Le Journal dde.crisis de Philippe Grasset, qui a commencé le 11 septembre 2015 avec la nouvelle formule de dedefensa.org, l’accompagne et la commente en même temps qu’il tient la fonction d’être effectivement un “Journal” pour l’éditeur et directeur de la rédaction de ce site.

Ma schizophrénie tactique

  dimanche 24 décembre 2017

24 décembre 2017 – Puisqu’il est quasiment né, le Divin Enfant, il est temps de célébrer l’un de ses fils lointains mais certainement l’un des plus méritants. Le président des États-Unis (POTUS), Donald J. Trump, dans son premier grand cru 2017 qui fut une leçon magnifique, n’a absolument pas déçu notre attente, et particulièrement la mienne. Il est exactement ce qu’il importait qu’il soit avec le jugement qu’on en a, qui ne cesse de s’enrichir dans le sens de l’inconsistance caoutchouteuse et télévisuelle du personnage. Sa politique générale, notamment extérieure, est parfaitement adéquate à ce que nous attendons, à ce que j’attends : une sorte de “massacre à la tronçonneuse” de tous les avantages unilatéraux, de toutes les positions chèrement payées de bombardements et de corruptions diverses, d’entourloupes et de promesses trahies, des États-Unis dans le monde.

Mis là où il se trouve pour accélérer la destruction des Etats-Unis et pour rien d’autre, il s’y emploie avec un zèle et une efficacité stupéfiantes. Il était nécessaire qu’il fût élu et qu’une fois élu il ne réussisse rien de ce qu’il avait promis, et même qu’il allât contre ses promesses. A part son cadeau fait aux grosses fortunes, il a tenu parole, c’est-à-dire qu’il l’a trahie continuellement. La secrète détestation qu’il éprouve pour son prédécesseur ne cesse de le pousser à en rajouter constamment, à faire pire que l’autre qui n’était déjà pas si mal. L’Histoire, la Grande Métahistoire, retiendra ce dream tandem absolument déstructurant : Obama suivi de Trump, la peste après le choléra, la vérole enchaînant sur le bas-clergé, ou Charybde ouvrant la voie à Scylla.

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“Maoïsation” de la révolution des femmes

  samedi 23 décembre 2017

23 décembre 2017 – De plus en plus et de plus en plus vite s’impose à mon esprit que le comportement des femmes célèbres, dans le milieu de l’entertainment, aux USA spécifiquement (Hollywood particulièrement), est en train d’acquérir une puissance politique stupéfiante. Bien entendu, c’est complètement mon sentiment qu’il faut percevoir cela dans le sens “révolutionnaire” de la déstructuration, en écartant pour l’instant, selon ma méthodologie d’analyse, tout jugement moral de la chose, en bien ou en mal d’une façon expéditive et conclue, parce que le jugement essentiel concerne les effets de la chose sur le sort du Système qui est ce qui m’importe le plus. Sur ce point, rien ne peut être encore dit, et l’hypothèse que je favorise est même que ces agitations extraordinaires ne cessent de bousculer le Système lui-même, de le déséquilibrer, de l’accabler un peu plus... Donc, m’importe pour l’instant le seul constat de l’événement, avec la mesure du mouvement, son rythme ébouriffant, ses ambitions qui sont hors de toute mesure de référence et sans rapport avec le standard des comportements.

(Une appréciation plus simple et trop rapide dirait “folie” de toute cette agitation ; pour autant, rien ne serait dit ; que m’importe la folie per se, et d’ailleurs qui sait ce que c’est que la folie... Ce qui m’importe, c’est de savoir si cette folie, s’il y a folie, va pour ou contre le Système, et cela n’est pas encore tout à fait déterminé mais je devine vers où ira ma conclusion. Le sort du Système, voilà la mesure de ma propre morale puisque pour moi nul doute n’existe que le Système c’est le Mal, et la raison-subvertie par le Système “la source de tous les maux”. Je dis tout cela avec la plus froide raison, celle qui a écarté le piège de la subversion.)

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Tourbillon sexuel

  dimanche 17 décembre 2017

17 décembre 2017 – Depuis le scandale Weinstein (10 octobre), les USA tourbillonnent au rythme des “scandales sexuels”, jusqu’à introduire un nouvel élément politique majeur dans la grande crise de “D.C.-la-folle”. On peut donc parler de “crise sexuelle”, avec l’aide d’une puissance de communication sans égale, – car, bien entendu, dans toute cette chronique, comme dans bien d’autres, le manipulateur central et le Deus/Diabolus ex machina (dimension-Janus), c’est la communication.

(On notera aussitôt que je ne parle que des USA. Dans d’autres pays, il y a eu des “affaires sexuelles”, certaines très sévères, comme celle de Tariq Ramadan en France. Mais nulle part, rien de semblable à ce qui se passe aux USA, – non pas nécessairement pour la gravité des affaires mais pour le fantastique effet de communication producteur d’une formidable résilience ; cela qui entraîne des affaires si étonnantes de banalité pour ces territoires des mœurs considérablement dissolues [Hollywood, tu parles !], vers les hauteurs supposées de la politique au plus haut niveau, de la plus grande puissance que le monde ait jamais connue.)

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Tourbillon crisique-41

  jeudi 14 décembre 2017

14 décembre 2017 – Ce jour était bon, hier 13 décembre... C’est-à-dire un bon cru dans la mesure où il nous présente un beau palmarès d’accélération ou d’approfondissement crisiques : la défaite du juge Moore aux USA, la reconnaissance de Jérusalem-Est par les pays musulmans, un jour de plus dans le trou noir du bordel ukrainien qui, aux dernières mesures, se révèle sans fond. Ces trois événements vont dans le même sens : désordre, désordre, désordre, donc alimentation et accélération du “tourbillon crisique”.

• La défaite du juge Moore en Alabama, candidat “républicain” (?) battu par le démocrate dans un État ultra-conservateur qui avait voté à 3 contre 1 pour Trump. Grande joie des commentateurs-Système, leur raison et leur information réduites à une haine primaire et anti-Trump. Moore était un “choix” d’un candidat républicain qui ne satisfaisait aucune des tendances du parti et sa défaite touche surtout Trump et l’establishment républicain. Dans Breitbart.News, l’archi-populiste Ann Coulter explique que le vrai candidat populiste, le député Mo Brooks, avait été éliminé par les manœuvres de l’establishment soutenu par Trump sur le conseil de son gendre Kushner ; la défaite de Moore, juge-t-elle, renforce les ultra-populistes et place Trump devant la nécessité, pour survivre, de suivre la ligne définie pendant la campagne s’il est encore capable de le faire (bien improbable). De ce côté, le parti républicain apparaît plus divisé que jamais.

Les démocrates triomphent et se radicalisent encore plus sur les questions sociétales. Moore a été battu à cause d’une affaire, – plus ou moins manipulée, – de scandale sexuel (pédophilie) et le parti va appuyer encore plus sur cette ligne. Les scandales sexuels, qui ont déjà eu la peau de deux parlementaires (deux démocrates !) seront plus que jamais promus et exploités par les démocrates, qui vont devenir un parti complètement féministe, et bien entendu progressiste-sociétal. Le monde politique à “D.C.-la-folle” va vivre au rythme de ces scandales (CNN et le Washington Post enquêtent sur 40 cas de cette sorte chez les parlementaires du Congrès), avec d’ores et déjà Trump en ligne de mire.

• Le sommet d’urgence de l’OIC (Organisation de la Coopération Islamique), convoqué par son président actuel Erdogan puissamment sollicité par son antipathie pour Trump, n’a pas été un sommet musulman de l’impuissance de plus. Les pays musulmans ont décidé d’affirmer collectivement ce que nombre d’entre eux affirmaient individuellement, soit leur reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale de l’État de la Palestine. Ils répondent ainsi à Trump qu’ils ne peuvent accepter comme capitale d’Israël que Jérusalem-Ouest, et reconnaissant implicitement Jérusalem-Ouest seulement comme capitale d’Israël. Comme l’Iran, qui n’avait pas reconnu la pré-légitimité de l’Israël d’avant-1967, a souscrit à cette résolution, il s’en déduit que ce pays reconnaît implicitement Israël et réduit quasiment à rien le principal argument anti-iranien d’Israël.

Dans TheDuran.com, Andrew Korybko estime que cette décision de l’OIC ouvre la voie à la Russie, à la place des USA discrédités, pour une intervention majeure dans le “processus de paix”, – zombie diplomatique que ce pays pourrait ranimer. La Russie est en effet complètement en ligne avec les pays musulmans puisqu’elle vient de renouveler son soutien à la partition de la ville et à la réduction de la capitale d’Israël à la partie Ouest de la ville, laissant l’Est aux Palestiniens. Ce possible prolongement va nécessairement apporter encore plus de confusion interne et de récrimination antirusse à l’intérieur du camp américaniste-occidentaliste, devant le spectacle cosmique d’une politique extérieure réduite à ses lambeaux.

• Un long article d’Alexander Mercouris rappelle à notre triste souvenir l’existence chaotique et totalement anarchique de l’Ukraine. L’on y suit actuellement comme dans une série de type tragédie-bouffe les aventures du Géorgien Saakachvili, qui n’arrête pas d’être arrêté par la SBU de Porochenko puis relâché sous la pression de ses “fans”, qui est toujours plus gras et plus vociférant que jamais, qui entend bien nettoyer les écuries d’Augias-Porochenko. L’Ukraine est un trou noir de corruption et de désordre, où les choses ne cessent d’empirer à un rythme roboratif. Après une description volontairement rationnelle de la situation qui n’empêche pas d’imaginer ce que doivent être les conditions psychologiques, Mercouris termine par ce parallèle qui enrichit encore plus, à la lumière du souvenir de notre-Maidan, les perspectives de notre contre-civilisation : « Les victimes de tout cela sont bien entendu les habitants d’Ukraine, qui sont emprisonnés dans un cauchemar développé pour eux par la politique occidentale de la même façon et dans le même sens et pour les mêmes effets que celui qu’affrontent, par exemple, les habitants de la Libye. »

Un seul jour... Avec les événements en cours et les événements nouveaux, en un seul jour certes exemplaire on a un tableau particulièrement riche de la détérioration constante dans le sens de la déstabilisation et de la déstructuration de la situation générale de l’hégémonie du bloc-BAO. Toutes ces dynamiques convergent avec une coordination exemplaire, on dirait presque “en bon ordre”, vers une transmutation en facteurs de renforcement radical du désordre du “tourbillon crisique. On observera que, pour cette fois et souvent à la différence des habituels spasmes de chaos et d’aggravation du désordre qui ne font que traduire la mécanique des purs événements, l’activité humaine spécifique y a apporté une puissante et constructive contribution. Il ne faut jamais désespérer de sapiens, de quelque genre qu’il/qu’elle soit.

Ma fascination pour OSINT

  mercredi 13 décembre 2017

13 décembre 2017 – Je ne tiens rien qui me soit aujourd’hui d’une importance approchante, – pour ne rien dire d’“égale”, sinon de “supérieure”, – que la question de “la Vérité perdue”. Une suite de textes, pour le travail récent sur cette question, s’attache à ce sujet, notamment à propos, – pour résumer le propos, – de cette chose nommée OSINT (Open Sources INTelligence : le “renseignement en sources ouvertes”). C’est un de ces cas que l’on connaît dans notre époque présente où les aspects techniques et bureaucratiques les plus vulgaires touchent sans le vouloir, justement, à une vérité-de-situation ; c’est l’un de ces cas qui rencontrent l’argument selon lequel, pour comprendre notre époque, il faut la suivre quotidiennement avec des outils métaphysiques et spirituels (métahistoire) qu’il s’agit d’utiliser directement.

(Les textes dont je parle, sur OSINT, vraiment très proches, comme un débat ouvert qui s’impose, qui se poursuit jour après jour, qui est pour moi d’une importance chaque plus grande et plus haute... Voir deux fois le 10 décembre 2017 et le 10 décembre 2017, et le 11 décembre 2017.)

Ce que je veux ici exprimer par ce titre qui semblerait faire la part belle à un “machin” technocratique, en plus américaniste et “CIA-manufactured”, – c’est que “Fascination pour OSINT” indique simplement le choc que j’ai ressenti à découvrir par ce biais assez commun sinon vulgaire une conceptualisation intuitive de ce que j’estime être une vérité (pour ce cas, le mot est de mise), et qui se trouvait en moi d’une manière informelle et anarchique. Aussitôt, je me suis mis en quête d’avis et de témoignages de quelque “source ouverte” qui m’est proche. Ainsi ai-je discuté sur la question de savoir ce que les élites-Système, et notamment dans le monde du renseignement, pensent de OSINT. Je précise que ma “source ouverte” est d’esprit complètement indépendant, mais avec une expérience très puissante et opérationnelle des milieux en question, – et que tout cela se situe dans les centres institutionnels de la direction européenne.

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Valsez, mensonges

  lundi 11 décembre 2017

11 décembre 2017 – Il est vrai qu’il y a ces derniers jours une avalanche d’incroyables déclarations, surtout de “D.C.-la-folle” naturellement, mais aussi d’autres lieux du bloc-BAO, notamment de Paris-France, de la part de notre ministre de la défense, pour cette fois l’épatant Le Drian, – j’ai évité “brillant”, trop voyant... C’est à propos de notre victoire en Syrie. Ah oui, tiens, vous ignoriez cela, vous autres... C’est nous et personne d’autre, nous, de la coalition du monde postmoderne-tardif de la liberté, qui l’avons emportée, éradiquée, décapitée, réduite en poussières sanglantes, la “bête immonde“, le ci-devant Daesh... Nous-autres, mon Dieu-le-Père-et-Mère ! Et personne d’autre !

C’est-à-dire, hein, soyons clairs, ni les Russes bouseux de l’indescriptible Poutine, ni les Syriens immondes de l’Assad-infâme, totalement paralysés sinon complices, les uns et les autres, du ci-devant Daesh. Il y a donc Le Drian, agacé mais aimable, et puis discrètement stupéfait que “nos amis Russes” prétendent avoir pris la part la plus importante dans ce magnifique Austerlitz postmoderne-tardif du bloc-BAO : « Je trouve parfois un peu surprenant que la Russie s'approprie la victoire contre Daech », dit-il ajoutant que la désintégration de Daesh est survenue « grâce aux actions de la coalition ».

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Les foucades du New York Times

  mercredi 06 décembre 2017

06 décembre 2017 – Ces trois derniers jours, deux interventions du New York Times (entre nous, nous dirons NYT) m’ont à la fois surpris et ravi, et également m’ont mis la puce à l’oreille pour une réflexion assez rapide qui devrait conduire, sans trop d’embarras et avec un peu d’audace, à des conclusions point inintéressantes. Ces interventions sont très inhabituelles si l’on tient compte du rôle de bateau-amiral de la communication proaméricaniste que tient le NYT depuis des décennies, sinon de bien plus d’un siècle.

D’une façon générale, on ne l’ignore pas, la Grey Lady (*) se couvre de gloires et de vertus à défendre avec une belle élégance et stricte rectitude de pensée, sous tous les cieux et pour toutes les âmes, les très-diverses et très-nombreuses initiatives de l’américanisme. Cela passe notamment, souvent en appuyant lourdement, par la promotion ou la défense becs et ongles des habitudes de projection de puissance du susdit américanisme, et l’admirative présentation des joujoux mortels qu’ils vendent, ou vendaient à tout le monde... “Ils” pour Lockheed Martin, Boeing, Northrop-Grumman & Cie, – et Raytheon, j’allais oublier.

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Tourbillon crisique-40

  mercredi 29 novembre 2017

29 novembre 2017 – Dans le n°38 de cette rubrique dans le Journal dde.crisis, “Humeur de crise” avait été transformé en “Humeur crisique” selon l’évidence, comme on dit pompeusement, d’un “changement de paradigme” : « Effectivement, une évolution a lieu, qui a un rapport avec ce que je nomme le “tourbillon crisique” [...] le “tourbillon crisique” change tout parce qu’il est le produit d’un changement de la nature même de la crise, figurant dans sa forme universelle…[...] Je pense que le “tourbillon crisique” est devenue la figure majeure, sinon la figure exclusive du cadre dans lequel s’inscrivent les événements en marche, et ces événements “en marche” à une vitesse incroyable, avec une puissance de communication qui ne cesse d’influer sur nos psychologies, avec une pression crisique à ne pas croire. » Je prends en compte complètement ce changement et de l’intermédiaire et insatisfaisant “Humeur crisique”, on passe à “Tourbillon crisique” pour l’intitulé de cette rubrique.

Cette introduction méthodologique n’est pas inutile pour le fond du propos parce que je pense que nous nous trouvons actuellement dans une situation typique du “tourbillon crisique”. Cette situation implique qu’aucune crise, aucune “situation crisique“ ne s’impose particulièrement au-dessus des autres ou plus intensément que les autres, donnant une fausse impression d’apaisement à un jugement un peu court. En fait, toutes les crises composant et alimentant le “tourbillon crisique” sont en bonne marche, en bonne évolution, toujours crisique et sans aucune possibilité de résolution qui terminerait la crise, mais aucune ne supplante les autres, pour cet instant du temps en échos de communication.

Un bon exemple est le cas syrien dans son domaine le plus large. La réunion de Genève, des rumeurs d’arrangement entre Russes et Saoudiens (et aussi entre Russes et Israéliens ?) feraient croire à une sortie de crise. Mon sentiment très affirmé est qu’il n’en est rien, en aucune façon et d’aucune sorte. C’est une étape importante, certes, qui confirme l’avantage considérable pris par le groupe Syrie-Iran-Russie-Hezbollah, mais cela ne doit pas être vu comme la fin de cette crise bien entendu. La Syrie est, avec “D.C.-la-folle” notamment, une situation extrêmement riche et dynamique, – et également symbolique par le riche passé de la Syrie dans la naissance des civilisations, – attirant et alimentant nombre d’autres situations criques. C’est une “dynamo crisique” promise à trouver d’autres voies d’expansion (d’ailleurs certainement pas nécessairement aux dépens d’Assad).

Le reste est en bon état de marche crisique : Trump et ses aventures, les scandales sexuels (qui sont une véritable situation crisique à la fois américaniste et transnationale), etc., avec de nouvelles situations crisiques qui se bousculent et réclament leur places. Il y a notamment, pour mon compte, ce que je nomme désormais une “crise de la décision nucléaire“ aux USA sur laquelle je reviendrai très vite. L’émigration aux USA, qui n’est en aucune façon réglée, est un autre point crisique en pleine expansion, avec des risques de parcellisation... Les USA crisique sont en passe de dépasser l’Europe en fait d’instabilité et de déstructuration, – si ce n’est fait d’ores et déjà.

Le “tourbillon crisique” tourne, tourne, tourne... (La chanson des Byrds en 1969 semblait embrasser une période, – Turn ! Turn ! Turn ! pour les années soixante, – même chose ici, mais pour une bien autre cause...)

Charles & Jeanne

  mardi 28 novembre 2017

28 novembre 2017 – Il y avait, avant-hier sur Arte, un documentaire sur un aspect à la fois évident et inédit du général de Gaulle en tant que président de la République. Il s’agissait de Charles le catholique, diffusé sur France Cinq, le 26 novembre 2017 en fin de soirée.

Je dis que c’est pour moi un aspect évident et inédit parce qu’il m’a toujours paru évident que de Gaulle était un homme d’une foi toute ensemble assurée et puissante, formant le fondement même de son caractère (et foi catholique en l’occurrence, mais cela aussi secondaire qu’évident) ; et que c’était tellement évident que cela n’avait nul besoin d’être montré, et de plus pratiqué avec la plus extrême discrétion par l’intéressé, et donc l’aspect inédit dans ce sens et pour mon compte.

(C’est dire qu’on ne doit pas voir un tel document en pensant à la religion catholique, ni à la religion tout court. Au fond, malgré le titre, ce n’est pas le sujet, et la chose n’a provoqué chez moi nul débat à propos de la religion, ni ne m’a converti à quoi que ce soit.)

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Très-très Black Sunday

  dimanche 26 novembre 2017

26 novembre 2017 – D’abord, j’ai eu un frémissement de bonheur et d’excitation : pour moi, ce ne pouvait être que l’annonce d’un krach ! Enfin ce fucking Wall Street s’effondrait, – Black Monday, Black Thursday, on connaît la chanson. Seul sujet d’étonnement ; la façon dont cela était annoncé, comme ça, dès le jeudi, même le mercredi, sur des e-mails de pub (je ne les lis jamais), sur des spam d’humeur et de marque que je ne parviens pas à écarter, avec déjà l’annonce de baisses, – 19%, 20%, 25% 40%, comme s’ils connaissaient déjà les événements qui allaient affecter cette Bourse maudite. Je ne me dis rien de plus, sans même attarder un œil, que “Cette fois encore, ces cons, ils vont se tromper”.

Jeudi soir, d’une bribe dans un débat auquel j’avais assisté puis aussitôt coupé la parole, un doute était apparu... Il s’était confirmé vendredi, Friday en machouillis américaniste Market-Oriented ; samedi, plus aucun doute n’était possible et il m’a bien fallu 24 heures pour me remettre. Dans cette sorte d’occurrence, où nous, non-américanistes et même antiaméricanistes, sommes confrontés à une vague de sottise poussant à l’imitation fascinée de la connasserie globalisée et universalisée, l’humeur trébuche, l’esprit s’obscurcit et la fatigue gagne.

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En quatrième vitesse

  samedi 25 novembre 2017

25 novembre 2017 – Je ne vous ferais certainement pas un cours de théologie ni une leçon de grammaire, ni une envolée de morale sexuelle, ni quoi que ce soit de cette sorte et de ces genres-là. Je ne vais pas vous ennuyer à tenter de prouver l’évidence, à vous désigner ce qui nous crève les yeux, à vous demander de prêter attention au tohu-bohu qui nous fracasse les oreilles. Je ne veux en aucun cas m’attarder aux conséquences en cascade d’une catastrophe venue du fond de notre modernité-tardive, il y a plusieurs siècles, et qui elle seule m’intéresse.

Je ne vous parle que du jugement de l’absurde qui force mon esprit, qui rencontre toutes mes intuitions, qui me pousse à suivre ma voie d’une complète stupéfaction comme l’on est devant une gigantesque blague de potache, ou bien à éclater d’un rire franc et sain devant une dérision aussi gigantesque que pourrait l’être un Ubu-Gulliver. Je ne vous parle que de notre piètre contre-civilisation aux abois.

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Salut “la Compagnie” !

  mercredi 22 novembre 2017

22 novembre 2017 – J’avais oublié la réflexion qui suit, qui peut aller comme complément de l’autre texte du jour sur “la Compagnie” (à propos, ce surnom entre guillemets signifie, vous l’aviez deviné, la CIA pour les très-intimes). Mais d’abord, en guise de commentaire général pour tout ce qui s’écrit, se fait et se commente autour de nous par les temps qui courent, cette citation de Paul Yonnet, dans son livre Zone de mort (Stock 2017), un magnifique et poignant carnet de route d’un condamné à mort, qui trépasse dans l’horreur de l’univers hospitalier de la postmorbidité-tardive, cet univers de torture-sanitized, frappé d’un mal atroce à l’image de toute cette postmodernité-tardive qu’il nous est imposé, comme une épreuve ultime, de traverser.

... Cette citation comme principal enseignement de notre vie actuelle, par les temps qui courent, que Yonnet a emporté dans son dernier voyage vers la maison des morts : « Seule la connerie est invincible. Jamais aucune médication n’en viendra à bout. C’est même le privilège de l’espèce. »

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Les silences de StratCom

  lundi 20 novembre 2017

20 novembre 2017 – Je ne cesserai pas, dans tous les cas pour quelques heures ou quelques jours avant qu’une autre stupéfaction ne me submerge, d’éprouver et de tenter de faire partager ma stupéfaction justement devant ce concert de silences du commentateur qui accompagne les frasques des généraux des forces américanistes, particulièrement le commandement essentiel de StratCom. (Voir les deux textes du site sur ce sujet, le 17 novembre et le 19 novembre 2017.) On signale la chose ici et là dans les divers réseaux de communication, mais sans trop s’attarder aux circonstances, aux conditions générales, à la signification de ces événements et à leurs effets possibles.

Depuis que les USA sont engagés dans la folie de 9/11, dont tout ce que nous connaissons de ce laps de temps procède peu ou prou, y compris l’arrivée de Trump au pouvoir, il y a eu bien peu de remous publics, de contestation chez les militaires US pourtant si largement mis à contribution. Pourtant, je crois fermement qure cette mise à contribution de les ravit guère, surtpout à suivre les folies des civils type-neocons... Je fais un rapide décompte, sorte de “pour rappel” et je ne trouve guère que trois occurrences de remoius d’une certaine importance et d’une réelle signification générale :

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Souvenir de Zbig : couardise-Système

  mardi 14 novembre 2017

14 novembre 2017 – Quoi qu’on pensait de Zbigniew Brzezinski, et quoique je pouvais en penser moi-même, une chose me semblait incontesrable : c’était un dur, un caractère solide, qui n’avait pas peur de tenir ferme sur les actes et les déclarations les plus controversées qu’il avait faits. Comme on le lit, le passé est de rigueur ; parce qu’il est mort (en mai dernier) et parce que je crois bien pouvoir dire que, comme tant d’autres, Zbig-le-dur fut un couard et nullement un dur.

Au départ, il y a cette interview de Zbig au Nouvel Observateur, en date du 15 janvier 1998. Assez courte, elle ressortit quelques temps (quelques mois ? Un, deux ou trois ans ?) après l’attaque 9/11 pour rappeler que les USA, et Zbig lui-même, étaient à l’origine de la formation, de l’équipement du soutien constant, etc., des terroristes islamistes ; de tous ceux qui nous ont donné al Qaïda au départ, puis se sont multipliés en une extraordinaire nébuleuse de terrorisme, crimes, de trafics, de manipulations et de vraies corruptions, de false flags et de vrais attentats, d’instrument global de désordre principalement manipulé par les USA sans rien comprendre à la stratégie de ses propres actes, jusqu’à l’actuel apothéose avec le symbole du califat/Daesh.

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Wall Street avant Wall Street

  vendredi 10 novembre 2017

10 novembre 2017 – Il y a à peu près trente ans, disons pour être précis trente ans et 20 jours, Wall Street nous offrait la plus belle chute boursière de son histoire. Ce fut le Black Monday du 19 octobre 1987. L’effondrement se faisait simultanément, à quelques jours près, avec la sortie du film d’Oliver Stone, Wall Street (première en octobre, sortie en salle tout début décembre 1987).

La chaîne Arte a programmé lundi dernier le film de Stone, suivi d’un documentaire sur le film, de la série Un Film & son époque, emprunté à la chaîne Histoire qui diffuse cette série et rebaptisé pour l’occasion Il était une fois… Wall Street. C’est du second que je veux vous entretenir, le film lui-même étant connu et ne pouvant prétendre apporter beaucoup à nos conceptions et à nos connaissances.

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Grandeur & Décadence de la Flotte

  jeudi 09 novembre 2017

9 novembre 2017 – L’article sur l’US Navy et les mots venus naturellement sous la plume, à propos de ses aspects de tradition, d’une institution structurante aujourd’hui menacée du pire, rappellent à ma mémoire un récit qui m’avait édifié. Peut-être même, je le croirais volontiers, ces “mots venus naturellement sous la plume” pour définir l’article doivent tout à cette mémoire, dont le récit fait ici comme s'il en était un effet en était la cause secrète..

J’avais une excellente connaissance à Bruxelles, l’ambassadeur Jan Adriaenssens (disons JA, pour faire court), – excellent homme dont j’ai déjà parlé, et beaucoup plus qu’en passant. (« [L]e diplomate et ambassadeur belge Jan Adriaenssens, merveilleux d’humour, de culture et de joie de vivre malgré les malheurs sans fin et les blessures profondes de sa vie personnelle. ») Je ne m’attarde donc pas à le décrire bien que sa mémoire en vaille la peine, et sa disparition reste pour moi une source vive de nostalgie pour un tel personnage que j’ai peu rencontré mais que j’ai tant apprécié, comme si la qualité de mon estime remplaçait avantageusement la brièveté de nos relations épisodiques. (*)

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Humeur crisique-39

  lundi 06 novembre 2017

6 novembre 2017 – C’est un très-gros temps crisique depuis quelques jours, avec la revigoration de plusieurs foyers qui n’ont jamais cessé de gronder. Qu’on en juge, comme on dirait “pour mémoire” : les peu ordinaires développements de la situation dans le royaume de la maison des Saoud, débouchant aussi bien sur des promesses de réforme ou de déstructuration internes que des perspectives de guerre avec l’Iran. Mais l’Iran, justement, secoue la région avec les prolongements discrets sinon secrets de la visite de Poutine à Téhéran, au niveau de la sécurité pour les deux pays. Par ailleurs, on sait que Ryad n’est pas indifférent à un rapprochement avec la Russie et continue à jouer avec son “pourquoi pas ?”.

Il y a aussi un sommet en préparation entre Trump et Poutine en marge de la réunion de l’APEP au Vietnam, le premier voulant l’aide du second pour avoir le scalp élégant de Kim-le-Nord-Coréen. Le sénateur russe Klintsevitch, de la commission de défense de la Fédération, remarque en pensant à la Syrie que ce sommet se tiendrait alors que « l’époque qu’on traverse est semblable à celle de Yalta il y a 70 ans ». Cela dit pour la chronique, on se demandera pour la bonne forme ce qu’on peut faire d’un Trump alors que plusieurs sources nous annoncent sa mise en accusation prochaine pour une destitution assurée. Mais au profit de qui, alors que le parti démocrate se déchire, où la poor-Donna est accusée d’être un agent russe pour avoir mis en cause la Grande-Prêtresse Hillary ?

(Encore ne vous parlerais-je pas des crises LGTBQ, moi-même absolument stupéfait par la violence des diatribes d’extrême-démonisation qui se relaient, de “Hollywood-la-folle”  à Paris-sur-Seine, pour mettre en accusation des siècles et des siècles insensées d’asservissement épouvantable. Je ne parle ni de la justesse des causes, ni de leurs fondements ni même de leurs vertus évidentes à l’œil nu… Je parle de la violence extraordinaire des procureures, comme autant de Sainte-Just.)

Il s’agissait de quelques échantillons, et bien entendu et là aussi,  comme autant de crises qui semblent ne jamais devoir finir, ni ne jamais devoir nous présenter leur vraie nature… En vérité, toutes ces “crises” qui méritent les guillemets d’une communication omniprésente dépendent d’une seule logique qui les dépasse ; elles ne représentent, malgré l’énormité de certaines, qu’un aspect de la gigantesque-Grande Crise d’Effondrement du Système aux multiples facettes.

C’est pour ces raisons...

que ces crises ne sont que représentations, parfois même des simulacres lorsqu’on leur accorde une importance de rupture globale ;

que ces crises ne sont que du second degré crisique ;

qu’aucune de ces crises ne domine toutes les autres et ne polarise l’essentiel de l’attention et de l’énergie comme il serait normal que cela se produise dans des relations internationales...

Le “tourbillon crisique”, forme maîtresse et informe de contraction du Temps et des crises, (*) implique un “désordre crisique” qui interdit très logiquement, par inversion de facto, une “mise en ordre crisique” autour d’une seule crise qui s’imposerait comme fondamentale et dont une issue ou l’autre serait inévitable. Nous ne distinguons pas encore la véritable et formidable nature de la Grande Crise d’Effondrement du Système (GCES) mais nous nous en approchons à grands pas, écartant tous les simulacres...

 

Note

(*) … Je vais me dépêcher, je ne cesse de me le promettre, de terminer le Glossaire.dde sur ce sujet.

Poor-Donna...

  dimanche 05 novembre 2017

05 novembre 2017 – Comme l'on sait, il s’est passé quelque chose de très important à “D.C.-la-folle”, ces derniers jours. Une dirigeante du parti démocrate, Donna Brazile nous a dit et continue à nous dire la vérité sur la campagne présidentielle USA-2016, sur les incroyables manigances des Clinton, leur quasi-théologie de la corruption, leur arrogance et leur hybris plaqué-or, et par conséquence indirecte sur le bidonnage sensationnel de grossièreté et de vulgarité que fut et reste plus que jamais ce simulacre absolu qu’on nomme Russiagate. Bel effort de la poor-Donna pour nous permettre de boucler la vérité-de-situation de ces élections : nous savions tout ce qu’elle nous dit, mais qu’elle l’ait dit et que cela soit écrit sur le solide papier d’un bouquin qui sort actuellement dans toutes les bonnes pharmacies est vraiment une nouvelle sensationnelle.

Là-dessus, on pourra rajouter les dernières nouvelles (les plus récents extraits) du bouquin, où la poor-Donna nous confie qu’elle a craint jusqu’à la paranoïa d’être éliminée comme elle s’était mis à penser que l’avait été Seth Rich ; c’est-à-dire, flinguée par un porte-flingue d’Hillary, devenu(e) sniper (c’est à la mode pour l’occasion). Ces confidences remarquables ont paru hier dans, – surprise, surprise, – le Washington Post. Comme le dit très justement notre ZeroHedge.com toujours à l’affut du sarcasme : « ...et, franchement, nous sommes surpris que le Post, compte tenu de son statut quasi officiel de protecteur de l’establishment, ait pu daigner de publier ça ».

(Suite)

La contraction du Temps

  jeudi 02 novembre 2017

02 novembre 2017 – Cette réflexion a pour point de départ un incident bien anodin. Il s’agit de ce texte du 30 octobre 2017 sur Erdogan-l’irritant et ses missiles S-400 où était mentionné la tentative de putsch, située en 2015 et non 2016. (« Il s’agit de généraux plus ou moins poursuivis par les autorités turques après la tentative de coup d’État de l’été [2015] 2016, et qui préfèrent rester dans les pays où ils travaillent, notamment en Belgique. »)

Un lecteur remarqua l’erreur et nous en fit part le plus aimablement du monde. Nous rectifiâmes et j’expliquai ceci :

« Qu'on nous pardonne, et merci d'avance.

» Tant il est vrai que les événements sont si nombreux, et les crises tout autant par conséquent, et l'Histoire qui ne cesse d'accélérer, que le temps nous paraît plus long qu'il n'est. (Je veux dire que ce 2015 n'était pas un lapsus, mais bien une conviction fausse et faussement assurée que deux années s'étaient écoulées depuis le putsch raté...) »

(Suite)

They never learn

  lundi 30 octobre 2017

30 octobre 2017 – C’est, si vous voulez, un “tourbillon crisique“ à l’intérieur de “tourbillon crisique”, ou comment, en quelques jours d’avalanche de nouvelles toutes plus croustillantes les unes que les autres bien qu’elles eussent été déjà fortement documentées dans la presse antiSystème et ne doivent étonner nul honnête homme, Poutine & la Russie sont devenu les “vrais faux-amis” d’Hillary Clinton pendant la campagne, pour mieux frapper au cœur de l’Amérique. Première conclusion immanquable : plus que jamais, la Russie-Poutine est l’ennemie du genre humain, c’est-à-dire de la “nation exceptionnelle”... Comprenne qui pourra, même après la courageuse tentative d’explication à laquelle je me suis livré...

On ne s’est guère intéressé au fantastique retournement opéré dans le “bruit de fond“ de la communication. Dans ce tournemain de quelques jours, la poubelle de service des présidentielles USA-2016 est passée des mains putrides de Trump aux mains immondes d’Hillary Clinton. Immuable, la Russie-Poutine reste le Devil ex machina. “Ils n’apprendront jamais” (“They never learn”) écrit George James Jatras en sous-titre d’un texte où il prend justement cet argument, selon le constat que “les accusations de ‘collusion’ (de Trump avec les Russes) reviennent dans la figure des démocrates mais la Russie est plus que jamais le diable”.

(Suite)