Deux Su-57 sur les plate-bandes du Pentagone

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Deux Su-57 sur les plate-bandes du Pentagone

Depuis mercredi et la publication de photos et de vidéos montrant l’arrivée de nouveaux avions russes à la base de Khmeimim, on se demande si l’on n’y trouve pas deux Su-57, le nouveau chasseur de combat dit “de 5ème génération”, aussi furtif mais plus manœuvrable que le F-22, avec diverses autres appréciations du même genre. Donc, mercredi sont arrivés à la base de Su-57 arrivant à la base de Khmeimim, en Syrie, au moins 4 Su-25 d’appui tactique rapproché, 4 Su-35 d’interdiction aérienne et un A-50U de surveillance et de contrôle de l’espace aérien ; et puis, deux autres avions, d’abord mystérieux, bientôt largement quoiqu’encore hypothétiquement identifiés comme des Su-57. Spoutnik a enquêté et nous donne un texte assez fourni, sans révélation extraordinaire, ni même ordinaire d’ailleurs ; par contre, le texte lui-même, ainsi que l’une ou l’autre intervention, apparaissent comme une confirmation officieuse mais ferme de la présence de ces deux avions, deux chasseur de combat Su-57 en phase de mise en condition opérationnelle.

Le Pentagone n’aime pas qu’on vienne piétiner sur ses plate-bandes, surtout qu’il lui en reste asez peu qui soient sa propriété exclusive. “Ses plates-bandes”, c’est d'une part le privilège de déployer des avions de combat très avancés sur les théâtres d’opération où leur présence est peu sinon pas du tout requise, simplement pour en faire l’exposition et la promotion et afficher la puissance de l'instigateur ; “ses plates-bandes” d’autres part, c’est la catégorie même de cet avion de combat, dit “de 5ème-génération”, dont les USA se jugeaient quasiment comme les seuls autorisés par décret divin à disposer avant encore quelques décennies. Que le Su-57 prétende infirmer ce rangement impératif du monde, et en Syrie encore, voilà des motifs d’irritation, – au Pentagone comme au Ciel.

Business Insider nous fait bien rire, ce qui est excellent pour la santé, en qualifiant la décision ruse de déploiement de « décision cynique » dont le but serait, – tenez-vous bien, vertueux lecteurs, – de « stimuler les ventes d'armes russes et à obtenir des informations précieuses sur la puissance aérienne américaine avancée dans la région ». Il faut être Russe, c’est-à-dire barbare, immoral et illégal, honte de la civilisation, inculte et prêt à pour le business, prompt à la félonie de l’espionnage, pour avoir de tels comportements. Le Pentagone ne s’en est pas encore remis...

Les Russes continuent donc, pour ce qui est des usages et des prérogatives, à se conduire en Syrie d’une part, dans le domaine des armements d’autre part, selon des mœurs et des usages que désapprouve “D.C.-la-folle” parce qu'elle ne voit rien qui autorise une telle transgression : transgenre oui, transgression non... Pout un peu, éditos et parlementaires s’écriraient, furieux, paniqués et sur le pied de guerre conformément au climat d’hystérie antirussiste qui règneà D.C. : “Ces Su-57, c’est encore un coup des Russes !”. Que peut-on répliquer à cela, nousqui dénonçons sans cesse leurs FakeNews ?

Voici donc une adaptation du texte de Sputnik.News de ce 23 février 2018, rendu quasiment comme s’il s’agissait de Spoutnik-français pour l’occasion.

dde.org

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Mais que feraient donc 2 Su-57 en Syrie ?

L'apparition de deux chasseurs Su-57 sur la base aérienne syrienne de Hmeimim, qui n'a pas encore été confirmée par le ministère russe de la Défense, suscite néanmoins nombre de commentaires des journalistes spécialisés dans les questions de défense observateurs de la défense, d’analystes et d’experts. Mais que pourraient donc faire ces avions en Srie ? Leur déploiement est-il strictement lié aux tests ou est-il également destiné à envoyer un message politique? Spoutnik enquête.

Détails de déploiement

Jusqu'à présent, le Kremlin et le ministère de la Défense sont restés muets au sujet d’une mission éventuelle des Su-57 en Syrie. Mais une simple observation des nouvelles liées au Su-57 ces derniers mois semble indiquer que le déploiement est très probable.

Le 8 février, le vice-ministre de la Défense, Yuri Borisov annonçait que l'armée était prête à acheter un lot de Su-57 pour les essais de combat, la première étape de ce processus étant déjà achevée. Deux semaines auparavant, Boris Obnosov, PDG de Tactical Missiles Corporation, une société engagée dans le développement d'armes pour cette plate-forme de combat, a confirmé que le Su-57 avait commencé les essais en vol avec ses nouvelles armes avancées. Suggérant que les résultats de ce travail seraient appréciés « dans un futur imminent », Obnosov a ajouté que les tirs d’essai par le Su-57 des nouvelles armes développées par les bureaux d'études de Raduga et de Vimpel commenceraient « bientôt ».

Vladimir Gutenov, député de la Douma en charge d'une commission qui a dans ses compétences l'industrie de la défense russe, a déclaré à Spoutnik que s'il ne pouvait pas confirmer catégoriquement le déploiement des Su-57 en Syrie, il a « accueilli avec un chaleureux intérêt » les informations. Selon le parlementaire, les avions « doivent être testés dans des conditions de combat, dans des conditions de possible affrontement [avec l'ennemi] ». En outre, a-t-il dit, la présence des Su-57 enverra sans aucun doute un message politique à contenu dissuasif « pour les aéronefs des pays voisins qui volent périodiquement » dans le ciel de ce pays du Moyen-Orient sans y être invités.

Ce que disent les experts russes

Les experts militaires russes ont proposé une myriade de raisons possibles pour le déploiement des Su-57 en Syrie.

Par exemple, Andrei Frolov, rédacteur en chef d'Arms Export, une publication militaire russe, a déclaré à RBC que le déploiement aiderait à faire de la publicité pour les avions, en particulier sur le marché indien, pour soutenir le programme russo-indien Soukhoi / HAL dit-FGFA (Programme de Chasseur de Combat de la 5ème Génération). « Lockheed Martin est actif sur le marché indien, et il y a également des difficultés avec l'Inde concernant le projet FGFA. Après le lancement public du Su-57 l'année dernière, son déploiement en Syrie viserait à convaincre Indiens que le FGFA est un vrai projet, qui a un prototype qui non seulement vole, mais qui est capable de fonctionner dans une zone de guerre. »

Nikolai Antoshkin, colonel (retraité), vétéran soviétique et russe de l’aviation militaire, commandant et spécialiste de l'entraînement au combat, explique que le premier escadron de production de Su-57 devant bientôt être déployé au centre de formation au combat de Lipetsk, « les combattants, comme pour toute autre arme, sont testés principalement au combat : donc, l'envoi du Su-57 en Syrie est une solution naturelle. »

Soulignant que le Su-57 est un excellent outil qui « serait utile » dans le cas de « provocations contre nos forces en Syrie », Antoshkin a également commenté les rumeurs circulant en ligne selon lesquelles l'US Air Force aurait suspendu les vols de son F-22 Raptor de la Syrie en raison de l'apparition des avions russes dans le pays. D’une part, rappelle Antoshkin, le Su-57 est équipé de jets de vecteurs de poussée 3D, contrairement aux jets de vecteur de poussée 2D du F-22, ce qui signifie une manœuvrabilité plus élevée pour l'avion russe. « De plus, ces moteurs permettent à notre chasseur d'atteindre une vitesse de Mach 2 sans système de postcombustion. Avec son système embarquée Belka, le Su-57 peut détecter des avions “furtifs” et suivre simultanément plus de 10 cibles. Enfin, l’avion dispos d’un excellent ensemble de guerre électronique, et des contre-mesures électroniques très efficaces contre les systèmes de guidage des missiles ennemis. »

En ce qui concerne les armes embarquées, l'observateur a rappelé que « le Su-57 dispose de deux grands compartiments d'armes internes, qui occupent pratiquement toute la longueur utile de l'avion. Chaque compartiment peut transporter jusqu'à quatre missiles air-air K-77M », qui ont une portée de près de 200 km et qui constituent l'équivalent approximatif du missile air-air avancé AIM-120 à moyenne portée des États-Unis.

En fin de compte, Antoshkin a souligné que si le déploiement de seulement deux avions ne suffisait pas à fournir à la Russie un avantage militaire écrasant sur le théâtre syrien, les adversaires potentiels de la Russie y réfléchiraient à deux fois avant d’intervenir « Je pense que cela donnera à nos concurrents géopolitiques un argument de poids de plus, de se poser la question de savoir “si le jeu en vaut la chandelle”, d’intervenir contre la Russie et les forces russes.... »

Les observateurs militaires occidentaux réagissent

Les photos et les vidéos mis en ligne mercred et montrant ce qui pourrait être les deux Su-57 arrivant à la base de Hmemeim, en Syrie, avec 4 Su-35, 4 Su-25 et un A-50U de surveillance et de contrôle de l’espace aérien a certainement retenu l’attention du Pentagone. A Washington, le porte-parole du DoD s'est plaint que le déploiement était une indication que la Russie ne respectait pas son « retrait de force annoncé ».

De nombreux observateurs militaires occidentaux se sont montrés critiques. Business Insider  a cité des experts affirmant que le déploiement était un « décision cynique » visant à stimuler les ventes d'armes russes et à obtenir des informations précieuses sur la puissance aérienne américaine avancée dans la région. Popular Mechanic a été un peu plus modéré, mettant en évidence que le déploiement donnera à l'armée russe l'occasion « d'apprendre beaucoup sur la façon dont le chasseur fonctionne dans des conditions moins idéales que celles des essais, à quel point ses capteurs sont capables de repérer des cibles dans l'air et sur le terrain, et combien il est difficile de maintenir des avions de cette sorte à des milliers de miles de la mère Russie. » Cette publication a aussi insisté sur les risques du déploiement, suggérant que les Su-57 pourraient susciter des affrontements avec les F-22 dans l'espace aérien contrôlé par les Etats-Unis en Syrie et qu’ils seraient sous le feu d’attaques au ou de drone tant qu’ils seraient stationnés à Hmeimim.

Dave Majumdar, de National Interest, a fait un peu plus d’efforts en allant parler à un expert militaire russe, Vasily Kashin du Centre pour les Etudes Générales Internationales  de Moscou. Selon Kashin, le déploiement des Su-57 revient à « tester [l’avion] dans un environnement de guerre réelle », une mesure permettant de préparer une production de l’avion en conditions opérationnelles.

L’avis de Majumdar lui-même est que le déploiement aidera probablement l'armée russe à acquérir de précieuses données opérationnelles et de performance sur l'avionique avancée du Su-57, y compris son radar à balayage électronique actif et ses systèmes ELINT. Même « des missions de combat limitées » sont une possibilité, écrit-il.

Spoutnik

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