Brexit ? Trump ? Renzi ? La Bourse s’en fout

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Brexit ? Trump ? Renzi ? La Bourse s’en fout

Une des armes de défense du système contre les intrusions antiSystème, c’est la hantise du désordre que ces intrusions sont prétendument censées apporter, alors ces intrusions qui doivent effrayer notamment le brave citoyens, et le décourager de voter antiSystème. Ainsi de la Bourse : son effondrement est brandie comme une terrible menace si Untel ou Untel est élu, si telle ou telle décision est prise. C’est un argument qui a souvent été évoqué dans des situations qui le permettaient, notamment lors de l’exercice de ce qui est devenu le talon d’Achille du système, le vote dit-“démocratique”. Ainsi devait-il en être pour le Brexit, pour Trump, pour le référendum italien ; ainsi n’en a-t-il rien été et tout ce qui est écrit précédemment devrait l’être au passé...

Ainsi ZeroHedge.com remarque-t-il : « In the initial hours after yesterday's vote which has cost Italy's PM his job and ushered in a period of political limbo and potential chaos, markets were jolted by the scale of Renzi's defeat which, as Reuters put it, “pointed to further turbulence and political crisis in the euro zone's heavily indebted third-largest economy and particular uncertainty was focused on the country's fragile banks.”  The euro fell to a 20 month low, as low as $1.0508 and the Milan bourse shed as much as 2% while Italian bond yields spiked sharply higher... [...] And then, just before the European open, everything changed on a dime, or rather in “three minutes” as Guillermo Hernandez Sampere, head of trading at MPPM EK put it: “After Brexit, it took three days for markets to shake it off, with Trump it took three hours, with Italy it took three minutes.The fast money, who expected markets to fall further with this outcome, are now covering their positions.” »

On comprend que, selon notre habitude, les aspects techniques, les manipulations financières, etc., nous importent peu, sinon le constat évident qui date déjà de quelques années et qui ne cesse de s’accentuer de l’ignorance et du désintérêt absolus de l'activité boursière pour le monde réel, – ou, plutôt, l’ignorance et le désintérêt absolus pour les autres narrative du “monde réel” de la narrative du monde boursier qui ne s’occupe que d’elle-même et de ses frasques. Ce constat implique une insensibilité certaine du système financier-boursier aux mouvements antiSystème de pénétration du Système.

L’esprit conformiste, et éventuellement expert, dira que c’est une preuve supplémentaire de la puissance et l’invulnérabilité du Système : les mouvements antiSystème n’affectent pas la Bourse, qui est une des puissances du Système. L’esprit plus friand de novation et d’analyse hors-expertise observera que c’est une arme de défense psychologique du Système qui s’efface sinon s’effondre, qui est celle de convaincre le citoyen de ne rien faire qui puisse mettre en péril l’équilibre fragile de l’architecture financière qui “protège” l’architecture économique où il évolue, et qui lui apporte tant de bienfaits. En général assez peu instruits sinon par les arguments de la raison-subvertie, et par ailleurs assez craintifs du pseudo-“inconnu” pour supporter ce système économique qui l’oppresse, les citoyens courants sont, — c’est-à-dire étaient très sensibles à cette sorte d’argument. Cette situation s’efface également... Bref, la Bourse s’en fout lorsque le péril de l’antiSystème menace le Système comme si elle n’en faisait plus activement partie, et bientôt le citoyen moyen aussi, ce qui oriente de plus en plus son vote dans le sens qu’on devine et qu’on constate, qui est de n’en plus faire partie (du Système) également.

 

Mis en ligne le 5 décembre 2016 à 17H53

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