Notes sur la tension figée dans le Golfe

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Notes sur la tension figée dans le Golfe

La “tension dans le Golfe” est une expression consacrée, mais impliquant avec générosité qu’elle affecte aussi le détroit d’Ormouz, le Golfe d’Oman et la Mer d’Oman, qu’elle déborde largement sur les terres avec divers riverains et voisins, dont les États du Golfe, la Syrie, Israël, la Turquie, l’Iran, etc. La “tension dans le Golfe” est en train de devenir une espèce de situation paralysée, avec une multitude d’acteurs contradictoires, de déclarations contradictoires objets de nombreuses interprétations, de menaces contradictoires, d’initiatives contradictoires, tout cela dans l’attente que quelque chose se concrétise. Tout cela conduit à l’inverse de ce que signifie d’habitude le concept extrêmement dynamique de “tension”.

Plusieurs faits et évènements méritent d’être collationnés et commentés, pour montrer effectivement cette diversité et cette complexité. L’histoire de la tension présente commence par le plus haut de cette tension, qui affecte manifestement, d’une façon antagoniste, – cela mesure déjà le terrain paradoxal où nous nous déplaçons, – les USA et Israël, c’est-à-dire les deux pays les plus étroitement alliés qu’on puisse imaginer.

Netanyahou a décidé que l’Iran a décidé…

Le 17 janvier 2012, le site DEBKAFiles annonçait avec fracas une nouvelle, qui démentait une interprétation généralement admise, y compris par lui-même comme il le reconnaissait. La suspension de l’exercice israélo-américain Auster Challenge 12, annoncée le 15 janvier, était due aux Israéliens et non à la partie US.

«DEBKAfile's sources disclose exclusively that, contrary to recent reports published in Washington, Jerusalem – and this site too – it was Israel Prime Minister Binyamin Netanyahu, not the Obama administration, who decided to call off the biggest ever joint US-Israeli military exercise Austere Challenge 12 scheduled for April 2012. Washington was taken aback by the decision. It was perceived as a mark of Israel's disapproval for the administration's apparent hesitancy in going through with the only tough sanctions with any chance of working against Iran's nuclear weapon program: penalizing its central bank and blocking payments for its petroleum exports.

»This was the first time Israel had ever postponed a joint military exercise; it generated a seismic moment in relations between the US and Israel at a time when Iran has never been so close to producing a nuclear weapon…»

Deux jours plus tard, le 19 janvier 2012, DEBKAFiles enfonçait encore le clou en annonçant que Netanyahou avait donné consigne à son ministre de la défense et à son chef d’état-major d’accueillir le général Dempsey, le président du comité des chefs d’état-major US, par un nyet catégorique ; savoir, Israël refusant absolument de s’engager à avertir Washington avant d’exécuter une initiative quelconque d’attaque contre l’Iran. D’autre part, Netanyahou faisait savoir que le “message” que le général Dempsey aurait à rapporter à Washington est l’annonce que lui, Netanyahou, a décidé que la vérité de la situation est que l’Iran a décidé de “devenir un Etat nucléaire”, – et period, comme l’on dit.

Entretemps, le ministre Barak fait des déclarations rassurantes à la radio israélienne (voir SpaceWar.com/AFP du 18 janvier 2012), annonçant que toute décision d’attaque éventuelle contre l’Iran est “très loin de nous” (“very far away”). DEBKAFiles n’accorde pas trop d’importance à cette déclaration, interprétée comme une tentative de Barak de jouer un rôle d’entremetteur entre Obama et Netanyahou, – car tout, tout, selon DEBKAFiles, semble dominé par l’antagonisme, voire la haine que se vouent fraternellement les deux alliés («DEBKAfile's sources doubt that President Obama and Prime Minister Netanyahu are in any mood to respond to Barak's effort to cool the dispute…»)

Le détroit d’Ormouz ne fait pas recette

En plus de toutes les spéculations développées par DEBKAFiles, dont celles concernant les relations entre BHO et Netanyahou ne sont pas les moins intéressantes, le site ajoute, dans son analyse du 17 janvier 2012 un fait brut et réel qui est de grand intérêt. La partie américaniste n’en dit rien publiquement, non plus que la partie iranienne.

«Exactly three weeks ago, on Jan. 3 Lt. Gen. Ataollah Salehi, Iran's Army chief, announced that the aircraft carrier USS Stennis and other “enemy ships” would henceforth be barred from entering the Persian Gulf through the Strait of Hormuz. Yet since then, no US carrier has put this threat to the test by attempting a crossing. Tehran has been left to crow.»

…Effectivement, si Washington avait été sur le pied de guerre, avec son hubris en bandouillère, il aurait répondu à la menace de général Salehi, en faisant au moins croiser son USS John C. Stennis devant le détroit d’Ormouz, ou bien même en lui faisant franchir le détroit. Rien de tel. Le Pentagone ne s’en vante pas, les Iraniens ne triomphent pas ; Netanyahou, lui, a du mal à cacher son mépris pour les USA et leur président qui roule des mécaniques mais qui, en réalité, selon lui, Netanyahou, ne fait que reculer…

Les incertitudes de la guerre à Washington

Le problème, pour Netanyahou, est que les USA sont moins mûrs qu’il aurait pu le croire pour une nouvelle guerre. Bien sûr, le Congrès passe toutes les résolutions que lui suggère l’AIPAC, mais, à force d’infamie dans ce jeu, cela a-t-il encore un véritable poids ? Les vociférations extraordinaires des super-hawk du Congrès, comme Ileana Ros-Lehtinen (voir plus loin), n’impressionnent plus guère. L’outrance du propos, quand elle n’est point suivie d’effets, évolue comme la tension : elle se fige.

Certes, il y a les candidats républicains des primaires qui, tous, sauf Ron Paul, annoncent l’attaque de l’Iran s’ils sont élus. Mais la campagne républicaine est pour l’instant en plein désarroi, sinon en complète désagrégation. Les candidats se défilent les uns après les autres (Perry, après Huntsman), on remet en cause le résultat du Caucus de l’Iowa après recomptage des voix (Santorum vainqueur, pas Romney). Ron Paul continue à être applaudi à tout rompre lorsqu’il dénonce la stupidité criminelle d’une possible guerre avec l’Iran.

Du côté de l’administration en pleine campagne de réélection, Obama manœuvre un peu à la manière du USS John C. Stennis, en faisant secrètement tout ce qu’il faut pour éviter un affrontement avec l’Iran. Il envoie même une lettre, secrète et aimable, à l' Ayatollah Khameini. De ce point de vue de cette volonté de conciliation, BHO est soutenu à fond par ses militaires.

A cela, on ajoute des craquements constatés dans ce qu’on jugeait être la belle unanimité pro-guerre de l’establishment washingtonien, avec l’article de Leslie Gelb sur le sujet. (Voir le 19 janvier 2012.)

Les élèves dissipés : Russie, Chine, Inde…

Cette atmosphère délétère (du point de vue de ceux qui jugent cette guerre vitale pour l’avenir de la civilisation) se prolonge hors des USA et même loin du Golfe. Les Russes, par exemple, après avoir semblé louvoyer, ne cessent de durcir leur position. Ils incluent d’ailleurs dans ce durcissement la Syrie et l’Iran, par rapport à ce qu’ils perçoivent, c’est selon, comme les ambitions ou/et les obsessions du bloc BAO. Après Rogozine affirmant le 14 janvier que toute attaque de l’Iran serait perçue par la Russie comme une menace grave contre sa propre sécurité, c’est le ministre Lavrov qui décrit, le 18 janvier 2012, l’occurrence catastrophique que serait un conflit avec l’Iran.

Les Chinois, eux aussi, réaffirment leur inquiétude de plus en plus active, comme l’a fait remarquer le Premier ministre Wen, mercredi à Doha. (Voir PressTV.com, le 19 janvier 2012.) En plus, Wen a fait l’apologie de la reprise des négociations dites “P5+1”, à Ankara, en Turquie, à la grande satisfaction des Iraniens. Alors : on attaque ou on parle ? Les deux, Votre Excellence…

«Speaking at a press conference in Doha on Wednesday, visiting Chinese Prime Minister Wen Jiabao said China's trade relations with Iran are normal and justified and should be protected. Last week, Beijing dismissed US efforts to tighten the noose of sanctions around Iran's economy, saying it “opposes imposing pressure and sanctions.”

»Wen said his country instead backed talks between Iran and the five permanent members of the UN Security Council – Russia, China, Britain, France and the US – plus Germany (P5+1). “Talks between Iran and the P5+1 – Britain, China, France, Russia, and the United States plus Germany – will most probably be held in Istanbul,” Wen said on Wednesday.»

..Notons que l’Inde a clairement rejeté toute idée de demande d’exemptions des sanctions annoncées par les USA pour les pays ou les sociétés non-US commerçant avec l’Iran. L’Inde ne considère pas qu’une loi américaniste a valeur de loi internationale à laquelle tout le monde doit se soumettre. Le 18 janvier, Reuters rapportait en ces termes les déclarations du Secrétaire indien aux affaires extérieures Ranjan Mathai :

«But Mathai said New Delhi was not seeking an exemption and implied it did not see the new sanctions as binding. “We have accepted sanctions which are made by the United Nations. Other sanctions do not apply to individual countries,“ Ranjan Mathai told reporters. “We continue to buy oil from Iran.“»

Marchons, marchons, qu’un sang impur…

La partie américaniste tient, pour ce qui est de la communication, un étrange rôle qui oscille entre le comique de l’absurde et un double langage dont on ne sait jamais exactement lequel est le premier et lequel est le second ; elle-même, “la partie américaniste”, l’ignore d’ailleurs… Il faut lire l’enchaînement des nouvelles tel que l’égrène cette dépêche du 18 janvier 2012 (SpaceWar.com/AFP), où la porte-parole du département d’Etat annonce la satisfaction complète de sa ministre devant le succès de l’offensive d’influence et de communication des USA pour rallier les autres aux sanctions US, déclaration entrecoupée dans le texte de l’observation neutre et platement mentionnée, que la Russie, la Chine et l’Inde (fameux trio) ont abruptement refusé de suivre ces sanctions ; comme si Hillary faisant avec entrain du sur place, comme sur une scène de théâtre, entonnait la fameuse strophe : “Marchons, marchons, qu’un sang impur/Abreuve nos sillons…

«The United States said Wednesday that Iran was feeling the heat over its nuclear program after Russia warned that a US drive to cut the Islamic regime's oil exports hurt chances for peace.

»US diplomats have been touring the world to urge governments to curb Iran's key export. China, India and Russia have all resisted the calls, although Japan and the European Union are looking at ways to reduce Iranian oil imports.

»“We do think that these consultations are bearing fruit,” State Department spokeswoman Victoria Nuland told reporters. “We also see that Iran is already feeling the pinch in terms of the revenue it counts on from its crude, and we'll continue to work on this,” she said.»

Autre scénette sur la scène de l’opéra-bouffe washingtonien, rapportée par la même dépêche, de la considérable Ileana Ros-Lehtinen, présidente de la commission des affaires extérieures de la Chambre, si complètement corrompue par l’AIPAC et les neocons qu’elle a peine à marcher sous le poids des ors et des trésors dont on la couvre et dont elle est ainsi accablée. Ros-Lehtinen est allée à Téhéran, en phase maniaque avec quelques copains de la commission, et elle rentre folle de rage, ayant entendu des bruits de négociations dans le Golfe, – comme on dirait “des bruits de botttes”, – observant qu’on est “on the verge of once again conversing with Iran”, – “au bord de la négociation”, comme un autre dirait “au bord de la guerre”, comme on dit “au bord du précipice”…

«Fresh from a congressional trip to Iran, US lawmaker Ileana Ros-Lehtinen expressed concern that Iranian officials whom she and other members of her congressional delegation met with seemed to think that talks between Washington and Tehran were likely. “The folks we met with seem to think that the United States is on the verge of once again conversing with Iran,” the Florida congresswoman said. “I certainly hope we're not going to do that foolish venture again”»

L’Europe, en avant marche, en fermant les yeux

Disons, en passant puisqu’il faut bien y passer, quelques mots de l’Europe. Le 24 janvier, ces messieurs-dames vont se prononcer sur les sanctions contre l’Iran, y compris l’embargo sur le pétrole qui ne manquera pas de mettre certains pays de ce vertueux ensemble dans une position fort délicate, – la Grèce en premier, comme on le sait, qui a bien besoin de tels encouragements. De ce fait, la Grèce rechigne à suivre les maximalistes (France, UK, Hollande, Allemagne) qui veulent un embargo pour le 1er mai.

Le spectacle européen est, à sa façon, surréaliste. Il y a une dureté d’acier, – plutôt celui de Pittsburgh que de n’importe où hors des USA, – face à l’Iran. Quant à savoir pourquoi et dans quel but, c’est une autre histoire. Les Français y tiennent une position absolutiste et jusqu’au-boutiste, laquelle stupéfie la plupart de leurs collègues européens… Quand on signale à la délégation française cette perception que les autres ont de la France, celle-ci, ou les plus hauts placés dans cette délégation, ouvrent des grands yeux et se demandent pourquoi la position française est perçue comme si extrémiste.

Dans cette impossibilité de se comprendre soi-même, ni pourquoi l’on fait ce que l’on fait, l’Europe fait ce qu’elle sait faire de mieux : bureaucratiser sa politique, ce qui permet de s’abstenir de la comprendre et même de la décider. Elle s’attache à la problématique de l’application des sanctions les plus sévères, avec minutie, avec zèle, ce qui lui prend largement tout son temps. Cela ne lui laisse pas une minute pour tenter de comprendre pourquoi elle va décider demain, ou un autre jour, d’appliquer ces sanctions… L’acte précède la délibération et la rend inutile, si bien qu’il n’a besoin d’aucune décision pour être posé.

La “fin de la vie sur la terre”

Tout cela n’empêche pas, bien au contraire dirait-on, d’entretenir des perspectives apocalyptiques. “La guerre contre l’Iran aura bien lieu”, disent certains, et elle entraînera, soit un conflit mondial, soit la fin de l’espèce humain, – au choix. On peut peut tenter de concilier les deux prospectives en disant que celle-ci et celle-là s’équivalent.

Paul Craig Roberts développe cette prévision dans un article de Global Research, dont la substance nous est restituée par PresTV.com, le 18 jzanvier 2012.

«A former American official has warned that the United States wants to blame Israel for Washington's possible war on Iran that could end life on earth.

»US warnings to Israel for not attacking Iran is to avoid responsibility for the war Washington has prepared, former Assistant Secretary of the Treasury Paul Craig Roberts wrote in an article on Global Research. “If the war gets out of hand, and if Russia and China intervene or nukes start flying, Washington wants the blame to rest on Israel, and Israel seems willing to accept the blame,” Craig Roberts said.

»He said, “Washington won't prevent the war that it so fervently desires. Neither will Washington's NATO puppets.” “Great' Britain does as it is told, subservient and occupied Germany, bankrupt France, Italy occupied with US air bases with a government infiltrated by the CIA, bankrupt Spain and Greece will all, in hopes of an outpouring of US dollars and devoid of any dignity or honor, support the new war that could end life on earth,” Craig Roberts added.»

Structure de tension crisique

…Ouf, – reprenons notre souffle, comme c'est bien souvent nécessaire dans les divers imbroglios caractérisant la situation du monde. Il ne s’agit pourtant que de deux ou trois jours dans la vie de la crise iranienne, qui a maintenant, dans sa phase hystérico-maniaque, six ans d’âge à quelques semaines près. (Nous faisons remonter le début de cette phase hystérico-maniaque exactement au 19 février 2005, lorsque G.W. Bush déclara à Bruxelles que, concernant l’Iran, “all options are on the table”, – ce qui impliquait principalement que celle de la guerre y était.)

Faut-il tenter de sortir un seul enseignement politique, une seule tentative de prospective de ce tourbillon sans but et sans fond qui fait bouillonner le Golfe ? Inutile en vérité, et nul ne sait... Il est préférable de s’attacher à observer la naissance d’une nouvelle sorte de processus postmoderniste dans la problématique des relations internationales. Nous avons vu successivement apparaître la structure crisique puis la structure de la chaîne crisique, toutes structures qui se sont ajoutées les unes aux autres sans qu’aucune ne disparaisse. Nous avons désormais ce qu’on pourrait désigner comme une situation de “tension crisique” s’installant de façon durable, presque structurelle, – finalement, oui, promise à devenir structurelle, en une “structure de tension crisique”. C’est un phénomène original qui ajoute deux situations de paroxysme, qui est celle de la crise et celle de la tension. Ainsi verrouille-t-on les consignes du Système né du “déchaînement de la Matière”.

Nécessité d’un coup de force

L’actuelle situation dans le Golfe et alentour, autour de la crise iranienne, nous a fait passer de la phase dialectique de l’agitation de la menace à la phase active de la concrétisation de la menace. Pourtant, nous restons dans le domaine de la communication. Le mouvement et l’agitation extrêmes entrés dans le domaine du réel apparaissent comme étant sans la moindre réalité, et produisant le contraire d’elle-même ; le mouvement et l’agitation extrêmes comme producteurs de la paralysie.

Nous poursuivons de façon convaincante le développement de ces phénomènes paradoxaux, naissant de l’extrémisme hystérique, de l’agitation de l’épisode maniaque, de la montée paroxystique, indiquant autant de mouvements échevelés et fiévreux, et se solidifiant finalement dans des structures quasiment figées, dans une sorte de paralysie qui résulterait de la convergence antagoniste d’autant de pressions furieuses mais équivalentes. L’agitation se poursuit, s’amplifie, se tourne et se retourne furieusement, mais elle ne parvient qu’à renforcer finalement le caractère figé de l’ensemble.

A cette lumière étrange apparaissent toutes les outrances, toutes les contradictions, toutes les inconséquences de la poussée de politique agressive générale qui caractérise l’activité du Système. A part les slogans divers, les analyses faussaires, les bravades des candidats en campagne électorales, les fermetés des guerriers bureaucratiques, il n’y a rien qui ressemble en quoi que ce soit à la dynamique d’une politique, ni même, au bout de cela, à la dynamique d’une agression. Même de cela, ils ne semblent pas capables, tous ces gens du Système, et peut-être les guerriers de l’apocalypse figée n’ont-ils plus qu’à espérer, avec zèle et ferveur, en une erreur, une maladresse, pour enfin déclencher “la spéciale dernière”. Cela peut encore arriver.

…Pour “sortir” de cette structure de tension crisique qui se fige de plus en plus et devient hermétique, il faudrait, il faut un coup de force. La guerre ne serait plus l’effet naturel de la tension, mais le résultat d’un coup de force réussi contre la matière figée de cette tension ; les coups d’éclat de Netanyahou sont la principale activité dans ce sens. Cela ne signifie dit rien de la possibilité qu’il (Netanyahou) puisse déclencher la guerre, mais qu'il y “réussirait” d’une façon si forcée et si contrainte qu’il provoquerait, dès le début, autant de dégâts chez les prétendus alliés que chez l’adversaire visé. Ainsi la structure de tension crisique imposerait-elle, pour prix de la guerre qui briserait son caractère figé, une crise si fondamentale entre les acteurs prétendument alliés qu’on pourrait l’imaginer plus grave que la guerre elle-même.