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Article : Trump et le désordre-bouffe sans fin

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Tout celà m'évoque

Christian Feugnet

  18/03/2019

Ou en plus élaboré l'Idiot de Dostowievsky , grand joueur .
L'Idiot execute , à la lettre tel qu'il la comptrend , avec toute sa candeur ,  la demande  de l'autorité et ...aboutit à la catastrophe : au bien en final , justement ce à quoi le jeu social convenu ne voulait pas aboutir ! Autodestruction ? Figure du Christ , ce provincial monté à la capitale ?

Macron et la fin du thermo-ordre?

jc

  18/03/2019

Je trouve qu'il y a une certaine dualité "en miroir" entre Trump et Macron. Je vois Macron comme étant lui aussi une
espèce de cocktail molotov (votolom pour faire miroir) lancé au coeur de la société française, chargé par ses riches commanditaires de parachever la transformation de la démocratie française en thermocratie¹ par le miracle thermodynamique de l'entropisation.

Le problème -son problème- est que le coeur de la société française semble vouloir s'opposer à ce pourtant incontestable deuxième principe de la thermodynamique, véritable théorème de physique statistique.

On pourra lire (ou relire) les chapitres "De l'homme moyen comme déchéance de l'Homme ordinaire" et "De la démocratie comme marché politique ou de la démocratie-marché à la thermocratie" du bouquin "Vivre et penser comme des porcs"¹ du mathématicien/philosophe Gilles Châtelet.

L'Homme ordinaire (H majusculé par GC) résistant au tout puissant homme moyen (minusculé par GC)?

Ceux qui survivent mais pensent comme des Hommes ordinaires (actuellement représentés et symbolisés par les GJ) opposés à ceux qui, comme "notre" président, vivent et pensent comme des porcs?

Vers la fin du thermo-ordre?

Thom: "Que gagne-t-on à enrober le squelette du déterminisme dans une couche de graisse statistique?"
(Thom s'est durement affronté à Prigogine à ce sujet à la fin des années 1970.)


 

Le Fou dans le rôle du Roi ou vice-versa ?

Chris

  18/03/2019

Trump n'a jamais caché son aversion de l'Amérique va-t-en guerre. 
Il est fondamentalement uranien (Verseau). Uranus =uranium ?! Pire, on ne trouve pas, du moins pas en politique.
Désordonné ? Pas vraiment, plutôt disruptif : il n'oublie pas. Rien ne le rend plus agressif et créatif que de rencontrer des résistances… et de les faire éclater.
Dès que j'ai compris sa psychologie, je l'ai déclaré "démolisseur en chef" de l'empire. Et je ne me suis pas trompée. Ses cabrioles me ravissent, il fait "du bon boulot". C'est un Terminator des trucs pourris qui résistent encore. S'il est ré-élu (et vivant…), je prédis qu'il aura la peau de l'OTAN !
Trump-Poutine, c'est l'envers et l'avers d'une même pièce : ils sont juste en décalage spacio-temporel et pourtant synchrone.
Je crois qu'il s'amuse bien…
 

Macron et la fin du thermo-ordre?.1

jc

  18/03/2019

Je recommande pour sa profondeur et sa clarté  le visionnage de la conférence du mathématicien/philosophe Olivier Rey à propos de son bouquin "Quand le monde s'est fait nombre":

https://www.youtube.com/watch?v=e4Yt8Leo5iE

Ceux qui ont lu "Le règne de la quantité et les signes des temps" se régaleront.

Son bouquin est ainsi résumé dans sa page Wikipédia:

"Dans Quand le monde s'est fait nombre, Olivier Rey examine les voies par lesquelles la statistique a pris, à partir du XIXe siècle, une telle importance dans nos sociétés. Une thèse centrale du livre est que cet empire du nombre trouve son origine non dans la science, mais dans une certaine façon qu'ont les êtres humains de vivre les uns avec les autres : «  La clé de notre rapport aux nombres n’est pas à chercher chez eux, mais entre nous. Cette clé n’est pas mathématique, mais historique et sociale. En d’autres termes, le rapport des hommes aux chiffres reflète la relation des hommes entre eux. »

Sa conférence se termine sans qu'il n'ait manifesté -à ma connaissance- la moindre objection à cet état de fait que rapporte Wikipédia: " le rapport des hommes aux chiffres reflète la relation des hommes entre eux.": il y a matheux/philosophe (Olivier Rey) et matheux/philosophe (Gilles Châtelet) ...

Quant aux thomiens ils se poseront évidemment la question de savoir où, en statistique, est la géométrie qui permet d"éviter le décollage de tout ça. (Dans son exposé OR mentionne la célèbre citation de Galilée "Le livre de la nature est écrit en langage mathématique" en la complétant pour faire remarquer que pour lui, Galilée, mathématiser c'est géométriser, sans revenir ultérieurement sur le problème du sens de cette réalité statistique plus réelle que la vraie.)

"La statistique ignore les formes… qu'elle ne peut que détruire.", paraphrase de la citation thomienne:
"La thermodynamique ignore les formes… qu'elle ne peut que détruire."
 

Communauté vs société, communisme vs socialisme

jc

  19/03/2019

En actionnant le moteur de recherche de Dedefensa on trouve:
17 occurences pour communisme, 23 pour socialisme, 17 pour communauté, 20 pour société.

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Quelle différence y a-t-il entre communauté et société? Spontanément -formatage oblige peut-être- je qualifie une communauté de religieuse, de noire, d'hispanique, de francophone, etc., alors que je qualifie une société de savante, de française, de secrète, d'anonyme, etc. (Je remarque au passage que la langue maternelle est très probablement un marqueur communautaire fort.)

Dans un entretien¹ avec Natacha Polony le mathématicien/philosophe Alain Rey différencie ces deux concepts de la façon suivante qui me plaît beaucoup (7'30):

"En mode communautaire le "je" est le singulier du "nous", en mode social le "nous" est le pluriel du "je"."

Autrement dit dans une communauté ce qui unit est plus fort que ce qui divise, alors que c'est l'inverse dans une société. J'ajouterai que pour moi ce qui unit une communauté immane de cette communauté, alors que ce qui unit une société transcende cette société. Ainsi, pour moi, la société URSS s'est effondrée mais pas la communauté russe, et la société américaine va s'effondrer, parce que c'est une société "à la Rey", a prédit Arbatov. (En effet pour moi la cohésion d'une communauté est principiellement assurée par un centre organisateur interne à la communauté, immanent à cette communauté; alors que la cohésion d'une société est assurée principiellement par des frontières (réelles mais aussi virtuelles -lois, contrats, objectifs, etc.-), frontières qui présupposent qu'il y a "des choses" au-delà de la société considérée, "des choses" qui la transcendent.)

Avec cette différenciation "à la Rey" on voit pourquoi le communisme politique (en URSS, en France, etc.) n'a jamais été autre chose qu'un socialisme, et, peut-être aussi, pourquoi le vide est en train de se faire "à gauche" en France.

Un vide politique à combler par la communauté féminine française?


¹: https://www.les-crises.fr/natacha-polony-et-olivier-rey-combattre-loligarchie/
 

Anatomie de l'actuelle société française (selon Gilles Châtelet)

jc

  19/03/2019

Une relecture rapide de "Vivre et penser comme des porcs" de Gilles Châtelet.

Selon GC il y a les Hommes ordinaires (auxquels je rajoute -précision peut-être pas inutile- les Femmes ordinaires) -H (et F) majusculés par Châtelet- pour moi parfaitement symbolisés par les GJ: des gens qui survivent en Macronie mais pensent et agissent comme des gens ordinaires; et il y a les hommes-femmes (H=F=L=G=B=T) définis statistiquement par rapport à l'homme-femme moyen de référence, magma statistique en courbe en cloche¹ formant l'actuelle thermocratie (selon la terminologie châtelaine) -actuellement macronienne- des gens qui vivent et pensent comme des porcs².

Ceci posé je vois l'actuelle société française ainsi: des gens ordinaires dans deux cuvettes extrêmes (à gauche et à droite), les porcs dans une troisième cuvette centrale. Après le deuxième tour de la dernière présidentielle, la porcherie centrale est remplie à son maximum. Elle tend depuis à se vider dans les deux cuvettes "gauche" et "droite" (pour l'instant plus à droite qu'à gauche, il me semble).

Ainsi des porcelets s'échappent de la porcherie³. Une révolte populiste? Non.

Car ils s'échappent de la porcherie pour redevenir des Hommes et des Femmes ordinaires. Une révolution du peuple.

Le dernier chapitre est une interrogation: "Vers la fin ou le début de l'Histoire: yaourtière à classe moyenne ou héroïsme du quelconque?".

Gilles Châtelet opte pour l'héroïsme du quelconque (et se suicide peu après…). Voici en effet le dernier paragraphe⁴ du bouquin:

"Et si l'horoscope des "grandes tendances" se trompait? Et si le cyber-bétail redevenait un peuple, avec ses chants et ses gros appétits, une membrane géante qui vibre, une humanité-pulpe d'où s'enrouleraient toutes les chairs? Ce serait peut-être une définition moderne du communisme: "A chacun sa singularité." De toute manière, il y aura beaucoup de pain sur la planche, car nous devrons vaincre là où Hegel, Marx et Nietzsche n'ont pas vaincu."

Hegel, Marx et Nietzsche sont allemands. Peut-être les français seront-ils plus sensibles à Astérix et Rabelais?


¹: Avec en sommet de cloche les Turbo-Bécassine et les Cyber-Gédéon (Cf. le chapitre 9)

²: Nous venons d'en voir quelques spécimens lors de la réunion -hier soir- d'une soixantaine d'intellectuels (membres de "La régie française des jobards du consensus"?) autour de "notre" président-rastaquouère-culturel*.

*: Le titre du chapitre 10 est: "La nouvelle exception française: le rastaquouère culturel".

³: En touchant à la bagnole (90->80, augmentation de la TIPP, durcissement des normes), Macron a fait l'erreur (fatale?) de tirer contre son camp en touchant l'une des cordes sensibles du libéralisme/individualisme: le droit pour tous à "l'automobilité". Cf. le chapitre 7: "Robinsons à roulettes et pétro-nomades".

⁴: Paragraphe qui croise -je m'en aperçois à l'instant- mon commentaire précédent sur une citation d'Alain Rey.

 

Le dépouillement du grand débat

jc

  20/03/2019

Je poste ce commentaire ici parce que dans le droit fil du règne de la quantité dont Gilles Châtelet et Olivier Rey nous montrent les ravageants effets. Ce commentaire est déclenché par le paragraphe suivant de l'article paru ce jour de "Fin des stocks, braderie de printemps" par Badia Benjelloun:

"Les Gilets Jaunes dans un bel ensemble ont refusé de faire figuration dans le Grand Monologue car ni la façon éhontée avec laquelle le soliloqueur menait une campagne électorale pour les européennes ne leur convenait. Ni l’issue qui allait lui être donnée, – le dépouillement et le traitement des doléances allaient recevoir un traitement statistique digne de la Monarchie en marche, – ne pouvait satisfaire leur soif aiguë et inextinguible pour une démocratie vraie."

Je reproduis ici un commentaire fait à l'époque du lancement du Grand débat: exemple précis des ravages de la quantification statistique dénoncés calmement (Olivier Rey) et violemment (Gilles Châtelet) par deux mathématiciens/philosophes.

En fouillant sur la toile on trouvera des informations sur une "start up" pressentie pour "traiter les données". Cela permettra de mettre des visages sous les appellations châtelaines de Turbo-Bécassine et Cyber -Gédéon basiques (très, très basiques…).

Vive la Macronie, vive la France.

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Qui traitera les données?
Article lié : Le “Grand Débat” est orphelin

jc

  15/01/2019

On connaît la citation de Staline: “Ce qui compte ce n'est pas le vote, c'est comment on compte les votes.”

Chantal Jouanno a démissionné parce qu'elle n'a pas eu l'engagement du pouvoir exécutif que la commission nationale du débat public ferait elle-même le travail de synthèse et de restitution, c'est-à-dire pour résumer pas de garantie que sa mission serait de bout en bout indépendante*.

C'est en écoutant la radio* que j'ai appris que les données récoltées par la consultation seront traitées par une "start up". Cyril Lage, l'un des co-fondateurs de "Cap collectif" s'y exprime à partir de 8'40. A ne pas rater!  

J'ai noté en particulier que le code source du logiciel de traitement  était inaccessible (ce qui peut renvoyer, selon moi, à la citation de Staline).


NB: ça vaut la peine de jeter un coup d'oeil sur ce qu'on trouve sur la toile, par exemple:

https://cap-collectif.com/a-propos/


*: France Culture Lundi 14/01/19, infos de 12h30.