Ca passe ou ça casse

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Ca passe ou ça casse

• Articles du 2 décembre 2021. • Une analyse minutieuse de certains des principaux composants de la Grande Crise, ou comment le Système se trouve dans l’obligation d’agir très rapidement (avant les élections mi-mandat de novembre 2022 aux USA ?) s’il veut réussir sa ‘Grande Transition’”. • Bien plus qu’une tour de Babel de multi-complots, il s’agit d’une course de vitesse entre le Système aux abois et la dissidence que son action génère, dans ses populations aussi bien qu'avec Chine et Russie. • Contributions : dedefensa.org et Alastair Crooke.

Le texte que nous donne Alastair Crooke ce 1er décembre 2021 (‘Strategic-Culture.org’) est d’un très grand intérêt dans la mesure où il nous présente une synthèse permettant à la fois l’intégration et l’assimilation de plusieurs courants crisiques qui constituent une part très importante de ce que nommons la ‘Grande Crise’ (GCES). Loin de s’acharner et de se perdre jusqu’à l’épuisement hystérique dans des explications labyrinthiques, ou improbables, ou sensationnelles, ou thérapeutiques (pour les psychologies exigeantes), – que ce soit des complots, des conspirations, des manœuvres stratégiques subreptices et ainsi de suite, – loin de tout cela et au contraire de tout cela, il va à l’essentiel.

L’essentiel : qu’est-ce à dire ? L’évidence même, une fois que cela est formulé...

Il donne une mesure de la formidable dynamique en cours. Il en donne les aliments, les carburants et les stimulantes ; il en trace les exigences temporelles extrêmement pressantes, il en suggère les contradictions mortelles... Ainsi avons-nous, selon ce qu’ion en juge, une description réaliste du tourbillon crisique qui nous emporte, avec la plupart des ingrédients que nous connaissons, – Covid & vaccin, narrative et même ‘Great Narrative’ avec son déterminisme narrativiste aussi stupide que les zombies-croyants qui la vénèrent, ReSet, menaces de très nombreuses Troisièmes Guerres mondiales avec les ‘usual suspects’ présumés coupables avant même d’avoir commis l’horreur (Russie et Chine bien sûr, avec un zeste d’Iran), et ainsi de suite.

Crooke nous donne même une borne qui marque la limite de l’exercice-Système, pour le reste de temps compté qui lui reste, réussir sa ‘Grande Transition’ (expression désignant le ‘ReSet’ aux petits oignons, au milieu des océans de tromperies et de simulacres,  les guignoleries de ce foutoir aux illusions mensongères que Crooke désigne comme des ‘memes’, que nous interprétons par le terme tout de légèreté du vide de substance : ‘sornettes’)...

Cette borne, c’est novembre 2022, et l’humeur courante ne le dément certainement pas. Notez que les prédictions catastrophiques pour 2022 sont déjà là, sans attendre la fin de notre passionnante année 2021... Car comme l’écrit RT.com, nous rapportant la nouvelle du jour :

« La banque d'investissement danoise Saxo Bank a publié jeudi ses “prédictions scandaleuses” annuelles, afin de guider les marchés financiers mondiaux à travers les possibilités “révolutionnaires” de 2022, de l’abandon de la transition écologique à une nouvelle guerre froide.

» Les SaxoStrats, les stratèges les plus éminents de la banque, affirment qu’“il y a tellement d'énergie qui s’accumule” dans l'économie mondiale et la société dans son ensemble que le système actuel est absolument incapable d’y faire face. Cela conduira à une “révolution socio-économique”, qui entraînera des changements importants dans la façon dont le monde fonctionne. En voici quelques-uns... [...]

» ...La démocratie américaine meurt au milieu de crises constitutionnelles et économiques

» Après les élections ‘mid-term’ du Sénat et de la Chambre des Représentants de [novembre] 2022, les partis s’opposeront à la confirmation du vote. En conséquence, un nouveau Congrès ne sera pas formé, et Biden ne sera au pouvoir que par décret spécial. Une véritable crise constitutionnelle [éclatera] début 2023, et une “crise existentielle” dans la plus grande économie du monde en raison d'une inflation de 15 %, jamais vue depuis la Seconde Guerre mondiale. C’est la fin. »

Effectivement, Crooke nous déroule cela comme une évidence. Bien entendu, l’énorme crise de 2007-2008 qui engrange toutes les outrances des USA et du bloc-BAO depuis la fin de la Guerre Froide, n’a jamais été résolue, ni close, ni même soignée. ‘Helicopter Ben’ nous a inondé de papier imprimé comme on lance des tracts ($100, $500, $1 000, etc.), la Grèce a payé, les Banques Centrales ont signé, les milliardaires sont devenus trillionnaires et zillionnaires, les dettes empilées ont dépassé en hauteur les confins du système solaire et pour tout dire, – ‘Black Lives Matter’... C’est comme avant le ‘Big Bang’, juste au moment de la fin thermique de l’univers précédent dont l’Intelligence Créatrice du Tout n’est pas satisfaite, et comme dit si justement ‘SaxoStrats’ examinant la nébuleuse :

« ...il y a tellement d’énergie qui s’accumule [...] que le système actuel est absolument incapable d’y faire face... »

Il faut en effet bien avoir à l’esprit que ce qui est en jeu n’est pas le retour au “temps d’avant”, lequel est celui qui nous a précipités dans la Grande Crise qui s’est formée en structure crisique, littéralement comme une nébuleuse. La démarche envisageable n’est pas de retourner à ce qui a causé notre malheur, qui était déjà le Système, stupide enchaînement du mouvement perpétuel catastrophique ; mais bien d’aider autant que faire se peut au processus d’autodestruction du Système, – comme il ne peut que faire, s’autodétruire, puisqu’il produit lui-même son poison (ce poison, sa dissidence : la dissidence « est une conséquence naturelle et inévitable de la phase historique actuelle du système qu’elle hante » [Havel, lorsqu’il était encore dissident]) ; puis, ensuite, voire la nébuleuse catastrophique de l’Effondrement du Système enfin achevé se reformer en une nouvelle étoile, également selon le processus cosmologique classique.

Cette manière d’affronter le problème de ces temps-devenus-fous est selon nous la seule possible, pour comprendre, intégrer et assimiler (rêve de résolution du cas des migrants, en les laissant eux-mêmes tout en les faisant autres) la véritable signification des événements en cours. Nous avons déjà indiqué notre perception, tâche laissée à PhG justement avec ce concept de “structure crisique”. Il est précieux de voir un esprit comme celui d’Alastair Crooke aller dans le même sens, (avec une modification de son titre [« Now or Never : The ‘Great Transition’ Must Be Imposed »], qui fait d’Elvis Presley en grand uniforme de l’U.S. Army un précurseur dans la compréhension de la Grande Crise).

dedefensa.org

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C’est ‘Now or Never

La ‘Grande Transition’ doit être imposée. Une nouvelle vague de restrictions, davantage de confinements et, – finalement, – des milliers de $milliards en nouveaux chèques de stimulation sont peut-être en perspective.

Avez-vous suivi les nouvelles de la semaine dernière ? Les injonctions vaccinales sont partout : un pays après l'autre redouble d'efforts pour tenter de forcer, ou de contraindre légalement, la vaccination de toute la population. Ces injonctions sont lancées en raison de l'augmentation massive des cas de Covid - surtout dans les endroits où les thérapies géniques expérimentales à ARNm ont été déployées en masse. Et ce “marqueur” est apparu, – ce n'est pas une coïncidence, – au moment où les décès dus au Covid aux États-Unis en 2021 ont dépassé ceux de 2020. Cela s’est produit en dépit du fait que l'année dernière, aucun Américain n’avait été vacciné alors que, cette année, 59% le sont. Cette “poussée” d’ARNm n’est manifestement pas une panacée.

Bien sûr, l'establishment pharmaceutique sait que les vaccins ne sont pas une panacée. Il y a des “intérêts supérieurs” en jeu ici. Ils sont plutôt motivés par la peur que la fenêtre d’opportunité pour la mise en œuvre une série de “transitions” aux États-Unis et en Europe ne se referme. Biden a et aura du mal à faire passer son plan de dépenses sociales “Go-Big” et son programme de transition écologique au Congrès avant les élections de mi-mandat dans un an. Et le pic d'inflation pourrait bien couler son programme Build Back Better (BBB).

Le temps presse. Les élections de mi-mandat ne sont que dans 12 mois, après quoi la fenêtre d’opportunité législative se referme. La “transition” écologique est également bloquée (par les inquiétudes liées au fait que le passage trop rapide aux énergies renouvelables met en danger les réseaux électriques et augmente indûment les coûts de chauffage). D’autre part, l’establishment pharmaceutique doit être conscient que le nouveau variant B.1.1.519 (Omicron) a fait un grand saut dans l'évolution avec 32 mutations de sa protéine de pointe. Cela la rend “clairement très différent” des variants précédents, ce qui pourrait entraîner de nouvelles vagues d'infection échappant aux “défenses vaccinales”.

Traduction : une nouvelle vague de restrictions, davantage de fermetures et, – finalement, – des $milliards en nouveaux chèques de stimulation pourraient être en perspective. Et d’ailleurs, qu’en est-il de l'inflation ? pourrait-on se demander.

C'est une course pour les États-Unis et l'Europe, où la pandémie est de retour en force dans toute l'Europe, pour faire passer leurs programmes de réinitialisation, avant que les variantes ne se grippent, avec des hôpitaux bondés de vaccinés et de non-vaccinés, avec des émeutes dans les rues et des masques obligatoires sur les marchés de Noël (s'ils ouvrent). Les nouvelles de cette semaine laissaient présager un grand retournement de situation : les mandats de vaccination et les fermetures, même dans les zones hautement vaccinées, sont de retour. Et les gens n'aiment pas ça.

La fenêtre pour le ReSet pourrait se refermer rapidement. Un observateur, notant toute l’activité frénétique de l'élite, a demandé : « Avons-nous finalement atteint le terme de Davos ? » Le passage à l'autoritarisme en Europe est-il un signe de désespoir, alors que l’on craint que les diverses “transitions” prévues dans le cadre du ReSet (technocratie financière, climatique, vaccinale et managériale) ne soient jamais mises en œuvre ?

Il s'agit plutôt d'un raccourcissement, les plans de dépenses étant entravés par l'accélération de l'inflation, la transition climatique ne parvenant pas à s'imposer dans les pays les plus pauvres (et chez nous aussi), la technocratie étant de plus en plus discréditée par les résultats négatifs des pandémies, et la théorie monétaire moderne (MMT) se heurtant à un mur, à cause... eh bien, de l’inflation justement.

Vous êtes déjà intéressés ? La grande “Transition” est conçue comme une transition extrêmement coûteuse vers les énergies renouvelables et vers un nouveau corporatisme numérisé et robotisé. Elle nécessite un financement important (inflationniste) qui doit être voté, et une énorme dépense parallèle (inflationniste) d’aide sociale qui doit être approuvée par le Congrès également. Les dispositions sociales sont nécessaires pour apaiser tous ceux qui se retrouveront ensuite sans emploi, en raison de la “transition” climatique et du passage à une sphère corporative numérisée. Mais, – de manière inattendue pour certains “experts”, – l’inflation a frappé, avec les statistiques les plus élevées depuis 30 ans.

De puissants intérêts oligarchiques se cachent derrière le ReSet. Ils ne veulent pas voir l’Occident s’effondrer, ni le voir éclipsé par ses “concurrents”. Il semble donc que, plutôt que de faire marche arrière, ils vont mettre les bouchées doubles et tenter d'imposer la conformité à leurs électeurs. Plus aucune dissidence ne sera tolérée.

Un essai de 1978 intitulé “Le pouvoir des impuissants”, rédigé par le dissident de l'époque et futur président tchèque Vaclav Havel, commence sur un ton moqueur par ces mots : « Un SPECTRE hante l'Europe de l'Est : le spectre de ce que l'on appelle en Occident “la dissidence”. Ce spectre n'est pas venu de nulle part. Il est une conséquence naturelle et inévitable de la phase historique actuelle du système qu'il hante. » Eh bien, aujourd'hui, comme le note Michael Every de Rabobank, « l’Occident connaît la polarisation, les manifestations de masse, les émeutes, les polémiques sur les vaccins obligatoires en Europe, et Yanis Varoufakis qui affirme que le capitalisme est déjà mort et qu’un techno-féodalisme se profile ». Aujourd'hui, les élections à mi-mandat aux États-Unis rendent les choses encore plus urgentes. Le retour de Trump (même s'il se limite à un Congrès devenant républicain), couperait les jambes de BBB et glacerait Bruxelles de terreur.

C’est précisément cette révolution technologique, sur laquelle Varoufakis attire l’attention, qui a à la fois redéfini l’électorat démocrate et transformé les oligarques de la technologie en milliardaires. En créant de manière algorithmique un magnétisme de contenu similaire, diffusé en cascade à ses clients, elle a à la fois étouffé la curiosité intellectuelle et créé le “parti des non informé”, qui est la classe managériale d’aujourd'hui, – le parti de la méritocratie accréditée ; le parti, surtout, qui se considère avec suffisance comme celui des “gagnants” de l’ère à venir, – qui ne tient pas à regarder ce qu’il y a sous le tapis, de façon à ne pas mettre à l’épreuve son “acquis certifié”.

De façon si perverse, ce cadre d'universitaires, d'analystes et de banquiers centraux professionnellement encadrés, insiste sur le fait qu'il croit totalement à ses propres sornettes : que leur approche technologique est à la fois efficace et bénéfique pour l'humanité, sans tenir aucun compte des opinions divergentes qui tourbillonnent autour d’eux, dans les interstices d'Internet.

La principale fonction de ces sornettes aujourd'hui, qu’elles soient émises par le “Commandement” des Big Pharma ; par  le Commandement de la “transition” vers la MMT ; par le Commandement de la “transition” énergétique ou de la “transition” technocratique managériale mondiale, – est d’élever une “Ligne Maginot”, une frontière idéologique défensive, une “Grande Narrative” en quelque sorte ,– entre “la Vérité” énoncée par les classes dirigeantes et toute autre “vérité” contredisant cette narrative.  En d'autres termes, il est question d’un conformisme total.

Il était prévisible que toutes ces transitions bouleverseraient les modes de vie de l'humanité, qui sont anciens et profondément enracinés, et déclencheraient la dissidence ; c'est pourquoi de nouvelles formes de “discipline” sociale seraient nécessaires. (A propos, les dirigeants de l'UE appellent déjà leurs mandats officiels des “commandements”.) De telles disciplines sont actuellement testées en Europe, – avec les incitations et obligations vaccinales (même si les scientifiques leur disent que les vaccins ne peuvent pas être la solution miracle à laquelle ils aspirent). Comme le note un membre de la haute “Loge”, favorable à une forme de gouvernance mondiale, – pour faire accepter de telles réformes aux gens il faut les effrayer.

Oui, le collectif des “transitions” doit avoir sa ‘Grande Narrative’ globale, – aussi bidon soit-elle (c’est-à-dire la lutte pour défendre la démocratie contre l’autoritarisme). La nature de la guerre des thèmes culturels d’aujourd’hui fait que son contenu n’est guère plus qu’une coquille vide de rhétorique, dépourvue de toute sincérité et substance.

Elle sert principalement de décoration à un projet d’“ordre supérieur” : la préservation d’un “code de la route” mondial, conçu pour refléter les intérêts des États-Unis et de leurs alliés, en tant que base à partir de laquelle l'embrayage des “transitions” peut être élevé à un ordre géré au niveau mondial qui préserve l'influence de l'élite et le contrôle des principaux actifs.

Cette politique de sornettes artisanale et crédibilisée est là pour être proclamée et elle est maintenant “partout”. Elle a depuis longtemps dépassé les clivages partisans. Ce qu'il faut retenir ici, c'est que la mécanique de mobilisation-sornette est projetée, non seulement dans le “foyer” occidental (au niveau micro), mais aussi à l'étranger, dans la “politique étrangère” américaine (au niveau macro).

Et, tout comme dans l’arène intérieure, où la notion de politique par la persuasion est abandonnée et perdue (avec des injonctions vaccinales explicitées “aux nuls” par des canons à eau et la police anti-émeute), la notion de politique étrangère gérée par l’argumentation, ou la diplomatie, a également été perdue.

La politique étrangère occidentale est moins axée sur la géostratégie que sur trois “grandes questions emblématiques”, – la Chine, la Russie et l'Iran. On leur donne une grande “charge” émotionnelle afin de mobiliser avec profit certaines “circonscriptions" identifiées dans la guerre culturelle intérieure des États-Unis. Tous les différents courants politiques américains jouent à ce jeu.

L'objectif est de “pousser” les esprits américains (et ceux de leurs alliés) à se mobiliser sur une question donnée (par exemple en faveur d'un plus grand protectionnisme pour les entreprises face à la concurrence chinoise), ou alternativement, selon une vision sombre, afin de délégitimer une opposition ou de justifier des échecs. Ces mobilisations sont destinées à obtenir un avantage partisan national relatif, plutôt qu'à avoir un objectif stratégique.

Lorsque cette guerre des sornettes-accréditées s’est installée aux États-Unis, des millions de personnes vivaient déjà une réalité dans laquelle les faits n'avaient plus aucune importance, où des choses qui ne se sont jamais produites officiellement se sont produites. Et d’autres choses qui se sont manifestement produites ne se sont jamais produites, – pas officiellement, en tout cas ; ou bien elles étaient des “théories de la conspiration d’extrême droite”, des “fake news”, de la “désinformation” et le reste, bien que les gens sachent qu’il n’y a rien de semblable.

La Russie et la Chine sont donc confrontées à une “réalité” où s’engagent les élites européennes et américaines, dans la direction opposée à la pureté épistémologique et aux arguments fondés. En d'autres termes, la nouvelle “normalité” consiste à générer un grand nombre de réalités contradictoires, pas seulement des idéologies contradictoires mais de véritables “réalités” mutuellement exclusives, qui ne pourraient pas exister simultanément... et qui sont destinées à déconcerter les adversaires, – et à les déséquilibrer.

Il s'agit d'un jeu très risqué, car il oblige les États visés à adopter une position de résistance, qu’ils le souhaitent ou non. Il souligne que la politique n’est plus une question de stratégie réfléchie : il s’agit d’être prêt à ceci que les États-Unis perdent stratégiquement (même militairement), afin de gagner politiquement. C’est-à-dire remporter une victoire éphémère en ayant suscité une réponse psychique inconsciente favorable parmi les électeurs américains.

La Russie, la Chine, l'Iran ne sont que des “images” prisées principalement pour leur potentiel à être chargées de “poids” émotionnels dans cette guerre culturelle occidentale (dont ces États ne font pas partie). Le résultat est que ces États deviennent des antagonistes de l’injonction américaine de l’adhésion de tous à un “code de conduite” globaliste.

Ces pays comprennent exactement l’objectif de ces “règles” lourdes de “valeurs” et de “droits”. Il s’agit de les forcer à se conformer aux “transition” ou sinon subir l’isolement, le boycott et les sanctions, – de la même manière que les choix imposés à ceux qui, en Occident, ne souhaitent pas se faire vacciner (c'est-à-dire “pas de vaccin, pas de travail”).

Cette approche reflète une tentative de l'équipe Biden de jouer sur les deux tableaux avec ces trois “États emblématiques” : se féliciter de la conformité aux “questions de transition” et mettre à l’index toute dissidence de l’acceptation d’un cadre réglementaire faisant passer les “transitions” du niveau national au niveau supranational.

Mais les praticiens américains de la politique des sornettes comprennent-ils que la position de la Russie et de la Chine, – en réaction, – n’est pas une contre-mobilisation factice destinée à simplement “marquer le coup” ? Que leur vision est en désaccord avec “les règles” ? Se rendent-ils compte que leurs “lignes rouges” pourraient bien être réellement des lignes de couleur rouge ? L'Occident est-il désormais tellement accro aux sornettes qu’il ne peut plus reconnaître les véritables intérêts nationaux ?

Ce point est essentiel : lorsque l’Occident s’exprime, il ne fait que regarder par-dessus son épaule l’impact psychique national et alentour lorsqu’il “remporte une victoire” (par exemple, en pratiquant des exercices d’attaques par des bombardiers à capacité nucléaire aussi près des frontières de la Russie qu’ils l’osent). Mais lorsque la Russie et la Chine disent “Voici notre ligne rouge”, ce n’est pas une sornette, – ils pensent vraiment ce qu’ils disent.

Alastair Crooke