Autour de Genève-2, le sort de Prince Bandar et le destin de l’Arabie

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Autour de Genève-2, le sort de Prince Bandar et le destin de l’Arabie

La conférence Genève-2 a donc démarré dans la confusion générale, finalement “selon le plan prévu” (dito, la confusion) ... Le 17 janvier 2014, Fédor Loukianov écrivait : «The Geneva II conference to be held next week may be the most intriguing event in diplomacy since the Cold War. [...] Even the process itself is unpredictable – a few days before the conference is set to begin, it is still unclear who will participate.» Hier, 22 janvier 2014, confirmation de McClatrchy.News : «Delegates from around the world have arrived in Switzerland for the beginning of a conference... [...] Yet what exactly their role will be at the talks was unclear.»

La dernière chronique de Pépé Escobar (dans Russia Today, le 22 janvier 2014), effectivement consacré à Genève-2, reflète ce désordre. Avec son goût pour la description des intrigues, Escobar nous entraîne dans des labyrinthes certes exotiques mais où l’on peut difficilement trouver un sens, encore moins une porte de sortie. Aussi nous arrêterons-nous, nous, à ce passage qui est notamment anecdotique :

«The notoriously shady US Ambassador to Syria Robert Ford – who always pops up whenever the US is destabilizing something – this time called an urgent meeting in Istanbul, supported by Turkey and Qatar, and pulled a ‘go to Montreux because I said so’ shtick. [...] What’s even more farcical is what Ford may have told the SNC stalwarts – still subject to much debate across the Middle East. If Ford really said that Bandar Bush’s strategy has been a total failure (in fact turning Syria into an Al-Qaeda hub) then this points to the Obama administration, for all practical purposes, sharing the same objective as Assad’s: fighting ‘terror’.»

C’est du site al-Manar (le 19 janvier 2014), proche du Hezbollah que vient l’information, – contestée ici ou là, bien entendu, par d’autres sources hostiles, – sur cet entretien qu’aurait eu l’ambassadeur Ford avec des opposants syriens, notamment le SNC, pour leur imposer d’aller à Montreux (ce qu’ils ont fait finalement en ordre notablement dispersé, ou pas du tout pour certains groupes qui peuvent trouver une source de financement autre que les USA dans d’autres pays). La nouvelle cite le journaliste Nidil Hamade et ses sources parmi les participants du SNC à la conférence. Ford aurait effectivement “ordonné”, effectivement sans ménagements, aux opposants syriens d’aller à Montreux, mais il aurait aussi longuement parlé de Bandar, comme le mentionne en passant Escobar. Les détails sont intéressants.

«During the meeting, Ford told the SNC figures that Saudi prince Bandar Bin Sultan is on long vacation in the United States, “because of sickness and psychological fatigue,” Hamade added, citing the Syrian opposition official who is also close to former Prime Minister, Riyad Hijab. “We would like to inform you that there are some changes that will take place in Saudi Arabia next March,” Ford said, noting that these changes will reach Bandar Bin Sultan and Saud al-Faissal. [...]

»The US ambassador added that the Saudi committee for Lebanon and Syria (which compromises Abdulaziz Khoja, Abdulaziz Bin Abdullah Al Saud and Muqren Bin Abdullah Al Saud) is to be activated and will take over the Lebanese and Syrian file from Bandar. Ford told the Syrian opposition figures: “Bandar’s plan for the Syrian conflict, put in 2012, had catastrophic repercussions on Syria and the region. It had made of Syria a powerful hub for al-Qaeda that US cannot confront. For that, you have to stop objecting and to go to Geneva 2, this is the US’ interest.”»

Quoi qu’il en soit de la véracité de ces divers propos, rencontres, injonctions, etc., et plus particulièrement du sort de Prince Bandar, les différentes rumeurs et informations de cette sorte substantivent une idée qui flotte autour de Genève-2. Cette idée est que l’un des enjeux cachés de cette conférence, de ce qui l’accompagne et de ce qui suivra, c’est l’évolution de l’Arabie Saoudite (et Prince Bandar avec). Les perspectives envisagées de changements radicaux et très proches dans la direction du pays, voire dans son orientation, sont peut-être bien, à tout prendre, plus importantes que ce qu’il sortira de Genève-2 pour la Syrie.


Mis en ligne le 23 janvier 2014 à 05H55

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