ever created. (@ScottAdamsSays,12 September, 2016 : “Our next president will be offensive, rich, divisive, bigot with a bad haircut or Donald Trump.”)

That’s how a Master Persuader does it. A year ago, I told you that Trump was bringing a flamethrower to a stick fight. His talent for persuasion is so strong that he has effectively flipped the script and rewired the brains of the people watching this show.

But I’ll bet you still think Trump is “thin-skinned,” primarily because Clinton’s team has done a great job of branding him that way. The label sticks because Trump has a pattern of going on offense whenever he is attacked. But let me give you another framework to see this same set of facts. Specifically, I’m going to tell you how Master Persuaders convert embarrassment into energy. It’s a learned skill.

I often talk about the benefits I got from taking the Dale Carnegie course. One of the skills you learn in that class is how to convert your anxiousness about public speaking into excitement and positive energy. I personally observed the Dale Carnegie course turning a few dozen introverts into people who were enthusiastic about speaking in front of a crowd. It was astonishing.

Part of the Dale Carnegie process involved each student doing something embarrassing in front of the class just to get used to the feeling, and to know you could survive it. It is one of the best skills you can learn because our egos tend to hold us back. We fear embarrassment so we don’t risk it. That limits our potential.

Now think back to 2011, at the Correspondent’s Dinner, in which President Obama mocked Donald Trump in front of the world – while Trump sat in the audience, stone-faced. The popular reporting was that Trump was humiliated by the event. But Master Persuaders don’t process humiliation the same way as others. They convert it to energy, the same way Dale Carnegie students learn to convert anxiousness to excitement. It’s a learned skill. And it is literally the opposite of having a thin skin. It only looks the same because of confirmation bias.

How do I know Trump has mastered the skill of converting humiliation into energy? The signs are all there. For example…

Trump has entered one high-risk business after another, guaranteeing that he would experience a large number of setbacks, failures, and humiliations. People don’t run toward humiliation unless they know they can convert that negative energy to fuel. When you see someone succeed across multiple unrelated fields, that’s often a sign of a Master Persuader who feeds on both success and failure. You are watching Trump do exactly that, right in front of your eyes. He has converted every “gaffe” into news coverage. He eats bad news and converts it into fuel.

Many of you have watched me do the same thing. You’ve watched as I jumped fields from corporate America to cartooning. Then I became an author of business-related books. I opened two restaurants that didn’t work out. I tried lots of stuff that failed miserably. Now I’m talking about the presidential election. What do all of those things have in common?

I risked public humiliation in each case. 

And in each case, lots of people told me “Keep your day job.” On a typical day, dozens of strangers insult my body, my personality, my brain, my integrity, and lots more. Like Trump, I consume it as fuel. And it is a learned skill.

You might have noticed that both Trump and I are quick to attack anyone who attacks us. Observers tell me I shouldn’t do that, because it makes me appear thin-skinned. Observers tell Trump the same thing. But observers are missing one important thing: We use the critics to refuel.

If you were an alien from another planet, and you observed a lion killing a gazelle, you might think that lion was angry at its prey. You might think the lion was insulted that the gazelle was using its watering hole. What did the gazelle do to deserve that treatment? Is the lion being thin-skinned?

Trust me when I tell you that sometimes the lion is just eating.

Scott Adams

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