Du touriste comme « fourmi humanitaire »

Les carnets de Nicolas Bonnal

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Du touriste comme « fourmi humanitaire »

Pour mon livre sur l’apocalypse touristique, mon ami le docteur François Plantey m’envoie cette contribution. Ce prestigieux neuropsychiatre, hellénisant et hébraïsant distingué, commet des conférences apotropaïques, que vous pouvez écouter sur Youtube.com ou sur le site egaliteetreconciliation.fr. Elles concernent l’état eschatologique de notre médecine, et sont éminemment appréciées.

Le bon docteur donc :

« L’agglutination des touristes correspond au recrutement des neurones épileptiques devenus fous et échappant au contrôle du cortex. Le comportement gluant et limbique de ces pauvres hères est identique à la gestuelle de types épileptiques particuliers (glischroide). Il est également possible que les odeurs émises par ces foules décérébrées agissent comme des ordres de déplacement et comportement comme chez les fourmis. »

Cela fait penser bien entendu aux adorables phéromones de nos chères fourmis. Le béotien que je suis en sciences feuillète la page Wikipédia sur les phéromones et y trouve ces révélations :

« À la différence des hormones « classiques » (insulineadrénaline, etc.) produites par les glandes endocrines et qui circulent uniquement à l'intérieur de l'organisme en participant à son métabolisme, les phéromones sont généralement produites par des glandes exocrines, ou sécrétées avec l'urine, et servent de messagers chimiques entre individus. Elles peuvent être volatiles (perçues par l'odorat), ou agir par contact (composés cuticulaires des insectes par exemple, perçues par les récepteurs gustatifs). » 

Or que disions-nous il y a peu sur Léon Bloy et les urinoirs touristiques ?

« Par nature le Bourgeois est haïsseur et destructeur de paradis. Quand il aperçoit un beau Domaine, son rêve est de couper les grands arbres, de tarir les sources, de tracer des rues, d'instaurer des boutiques et des urinoirs.»

C’est dans l’exégèse des lieux communs. Nous avons une devise :

Tourisme, phéromone, urinoir.

La quête du Graal progresse.

Cette histoire des phéromones nous rapproche aussi du fameux tourisme sexuel.

 « Elles jouent un rôle primordial lors des périodes d'accouplement, et pour l'agrégation de certains insectes sociaux, telles les fourmis ou les abeilles. Les phéromones sexuelles des insectes contribuent à l'isolement reproducteur entre les espèces grâce à leur spécificité. »

Wikipédia ajoute, sur ces parfums dont je parlais récemment avec Boulgakov et le diable et lady Gaga :

« Grâce aux techniques biochimiques, il est possible de produire des phéromones de synthèse. Elles sont utilisées par l'industrie cosmétique, souvent dans des parfums, avec des présentations commerciales qui suggèrent des effets sexuels et affectifs, malgré l'absence de données expérimentales valides. »

Tiens, un peu de Julius Evola sur la belle science moderne :

« C'est à la science moderne que l'on doit, d'autre part, la profanation systématique des deux domaines de l'action et de la contemplation, en même temps que le déchaînement de la plèbe à travers l'Europe. C'est elle qui a dégradé et démocratisé la notion même du savoir… »

Evola ajoute brillamment :

« C'est la science qui, en fuyant les ténèbres de la « superstition » et de la « religion », en insinuant l'image de la nécessité naturelle, a détruit progressivement et objectivement toute possibilité de rapport subtil avec les forces secrètes des choses c'est elle qui a arraché l'homme à la voix de la terre, des mers et des cieux, et a créé le mythe de l'« époque nouvelle », du « progrès…

C'est la science qui, en fournissant aujourd'hui les moyens de contrôler et d'utiliser toutes les forces de la nature, a fait naître la tentation la plus dangereuse qui se soit peut-être jamais offerte à l'homme: celle de considérer comme une gloire sa propre renonciation et de confondre la puissance avec le fantasme de la puissance ».

Et Lautréamont, pourquoi ce Lautréamont ?

Pour ça pardi :

… on peut, avec de la patience, exterminer, une par une, les fourmis humanitaires. »

Et dire qu’il est au programme de l’agrégation !

 

Source

Nicolas Bonnal – Apocalypse touristique (préface de Kevin Hin), Amazon.fr

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