Être mis au pied du mur

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Être mis au pied du mur

Marine Le Pen a été décevante lors du dernier débat des aspirants à la Présidence. Emmanuel Macron, énarque de formation et banquier de son état, a fait la démonstration de sa facilité à jongler avec les chiffres pour … leur faire dire n’importe quoi. Habile bateleur, il a cantonné son opposante dans les rets de ses propres contradictions afin de botter en touche.

Toujours frapper sur le même clou

Marine Le Pen nous remet le même disque de la menace islamiste et du contrôle des délinquants dangereux sans, pour autant, indiquer les causes de toute cette dérive mortifère. Elle n’incrimine jamais l’Arabie Saoudite, les Émirats Unis, voire tout le mouvement atlantiste, dans les mécanismes de soutien à Daesh et toute les déclinaisons de la nébuleuse d’un terrorisme autant instrumentalisé qu’à géométrie variable. Toutefois, Marine a parfaitement raison de vouloir serrer la vis aux individus qui sont fichés S, c’est-à-dire à fort potentiel d’implication dans des actions radicales qui pourraient dégénérer en actions terroristes. Elle propose, dans le même ordre d’idées, que les délinquants ayant double nationalité soient expulsés, manu militari, vers leur pays d’origine. Pourquoi pas ? Cela aurait l’avantage de sécuriser l’espace public tout en libérant des places dans les prisons.

Par ailleurs, la candidate du Front national nous a répété, ad nauseam, que Macron faisait partie de la même famille politique (UMPS) qui a conduit la France dans le mur depuis une trentaine d’années. Malencontreuses tirades, puisque le jeune Macron ne fait pas partie de l’establishment politique, mais, bien plutôt, de celui qui tire les ficelles de la bourse … Vicieux, hurlant presque de rage, le jeune premier a très bien su esquiver les attaques de son opposante pour lui reprocher son incapacité à décliner son programme et sa vision pour la France du futur. Marine Le Pen est tombé dans le piège tendu de son adversaire : elle s’est mise à s’épivarder en lançant des piques, après s’être justifiée, au lieu d’ouvrir de nouvelles perspectives politiques. Elle n’a pas fait la démonstration qu’elle est présidentiable.

Des acteurs médiocres

Emmanuel Macron ment sur toute la ligne : sur la GPA, sur la sortie de l’Euro, sur le contrôle des libertés civiques et numériques, sur le monde du travail et la protection des plus faibles. Son univers politique se résume à une vision néolibérale travestie sous les couleurs d’un arc-en-ciel mortifère. Adoubé par les marchés et les idéologues de la théorie du genre, Emmanuel Macron est résolument le candidat de la Banque. Vif d’esprit, beau parleur et bateleur de première, le jeune candidat de la Banque Rothschild nous propose une intégration encore plus poussée de la France à l’intérieur du carcan d’une Union européenne qui est sur le point de se transformer en véritable prison fédéraliste, à l’image de ce Canada qui suce le sang de la nation québécoise.

Marine Le Pen, force nous est de le reconnaître, s’embrouille dans le dossier de la sortie de l’Euro et n’a même pas eu la présence d’esprit de souligner l’importance de battre monnaie pour un état qui ambitionne de s’extirper de la spirale infernale de l’endettement programmé. Par ailleurs, elle semble incapable de nous proposer une véritable stratégie de développement économique, hormis ses sempiternelles pétitions en faveur d’un « protectionnisme résonné », d’un allègement fiscal pour les PME et PMI et de la relance de la consommation intérieure grâce au retour éventuel d’une monnaie nationale. Mais, toujours pas de vision stratégique en matière de relance économique et de positionnement de la France sur les marchés extérieurs.

Toutefois, MLP et sa formation politique démontrent une meilleure maîtrise des dossiers relatifs à la géopolitique et font la démonstration qu’ils seraient disposés à sortir la France de l’étau atlantiste. Une vision qui prône, à l’instar de feu Charles de Gaulle, de tendre la main à la Russie afin de positionner la France au cœur d’une « Europe des nations » enfin libérée de la tutelle américaine.

Emmanuel Macron se réfugie derrière une vision idyllique, presque naïve, d’une Union européenne au service du développement des « forces vives » d’une France qui n’est plus perçue pour sa culture historique, mais bien plutôt pour son potentiel de création de « valeur ajoutée » au cœur d’un libre-marché où tout se vend et tout s’achète. Parangon d’efficacité techniciste, Macron est, de facto, le porte-avion d’un libéralisme-libertaire qui ne s’enfarge plus dans le tapis des conventions politiques traditionnelles. Il a démontré, à ce niveau, qu’il est un joueur autrement plus redoutable de MLP lorsque vient le temps de brasser les dés d’une joute qui ne repose plus sur des idées, mais sur des effets de manche spectaculaires.

Augmenter les doses et la fréquence

Il est manifeste que les marchés financiers – et leurs commanditaires aux manettes – sont pressés d’en finir. Ils ont tout mis en œuvre afin de coopter un candidat fabriqué de toutes pièces. Véritable Golem, Emmanuel Macron ne possède pas d’expérience politique, ni de vision prophétique ou de culture d’ensemble. Il s’agit d’un brillantissime acteur qui défend ses propres intérêts tout en prétendant aimer une France qui n’est qu’une vague chimère en l’espèce. Il n’y a qu’à voir la liste de ses sponsors pour comprendre la portée du mandat qui lui a été confié.

D’entrée de jeu, la grande famille socialiste va se recomposer en douce, alors que le fringant prétendant vient de multiplier les appels du pied en direction de Manuel Valls et consorts. Quittant leur ancienne peau, tels une bande de reptiles, les anciens caciques de l’UMPS vont se présenter sous la bannière d’« En marche » lors des prochaines élections législatives afin de se refaire une virginité et de conserver leurs juteuses prébendes.

Qui plus est, Emmanuel Macron a lancé, à plusieurs reprises, un avertissement à l’effet qu’il était disposé à gouverner par décrets advenant un morcellement des groupes parlementaires. Il a, aussi, fait tomber son masque lors du débat des chefs pour admettre qu’il faille augmenter la surveillance policière sur la voie publique et … sur Internet. Prétextant vouloir défendre les minorités, Emmanuel Macron s’apprête à serrer la vis au niveau des libertés civiques et constitutionnelles. Il est à craindre que ce dernier s’empresse de mettre en œuvre le programme de contrôle de l’information mis en orbite par les éminences grises de Davos. On se rappellera, à ce sujet, que Mélanie Joly, Ministre du Patrimoine canadien, a été mandatée par Georges Soros et consorts pour mener la lutte aux « fausses nouvelles » qui pullulent sur le net. En effet, celle qui a été adoubée à la tête du comité directeur du Forum économique de Davos sur l’avenir du divertissement et de l’information – aux côté du PDG du New York Times –  n’a pas perdu de temps pour rencontrer les dirigeants de Facebook, Google ou Netflix afin d’entreprendre une discussion sur les mesures à prendre contre toutes ces « fausses nouvelles » qui prolifèrent sur le cyberespace et pour promouvoir une « diversité culturelle » qui s’oppose, d’ores et déjà, à la souveraineté culturelle des nations.

Emmanuel Macron défend, on s’y attendait, toutes les perspectives du marché de la gestation pour autrui (GPA), en fidèle serviteur du néolibéralisme qu’il est. Pourfendant la « vision haineuse » des patriotes du FN et de ses alliés, la doublure de François Hollande nous prépare un scénario qui fera en sorte que la France soit repoussée dans les cordes, à bout de souffle et exsangue. Marine Le Pen, même si elle a été poussée dans les cordes d’un débat truqué – alors que les animateurs n’ont rien fait pour modérer Macron durant la première heure et que les prises de vue avantageaient nettement ce dernier – a tout de même fait la démonstration de sa sincérité et de ses aptitudes pour devenir, enfin, le chef d’une véritable opposition.

La véritable joute se déroulera, sans doute, lors des Législatives de Juin. Toutefois, si Emmanuel Macron est élu à la tête de la République, ce dernier n’hésitera pas à gouverner par décret. Une situation qui pourrait plonger la France dans une crise sociale et constitutionnelle majeure. Est-ce la fin de la Ve République ?

Patrice-Hans Perrier

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