Le Titanic, la tête dans le sable

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Le Titanic, la tête dans le sable

Charles Hughes Smith n’est pas optimiste sur l’avenir de notre Système-à-tous. On le comprend et on le suit sur cette voie du raisonnement. Comme il sait la valeur du symbolisme et de l’analogie comme instruments de représentation et de communication pour mieux faire comprendre l’ampleur et la substance d’une situation, il a utilisé à plusieurs reprises (au moins deux fois d’une façon précise et élaborée, mentionne-t-il) l’analogie historique du Titanic pour représenter le sort de notre Système.

Personne ne le lui reprochera, et surtout pas nous qui ne nous privons pas, pour notre part, d’utiliser cette analogie de la tragédie de l’immense paquebot, symbole de toute la puissance et de toute la certitude du Progrès puisqu’il était garanti et certifié “insubmersible” à la face de tous les éléments et colère diverse de Mother Nature, naufrageant lors de son voyage inaugural, dans des conditions évidemment tragiques mais également piteuses puisque sans vraiment de pression des éléments naturels. Le Titanic succomba totalement et sous plusieurs aspects, notamment et y compris psychologiques, à la folie de la suffisance de l’hybris du Sapiens-Sapiens progressiste et moderniste.

... Il se trouve en effet que les conditions de son naufrage ont montré toutes les tares, les injustices idiotes, les pressions imbéciles et mortelles, les absurdités de gestion, les suffisances de jugements insupportables de sottise, dont le système qui avait accouché du ‘géant des mers’ était évidemment le promoteur et le porteur. Ce sont les mêmes traits, “injustices idiotes” et “pressions imbéciles et mortelles”, “absurdités de gestion”, “suffisances de jugements insupportables de sottise” qui affectent le Système en pleine surpuissance aujourd’hui, nous-mêmes en Majesté, dans tout l’étalage de l’extraordinaire dynamique de nos erreurs déstructurantes et productrices prodigieuses d’entropisations diverses.

Charles Hugh Smith a eu l’idée originale de reprendre l’analogue du Titanic et de décrire toutes les extraordinaires erreurs qui ont marqué les réactions des directions (déjà directionsSystème, peut-on dire, parlant des officiers dirigeant l’équipage) devant la catastrophe en train de se produire. Ces erreurs ont transformé ce qui aurait pu n’être qu’un accident grave et regrettable mais contenu, en une tragédie sans guère de précédent.

La cause de ce comportement est l’aveuglement de toute cette direction Système par rapport à la réputation du monstre “insubmersible” ; puisqu’“insubmersible” il était et le restait même en train de couler, et à quelle vitesse, c’est donc qu’il restait “insubmersible” envers et contre tous les océans du monde ; Mother Nature n’avait que se le tenir pour dit et se tenir à bonne distance. C’est dire enfin qu’il n’était pas question une seul seconde de se conduire comme si le bateau était perdu, pour appliquer les principes de sauvetage en mer de ce qui peut l’être, dans l’ordre et la discipline salvatrice autant que possible.

Au contraire, les lourdes bêtises du progressisme et du simulacre du Progrès continuèrent à mener la danse, au rythme des certitudes et des arrogances diverses, y compris les préjugés de classe dont la bourgeoisie su bien mieux et bien plus cruellement user que toutes les aristocraties du monde, puisqu’au départ sans aucun droit, puisque sans aucun devoir accompli en faveur des plus déshérités, – comme la défense des paysans (anciennement “serfs” disent avec ravissement nos philosophes-Lumière) par la chevalerie du domaine aux origines de ces classifications. On retrouve avec la bourgeoisie, qui a en plus la Révolution-République à son palmarès, cette inégalité totalement infondée, au contraire des inégalités naturelles qui ne reflètent que les différences de tâches ; on la retrouve dans les actions des officiers du Titanic, pistolets au poing pour contenir la racaille des troisième classes qui prétendait sauter dans l’eau plutôt que de couler avec la superbe réalisation du Progrès.

Il faut dire que l’analogie est fort bien faite. On reconnaît au premier coup d’œil tous les travers de notre période de Sous-Sol & Égouts de Bas-Empire, niveau des excréments, qui sont la caractéristique de nos Derniers Temps les bien-nommés. L’analogie de Charles Hughes Smith entraîne donc l’auteur à s’exclamer in fine (on l’entend d’ici) : mais pourquoi continuent-ils, nos Masters of Universe de l’époque, à vouloir sauver ce qui ne peut l’être, puisque nous coulons à la vitesse du Titanic, exactement comme le fit le Titanic, pour les mêmes raisons ?! Ces questions sont vraiment trop simplistes, alors et puisqu’on l’a voulu la réponse est finalement très simple ; “Pourquoi ?”, demande Charles Hugh Smith ? Sa réponse va d’elle-même, et c’est parce que nous sommes encore plus bêtes, bien plus vaniteux, encore bien plus suffisant, encore plus immensément bouffis d’hybris comme d’autres parmi les plus beaux biceps et pectoraux des bêtes de concours, le sont d’avalanches et de tempêtes de stéroïdes... Par conséquent et pour revenir au Titanic, un siècle plus tard “encore plus bêtes que plus bêtes” sommes-nous...

Par conséquent (suite), il n’y a, comme sur le Titanic, strictement rien à attendre de l’Effondrement du Système qui est en train de poursuivre son œuvre. Ce constat, on s’en doute, ne nous apprend rien, nous qui offrons comme hypothèse principale que l’Effondrement est en train de se faire (Grande Crise d’Effondrement du Système) tandis que l’orchestre, sur le pont incliné comme il se doit, continue sur l’air entraînant du “En avant-la-Zizique”, l’hymne transnational globaliste. Bien au contraire, toute cette agitation bienheureuse pour sauver ce qui peut être d’autant plus sauvé, sinon transmuté, qu’il n’y a aucune chance de le sauver, encore moins de le transmuter, – tout cela nous encouragera doublement, voire triplement, à “monter des ‘coups’”.

Nous citons, selon les flux et reflux de l’actualité de la communication qui n’est avare de rien, les entreprises de sauvegarde du type ‘reset-Davos’, du type Vaccinagate (ou VaccineGates) et fabrication de coronavirus en version à ailes variables, du type mise en fiche de la planète par insertion sous-cutanées, du type ‘goulag des masques’ de toutes les catégories et du couvre-feu postmoderne, du type de l’activité progressiste de la marque déposée Corporate Socialism, avec en vedette globaliste la société globalisée Anastasia & Co des docteurs Frankenstein Zuckerberg-Dorsey, etc. ; peut-être même que le Pentagone, qui n’a jamais raté un complot, réussira à en monter un de sa propre pate, fabriquant des porte-avions lanceurs de virus et frappant au cœur, – après régularisation et paiement de ses émoluments à la famille Joe-Hunter Biden, – le bâtiment du Parti Communiste Chinois à Pékin par des missiles baptisés hypersoniques (même s’ils volent en subsoniques, on est priés de croire qu’ils sont hyper...).

Et l’on verra, dans cette occurrence, – car c’est bien là finalement que nous voulions en venir, – que les complotistes eux-mêmes s’arrêteront, épuisés de voir tant de leurs projets dépassés par ceux des véritables acteurs du Grand Complot pour sauver le Titanic, soudain stupéfaits de découvrir que tous, absolument tous les complots qu’ils dénoncent depuis des siècles, sont vrais et archi-vrais, et même géniteurs de suites impressionnants de complots... En effet, le Titanic revu XXIème siècle, ne vaut pas moins que cela, aboutissement de tous les complots de notre longue histoire complotiste.

... Car, pendant ce temps, le Titanic des Temps d’Après poursuit son triste destin. Charles Hugh Smith ne se fait pas la moindre illusion, pas un seul instant. Nous non plus. Nous sommes destinés à boire l’iceberg jusqu’au dernier cube de glace de ces temps de crise climatique. Il est absolument évident que le Système suivra, en pire, en buvant la tasse encore plus monumentale, le destin du ‘géant des mers’. L’analogie de Charles Hugh Smith vaut donc d’être parcourue et méditée.

Reprise d’une part par ZeroHedge.com, la chronique de Charles Huigh Smith se trouve également sur son site, le 16 octobre 2020, sous le titre « L’analogie du ‘Titanic’ que vous ne connaissez pas : accepter passivement l’oubli » (« The ‘Titanic’ Analogy You Haven't Heard: Passively Accepting Oblivion »).

dedefensa.org

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Croisière sur le Titanic

Que nous nous en rendions compte ou non, nous réagissons par l'acceptation passive et l’oubli.

Vous avez sans aucun doute entendu l’anecdote cyniquement moqueuse du déplacement des chaises longues sur le pont du Titanic comme une analogie symbolique de la futilité d’approuver des ajustements politiques face à la crise systémique [la GCES, selon nous]. J’ai déjà utilisé le cas du Titanic comme une analogie de la fragilité de notre système financier face à la terrible catastrophe de la pandémie :

• |e15 mars 2016, “Why Our Financial System Is Like the Titanic” ;
• le 20 janvier 2020, “Coronavirus and the ‘Unsinkable’ Titanic Analogy.

Mais il y a une analogie très significative, que vous ne connaissez sans doute pas. Pour la comprendre cette analogie, nous devons rappeler récapituler le contexte de la tragédie.

Le 14 avril 1912, le paquebot Titanic, considéré comme insubmersible en raison de l'étanchéité de ses compartiments de coque, est entré en collision avec un énorme iceberg, par une nuit étrangement calme et sans lune. Aux premières heures du 15 avril, l’immense navire se brise en deux et coule, emportant dans son naufrage la majorité de ses passagers et de son équipage.

Sur les 2 208 passagers et membres d’équipage, 1 503 ont péri et 705 ont survécu. Les canots de sauvetage avaient une capacité maximale de 1 178 personnes, ce qui fait au moins 475 morts de trop.

La complaisance initiale des passagers et de l’équipage après la collision est une autre source d’analogies concernant la capacité sans fin de l’humanité à nier.

La structure de classe de l’époque était appliquée par les autorités, représentées par les officiers du navire. Alors que la situation devenait visiblement tendue et  menaçante, les passagers de première classe étaient installés dans les canots de sauvetage restants tandis que les passagers de troisième classe, – dont nombre d’immigrants, – étaient bloqués à bonne distance du pont. Les officiers avaient pour instruction de faire éventuellement usage de leurs revolvers.

Les deux tiers des passagers sont morts, mais les pertes n'ont pas été réparties de manière égale : 39% des passagers de première classe, 58% des passagers de deuxième classe et 76% des passagers de troisième classe ont péri.

Les calculs rudimentaires du concepteur du navire, qui était à bord pour superviser le voyage inaugural, révélèrent rapidement aux officiers que le navire allait couler et qu’il n’y avait aucun moyen de l’arrêter. Le navire avait été conçu pour survivre à la mise sous eau de quatre compartiments étanches, et pouvait probablement rester à flot si un cinquième était endommagé ; mais la sort en était jeté s’il y en avait six. L’eau se répandrait inévitablement dans les compartiments adjacents et chuterait comme des dominos jusqu'à ce que le navire coule.

Qu'ont fait les autorités de ces informations ? Totalement incapables d’agir efficacement, elles ont complètement oublié leur expérience et leur mesure et ont consacré toutes leurs ressources à faire respecter la hiérarchie des classes et l’aspect chevaleresque des relations entre sexes de l’époque : 80% des passagers masculins ont péri et 25% des passagers féminins.

L'embarquement des passagers dans les canots de sauvetage fut si mal organisé que seulement 60 % de la capacité des canots de sauvetage était utilisé.

Au contraire, si les officiers avaient courageusement accepté l’inévitabilité du naufrage du navire dès le début et conçu un plan pour minimiser les pertes de vie ? Il n’aurait pas fallu un extraordinaire sursaut de créativité pour organiser les volontés de l’équipage et des passagers afin de récupérer du navire tout ce qui pouvait flotter, – chaises de pont en bois, fauteuils, parois, etc. Du fait que la mer était extrêmement calme mais glacée cette nuit-là, il aurait suffi de maintenir les naufragés hors de l’eau sur les débris flottants.

Plutôt que de promouvoir l’absurde simulacre selon lequel le navire allait bien, très bien merci alors que le temps de la catastrophe était compté, les autorités auraient pu rassembler femmes et enfants à bord des canots de sauvetage.

Sur les 1 030 personnes qui n’auraient pu être placées dans un canot de sauvetage, 890 étaient des membres d’équipage, dont environ 25 femmes. Les membres d’équipage étaient presque tous dans la force de l’âge. Si quelqu’un pouvait survivre plusieurs heures sur un radeau partiellement submergé, c’était bien les gens de l’équipage. (Le premier bateau de sauvetage est arrivé environ deux heures après le naufrage du Titanic.)

Cet effort précipité pour sauver tout le monde à bord aurait-il réussi ? Au minimum, il aurait permis de sauver 475 âmes supplémentaires grâce à un chargement minutieux des canots de sauvetage à leur capacité maximale, et si les radeaux de fortune avaient offert une flottaison significative, beaucoup plus de vies auraient été sauvées.

Plutôt que de consacrer des ressources au maintien de la prétendue sécurité et de l'ordre, que se serait-il passé si les dirigeants du navire avaient concentré leur réponse sur une question simple : que fallait-il faire pour que les gens survivent à une nuit glaciale une fois les canots de sauvetage remplis et le navire coulé ?

Je pense que vous voyez l'analogie avec le présent. Nos dirigeants, tels qu’ils sont, consacrent des ressources à maintenir l'absurde prétexte que tout sera magiquement ramené à la situation de septembre 2019 si nous imprimons juste assez d'argent et renflouons l’aristocratie financière.

Que nous en soyons conscients ou non, nous réagissons en acceptant passivement l’oubli des réalités catastrophiques ou pré-catastrophiques. L’économie et l’ordre social étaient déjà fragiles avant la pandémie, et ces fragilités se désintègrent si rapidement. Nous devons commencer à penser au-delà des simulacres et des relations publiques.

Charles Hugh Smith

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