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Article : La tentative de “Coup” contre Trump se poursuit

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Panique chez les Bobos mais pas à la cour Suprême

perceval78

  03/12/2016

Terminologie : Américanophilie  aimer les Américains quand ils bombardent
Terminologie : Francophilie  Flynniste un loup déguisé en agneau pour nous troubler
Terminologie : Francophilie  Breyeriste un loup déguisé en agneau pour nous séduire

Interview très intéressant que celui de Justin Vaïsse spécialiste des néos-cons, penseur des relations internationales dont il faut souligner l'indépendance d'esprit, qui était interrogé courant novembre par nos valeureux députés

Mme la présidente Élisabeth Guigou (ECFR) ... Cette audition fermée à la presse sera consacrée à l’analyse des conséquences de l’élection présidentielle américaine…

Nous avons apprécié les connaissances très pointues de Pierre Yves le Borgn sur l'Amérique profonde, nous n'en attendions pas moins d'un député qui s'était déja fait remarquer pour ses connaissances en criminologie lors du crash du MH17.

M. Pierre-Yves Le Borgn’ Je souhaiterais tout d’abord faire une observation sur les États du Rust belt, que je connais bien pour y avoir travaillé. J’ai été frappé par l’insuffisante prise en compte, dans la campagne de Mme Clinton, de la désespérance de certaines poches de population autour de villes comme Pittsburgh ou Detroit. De fait, ce sont ces États qui ont donné la victoire à Donald Trump. Je m’interroge donc sur le choix de Mme Clinton de ne pas parler suffisamment à la population de ces États , voire sur un certain aveuglement qui l’a conduite à se concentrer davantage sur des États réputés plus difficiles, tels que la Caroline du Nord ou la Floride, qui, contrairement à ceux du Rust belt, ne sont pas spontanément démocrates.

M. Justin Vaïsse ... En ce qui concerne l’ américanophilie de l’actuel gouvernement, je peux témoigner de ce que j’observe depuis que je travaille au Quai d’ Orsay. Je remarque que si Trump décidait de revenir sur la coopération des États-Unis avec la France dans le cadre de nos opérations en Afrique, nous serions fort ennuyés, car aucun autre pays – je pense à la Russie – ne pourrait remplacer l’aide qu’il nous apporte dans la défense de nos propres intérêts en Afrique. Mais, dans d’autres dossiers, je ne constate aucune américanophilie , au contraire. Sur la Syrie, par exemple, les initiatives d’Obama ont suscité beaucoup d’hostilité.

M. Justin Vaïsse ... Enfin, pour la France, la situation est évidemment délicate car, au début, il est nécessaire de jouer la conciliation. Quelques-unes des personnalités nommées par Trump, ou susceptibles de l’être, affichent une certaine francophilie qui tient, chez Michael Flynn, à son appréciation très positive de l’action militaire française

M. Jacques Myard Tout d’abord, je remarque – et c’est un peu une critique des milieux politiques et intellectuels français – que l’élection de Trump a provoqué la panique chez les bobos. Comme si la Terre allait s’arrêter de tourner ! Certes, les déclarations de Trump ont été clownesques à certains égards, mais vous n’avez pas souligné, monsieur Vaïsse, le rôle important qu’a joué le rejet de la personnalité de Mme Clinton dans son élection.

M. Pierre Lellouche  Monsieur Vaïsse, votre présentation était intelligente, brillante et conforme à ce que l’on attend du chef du CAPS, mais vous avez omis, me semble-t-il, certains fondamentaux, préférant brosser un portrait très bobo de l’élection de Trump.

M. Justin Vaïsse  ... Depuis 1945 – et ce n’est pas là simplement l’opinion d’un intellectuel ou d’un bobo –, le leadership américain a été suffisamment éclairé pour fournir à l’ensemble du monde, en particulier aux démocraties libérales, qui en ont beaucoup profité, des garanties de sécurité qui ont permis, pour aller vite, la globalisation.

M. Pierre-Yves Le Borgn’ ... J’en viens à ma question, qui porte sur la Cour suprême. Celle-ci est, de fait, vieillissante. L’un des juges est du reste décédé – dont le successeur n’a pu être nommé par Obama, les Républicains préférant attendre le résultat de l’élection présidentielle –, et l’on peut s’attendre à une ou deux vacances supplémentaires durant le mandat de Donald Trump. Or, celui-ci risque de nommer des juges aux positions extrêmes sur certains sujets, notamment l’avortement, afin de renverser une jurisprudence très ancienne sur le sujet et de renvoyer cette question aux États. Pensez-vous que le Sénat est susceptible d’accepter ce type de nominations extrêmes ? Beaucoup, que ce soit en politique intérieure ou en politique étrangère, dépend de la composition de la Cour suprême, pour le prochain mandat mais également pour les suivants.

M. Justin Vaïsse  ... Mais cette situation donnera, je crois, beaucoup d’énergie à la juge Ginsburg pour tenir quatre ans, car elle tient beaucoup à l’équilibre qui prévaut au sein de la Cour. De même, notre ami le juge Breyer, qui est très francophile et qui se fait vieux également, mettra un point d’honneur à ne pas quitter la Cour suprême sous Trump.