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Article : Glossaire.dde : le “déchaînement de la Matière”

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A propos de: "Glossaire.dde : le “déchaînement de la Matière”

P C

  05/11/2012

Bonjour,

Merci pour vos articles dont j’apprécie le regard original. Voici quelques pensées concernant celui-ci:

1) “Ce qui est créé en 1776-1788, c’est le socle d’une puissance, d’un monstre à la dimension d’un continent dont le premier but,(...), est d’assurer la pérennité de son oligarchie de possédants qui en est la fondatrice, ou des influences directes de ces fondateurs, grâce à un système économique (capitaliste) protégé des exigences du bien public et entièrement tourné vers le profit.” écrivez-vous. Je vous propose donc l’écoute de cette émission mettant en avant les compromis instaurés pour “la pérennité de son oligarchie de possédants ...”:

http://www.franceculture.fr/emission-la-fabrique-de-l-histoire-emission-speciale-histoire-du-vote-aux-etats-unis-2012-11-05

(Rq: Je ne me suis pas permis de leur signaler l’intérêt de votre site pour leur(s) analyse(s); à tout seigneur…)

2) “Du point de vue de la Matière, la Révolution a la tâche fondamentale d’imposer avec la plus extrême brutalité un tabula rasa à tout ce qui faisait la richesse de la Tradition qui est la source de la vérité du monde. En ce sens, elle est le complément de la “révolution américaniste” en détruisant la vérité du monde (l’Ancien Monde, dans le jargon du Système) pour permettre à ce que la “vérité virtualiste” du Nouveau Monde (l’Amérique) se répande plus aisément.”
Ne retrouve-t-on pas la bascule radicale “Ancien Testament/Nouveau Testament” dans la tentative (maladroitement athéiste, dirais-je) du Culte de la Raison et de l’Être suprême? Et donc pour une vision métaphysique croyante (dont je ne suis pas) une corroboration de sa vision métaphysique (Tradition, pour elle)?

3) Enfin, je n’arrive pas à articuler votre vision maistrienne avec une vision plus hégelienne de l’Histoire, plus simplement matérialiste, descriptive (rapports de force), donc a-morale (Quid Bien/Mal?). D’où mon incompréhension devant ce qui suit (oui pour la métaphysique, mais toujours née -créée, comme la divinité en des Temps plus anciens-  du Sapiens sapiens (2 fois, ce n’est pas rien quand même, le dit-il lui-même)):

“C’est-à-dire que nous ne pouvons concevoir le concept du “déchaînement de la Matière” que d’un point de vue métaphysique ; la Matière, bientôt créatrice du Système pour opérationnaliser son action, se découvrant alors elle-même, d’une façon totalitaire, comme n’étant rien en elle-même et n’ayant pour justification d’être que l’exercice de la pure opérationnalité du Mal. Elle est le Mal (elle n’est que parce qu’elle est le Mal). “

En espérant une réponse détaillée de votre part, merci encore pour vos analyses et informations sur la géopolitique en cours, dont étonnamment je ne trouve que rarement trace ailleurs.

PC

Byron au charbon

Michel DELARCHE

  06/11/2012

Dans le monde anglo-saxon, on trouve souvent cités ces vers de Byron (tirés de Don Juan):
“This is the patent age of new inventions
for killing bodies and for saving souls
All propagated with the best intentions”
(par exemple mis en exergue de “The Quiet American”, le plus férocement et le plus judicieusement anti-américain des romans de Graham Greene) mais on oublie généralement de citer les vers suivants:
“Sir Humphry Davy’s lantern, by which coals
Are safely mined for in the mode he mentions,
    Tombuctoo travels, voyages to the Poles,
Are ways to benefit mankind, as true,
Perhaps, as shooting them at Waterloo”

Comme quoi Byron était déjà il y a un siècle un critique lucide et acéré du “Parti de l’Industrie” (déjà bien plus développé en Angleterre qu’en France) et du globalisme voyageur (ou faut-il dire du voyagisme global ?)

Devant la Chambre des Lords, Byron prit seul la défense de quelques ouvriers disciples de Charles Ludd qui avaient été condamnés à mort pour avoir brisé quelques de ces “new inventions” qu’ils accusaient d’accroître le chômage et la misère du peuple.

Pour nous inciter à prendre quelque distance envers tous les fanatismes religieux, Byron nous dit ironiquement:
“Christians have burnt each other, quite persuaded
That all the Apostles would have done as they did.”

Et plus gravement, dans une lettre à un prêtre:
“I do not believe in any revealed religion. I will have nothing to do with your immortality; we are miserable enough in this life, without the absurdity of speculating upon another.”

Un grand poète et une belle âme.